Aster du golfe Saint‑Laurent (Symphyotrichum laurantianum)
Aster du golfe Saint-Laurent

Aster du golfe Saint‑Laurent (Symphyotrichum laurantianum)

L'aster du golfe du Saint‑Laurent est une plante côtière annuelle petite et fragile que l'on trouve sur le sable ou la boue saumâtre dans les dunes, dans les marais salés abrités ou sur les plages de sable dans les criques protégées. Bien qu'elle puisse atteindre des tailles allant jusqu'à 40 cm, cette espèce souvent peu visible ne mesure généralement que 3 à 5 cm de hauteur. L’aster du golfe du Saint‑Laurent a des feuilles allongées et lisses, avec des petits capitules blanchâtres à rosâtres, et produit des fruits secs appelés akènes. Tout comme ceux des pissenlits, ces akènes portent chacun une touffe de poils fins et blanchâtres qui les aident à se disperser par le vent.

Toutes les populations connues d’aster du golfe Saint‑Laurent se trouvent dans les habitats côtiers, incluant les rivages de lagunes, les dépressions entre les dunes, ainsi que les régions sèches de marais salés. Cette plante annuelle croît dans les sols humides, principalement sablonneux, généralement sur un terrain en pente douce juste au-dessus de la ligne des hautes eaux dans les zones à végétation clairsemée. Il est assez spécialisé dans son habitat et ne résiste pas bien à une exposition fréquente au sel, à la sécheresse ou à la concurrence d'autres espèces. Essentiellement, cette plante joue un jeu dangereux: elle ne tolère pas les vagues de tempête et les inondations d'eau salée, mais compte sur elles pour créer son habitat préféré de rivage sablonneux humide ouvert.

L'aster du golfe du Saint‑Laurent se trouve exclusivement dans une poignée de sites au Nouveau-Brunswick, à l'Île-du-Prince-Édouard, et aux Îles-de-la-Madeleine (Québec). C’est l’une des rares espèces végétales à avoir vu le jour dans cette partie du monde après le retrait des glaciers il y a environ 10 000 ans. En fin de compte, le sort de cette espèce unique est étroitement lié à la façon dont l'élévation du niveau de la mer et le changement climatique se dérouleront dans la région.

Pour plus d’information sur le travail de conservation lié à cette espèce, visitez notre page sur l'Aster du golfe Saint‑Laurent.

Léchéa maritime (Lechea maritima)
Léchéa maritime

Léchéa maritime (Lechea maritima)

Cette espèce côtière rare est limitée à nos grandes barrières de dunes stables. Même si elle s’étend du Canada atlantique à la Caroline du Nord, les populations canadiennes sont considérées comme une variété distincte qui est endémique du sud du golfe du Saint‑Laurent. Le léchéa n’est connue que sur un total de 15 sites au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard. L’élévation du niveau de la mer et l’augmentation de la fréquence des tempêtes liées aux changements climatiques sont les menaces les plus importantes pour sa survie.

Notre équipe de conservation des ressources effectue un travail approfondi sur cette espèce depuis les dernières années, mettant en œuvre des protocoles de surveillance à long terme, inspectant tous les habitats convenables dans le parc et sa région environnante, et documentant plus de deux mille emplacements précis où les plantes se trouvent. Le parc est déterminé à jouer son rôle important d’intendant de cette espèce et de son habitat restant.

Environ la moitié de la population mondiale du Léchéa du golfe Saint‑Laurent se trouve dans les dunes du parc national de Kouchibouguac!

Zostère marine (Zostera marina)
Zostère marine

Zostère marine (Zostera marina)

L’une des rares plantes tolérantes au sel et entièrement aquatiques, la zostère représente l’une des espèces la plus importante du parc. Dans les estuaires du parc, cette plante est ce qu’on appelle une espèce fondamentale ou clé; elle est essentielle au maintien de la productivité de cet écosystème et à son rôle de pouponnière pour de nombreux poissons et crustacés. Sans cela, de nombreuses espèces d’animaux marins perdraient leur habitat essentiel. Lorsqu’ils sont déposés sur le rivage par l’action des vagues, les individus déracinés et les feuilles cassées de cette espèce sont également essentiels dans l’écologie des marais salés et des dunes.

Bien que la zostère reste commune et abondante dans les estuaires du parc, la circulation récréative des bateaux à moteur peut entraîner des déclins locaux en arrachant les plantes et en grattant les fonds peu profonds. L’arrivée récente du crabe vert européen, une espèce exotique agressive qui déracine la zostère en se nourrissant, représente une menace actuelle et croissante. Notre équipe de conservation des ressources mettra en oeuvre des efforts de surveillance de la zostère marine dans un avenir proche, en utilisant cette espèce comme indicateur supplémentaire de la santé de l’estuaire.

Ammophile (Ammophila breviligulata)
Ammophile

Ammophile (Ammophila breviligulata)

L’ammophile figure également parmi les plantes les plus importantes du parc. Considérée comme une espèce clé, elle est essentielle à la formation et au maintien de nos écosystèmes de dunes côtières, où ses vastes systèmes racinaires, ses tiges et ses feuilles capturent et retiennent le sable. En effet, cet «architecte des dunes» est essentiel à la création d’habitats pour de nombreuses espèces côtières. Si l’on considère que les dunes sont essentielles au maintien des marais salés et des estuaires, la véritable importance écologique de cette espèce pour les écosystèmes côtiers devient évidente.

Pour protéger l’ammophile et les écosystèmes côtiers du parc, notre équipe de conservation des ressources surveille activement le mouvement des dunes, la croissance des plantes, la gravité des tempêtes tout en gardant le public éduqué. Des panneaux de fermeture et de zones réglementées sont érigés dans les milieux fragiles des dunes où l’ammophile pousse pour éloigner les visiteurs.

Peu d’environnements sont aussi fragiles que les dunes, qu’on appelle aussi îles-barrières. Elles ne sont maintenues ensemble que par les racines et les rhizomes (tiges souterraines) des plantes qui y poussent et sont très vulnérables aux vents, aux vagues et au piétinement humain. La circulation répétée des piétons et des véhicules tue la plante, qui à son tour déstabilise la dune, entraînant une augmentation de l’érosion, des éruptions et des brèches. Veuillez ne pas cueillir de plantes et restez hors des zones colonisées par les plantes.