Un indicateur de la santé environnementale des lagunes de Kouchibouguac

En été, la majorité des visiteurs qui se promènent le long des lagunes de Kouchibouguac ont la chance d’observer la Sterne pierregarin. Ce petit oiseau marin, très vocal, se reproduit par milliers sur les Îles-aux-Sternes, un archipel de la lagune de Saint-Louis. Toutefois, les sternes partagent cette aire de nidification avec une autre espèce d’oiseau, celle du Harle huppé, un canard marin qui se nourrit de poissons.

Une grande partie de la littérature scientifique accessible en Amérique du Nord concernant la biologie du mode de reproduction du Harle huppé nous provient d’études réalisées au parc national Kouchibouguac. Depuis 1984, Parcs Canada et une équipe formée d’écologistes et d’une vingtaine d’étudiants des universités McGill et Sainte-Anne se rendent, tous les ans, aux Îles-aux-Sternes afin d’en apprendre davantage sur le mode de vie du Harle huppé. Cette étude, qui est toujours en cours, en est une des plus longues durées axées sur une seule population d'oiseau de l'est du Canada.

Grâce à ce projet de recherche, Parcs Canada a pu classer le Harle huppé en tant qu’espèce indicatrice de la productivité marine du parc national Kouchibouguac. Qu’ils soient adultes ou juvéniles, ces canards sont étroitement liés à la chaîne alimentaire estuarienne puisqu’ils se nourrissent de plusieurs petites espèces de poisson qui y vivent. Par conséquent, toute modification au sein de ces populations de poisson se reflétera sur l'état de santé global de la colonie de Harle huppé du parc.

Le Harle huppé est aussi une espèce indispensable qui nous permet de quantifier les changements environnementaux côtiers engendrés par la hausse du niveau de la mer. En effet, la plupart des nids sont établis à moins de 10 mètres de la ligne de marée et à moins de 2 mètres au-dessus du niveau de la mer tout en étant dissimulés parmi l’ammophile. Ainsi, cette espèce et son aire de nidification sont très vulnérables à la hausse du niveau de l’eau. Les inondations causées par les grosses tempêtes réduisent le taux de reproduction du Harle huppé et diminuent la densité végétale parmi laquelle niche l’espèce.

Cela dit, une population saine de Harle huppé au parc national Kouchibouguac fait preuve d’un écosystème estuarien en bonne santé. Soyons alors optimistes que la population de Harle huppé du parc demeurera vive pour plusieurs générations à venir!