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Note aux lecteurs

La santé et la sécurité des visiteurs, du personnel et de l'ensemble de la population canadienne sont de la plus haute importance. Parcs Canada suit les conseils et les orientations des experts en santé publique pour limiter la propagation de la COVID 19 tout en permettant aux Canadiens et Canadiennes de découvrir le patrimoine naturel et culturel du Canada.

Parcs Canada reconnaît que la pandémie de la COVID-19 peut avoir des effets imprévisibles sur le Plan directeur du parc national du Canada Kouchibouguac. Parcs Canada informera les peuples autochtones, les partenaires, les intervenants et le public de ces répercussions dans le cadre de la mise à jour annuelle sur la mise en œuvre de ce plan.


Avant-propos

Steven Guilbeault

L’honorable Steven Guilbeault
Ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de Parcs Canada

D’un océan à l’autre, les lieux historiques nationaux, parcs nationaux et aires marines nationales de conservation sont une source de fierté pour toute la population canadienne. Ils reflètent le patrimoine naturel et culturel du Canada et racontent qui nous sommes, y compris les histoires, les cultures et les contributions des peuples autochtones.

Ces endroits prisés sont une priorité pour le gouvernement du Canada. Nous sommes résolus à protéger le patrimoine naturel et culturel, à élargir le réseau d’aires protégées et à contribuer au rétablissement des espèces en péril.

Nous devons en même temps continuer d’offrir des activités et des programmes innovateurs sur place et à distance pour permettre à un nombre accru de Canadiens et de Canadiennes de faire l’expérience de ces destinations emblématiques et de découvrir l’histoire, la culture et l’environnement.

En collaboration avec les communautés autochtones et des partenaires clés, Parcs Canada protège et restaure les lieux historiques et parcs nationaux; permet aux gens de découvrir l’histoire et la nature et de s’en rapprocher; contribue à maintenir, pour les collectivités locales et régionales, la valeur économique de ces lieux.

Ce nouveau Plan directeur du parc national du Canada Kouchibouguac vient appuyer cette vision.

Les plans directeurs sont élaborés par une équipe dévouée de Parcs Canada après de vastes consultations auprès de partenaires autochtones, d’autres partenaires et parties prenantes, de collectivités environnantes, et de visiteurs passés et présents. J’aimerais remercier tous ceux et celles qui ont contribué à ce plan pour leur dévouement et leur esprit de collaboration.

À titre de ministre responsable de Parcs Canada, j’applaudis à cet effort concerté, et j’ai le plaisir d’approuver le Plan directeur du parc national du Canada Kouchibouguac.

Steven Guilbeault
Ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de Parcs Canada

Recommandations

Recommandé par :

Ron Hallman

Président et directeur général
Parcs Canada

Andrew Campbell

Vice-président principal, Direction générale des opérations
Parcs Canada

Géraldine Arsenault

Directrice, Unité de gestion du Nord du Nouveau-Brunswick
Parcs Canada


Résumé

Le parc national Kouchibouguac se trouve à environ 100 kilomètres au nord de la ville de Moncton, au Nouveau-Brunswick. Il a été officiellement établi en 1979 pour faire partie du vaste réseau national d’aires protégées de Parcs Canada parce qu’il représente, grâce à son paysage côtier, ses îles-barrières, ses lagunes, ses rivières, ses marais et sa forêt acadienne, la région naturelle de la plaine des Maritimes. Le parc est situé sur un territoire non-cédé des Mi’gmaq où la chasse, la pêche, la récolte de plantes (incluant les arbres), l’habitation et le commerce y étaient traditionnellement pratiqués et continuent de l’être. Le parc reconnait également les traités historiques de paix et d’amitié qui ont été signés au XVIIIe siècle. Cette série de traités et d’accords visait à établir des relations d’amitié entre les nations autochtones, incluant les Mi’gmaq, et les Britanniques.

Le parc national Kouchibouguac est reconnu pour ses longues plages sablonneuses et ses terrains de camping. Il est aussi accessible pendant toute l’année pour la pratique d’une variété d’activités telles que la découverte de la culture autochtone pratiquée sur le territoire et la découverte des autres cultures qui ont jadis façonné le territoire protégé.

Ce plan directeur prend appui sur les principales réalisations du plan directeur de 2010, mais il aborde aussi les défis auxquels le parc est aujourd’hui confronté, soit le besoin de maintenir et d’améliorer certaines de ses installations, le manque de connaissances sur les ressources culturelles présentes dans le parc, ainsi que la nécessité de poursuivre et de renforcer les relations avec les partenaires et les communautés locales, incluant les Mi’gmaq et les anciens résidants du parc. Il tient compte également des impacts du changement climatique, notamment sur ses milieux marins et côtiers, et des autres pressions environnementales et externes qui ont une incidence sur la gestion et les opérations du parc.

Ce plan directeur propose une vision à long terme décrivant les aspirations pour le parc national Kouchibouguac pour les 15 à 20 prochaines années. Il présente également quatre stratégies clés en vue de concrétiser sa vision, lesquelles comprennent des objectifs et des cibles plus précises et mesurables.

La stratégie clé 1, intitulée « Un parc en santé et résilient », vise à améliorer l’intégrité écologique globale du parc en documentant davantage ses processus environnementaux et en atténuant les impacts des activités récréatives et des changements climatiques.

La stratégie clé 2, intitulée « Kouchibouguac : un parc à l’avant-garde », met l’accent sur l’innovation, et ce, dans tous les volets de la gestion et de l’opération du parc national. Elle vise à répondre aux nouvelles attentes de la population canadienne et des visiteurs envers les espaces naturels protégés et les manières de les apprécier. Elle cherche également à répondre aux tendances récentes en matière de récréation, de plein air et de tourisme.

La stratégie clé 3, intitulée « Le reflet de communautés engagées », vise à encourager les différents partenaires tels que les Mi’gmaq au Nouveau-Brunswick, la communauté acadienne et les collectivités locales à jouer un rôle accru dans une gestion plus concertée du parc. Une compréhension commune des enjeux du parc et de ses caractéristiques culturelles, le partage des connaissances et un respect mutuel permettront au parc national Kouchibouguac d’optimiser ses opérations, d’élargir son offre de services et d’activités, et de poursuivre son rôle de partenaire touristique majeur dans la région.

La stratégie clé 4, intitulée « Des visiteurs pleinement comblés à toutes les saisons », priorise la satisfaction des visiteurs en offrant une gamme d’expériences et de services plus étendue, améliorée et disponible pendant les quatre saisons, tout en préservant l’intégrité écologique du parc. Le parc désire entre autres se positionner comme destination hivernale incontournable pour les amateurs de plein air de la région, mais aussi d’ailleurs.


Introduction

Parcs Canada administre l’un des plus beaux et des plus vastes réseaux de lieux naturels et historiques protégés du monde. Son mandat consiste à protéger et à mettre en valeur ces lieux pour que puissent en profiter les générations d’aujourd’hui et de demain. La gestion stratégique et axée sur le futur de chaque lieu historique national, parc national, aire marine nationale de conservation et canal historique administré par Parcs Canada appuie la vision de l’Agence :

Les trésors historiques et naturels du Canada occuperont une place de choix au cœur de la vie des Canadiens et Canadiennes, perpétuant ainsi un attachement profond à l’essence même du Canada.

En vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada et de la Loi sur l’Agence Parcs Canada, Parcs Canada doit préparer un plan directeur pour chaque parc national. Le Plan directeur du parc national du Canada Kouchibouguac, une fois approuvé par le ministre responsable de Parcs Canada et déposé au Parlement, permet de s’assurer que Parcs Canada respecte son obligation de rendre compte à la population canadienne en décrivant comment la gestion du parc mènera à des résultats mesurables appuyant le mandat de l’Agence.

Les peuples autochtones, les intervenants, les partenaires et la population canadienne ont participé à la préparation du plan directeur, contribuant ainsi à l’établissement de l’orientation future du parc national. Le plan décrit une orientation claire et stratégique pour la gestion et l’exploitation du parc national Kouchibouguac en formulant une vision, des stratégies et des objectifs clés. Parcs Canada rendra compte chaque année des progrès accomplis vers l’atteinte des objectifs du plan directeur, et il procédera à l’examen de ce dernier tous les dix ans ou avant, au besoin.

Ce plan directeur n’est pas une fin en soi. Parcs Canada favorisera un dialogue ouvert sur sa mise en œuvre pour s’assurer qu’il reste pertinent et significatif. Le plan sera l’axe autour duquel s’articulera l’engagement continu et la consultation, le cas échéant, à l’égard de la gestion du parc national Kouchibouguac dans les années à venir.

Cadre régional
Carte 1 : Cadre régional — Version texte

Il s'agit d'une carte des lieux historiques nationaux du Canada au Nouveau-Brunswick dont Parcs Canada est le propriétaire ou l'exploitant. Également représentés sur la carte sont : les communautés des Premières Nations Mi'gmaq, les villes, les routes principales et les parcs nationaux. L'étendue géographique comprend la limite politique complète du Nouveau-Brunswick avec des sections du nord-est du Maine, du sud-est du Québec, de l'ouest de l'Île-du-Prince-Édouard et de l'ouest de la Nouvelle-Écosse. La légende comprend un symbole numéroté pour chaque site historique et un symbole pour les communautés des Premières Nations Mi'gmaq.

Parc national Kouchibouguac
Carte 2 : Parc national Kouchibouguac — Version texte

Il s'agit d'une carte des écosystèmes et des habitats du parc national du Canada Kouchibouguac. L'étendue géographique comprend la limite complète du parc et les collectivités environnantes d'Aldouane, de Saint-Louis-de-Kent, de Saint-Ignace, de Kouchibouguac, de Pointe-Sapin et une partie du détroit de Northumberland. La légende comprend des symboles pour les routes, les sentiers, les îles-barrières et les flèches, les marais salés, les lagunes et les estuaires, la forêt acadienne, la forêt rare, les milieux humides, l'eau douce et les champs en régénération.


Importance du parc national Kouchibouguac

La réserve du parc national du Canada Kouchibouguac a été créée en 1969 dans le but de veiller à la protection et à la mise en valeur d’un secteur d’importance nationale représentatif de la région naturelle de la plaine des Maritimes, l’une des 39 régions naturelles au Canada. Le parc fut officiellement établi en 1979. Il est situé le long du détroit de Northumberland, sur le littoral Est du Nouveau-Brunswick. D’une superficie de 238 kilomètres carrés, le parc protège et met en valeur un paysage côtier spectaculaire et dynamique formé d’îles-barrières sablonneuses, de lagunes estuariennes, de rivières à marées, de marais salés, de forêts et de tourbières, ainsi que de lacs, de ruisseaux et de rivières d’eau douce. Plus d’une quinzaine d’espèces protégées selon la Loi sur les espèces en péril s’y abritent, dont plusieurs font l’objet de mesures de conservation ou de rétablissement comme le pluvier siffleur, l’aster du golfe du Saint-Laurent, la tortue des bois et certaines espèces de chauves-souris. Désigné en 2009 comme « réserve de ciel étoilé », le parc national Kouchibouguac favorise également la protection des habitats nocturnes pour les générations actuelles et à venir, incite la population à être reconnaissante du ciel nocturne et la sensibilise à l’important patrimoine culturel qui y est relié.

Le parc se trouve à environ 100 kilomètres au nord de la ville de Moncton, sur un territoire non-cédé des Mi’gmaq, et reconnaît les traités historiques de paix et d’amitié qui ont été signés au XVIIIe siècle. Cette série de traités et d’accords était destinée à établir des relations d’amitié entre les nations Wabanaki, y compris les Mi’gmaq, et les Britanniques. D’ailleurs, l’appellation du parc tire ses origines du nom Mi’gmaq Pijeboogwek, ou Pigipogoeq, qui signifie « rivière qui avance et s’intègre à la forêt ». D’autres interprétations du mot « Kouchibouguac » incluent « rivière aux longues marées ». Depuis les temps immémoriaux, les Mi’gmaq vivent, chassent, pêchent, récoltent des plantes (y compris des arbres) et pratiquent le commerce sur le territoire qui constitue maintenant le parc. Celui-ci présente également des traces d’une riche histoire humaine et culturelle, avec plus de 30 sites archéologiques autochtones connus et quatre sites archéologiques non autochtones connus. On trouve également dans le parc une série de paysages culturels marqués par la présence d’anciens villages, principalement liés à des activités industrielles, agricoles, forestières et halieutiques. Les collectivités avoisinant le parc, notamment les villages de Saint-Louis-de-Kent, Pointe-Sapin, Kouchibouguac, Richibucto, Rexton, Elsipogtog, Lno Minigog, Rogersville, Bouctouche et Tjipõgtõjg comptent approximativement 25 000 résidents de cultures acadiennes francophones, anglophones et Mi’gmaq, dont la plupart pratiquent des activités liées à la pêche, à la chasse, à la cueillette, à l’agriculture, à la foresterie et au tourisme.

Le parc national Kouchibouguac est ouvert à l’année et emploie quelques 90 personnes, auxquelles s’ajoutent environ 35 étudiants en saison estivale. Il représente indéniablement un moteur économique important pour le comté de Kent, au Nouveau-Brunswick. En 2017, les opérations, les visiteurs et les projets d’infrastructure ont généré des dépenses directes et indirectes estimées à plus de 26,3 millions de dollars pour la région et à 44,4 millions de dollars pour l’ensemble de la province. Ces dépenses ont aussi eu un impact considérable sur le produit intérieur brut annuel, soit 12,2 millions de dollars pour le comté de Kent et 19,2 millions de dollars pour la province. Le parc compte quelques 350 emplacements de camping et offre 60 kilomètres de sentiers pour le vélo, 35 kilomètres de sentiers pour la randonée pédestre et 45 kilomètres de pistes pour le ski de fond et la raquette l’hiver. Ce sont également ses plages sablonneuses qui en font une destination très populaire. Au total, 226 400 visiteurs ont fréquenté le parc durant la saison 2019-2020, ce qui représente une hausse 33 % depuis 2016.


Contexte de planification

Précédant immédiatement sa création, le territoire qu’occupe présentement le parc national Kouchibouguac comptait environ 1 200 résidents répartis dans 228 foyers et sept villages. L’établissement du parc et les expropriations subséquentes ont engendré des répercussions sociales et économiques importantes dans la région. De nos jours, Parcs Canada continue de reconnaître ces anciens résidents acadiens et européens en incorporant leur histoire dans les outils d’interprétation du parc, comme une exposition dédiée aux familles de ces anciens résidants dans le Centre d’accueil des visiteurs. L’entrée gratuite au parc est également offerte aux anciens résidents et à leurs descendants pour six générations depuis les expropriations. Le fait d’être le seul parc national, à l’extérieur du Québec, administré et opéré principalement en français suscite des attentes afin que la culture acadienne de la région soit reconnue et mise en valeur dans le parc.

Avant l’arrivée des colons européens, les Mi’gmaq avaient une longue histoire d’occupation, d’utilisation et de gestion des terres que nous connaissons maintenant sous le nom de parc national Kouchibouguac. Aujourd’hui, les Mi’gmaq entretiennent encore des liens étroits avec ces terres, puisque leur culture a continué de s’épanouir et d’évoluer malgré les épreuves qu’ils ont supportées depuis l’arrivée des colons européens. Au fil des ans, le parc national Kouchibouguac et des partenaires Mi’gmaq ont développé de solides relations de travail fondées sur des valeurs communes en matière de conservation et de gestion responsable des terres et des eaux, afin d’assurer leur résilience et leur disponibilité pour les générations futures.

Le protocole d’entente entre les deux unités de gestion de Parcs Canada au Nouveau-Brunswick et Mi’gmawe’l Tplu’taqnn Inc. (MTI), un groupe représentant huit communautés Mi’gmaq du Nouveau-Brunswick, fut renouvelé en 2016, tandis que celui entre le parc national Kouchibouguac et les communautés d’Elsipogtog et de Lno Minigog fut renouvelé en 2015. Grâce à ces ententes, les Mi’gmaq du Nouveau-Brunswick ont accès à toutes les aires protégées administrées par Parcs Canada au Nouveau-Brunswick sans avoir à défrayer des frais d’entrée. De plus, ces ententes permettent à Parcs Canada de collaborer avec des partenaires autochtones pour faire avancer des projets communs, notamment en ce qui concerne l’éducation et la promotion, les opportunités de développement économique et la conservation des ressources culturelles et naturelles. Plusieurs programmes d’interprétation réguliers Mi’gmaq (contes, chants, danses, célébrations), de cérémonies spéciales (huttes de sudation, purifications, prières) et de grands événements (Mawiomi) sont tenus dans le parc à chaque année au grand plaisir des visiteurs et des communautés autochtones.

Le présent document remplace le plan directeur qui fut déposé au Parlement canadien en 2010. Ce plan contenait quatre stratégies clés portant respectivement sur la vitalité du parc, sur l’histoire du parc, sur la découverte du parc par les visiteurs au moyen d’outils variés et sur les relations et les collaborations nécessaires afin d’appuyer le parc dans la réalisation de son mandat. Un examen de l’Annexe 1 du plan de 2010 révèle que 73 % des actions proposées ont été complétées et plus de 90 % des actions restantes sont en voie d’être complétées. Parmi les principales réalisations en lien avec les objectifs du plan de 2010, on note le rachat volontaire des permis de pêche commerciale afin de stabiliser les populations de certaines espèces aquatiques (2006), la désignation du parc à titre de réserve de ciel étoilé (2009), l’élaboration et l’installation de l’exposition portant sur les anciens résidents du Centre d’accueil des visiteurs (2012), le développement de nouveaux programmes d’interprétation sur la culture autochtone avec les partenaires Mi’gmaq (2010-2018), et la réfection complète de la route 117 et de ses ponts (2015-2018). L’examen de la mise en œuvre du plan directeur de 2010 ainsi que l’évaluation de l’état du parc (2017) ont d’ailleurs révélé que Kouchibouguac s’est démarqué en matière de maintien de l’intégrité écologique de la forêt, de relations externes et d’appréciation des programmes et des services offerts aux visiteurs.

Le parc doit cependant composer avec un certain nombre d’enjeux en lien avec la détérioration de ses infrastructures et de ses installations, dont certaines routes d’accès secondaires et certains bâtiments de service destinés aux visiteurs. Le fait que l’inventaire des ressources culturelles présentes dans le parc soit incomplet constitue également un frein à l’élaboration de plans de conservation et de mise en valeur. Enfin, même si les liens avec les partenaires autochtones continuent de mieux se définir et de s’améliorer, le maintien et l’amélioration de cette relation privilégiée implique un engagement actif et continu afin de créer des opportunités mutuellement bénéfiques, surtout économiques, tout en prenant soin d’accroître la sensibilisation des employés du parc à la culture et aux valeurs autochtones.

L’intégrité écologique des zones marines et côtières du parc est considérée comme particulièrement vulnérable et sera probablement soumise à des pressions de plus en plus importantes au cours des prochaines décennies. Plusieurs facteurs contribuent à ce défi, dont la présence et la menace d’invasion de nouvelles espèces exotiques marines et terrestres envahissantes, la popularité grandissante de la pêche récréative des myes communes et de la truite de ruisseau, les pressions environnementales qui affectent les populations d’espèces en péril présentes dans le parc, et la surveillance environnementale requise pour bien connaître et documenter l’état de l’intégrité écologique du parc. Le fait qu’il soit possible d’accéder au parc à plusieurs endroits, autant par l’eau que par voie terrestre, représente un autre enjeu de gestion en raison des risques inhérents aux activités illicites (p. ex. le braconnage), aux feux de forêt, à l’accès aux dunes protégées et au trafic nautique croissant. Le développement périphérique au parc doit aussi être considéré. Finalement, le parc national Kouchibouguac demeure un endroit sensible aux changements climatiques, et particulièrement à la montée progressive du niveau de la mer. À titre d’exemple, en moyenne 1,8 mètre de rive est érodé des îles-barrières chaque année en raison des ondes de tempête. Cette nouvelle réalité exige un suivi rigoureux des processus naturels et des infrastructures à risque du parc et doit être considérée dans le présent plan directeur.


Élaboration du plan directeur

Des Canadiens et Canadiennes de tous les milieux, y compris les partenaires Mi’gmaq de même que les intervenants et partenaires des communautés environnantes, ont participé à l’élaboration du Plan directeur du parc national du Canada Kouchibouguac. Parcs Canada a en effet déployé différents moyens pour mobiliser et consulter la population canadienne à l’échelle locale, régionale et nationale afin de connaître leurs intérêts ou leurs préoccupations en ce qui concerne le parc et de leur offrir une occasion d’exprimer leurs points de vue sur sa gestion future. Les partenaires autochtones ont également contribué de façon significative à l’élaboration du plan directeur. L’ébauche d’un plan directeur présentant des objectifs visant le rapprochement et la collaboration avec les partenaires et les communautés locales, la rétroaction de ceux-ci sur les propositions contenues dans l’ébauche de plan revêtait une importance capitale pour l’équipe de Parcs Canada. Les partenaires autochtones ont également contribué de façon significative à l’élaboration du plan directeur.


Mobilisation et consultation auprès des Mi’gmaq
(2018-2021)

Le groupe Mi’gmawe’l Tplu’taqnn Inc. (MTI), regroupant huit communautés Mi’gmaq au Nouveau-Brunswick, ainsi que la communauté Elsipogtog, qui était représentée par l’organisation Kopit Lodge, ont été invités dès le début du processus à participer à l’élaboration des nouvelles orientations de gestion pour le parc. En effet, les premiers échanges entre le groupe MTI, l’organisation Kopit Lodge et les représentants du parc ont eu lieu au printemps 2018, avant même l’élaboration de l’ébauche de ce plan directeur. Ces rencontres visaient principalement à identifier les priorités et les préoccupations envers la gestion future du parc.

Les mêmes groupes furent aussi interpellés lors de la rédaction du projet de plan directeur en 2019, les représentants du parc étant désireux de s’assurer de bien comprendre et refléter les préoccupations et les intérêts des partenaires autochtones de la région dans le plan. L’ébauche du plan directeur a ainsi été élaboré conjointement dans l’esprit de la reconnaissance des droits autochtones en accordant une grande attention aux principes clés exprimés par les Mi’gmaq.


Consultations auprès d’intervenants
(printemps 2021)

Sept sessions de consultation ont été tenues, via une plateforme en ligne, afin de recueillir les commentaires des partenaires et des organisations ayant un intérêt envers le parc sur l’ébauche du plan directeur. Près de cinquante participants représentants une trentaine de groupes et d’organismes provenant des secteurs touristique, académique, scientifique, économique et communautaire, y compris les groupes autochtones, ont été invités à s’exprimer dans le cadre de ces séances ou à partager leurs commentaires et idées par écrit sur les stratégies de l’ébauche du plan directeur qui les interpellaient davantage. Plusieurs ont souligné leur intérêt à collaborer davantage avec le parc national Kouchibouguac, notamment dans son offre de services aux visiteurs et dans les programmes et la recherche scientifiques. L’intégrité écologique, la mise en valeur de l’histoire acadienne du parc et les opérations en saison hivernale ont également été des thèmes de discussion récurrents.


Consultation publique
(du 10 mars au 2 mai 2021)

En raison des restrictions sanitaires liées à la pandémie de COVID-19, Parcs Canada a été dans l’obligation de retarder les consultations publiques initialement prévues au printemps 2020 et a dû trouver des solutions alternatives pour consulter, en toute sécurité, la population canadienne. Un sommaire du projet de plan directeur a d’abord été distribué à 21 000 foyers des comtés de Kent et Northumberland. L’ébauche du plan directeur ainsi qu’un sondage créé afin de mesurer l’appréciation des Canadiens et Canadiennes quant aux propositions contenues dans l’ébauche du plan étaient également accessibles sur le site Web du parc entre le 10 mars et le 2 mai 2021. Le personnel de Parcs Canada à Kouchibouguac a fait la promotion de ces consultations dans les médias sociaux, les médias traditionnels et également pendant les séances de mobilisation avec les intervenants. Ces consultations, de même que l’analyse des résultats du sondage, ont démontré un fort appui du public quant à la vision, aux stratégies et aux objectifs proposés pour la gestion future du parc national Kouchibouguac. Ces consultations ont permis d’éclairer davantage l’élaboration du plan directeur 2021 pour le parc national Kouchibouguac.


Vision

La vision décrite ci-dessous représente les aspirations pour le parc national Kouchibouguac pour les 15 à 20 prochaines années. L’élaboration de cette vision s’est appuyée sur les valeurs et les points de vue des partenaires autochtones, des résidents antérieurs du parc, des communautés locales et de la population canadienne, tout en reconnaissant que la priorité de Parcs Canada est avant tout de protéger le patrimoine naturel et culturel du parc national Kouchibouguac. Elle exprime le futur souhaité pour le parc et inspirera les employés, les superviseurs et les gestionnaires du parc, de même que ses collaborateurs et ses partenaires, dans leurs orientations et leurs décisions de gestion :

Le parc national Kouchibouguac est devenu un point de référence pour l’avancement des connaissances scientifiques et des savoirs autochtones Mi’gmaq, le rétablissement des espèces en péril et l’adaptation aux changements climatiques dans le Canada atlantique. Grâce à ses approches de gestion durable des ressources en vue de gérer efficacement l’intégrité écologique, ses différents écosystèmes sont sains, fonctionnels et résilients. Plus particulièrement, sa forêt acadienne et ses estuaires sont protégés et gérés de sorte que les espèces et les processus écologiques qui s’y trouvent puissent être restaurés et conservés.

Kouchibouguac est également reconnu comme une destination incontournable et vibrante que les Canadiens et les Canadiennes, autant locaux que touristes, peuvent apprécier tout au long des quatre saisons. Ses pistes et sentiers hivernaux sont devenus aussi prisés que ses plages sablonneuses et ses dunes en été.

Son leadership en matière d’innovation se reflète dans son offre de services aux visiteurs, sa programmation d’activités et d’expériences, et dans la gestion à long terme de ses biens et de ses infrastructures. Le parc est un précurseur dans ces domaines et est souvent cité comme exemple au niveau national.

Le parc est également à l’avant-garde en matière d’inclusion et de diversité : intégré dans le paysage culturel Mi’gmaq et Acadien, il représente une porte d’entrée vers les différentes cultures de la région et, grâce à son ouverture, il crée un véritable climat de réconciliation avec les peuples autochtones et les collectivités environnantes.

Les communautés Mi’gmaq et les collectivités environnantes sont déterminées à collaborer étroitement afin de protéger, de promouvoir et de mettre en valeur le parc national Kouchibouguac en sensibilisant les Canadiens et les Canadiennes à leur culture.

En favorisant la pratique d’activités extérieures, dans un environnement sain offrant une diversité d’occasions de plein air et de découvertes, le parc national Kouchibouguac contribue au bien-être de ses visiteurs mais aussi à la vitalité environnementale, économique et sociale de toute la région.


Stratégies clés

Les quatre stratégies clés qui suivent décrivent les grandes approches devant guider la gestion du parc au cours des dix prochaines années en vue d’atteindre, ultimement, la vision énoncée précédemment. Chaque stratégie incite le parc national Kouchibouguac à viser de hauts standards d’excellence, tout en composant avec les principaux enjeux et les nouvelles tendances qui se dessinent, ainsi qu’à profiter des opportunités du milieu et de collaborations accrues.

Des objectifs plus précis correspondent à chacune des stratégies clés, et des cibles y sont associées afin de mesurer les progrès vers l’atteinte de ces objectifs au cours des années à venir. Sauf indication contraire, toutes les cibles visent à être rencontrées durant la période de mise en oeuvre du plan directeur (10 ans).

Un examen annuel de la mise en oeuvre du plan sera réalisé afin de rendre compte des résultats atteints et de mobiliser les communautés et les groupes autochtones, les partenaires, les intervenants et le grand public.


Stratégie clé 1

Un parc en santé et résilient

La mission de Parcs Canada au parc national Kouchibouguac est de maintenir en santé les différents écosystèmes du parc, tant aquatiques que terrestres, ainsi que de protéger les espèces végétales et animales qui y vivent. Cette stratégie documentera les processus environnementaux du parc à l’aide des données scientifiques et du savoir autochtone Mi’gmaq, tout en atténuant les impacts des activités récréatives sur l’environnement et les effets des changements climatiques. Cette stratégie clé permettra d’améliorer l’intégrité écologique globale du parc afin que tous puissent continuer de profiter et d’apprécier ce milieu naturel exceptionnel.


Objectif 1.1

Les populations des espèces aquatiques faisant l’objet de pêches commerciales ou récréatives sont gérées de façon efficace et responsable en utilisant conjointement les données scientifiques récentes et les connaissances autochtones Mi’gmaq.

Cibles

  • À partir de 2022, une révision des quotas de pêche est réalisée annuellement pour la mye commune, et à tous les deux ans pour la truite de ruisseau.
  • La densité de population de myes communes atteint 12 myes (taille minimale de 55 millimètres) par mètre carré d’ici 2030.

Objectif 1.2

Les espèces exotiques envahissantes sont surveillées et contrôlées efficacement, en collaboration avec les partenaires autochtones, et l’arrivée de nouvelles espèces posant un risque à l’intégrité écologique du parc est limitée.

Cibles

  • La population du crabe vert est surveillée et gérée afin de limiter son expansion en se référant aux nombres observés entre 2017 et 2018.
  • L’indice d’envahissement des plantes exotiques dans le parc, tel que rapporté dans le Centre d’information sur les écosystèmes (CIE) en 2017, est amélioré d’ici 2023.
  • La quantité de bois importé et intercepté aux entrées des terrains de camping diminue de 50 % d’ici 2030, en utilisant 2019 comme année de référence.

Objectif 1.3

Le niveau de connaissances sur la représentativité et la santé de la forêt acadienne dans le parc s’accroît grâce aux connaissances autochtones Mi’gmaq et aux données scientifiques.

Cibles

  • Une carte illustrant les peuplements forestiers actuels du parc et leur évolution historique est complétée d’ici 2023.
  • Au moins deux séances d’information portant sur le programme national de l’utilisation du feu comme technique de restauration de la forêt acadienne sont présentées aux communautés locales pour fins d’éducation et de partage d’informations d’ici 2030.
  • Les cibles visant la restauration d’une forêt acadienne représentative sont élaborées d’ici 2028.

Objectif 1.4

Les impacts des changements climatiques continuent d’être documentés et font partie intégrante des décisions de planification et de gestion du parc.

Cibles

  • Les projections de la hausse du niveau de la mer au cours des cent prochaines années sont mises à jour d’ici 2022.
  • Un plan d’adaptation au changement climatique, compilant les nouvelles mesures d’intégrité écologique importantes à surveiller et à traiter en lien avec les changements climatiques, est complété d’ici 2023.

Objectif 1.5

Les activités de surveillance et de rétablissement des espèces en péril présentes dans le parc national Kouchibouguac se poursuivent conformément au plan d’action multi-espèces.

Cibles

  • D’ici 2030, la mesure de la productivité de la population de pluvier siffleurs redevient « bonne » dans le Centre d’information sur les écosystèmes (CIE).
  • La population de saumons de l’Atlantique présente dans le parc est maintenue ou est en hausse par rapport à l’année de référence 2017.
  • L’état des populations rétablies de l’aster du golfe du Saint-Laurent est évalué et surveillé annuellement, et leur habitat est restauré, au besoin, à chaque début d’été.

Stratégie clé 2

Kouchibouguac : un parc à l’avant-garde

Cette stratégie met l’accent sur l’innovation dans tous les volets de la gestion et de l’opération du parc national. Elle vise à répondre aux nouvelles attentes de la population canadienne et des visiteurs envers les espaces naturels protégés et les manières de les apprécier. Elle cherche également à répondre aux tendances récentes en matière de récréation, de plein air et de tourisme. Cette approche se reflète finalement dans les opérations courantes du parc où sont privilégiées les nouvelles technologies vertes et écoénergétiques.


Objectif 2.1

Le parc national Kouchibouguac est un acteur reconnu pour offrir une expérience du visiteur, des pratiques de gestion et des protocoles opérationnels écoresponsables, durables et qui prennent en considération l’intégrité écologique du parc.

Cibles

  • Une nouvelle aire de camping en arrière-pays, à faible empreinte écologique, est disponible d’ici 2030.
  • Plus de 80 % des récipients à déchets sont convertis pour permettre le triage des déchets et la récupération des matières recyclables d’ici 2022.
  • La quantité de plastique à usage unique utilisé par les visiteurs et les employés du parc diminue de 50 % d’ici 2030 par rapport à l’année de référence 2018.
  • Tout l’éclairage extérieur dans le parc est converti vers des ampoules à faible consommation énergétique et compatibles avec le statut du parc comme réserve de ciel étoilé d’ici 2025.
  • Les initiatives visant à sensibiliser le public sur la façon appropriée de visiter un parc national et de profiter du plein air en toute sécurité (p. ex. les principes « sans trace » et les règles d’étiquette sur les sentiers) sont mieux promues.

Objectif 2.2

Le parc national Kouchibouguac mise sur la santé, le bien-être, l’inclusion et la diversité des visiteurs, des collaborateurs, des partenaires autochtones et des communautés locales.

Cibles

  • Un comité consultatif composé de professionnels de la santé, de partenaires et d’autres membres concernés de la communauté est mis en place d’ici 2023 afin de promouvoir une approche inclusive au niveau des programmes et des infrastructures, pour permettre à tous les types de visiteurs de vivre une expérience optimale.
  • Trois sentiers sont accessibles aux personnes à mobilité réduite d’ici 2025.
  • Les plans et le design pour la construction d’un nouveau site de camping quatre-saisons accessible aux personnes à mobilité réduite sont complétés d’ici 2025.
  • Un événement annuel est organisé en collaboration avec des groupes multiculturels locaux pour inciter les nouveaux Canadiens et Canadiennes, ainsi que les immigrants récemment arrivés au Canada, à visiter le parc.

Objectif 2.3

Le parc national Kouchibouguac est davantage mis en valeur et reconnu comme un lieu de recherche contribuant à la conservation et aux avancées scientifiques.

Cibles

  • À partir de 2022, trois conférences sur les projets scientifiques réalisés par des partenaires académiques et des étudiants sont présentées chaque année aux visiteurs.
  • Les projets scientifiques réalisés au parc national Kouchibouguac font l’objet d’au moins une sortie médiatique annuellement.
  • Une étude scientifique et de savoir autochtone Mi’gmaq sur les zones tampons en bordure des tourbières exploitées commercialement et sur leur efficacité à protéger l’intégrité écologique d’une aire protégée est initiée d’ici 2030.

Stratégie clé 3

Le reflet de communautés engagées

Cette stratégie mise sur la collaboration et l’engagement de l’ensemble des différents partenaires avoisinant le parc. Une compréhension commune des enjeux du parc, le partage des connaissances et un respect mutuel permettront au parc national Kouchibouguac d’optimiser ses opérations, d’élargir son offre de services et de poursuivre son rôle de partenaire touristique majeur dans la région. À terme, cette stratégie permettra au parc et à toute la région avoisinante d’entrevoir l’avenir avec optimisme.


Objectif 3.1

Le parc national Kouchibouguac poursuit et améliore ses relations avec les partenaires Mi’gmaq dans un esprit de respect, de collaboration et de réconciliation.

Cibles

  • Les ententes actuelles ou futures conclues avec les Mi’gmaq au Nouveau-Brunswick, ou d’autres nations Wabanaki au Nouveau-Brunswick, sont mises en œuvre en temps opportun et encouragent la transition vers un rôle accru dans la prise de décision.
  • Le nom Mi’gmaq traditionnel Pigipogoeq, qui correspond davantage à la prononciation et la signification Mi’gmaq du nom Kouchibouguac, est intégré dans les opérations et la toponymie du parc d’ici 2030.
  • Une étude de savoir autochtone Mi’gmaq sur le territoire du parc est réalisée en collaboration avec les partenaires Mi’gmaq d’ici 2025.
  • Des outils éducatifs à propos des traités historiques de paix et d’amitié sont élaborés sur place en collaboration avec les partenaires Mi’gmaq.
  • Une stratégie de développement économique Mi’gmaq est élaborée avec les partenaires Mi’gmaq de façon à soutenir les opportunités d’affaires et d’emplois Mi’gmaq.

Objectif 3.2

Les anciens résidents du parc national Kouchibouguac et leurs descendants contribuent à la commémoration de l’histoire du parc et des anciens villages.

Cibles

  • Un comité consultatif composé d’anciens résidents du parc est créé d’ici 2023 pour conseiller les gestionnaires du parc sur la mise en valeur de l’histoire des anciens villages.
  • Avant la création du comité consultatif ci-haut mentionné, des termes de référence définissant la relation entre le parc et ledit comité sont établis.

Objectif 3.3

L’engagement et le soutien des partenaires et des communautés locales envers le parc s’améliore, et de nouvelles opportunités de partenariat stratégiques sont recherchées.

Cibles

  • Le sentiment d’appartenance et de fierté des résidents du comté de Kent envers le parc s’améliore et se reflète par l’accroissement du nombre de visiteurs provenant des collectivités avoisinantes (voir section 2.0).
  • Une vision et un plan stratégiques sont élaborés en collaboration avec les collectivités adjacentes au parc d’ici 2024.

Objectif 3.4

Le parc national Kouchibouguac possède une stratégie de gestion des ressources culturelles développée en collaboration avec les partenaires Mi’gmaq, les anciens résidents du parc et leurs descendants, ainsi que d’autres partenaires.

Cibles

  • Tous les sites archéologiques connus sont caractérisés et évalués d’ici 2024.
  • L’inventaire préliminaire des ressources culturelles est complété d’ici 2025 afin de mieux identifier les ressources culturelles du parc et leur valeur historique potentielle.

Objectif 3.5

Le parc national Kouchibouguac poursuit son soutien et le maintien des quais de Loggiecroft et de Cap Saint-Louis comme bases communautaires pour des activités de pêche commerciale désignées.

Cibles

  • Au moins une rencontre avec les autorités portuaires et le ministère des Pêches et des Océans est tenue annuellement pour discuter de la gestion des quais.
  • Des discussions sont entamées d’ici 2025 avec les autorités portuaires et les agents d’application de la loi du parc pour élaborer un plan de conformité visant le respect des règlements nautiques applicables aux embarcations motorisées de plaisance et une diminution progressive du nombre de mises à l’eau.

Stratégie clé 4

Des visiteurs pleinement comblés à toutes les saisons

La satisfaction des visiteurs est au cœur de la dernière stratégie. Celle-ci cherche à offrir aux visiteurs du parc national Kouchibouguac une gamme d’expériences et de services plus étendue, améliorée et disponible pendant les quatre saisons, et fondée sur les meilleures pratiques disponibles pour maintenir l'intégrité écologique du parc. Par cette stratégie, et en raison du potentiel non-exploité du territoire, le parc désire notamment se positionner comme destination hivernale incontournable pour les amateurs de plein air de la région, mais aussi d’ailleurs.


Objectif 4.1

Le niveau de satisfaction des visiteurs ainsi que l’offre d’activités et d’hébergement sont bonifiés et accrus.

Cibles

  • Le nombre de plaintes provenant des visiteurs quant aux conditions et à la qualité des pistes de ski de fond est en baisse par rapport à 2019.
  • La satisfaction des visiteurs par rapport aux services offerts montre une tendance à la hausse lors de la prochaine Évaluation de l’état du parc.
  • Vingt-cinq sites de camping oTENTik déjà existants sont convertis afin de pouvoir être utilisés durant les quatre saisons d’ici 2025.

Objectif 4.2

Davantage de visiteurs profitent du parc national Kouchibouguac chaque année.

Cibles

  • La fréquentation totale atteint 250 000 visiteurs par année d’ici 2030.
  • Le nombre de visiteurs qui participent aux activités et événements durant la saison hivernale continue d’augmenter chaque année, en utilisant 2019 comme année de référence.

Objectif 4.3

Les biens et les infrastructures du parc sont sécuritaires, fonctionnels et leur condition est améliorée et maintenue de façon à favoriser des expériences agréables pour les visiteurs.

Cibles

  • La satisfaction des visiteurs par rapport à l’état des installations du parc s’accroît d’ici 2030, en utilisant 2017 comme année de référence.
  • Le sentier Tweedie situé le long de la route 117 est restauré et réouvert au public d’ici 2027.

Objectif 4.4

Le parc national Kouchibouguac profite de la présence des quais de Loggiecroft et de Cap Saint-Louis pour établir des expériences sécuritaires, écologiques, agréables et éducatives offertes aux visiteurs.

Cibles

  • La possibilité d’offrir des excursions en bateau destinées aux visiteurs du parc à partir du quai de Loggiecroft est réévaluée d’ici 2025.
  • Des aménagements, tel que des stationnements, aires de pique-nique et accès des produits d’interprétation, à l’intention de la population locale et des visiteurs du parc sont réalisés au quai de Cap Saint-Louis d’ici 2030.

Zonage

Le système de zonage des parcs nationaux de Parcs Canada est une méthode intégrée de classification des terres et des eaux dans un parc national. Il permet de désigner les endroits où des activités particulières peuvent être réalisées sur terre et sur l’eau, en fonction de la capacité de les soutenir. Le système de zonage se divise en cinq catégories :

  • Zone I – Préservation spéciale
  • Zone II – Milieu sauvage
  • Zone III – Milieu naturel
  • Zone IV – Loisirs de plein air
  • Zone V – Services du parc

Le zonage est un outil de gestion important qui aide à réaliser la vision du parc. Les visiteurs sont dirigés vers les zones appropriées du parc, tandis que les zones écologiques ou culturelles rares et sensibles sont protégées. Les décisions de gestion sont donc basées sur ce zonage en fonction du degré de protection requis pour les différents écosystèmes du parc.

Le plan de zonage pour le parc est présenté à la carte 3. Ce zonage demeure inchangé depuis le plan directeur de 2010, puisque jusqu’à ce jour, il permet de bien conserver les caractéristiques propres à chaque secteur ainsi que de protéger les ressources naturelles et culturelles qui y sont recensées.

Au parc national Kouchibouguac, trois petits secteurs, représentant 3 % de la superficie du parc, ont été désignés « Zone I – Préservation spéciale » en raison de leurs caractéristiques naturelles ou culturelles exceptionnelles, menacées ou en voie de disparition qui méritent la plus haute protection. Le secteur Barachois, la vallée de la rivière Black ainsi qu’un lieu de sépulture autochtone dans le sud du parc sont ainsi désignés. Un « Zonage temporel I » est également effectif durant une certaine période de l’année, soit la saison de reproduction du pluvier siffleur, sur les Îles-aux-Sternes, l’Île Kellys et les caps Sud et Nord de la dune Kouchibouguac Sud.

La « Zone II – Milieu sauvage » est celle attribuée à plus de la moitié du territoire du parc (59 %) que l’on souhaite conserver à l’état sauvage. La désignation « Zone II » offre en effet un degré élevé de protection aux secteurs les plus représentatifs de la région naturelle de la plaine des Maritimes. Elle englobe notamment la majeure partie du secteur nord du parc, les dunes Richibucto Nord et Kouchibouguac Nord, ainsi que le territoire au sud de la promenade. L’accès et la circulation par véhicule motorisé sont interdits dans cette zone.

La partie centrale du parc est désignée « Zone III – Milieu naturel.  » Ce zonage englobe 29 % de la superficie du parc. C’est dans ces aires, aménagées comme des milieux naturels, que les visiteurs peuvent faire l’expérience du parc et se livrer à des activités récréatives de plein air ne nécessitant pas ou peu de services et d’installations. L’accès par véhicule motorisé y est parfois autorisé, mais il est contrôlé.

Finalement, la « Zone IV – Loisirs de plein air » englobe les aires comprenant les installations et infrastructures principales qui sont nécessaires pour offrir une vaste gamme d’activités et de services aux visiteurs tels le centre administratif, les aires de camping, les quais Cap Saint-Louis et Loggiecroft, les aires d’activités diurnes, la route 117 ainsi que les chemins d’accès, les sentiers et les canaux de navigation dragués. Ces aires correspondent à 9 % de la surface totale du parc.

Il n’y a pas de territoire désigné « Zone V – Services du parc » ni de réserves intégrales désignées constituées dans le parc national Kouchibouguac.

Zonage du parc national Kouchibouguac
Carte 3 : Zonage du parc national Kouchibouguac — Version texte

Il s'agit d'une carte des zones de gestion du parc national du Canada Kouchibouguac. Les étendues géographiques comprennent la limite complète du parc et les collectivités environnantes d'Aldouane, de Saint-Louis-de-Kent, de Saint-Ignace, de Kouchibouguac, de Pointe-Sapin et une partie du détroit de Northumberland. La légende comprend des symboles pour les routes, les sentiers, les zones de gestion des terres et des eaux : 1 - préservation spéciale, 2 - milieu sauvage, 3 - milieu naturel, 4 - loisirs de plein air et une zone terrestre supplémentaire 1 - temporel.


Résumé de l’évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes (2010), une évaluation environnementale stratégique est réalisée pour tous les plans directeurs. L’évaluation environnementale stratégique a pour objet d’intégrer les considérations d’ordre environnemental dans l’élaboration des politiques, des plans et des propositions de programme afin d’appuyer la prise de décisions respectueuses de l’environnement. Cette compréhension contribue à une prise de décision fondée sur des preuves concrètes qui soutient le maintien ou la restauration de l’intégrité écologique tout au long de la mise en œuvre du plan. Les projets particuliers réalisés pour mettre en œuvre les objectifs du Plan directeur du parc national du Canada Kouchibouguac feront l’objet d’une évaluation distincte afin d’établir si une évaluation d’impact est nécessaire en vertu de la Loi sur l’évaluation d’impact (2019), ou de toute loi lui succédant.

L'évaluation environnementale stratégique est axée sur les effets cumulatifs. Les effets cumulatifs potentiels provenant des changements climatiques, des activités et développements en dehors du parc, de l’augmentation de la fréquentation et des stratégies clés ou objectifs du plan directeur ont été examinés en lien avec les diverses composantes écologiques valorisées. Les composantes écologiques valorisées qui ont été retenues sont les zones côtières, le biome de la forêt acadienne, l’écosystème des tourbières, les espèces en péril ou d’intérêt utilisant les zones côtières, les espèces en péril aquatiques et les ressources halieutiques faisant ou ayant fait l’objet de pêches commerciales, traditionnelles ou récréatives.

Les impacts cumulatifs sur les composantes valorisées peuvent être atténués par l’utilisation de mécanismes stratégiques tels que les objectifs de gestion, l’utilisation des terres et la planification de la conservation, la recherche, la restauration, l’évaluation d’impact au niveau des projets, l’engagement et l’éducation, la surveillance, la réglementation et l’application de la loi. L’utilisation actuelle ainsi que les besoins éventuels de chaque mécanisme ont été évalués pour chaque composante écologique valorisée identifiée, et les résultats de cette évaluation ont été utilisés pour élaborer les recommandations.

Les partenaires autochtones, les intervenants et le public ont eu la chance de commenter l’ébauche du plan et le résumé de l’évaluation environnementale stratégique. Les commentaires du public, des groupes autochtones et des intervenants ont été intégrés à l’évaluation environnementale stratégique et au plan directeur, le cas échéant.

Un grand nombre des objectifs de la Stratégie fédérale de développement durable s’harmonisent avec le mandat et la vision de l’Agence. Même si le plan directeur mentionne déjà les objectifs de la Stratégie fédérale de développement durable « écologisation du gouvernement ; côtes et océans sains ; terres et forêts gérées de façon durable ; populations d’espèces sauvages en santé ; et rapprocher les Canadiens et Canadiennes de la nature », il est possible que d’autres objectifs seront considérés lors de l’élaboration de projets ou lors des opérations courantes.

L’évaluation environnementale stratégique a révélé que la mise en œuvre du plan directeur aura des incidences positives, notamment pour les ressources halieutiques. Les effets négatifs seront atténués par des mécanismes existants tels que les évaluations d’impact au niveau du projet, la recherche et le travail en collaboration avec des partenaires régionaux. Bien que certaines composantes écologiques puissent connaître des tendances à la baisse, la mise en œuvre du plan directeur devrait contribuer au maintien ou à l’amélioration à long terme de l’intégrité écologique du parc national Kouchibouguac.


Contactez-nous

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le plan directeur ou des questions connexes sur le parc national Kouchibouguac :

Parc national du Canada Kouchibouguac
186 Route 117
Kouchibouguac (Nouveau-Brunswick) E4X 2P1
Canada

Courriel :  kouchibouguac@pc.gc.ca

Tél. : 506-876-2443

 Parc national Kouchibouguac

Renseignements sur la publication

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le président et directeur général de l’Agence Parcs Canada, 2021.

Sources des images de la page couverture
En haut, de gauche à droite : André Audet / Parcs Canada
En bas : Parcs Canada

This publication also available in English:
Kouchibouguac National Park of Canada Management Plan, 2021

  • Papier : R64-105/82-2021F
  • 978-0-660-39756-6
  • PDF : R64-105/82-2021F-PDF
  • 978-0-660-39755-9