La zone intertidale, partie de la plage située entre la marée haute et la marée basse, grouille de vie. Les plantes et les animaux doivent être résistants pour y survivre. À marée haute, ils vivent dans l'eau salée tandis qu'à marée basse, ils vivent dans l'eau douce de la pluie ou du ruissellement, ou sont complètement asséchés et brûlés par le soleil. Les températures peuvent dépasser les 30 °C l'été ou chuter à -25 °C en hiver. Les vagues déferlent sur eux, les secouant et les recouvrant de limon. L'hiver, ils se font écraser l'hiver sous les morceaux de glace. Pourtant, la vie y est féconde. En fait, la tolérance d'un organisme dicte où son espèce vit dans la zone intertidale.

Rivages rocailleux

Les algues brunes et les balanes (Balanus balanoides) y trouvent refuge. Certains organismes vivent entre les rochers et les galets : les bigorneaux (Littorina sp.), les gammares, les limaces de mer (Onchidoris bilamellata), les pourpres de l'Atlantique (Thais lapillus), les acmées tortues de l'Atlantique (Acmaea testudinalis), les stromatés et les crabes.

La zone intertidale Chaque jour, des millions de plantes et d'animaux aquatiques sont laissés en rade par le retrait des marées.
© Parcs Canada / Jamie Steeves

Estrans

Fundy est renommé pour ses vastes estrans. La différence de vue de la plage d'Alma à marée haute et à marée basse est spectaculaire. L'estran de la plage d'Alma peut s'étendre sur plus d'un kilomètre à marée très basse. Des organismes singuliers vivent dans le substrat boueux épais, en particulier les corophies tourneurs (Corophium volutator), les myes et une multitude de vers. Les couleurs spectaculaires du néréide (Nereis virens) virent du rose à une iridescence verte, en passant par le brun. Le ver segmenté sédentaire vit dans un tube de boue vertical. Ces organismes cachés constituent un festin de choix pour les chevaliers et les pluviers au moment de la migration, à la fin de l'été dans la baie de Fundy.

Marais salés

Au-delà de la ligne de marée haute normale se trouvent les marais salés qui ne sont inondés que par les très fortes marées. Le marais salé à l'embouchure de la rivière Upper Salmon et ceux des rivières Point Wolfe et Goose restent fertiles et luxuriants grâce aux marées géantes.

Le marais salé d'Alma À marée basse, des ratons laveurs sillonnent parfois les marais salés à la recherche de myes, chose impossible à marée haute lorsque les marais sont recouverts d'eau salée.
© Parcs Canada / Jamie Steeves
Les canards, les oies, les hérons et d'autres oiseaux se nourrissent ou nichent à proximité de ces marais ou y font halte pendant la migration. Les poissons (choquemorts et épinoches à trois épines) se nourrissent et croissent dans les criques saumâtres et de petits organismes pullulent dans la boue et les riches eaux salées des marais où les nutriments de la terre et de la mer s'allient pour donner d'excellentes conditions de croissance. L'eau qui s'écoule des marais transporte des matières végétales et animales dans la baie. Cette matière constitue une riche source nutritive pour les animaux qui vivent dans le fond de la baie. La spartine alterniflore (Spartina alterniflora) domine cet écosystème saumâtre. Cette plante herbacée vigoureuse et résistante forme de denses peuplements à proximité de l'eau et tolère bien les inondations occasionnelles. Les conduits d'air de sa tige permettent le transport de l'oxygène aux racines souvent submergées, tandis que ses glandes excrètent l'excès de sel. Les racines et les rhizomes aident à prévenir l'érosion.

Dans la plupart des écosystèmes, la chaîne alimentaire commence avec les végétaux. Par exemple, à l'entrée de la baie de Fundy, le phytoplancton pousse dans les remontées d'eau riches en nutriments. C'est là que commence le réseau trophique pour le zooplancton, les crevettes, les poissons et les baleines. Par ailleurs, à l'autre extrémité de la baie, l'eau est trop trouble et turbide pour que le phytoplancton puisse y vivre. La chaîne alimentaire y commence avec les bactéries constamment ballottées par les marées et nourries par les détritus des marais salés.

Falaises côtières

Joel's Head et Owl's Head Les caps et les promontoires multicolores témoignent chacun d'une ère géologique différente.
© Parcs Canada / Gilles Daigle
Les falaises côtières sont toujours impressionnantes. Cet habitat spécialisé est souvent remarquable par sa beauté saisissante, mais on oublie que la faune et la flore y habitent aussi. Des fossiles de végétaux vieux de 300 millions d'années sont incrustés dans les blocs géants de grès, témoins des vies antérieures de Fundy. Le roc garde même les traces des rides des anciennes plages. De nos jours, le faucon pèlerin, espèce menacée, niche sur ces falaises. L'escarpement extrême, les embruns salés et le vent ne laissent survivre que quelques végétaux éparpillés et spécialisés, notamment l'orpin rosat (Rosea sedum). Les plantes les plus rares du parc, qui croissaient dans le froid des glaciers en retraite, se plaisent sur ces falaises escarpées qui surplombent la baie de Fundy.