Chute d’un premier de cordée sur la crête nord-ouest du pic Chancellor, parc national Yoho, le 7 août 2015

Le 7 août 2015, deux alpinistes ont entrepris l’escalade d’une nouvelle voie sur la paroi nord du pic Chancellor, dans le parc national Yoho. Après avoir parcouru une distance considérable, ils ont rencontré du mauvais temps et ont décidé de traverser la crête nord-ouest pour terminer leur ascension. Au moment où le premier de cordée accédait à la crête, l’une de ses prises s’est détachée. Il a fait une chute de 10 à 15 m pendant laquelle il a subi des blessures au genou et une longue lacération à la jambe. Les alpinistes ont réussi à se rendre sur une petite saillie, où ils ont appliqué leurs techniques de premiers soins pour refermer la plaie et faire cesser les saignements. Conscients du fait qu’ils ne pourraient pas poursuivre leur escalade, les deux compagnons ont appelé les secours avec leur téléphone cellulaire.

Le Service de répartition de Banff a reçu l’appel à 20 h 37. Après avoir confirmé la position des alpinistes et établi qu’il restait assez de temps de clarté pour tenter un sauvetage, deux spécialistes de la Sécurité des visiteurs se sont rendus jusqu’au lieu de l’accident à bord d’un hélicoptère de l’entreprise Alpine Helicopters. Ils ont vite repéré les deux alpinistes sur une petite saillie située à environ 2 900 m d’altitude, et ils ont aménagé une aire de rassemblement au col Chancellor-Vaux, qui se trouve à 2 580 m. En se servant de l’élingue de l’hélicoptère, l’un des sauveteurs s’est fait déposer sur la saillie. Les deux alpinistes ont alors été transportés à leur tour au bout de l’élingue jusqu’au col Chancellor-Vaux, sont montés à bord de l’hélicoptère et ont été ramenés à Lake Louise juste avant la tombée de la nuit. Les deux compagnons ont pu se rendre eux-mêmes en voiture jusqu’à l’hôpital de Golden (Colombie-Britannique), où le blessé a obtenu des soins médicaux pour sa jambe.

 
Hélicoptère s’approchant du lieu de l’accident d’escalade sur le pic Chancellor. Photo prise de l’aire de rassemblement, dans le col Chancellor-Vaux, 2015-08-07

Analyse
Cet accident est survenu à haute altitude, en terrain escarpé, vers la fin de la journée. Si les blessures étaient relativement mineures et si les alpinistes ont pu être évacués le soir même, c’est en grande partie grâce à l’état de préparation et à la rapidité d’exécution des deux alpinistes. Les paragraphes qui suivent présentent quelques éléments clés à retenir de cet accident.

La personne qui a signalé l’accident avait un téléphone cellulaire, et la réception était bonne dans ce secteur. L’alpiniste a donc pu appeler directement le Service de répartition de Banff et fournir une très bonne description de leur emplacement et des blessures subies. C’est grâce à cette bonne communication bidirectionnelle que la Sécurité des visiteurs a pu décrire aux alpinistes les préparatifs à faire pour le sauvetage. Ce gain de temps a permis à l’équipe de la Sécurité des visiteurs de mener à bien la mission avant l’obscurité.

Pendant sa chute, l’alpiniste s’est retrouvé les pieds en l’air, et il s’est frappé la tête contre la paroi rocheuse avant d’être immobilisé par la corde. Heureusement, il portait un casque protecteur. Il a indiqué que son casque avait subi plusieurs impacts majeurs, mais que lui-même n’avait aucune blessure à la tête. Cet incident nous confirme que le casque peut non seulement protéger les alpinistes contre des fragments de roche et de glace qui se décrochent, mais aussi atténuer les conséquences d’une chute.

Les alpinistes avaient une très bonne connaissance des techniques de secourisme, et ils ont pu évaluer et soigner les blessures avant l’arrivée de l’équipe de la Sécurité des visiteurs. Ils ont aussi réussi à se déplacer vers un endroit sûr dans l’attente des secours. Le sauvetage a été grandement facilité par le fait que le blessé était déjà bandé et qu’il se trouvait sur une petite saillie. Dans d’autres circonstances, il aurait fallu envisager un dangereux sauvetage sur une paroi rocheuse quasi verticale.

Enfin, les deux alpinistes avaient assez d’équipement pour passer la nuit à la belle étoile s’il l’avait fallu. Ils ont ainsi pu rester au chaud en attendant l’arrivée de l’équipe de la Sécurité des visiteurs. Le groupe disposait aussi d’une bonne solution de rechange pour le cas où il n’y aurait pas eu suffisamment de clarté pour effectuer le sauvetage.