Une ourse avec deux oursons au lac Olive dans le parc national Kootenay
Les ours ont besoin de bouger! Dans leur domaine vital, les grizzlis doivent se déplacer pour trouver des sources de nourriture saisonnières, des partenaires, des tanières et des corridors de déplacement. Les femelles doivent aussi élever leurs oursons. L’activité humaine dans cet habitat de choix complique les activités essentielles à la survie des grizzlis.

Comme toutes les espèces, les ours dépendent d’un habitat qui répond à leurs besoins quotidiens et saisonniers. Dans leur domaine vital, les grizzlis se déplacent en quête de sources de nourriture saisonnières, de partenaires, de tanières et de corridors de déplacement. Les femelles ont aussi besoin de lieux sûrs où elles peuvent mettre bas et élever leurs petits. Il n’est pas facile de trouver un habitat convenable dans les parcs des montagnes. C’est dans le fond des principales vallées que les ours et d’autres espèces fauniques trouvent l’habitat de la meilleure qualité. Cependant, c’est également là que sont concentrés les humains et leurs installations. La présence humaine dans cet habitat de choix complique les activités essentielles à la survie du grizzli.

Depuis quelques années, la voie ferrée est considérée comme l’une des principales sources de mortalité d’origine humaine chez les ours des parcs nationaux Banff et Yoho. Sa présence représente un défi que Parcs Canada et le Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP) entendent relever grâce à un plan d’action conjoint qui s’échelonne sur cinq ans. Cette initiative constitue une étape importante vers une meilleure compréhension du grizzli et vers l’exploration de solutions fondées sur la science.


Projets de recherche du plan d’action

En 2010, le CFCP et Parcs Canada ont signé un plan d’action quinquennal destiné à réduire la mortalité d’origine ferroviaire chez les ours des parcs nationaux Banff et Yoho. Ce plan conjoint prévoit l’octroi d’une subvention de un million de dollars du CFCP pour appuyer des recherches visant à faire la lumière sur les causes des collisions ours-trains. Ces recherches nous aideront aussi à trouver des solutions possibles pour réduire la mortalité du grizzli sur les rails.

Après un examen rigoureux des propositions de recherche, les équipes de chercheurs de l’Université de l’Alberta et de l’Université de Calgary ont entrepris les projets suivants, avec l’appui des experts de Parcs Canada et du Chemin de fer Canadien Pacifique, afin d’orienter le choix des solutions à adopter à court et à long terme pour réduire le nombre de collisions entre ours et trains :

  • Suivi des déplacements des grizzlis à l’aide de colliers GPS  
     
    Les spécialistes de la faune de Parcs Canada capturent des grizzlis, leur posent des colliers GPS et surveillent leur profil d’occupation de l’habitat et leurs déplacements à petite échelle sous le rapport de la présence de voies ferrées et de routes ainsi que d’autres facteurs. Les données GPS sont transmises aux autres équipes de chercheurs, ce qui leur permet de réaliser des analyses approfondies.
     
  • Facteurs liés au milieu ambiant et au chemin de fer et mesures d’atténuation pour réduire la mortalité des ours sur la voie ferrée   
     
    Ce projet, qui réunit un grand nombre de chercheurs de l’Université de l’Alberta, a pour objectif fondamental de nous aider à mieux comprendre pourquoi les ours fréquentent les couloirs ferroviaires, quels facteurs influent sur le risque de mortalité et quelles méthodes permettraient de dissuader les ours de s’approcher de la voie ferrée.
     
  • Réponses comportementales des grizzlis aux trains   
     
    À l’aide de caméras vidéo « Go Pro » montées à l’avant des trains, les chercheurs espèrent cerner les facteurs qui contribuent aux comportements particuliers qu’adoptent les ours à l’approche d’un train.
     
  • Incendies, éclaircie des forêts et sources de nourriture des ours   
     
    En explorant des solutions possibles au-delà du couloir ferroviaire, ce projet vise à évaluer le rôle que peut jouer la gestion de la végétation, notamment les brûlages dirigés et l’éclaircie des forêts, dans la création d’un habitat de meilleure qualité pour le grizzli.
     
  • Aversion conditionnée pour le goût   
     
    En mettant à l’épreuve la théorie selon laquelle les ours passeront moins de temps sur la voie ferrée s’ils ont une mauvaise expérience en mangeant du grain, ce projet mesure l’efficacité d’échantillons de grain traités avec une substance provoquant la nausée.
     
  • Mise à l’essai d’ouvrages aux extrémités des clôtures – Tapis électrifiés   
     
    La pose de clôtures le long des tronçons de la voie ferrée où les risques sont les plus grands pourrait contribuer à réduire la mortalité d’origine ferroviaire. Cependant, les chercheurs doivent d’abord déterminer si des tapis électrifiés combinés à des clôtures électriques empêcheraient efficacement la faune de pénétrer dans l’ouverture créée pour le train à l’extrémité des clôtures. Les essais ont lieu sur un tronçon de voie ferrée simulé à l’écart du chemin de fer.


Exposés au danger : Qu’est-ce qui attire les ours vers la voie ferrée?

Pour trouver de la nourriture, un territoire et des partenaires, les grizzlis doivent souvent se déplacer. Ils occupent tout l’habitat disponible, y compris les lieux fréquentés par les humains. Dans ces circonstances, pourquoi les rails présentent-ils donc autant d’intérêt pour les ours?

  • Grain et autres substances non naturelles attrayantes : Les grizzlis du Centre des Rocheuses sont constamment à la recherche de nourriture, et ils dépendent de certaines sources pour accumuler des réserves qui leur permettront de survivre à l’hiver. Les sources de nourriture à forte teneur énergétique telles que le grain et les carcasses d’animaux tués sur la voie ferrée sont particulièrement attrayantes pour les ours en période d’engraissement. 
  • Sources de nourriture naturelles : Les clairières ensoleillées créées par les couloirs de transport et les emprises favorisent la croissance d’une gamme variée de plantes indigènes et non indigènes qui présentent un grand attrait pour les ours, par exemple les baies, les pissenlits et les graminées. Ces plantes sont généralement les premières à verdir ou à mûrir, de sorte qu’elles offrent d’attrayantes sources de nourriture supplémentaires plus tôt que la forêt environnante. 
  • Corridor de déplacement : Comme nous, les ours choisissent la solution la plus facile chaque fois qu’ils le peuvent. En longeant la voie ferrée et l’emprise ferroviaire plutôt que de se déplacer sur du terrain raboteux ou en forêt, les ours conservent de l’énergie. En outre, le choix de l’emplacement des passages pour animaux sur l’autoroute pourrait dans certains cas avoir pour effet imprévu de canaliser les animaux vers la voie ferrée.

Pourquoi les ours restent-ils exposés au danger à l’approche d’un train?

C’est l’une des questions auxquelles les chercheurs tentent de répondre. Nous savons déjà que, outre les substances attrayantes, les caractéristiques du milieu ambiant (voie ferrée incurvée, talus, caractéristiques du paysage environnant, caractéristiques de la végétation, vitesse des trains et physiologie de l’animal) peuvent influer sur la capacité des ours de détecter les trains qui approchent et de s’enfuir pour échapper à une collision.

Un ours sur la voie ferrée
La relation entre les ours et la voie ferrée est complexe. Malgré les risques, le chemin de fer peut fournir des sources de nourriture et un excellent corridor de déplacement aux ours qui errent un peu partout dans leur vaste territoire.