Fjord Evigheds, Groenland Fjord Evigheds, Groenland
© Parcs Canada

Heather MacLeod, Coordonnatrice de l’interprétation Parc national Wapusk

Austin McPherson Participant au programme Students on Ice. École Duke of Marlborough, Churchill

Échos de Wapusk - Volume 8, 2015

Visionnez une vidéo (en anglais) de l’expédition Students on Ice 2014 à https://youtu.be/iD63YccfGe4

En 2014, Parcs Canada a conclu une entente de trois ans afin de parrainer la participation d’étudiants aux programmes de Students on Ice, organisme primé qui offre des expéditions éducatives uniques en Arctique et en Antarctique, et qui a pour mandat d’offrir à des étudiants, à des éducateurs et à des scientifiques des quatre coins du monde l’occasion de vivre des expériences éducatives inspirantes aux deux extrémités de la terre, tout en les aidant à acquérir une meilleure compréhension de la planète et un plus grand respect pour elle. Par l’intermédiaire de cet organisme, Parcs Canada appuie le développement du leadership chez les jeunes et les Autochtones, en plus de créer des liens entre le Nord et le Sud du Canada.

Students on Ice a organisé l’expédition pour les étudiants Arctique 2014, une excursion maritime et terrestre de deux semaines en juillet qui visait à explorer l’est de l’Arctique canadien et l’ouest du Groenland. Parmi les participants, il y avait 86 élèves de 14 à 18 ans de plusieurs pays ainsi qu’une équipe de calibre mondial composée de 49 professionnels (scientifiques, historiens, artistes, explorateurs, éducateurs, chefs, innovateurs et spécialistes des ours polaires).

De plus, 13 élèves du secondaire et étudiants universitaires canadiens ont été choisis pour représenter Parcs Canada dans le cadre de ce programme estival à deux volets. Chaque jeune sélectionné allait devenir un employé de Parcs Canada pendant l’été et représenter l’un de nos parcs nationaux lors d’une expédition dans l’Extrême- Arctique en compagnie d’autres étudiants d’ailleurs dans le monde. Austin McPherson, élève de 18 ans de l’école Duke of Marlborough de Churchill, a été choisi pour représenter le parc national Wapusk.

Austin a satisfait aux qualifications du poste d’apprenti surveillant d’ours polaires. Tout au long de son mandat, il a travaillé sous la supervision de Kevin Burke, instructeur de tir et préposé à la sécurité relative aux ours polaires pour Parcs Canada, afin de voir à la sécurité du personnel et des visiteurs du lieu historique national du Fort-Prince-de- Galles. D’ailleurs, l’aide d’Austin est arrivée à point puisque pendant l’été, un ours polaire a été aperçu au fort presque chaque jour!

Le volet expédition du programme de Students on Ice a marqué le point culminant de l’été bien chargé d’Austin avec Parcs Canada. L’itinéraire international de l’excursion a d’abord mené les étudiants au Groenland, puis au Labrador, sur la côte canadienne, pour explorer le magnifique parc national des Monts-Torngat. Les vues frappantes sur les montagnes et le climat magique ont même poussé un des vétérans de Students on Ice à décrire l’arrivée du groupe dans le parc comme l’une des plus belles journées de l’histoire du programme. C’était une occasion de photo idéale pour tout le monde, et certains des clichés reflètent réellement la beauté de l’Arctique.

Chaque jour passé à bord du Sea Adventurer a été rempli d’activités et d’ateliers conçus pour encourager le dialogue sur les enjeux touchant l’évolution de l’Arctique ainsi que l’apprentissage de concepts connexes. Tout au long de l’expédition, les animateurs, des scientifiques, des historiens, des artistes, des éducateurs et des spécialistes des ours polaires ont favorisé les interactions avec les membres des collectivités où les participants étaient de passage. Des traditions culturelles ont aussi été explorées par l’intermédiaire de musique, de danse, de jeux, de repas et d’ateliers.

Cette expérience remarquable et exceptionnelle offerte aux jeunes a beaucoup suscité l’attention des médias. Austin a fièrement représenté Parcs Canada et Churchill lors d’entrevues accordées à la radio et à des journaux. L’article suivant donne un aperçu de quelques-unes de ses réflexions personnelles.


Austin McPherson au fjord Nachvak, parc national des Monts-Torngat (Labrador) Austin McPherson au fjord Nachvak, parc national des Monts-Torngat (Labrador)
© Parcs Canada
Fjord Komaktorvik, parc national des Monts-Torngat Fjord Komaktorvik, parc national des Monts-Torngat
© Parks Canada
Je m’appelle Austin McPherson. J’ai 18 ans, je possède un diplôme d’études secondaires et je vis présentement à Churchill, au Manitoba. Au début de juin 2014, j’ai eu vent d’une occasion unique et exceptionnelle de travailler pour Parcs Canada et de voyager, par bateau, du Nord canadien au Groenland dans le cadre d’un programme de Students on Ice—je n’allais certainement pas rater cette chance! Après avoir été sélectionné, j’étais très impatient d’en savoir plus sur le super emploi d’été pour Parcs Canada qui m’attendait après l’expédition. J’étais de plus en plus enthousiaste. Dès que j’ai commencé à travailler pour Parcs Canada, j’ai eu le grand plaisir d’accompagner du personnel au cap Churchill, à l’extrémité nord du parc national Wapusk. Ce fut mon tout premier voyage en hélicoptère et ma première visite au cap.

Fjord Nachvak, parc national des Monts-Torngat Fjord Nachvak, parc national des Monts-Torngat
© Parks Canada
L’aventure proposée par Students on Ice a commencé en juillet avec une visite de trois jours à l’Université Carleton, à Ottawa, pour prendre part à différentes activités préalables à l’expédition. Nous avons ainsi fait connaissance avec le personnel et les autres étudiants qui allaient aussi être à bord du bateau pendant deux semaines et demie. Nous avons approfondi nos connaissances sur l’environnement arctique et sur certains des animaux sauvages que nous risquions de croiser en cours de route. Nous nous sommes aussi beaucoup amusés lors d’activités de renforcement de l’esprit d’équipe, notamment faire de la tyrolienne et sauter d’une tour de 12 mètres dans un coussin gonflable géant! Après quelques jours à Ottawa, nous étions enfin prêts à partir. Nous avons pris l’avion vers Kuujjuaq, au Québec, et sommes ensuite montés à bord de notre navire d’expédition, le Sea Adventurer, qui, au lieu de ressembler à un bateau d’expédition, avait décidément des airs de luxueux navire de croisière.

Une fois à bord, nous avons été accueillis par le merveilleux équipage du Sea Adventurer, qui a rendu cet incroyable voyage encore plus exceptionnel. Les membres de l’équipage sont parmi les personnes les plus chaleureuses et gentilles que j’ai rencontrées, et ils ont fait l’effort d’apprendre à connaître chacun d’entre nous. Après la présentation de l’équipage et les démonstrations de sécurité, nous avons levé l’ancre.

Le premier matin à bord a été inoubliable. Nous avons eu quelques ateliers sur le bateau, suivis d’une excursion en canot pneumatique dans le village abandonné de Port Burwell (Killinniq). D’abord très excités à la vue des paysages spectaculaires, nous avons ensuite ressenti une immense tristesse en apprenant l’histoire de l’abandon de ce village. En soirée, j’étais épuisé, mais incapable de dormir parce que j’anticipais les activités du lendemain. La première journée de notre expédition avait été incroyable et j’étais impatient de voir ce que nous réservaient les deux semaines suivantes!

Je garde beaucoup de souvenirs de ce voyage. Je me souviens très précisément de l’un d’eux, probablement le moins excitant, mais, pour moi, un des plus marquants. C’était la deuxième journée et nous étions dans le parc national des Monts- Torngat. Nous venions de passer une heure et demie à marcher sur une crête, divisés en trois groupes distincts selon notre vitesse de marche. J’avais choisi le groupe le plus lent pour prendre mon temps et profiter du paysage. Après avoir parcouru les deux tiers du chemin, nous avons pris une pause de 20 minutes. Nous nous sommes assis et certains ont mangé une collation tandis que d’autres se sont simplement allongés pour regarder les nuages et discuter avec leurs camarades. Je me suis assis pour admirer le paysage. Tout autour de moi, il y avait des montagnes à perte de vue. Soudainement, j’ai aperçu du coin de l’oeil un joli papillon jaune, orange et noir. Celui-ci a voleté quelques instants, puis s’est posé sur une feuille à seulement cinq centimètres de moi. Je suis resté là, sans bouger, à l’admirer. Le chef de notre groupe m’a appelé pour me faire savoir que nous allions continuer notre ascension. Je me suis tourné vers lui pour indiquer que j’avais compris, et lorsque je me suis retourné, le papillon était parti.

Chaque jour nous a réservé une nouvelle expérience. Nous avons visité des endroits peu fréquentés. Nous avons vu des choses que certaines personnes ne peuvent qu’imaginer. Mais surtout, j’ai eu la chance de faire connaissance avec des personnes on ne peut plus remarquables. Cette expédition a changé ma vie, et j’espère un jour participer à une autre expédition de Students on Ice.

De retour à la maison, à Churchill, j’ai eu du mal à reprendre mes activités habituelles. J’ai ressenti pendant plusieurs jours le roulis du bateau alors que j’étais couché dans mon lit, et j’ai commencé à ressentir une certaine déprime causée par l’absence de la stimulation quotidienne dont j’avais profité pendant deux semaines. Plus tard, j’ai appris que ces sentiments sont normaux et ressentis par plusieurs des participants du programme.

Quelques jours après mon retour, j’ai commencé mon travail d’été comme apprenti surveillant d’ours polaires pour Parcs Canada. J’ai été formé par Kevin Burke, instructeur de tir et préposé à la sécurité relative aux ours polaires pour Parcs Canada, à Churchill. Mon emploi consistait à garder l’oeil ouvert pour déceler la présence d’ours polaires pendant que les interprètes de Parcs Canada offraient des visites au lieu historique national du Fort-Prince-de- Galles. J’étais équipé de jumelles, d’une radio et d’un pistolet de départ avec des cartouches « sifflantes » et « anti-ours », des projectiles très bruyants utilisés pour effrayer les ours lorsqu’ils s’approchent trop près. Heureusement, je n’ai jamais eu à me servir du pistolet.

Chaque matin, si les conditions météorologiques le permettaient, le personnel de Parcs Canada effectuait en bateau la traversée de cinq minutes vers le fort Prince-de-Galles, de l’autre côté de la rivière Churchill. Avant l’arrivée des visiteurs et le début des visites, Kevin Burke et moi faisions le tour du site pour vérifier s’il y avait des ours polaires. Nous parcourions un itinéraire prédéterminé autour du fort pour repérer les ours endormis ou actifs. Si un ours était trop près du fort ou des kiosques (où les gens débarquent des canots), nous tentions de l’éloigner. Habituellement, le simple fait d’approcher de l’animal en véhicule tout-terrain le faisait déguerpir, mais nous avons utilisé les artifices d’effarouchement d’ours lorsque l’un deux a refusé de quitter le site. Nous signalions la présence d’ours dans le secteur et, une fois la vérification du site terminée, les visites pouvaient commencer. La plupart du temps, j’étais sur le rempart du fort, muni de jumelles pour repérer les ours avant qu’ils s’approchent trop et signaler leur présence dans le secteur. À la fin de chaque jour, nous remplissions un rapport indiquant le nombre d’ours aperçus, l’endroit où nous les avions aperçus, leur état (gros, minces...) et ce qu’ils faisaient lorsque nous les avons vus. En général, nous avons aperçu au moins un ours par jour, ce qui a rendu l’expérience des visiteurs du lieu historique national des plus mémorables!

Mon expédition avec Students on Ice et mon emploi génial avec Parcs Canada sont les expériences d’été les plus excitantes de toute ma vie. Je suis très heureux et très reconnaissant d’avoir pu les vivre.

— Austin McPherson, Churchill (Manitoba)