Hilary White
Candidate au doctorat
Département de géographie et des études environnementales
Université Wilfrid-Laurier

Échos de Wapusk - Volume 7, 2014

Le parc national Wapusk, une part représentative des basses-terres de la baie d’Hudson, abonde en lacs peu profonds. Le paysage d’eau douce est une oasis très productive du Nord et sert d’habitat à plusieurs espèces. Toutefois, l’existence même de ces lacs pourrait être de plus en plus vulnérable aux effets des changements climatiques.

Depuis 2010, des chercheurs de l’Université Wilfrid-Laurier et de l’Université de Waterloo mènent un certain nombre d’études visant à déterminer la façon dont les lacs ont changé en réaction au réchauffement récent, et l’avenir de ces lacs. Grâce à l’aide et aux conseils des employés du parc national Wapusk, notre groupe de recherche a recueilli des échantillons d’eau et de sédiments d’environ 40 lacs situés à partir des forêts boréales jusqu’aux régions côtières de la toundra du parc. Un élément clé de la recherche comprend l’examen des conditions hydrologiques présentes et passées des lacs.

Pour déterminer la façon dont les conditions climatiques actuelles exercent une influence sur les lacs, nous nous servons de traceurs isotopiques (18O, 2H) pour effectuer le suivi de l’influence variable de la fonte des neiges, des précipitations et de l’évaporation. Les résultats révèlent qu’il existe des liens étroits entre l’hydrologie des lacs, les conditions météorologiques et les caractéristiques du bassin hydrographique. Par exemple, les régions du parc qui ont de la végétation clairsemée et un terrain plat sont particulièrement vulnérables à la baisse du niveau d’eau du lac après un printemps qui a connu un ruissellement nival faible. Plusieurs lacs, notamment, ont subi une dessiccation partielle ou complète au cours des étés de 2010, 2012 et 2013.

Par ailleurs, il est important de comprendre dans quelle mesure les lacs ont changé sur de longues périodes. C’est pour cela que nous avons recours à la paléolimnologie, l’étude des sédiments qui s’accumulent au fond des lacs ayant subi une dessiccation. Les analyses de ces carottes servent à déterminer si la dessiccation d’un lac est un phénomène récent du changement climatique ou alors si ce phénomène s’est produit dans le passé. Les observations préliminaires d’un de ces lacs ont montré que la dessiccation ne s’est pas produite au cours des 200 dernières années.

À l’avenir, nous collaborerons avec les employés du parc national Wapusk pour établir un programme de surveillance du lac à l’aide de techniques que nous avons élaborées. Ces renseignements permettent de répertorier les effets toujours plus dynamiques du changement climatique sur les lacs du parc.