Jessica Lankshear
Technicienne, gestion des ressources
Parc national Wapusk

et

David Iles
Candidat au doctorat
Department of Wildland Resources and the Ecology Center
Université de l’Utah, Logan, Utah

Échos de Wapusk - Volume 7, 2014

 

La réalisation de recherches effectuées dans le parc national Wapusk comporte son lot de difficultés pour les employés et les partenaires de recherche de Parcs Canada. Pour accéder à un parc situé dans une région si éloignée, il faut planifier soigneusement bien à l’avance l’acquisition de fournitures, la logistique liée à la sécurité et aux déplacements, entre autres. Par conséquent, très peu de personnes se rendent au parc national Wapusk pour explorer le terrain accidenté et la faune. La plupart de ceux qui s’y rendent sont des chercheurs venus de contrées lointaines qui reviennent souvent tous les ans pour étudier les merveilles naturelles de la région subarctique du Canada.

 

Un outil technique permettant d’aider les chercheurs à surmonter quelques-unes des difficultés de l’éloignement du parc national est l’appareil photo. Ces appareils gagnent en popularité pour mener de la recherche et des activités de sensibilisation dans les parcs nationaux du Canada. Ils sont déclenchés par le mouvement ou réglés pour des prises de vue en accéléré et peuvent ainsi capter des centaines de milliers d’images de la faune, de la végétation, de la glace et bien plus encore. Fonctionnant à longueur d’année, 24 heures sur 24, ces appareils photo, qu’ils soient réglés à être activés par le mouvement ou pour des prises de vue en accéléré, agissent comme des assistants de recherche très laborieux! Bien que l’utilisation prévue de ces images soit la recherche, les images occupent une place de choix au cœur du public et favorisent une compréhension approfondie de l’essence même du parc national Wapusk.

David Iles est un candidat au doctorat à l’Utah State University qui utilise les appareils photo de surveillance pour étudier les prédateurs des nids de sauvagine du parc national Wapusk. « Comme la fonte des glaces de mer est hâtive, les ours polaires retournent sur les côtes de plus en plus tôt chaque été, a signalé David. Leur retour coïncide de plus en plus avec une grande population de sauvagine en période de nidification, et nous voulons savoir combien de nids pourraient se faire dévorer. » Si la tendance se poursuit, le chercheur et ses collègues croient que la prédation par les ours polaires pourrait réduire naturellement la population d’oies des neiges à un niveau durable. En surveillant les nids à l’aide de ces appareils durant l’été, les chercheurs sont capables de mesurer directement les taux d’attaque.

En 2013, David Iles a placé plus de 60 appareils photo dans des colonies de sauvagine et recueilli une quantité impressionnante de 1,2 million d’images prises à intervalle. « Le tri des images prend un temps considérable, mais on a déjà trouvé de vrais bijoux », a-t-il affirmé. En début juin, l’appareil a capté une ourse polaire avec son petit qui sont entrés dans une colonie d’eiders à duvet. Sur une période de deux semaines, les ours ont mangé près de 300 nids, ce qui représente près des trois-quarts de toute la colonie! « Au début, les ours n’ont fait que dévorer les nids. Mais après quelques jours, ils se sont mis systématiquement à les rechercher et ils ont même réussi à attraper quelques adultes! »

Des activités surprenantes qui ont été captées par l’appareil photo, comme le montage d’images d’une mère et de son ourson, est une excellente façon pour le personnel et les chercheurs de faire connaître le comportement atypique des ours polaires et autres animaux sauvages au grand public. En d’autres mots, c’est une façon pour le public de connaître les merveilles du parc national Wapusk sans y mettre les pieds.

L’achat de 37 caméras Reconyx permet de les prêter à des chercheurs qui envisagent de saisir des images extraordinaires au cours des années à venir et les utiliser pour continuer à protéger le parc national Wapusk et à le présenter au monde entier.