Première partie:

Parcs Canada s’efforce de conserver et de restaurer les édifices du parc qui ont été désignés par le Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine (BEEFP). Dans certains cas, le projet doit comprendre une évaluation archéologique afin de déterminer si les travaux de restauration prévus auront des répercussions sur les objets d’importance culturelle ou historique. L’équipe archéologique de Parcs Canada a ainsi la possibilité d’explorer ces lieux plus à fond, ce qu’ils n’auraient probablement pas pu accomplir en d’autres temps, et de faire d’intéressantes découvertes.

Grey Owl cabin
Parks Canada archaeological team

C’est ainsi que les archéologues de Parcs Canada se sont retrouvés à la cabane de Grey Owl en septembre dernier. Cette cabane a été désignée édifice fédéral du patrimoine en raison de son importance historique et de sa valeur architecturale et environnementale. Grey Owl (Archibald Belaney), célèbre naturaliste connu pour ses efforts de conservation des castors, y a séjourné pendant six mois en 1931. Il avait même apprivoisé deux castors : Jellyroll et Rawhide. Les fondations, les rondins détériorés, les fenêtres et le bardeau de la cabane feront l’objet d’une série de réparations. Les travaux de l’équipe de restauration, commencés en septembre, ont été reportés au mois de mai 2019 en raison du mauvais temps.

La cabane construite selon les spécifications de Grey Owl était dotée de glissières de façon à ce que les castors puissent y entrer et en sortir à leur guise. « Nous espérons trouver des objets liés à Grey Owl, a précisé l’archéologue de Parcs Canada. De plus, nous voulons examiner les glissières pour les castors et en étudier le fonctionnement, et vérifier s’il existe une tranchée entre les glissières et l’étang [à proximité]. »

Chutes
Chutes inside

Par ailleurs, les archéologues souhaitent recueillir des renseignements archéologiques concernant l’utilisation des terres avant et après le passage de Grey Owl. « Les pieux de la cabane reposent sur des cendres et du bois consumé, ce qui indique qu’une structure se trouvait ici auparavant et qu’elle a été détruite par le feu. » Les fouilles archéologiques étaient axées sur la mise à jour des pieux de béton et les billes de seuil de la cabane de Grey Owl qui seront remplacés dans le cadre des travaux de restauration. Par conséquent, le périmètre de la cabane a été déblayé ce qui a mené à la découverte de la section carbonisée sous une partie de la cabane.

Cabin
cabin piles

Après le départ de Grey Owl, la cabane a été brièvement occupée pendant l’hiver 1933. Les responsables du parc, inquiets que les castors du lac Audy relocalisés dans le secteur ne survivent pas à l’hiver, avaient embauché trois hommes pour les surveiller. Pendant la période où ils ont habité dans la cabane, les hommes ont construit une grange et deux fosses d’aisances à la demande du directeur du parc.

De plus, l’évaluation archéologique a révélé la présence de débitage ou fragments issus de la production d’outils en pierre taillée. Cette découverte passionnante témoigne d’une occupation autochtone antérieure. Les trouvailles plus récentes comprennent des articles abandonnés par les visiteurs comme des bouteilles cassées, des cannettes en métal, une coque de noix de coco et des sacs. L’un des sacs porte une inscription lisible décrivant la conversion d’unités impériales en unités métriques, ce qui laisse entendre qu’il date des années 1970, époque où le Canada a adopté le système métrique. L’équipe de restauration a trouvé un autre artéfact récent : une carte mémoire d’un appareil photo contenant des photos de 2012. Les talents de détectives des employés de Parcs Canada ont permis d’en retrouver le propriétaire à Brandon et de lui remettre la carte mémoire.

D’autres fouilles archéologiques pourraient être menées afin de découvrir à quoi servaient les lieux avant et après le passage de Grey Owl et ainsi mieux comprendre l’histoire du parc.


Deuxième partie :

La cabane de Grey Owl est en cours de rénovation! L’équipe de l’Atelier de restauration de Parcs Canada est à l’œuvre à cette cabane bien connue située à 8,9 km du début du sentier Grey Owl au parc national du Mont Riding.

Construite en 1931, la cabane a été la demeure de Grey Owl (Archibald Belaney) pendant la courte période où il a été protecteur de l’environnement dans la région. Il a travaillé à la réintroduction du castor, une espèce alors presque disparue en raison de la trappe excessive.

Grey Owl cabin
Des travaux de restauration sont en cours à la cabane de Grey Owl au parc national du Mont-Riding
Ken Dreffs
Ken Dreffs dépouille des rondins avec une plane fabriquée par un autre membre de l’équipe, Terry Danyleyko, un forgeron et menuisier qualifié.

 

La restauration de vieux bâtiments en rondins n’est pas un processus simple. « La moitié du travail consiste à trouver de bons rondins », dit Kym Terry, le coordonnateur des Services de restauration à l’Atelier de restauration de Parcs Canada, lequel est situé au lieu historique national de Lower Fort Garry et chargé de travaux de restauration du patrimoine partout au pays.

« Ce que nous constatons d’un bout à l’autre du pays, c’est que la plupart des arbres d’aujourd’hui ont la forme d’un fuseau, alors que dans le passé, les arbres utilisés pour construire ces bâtiments étaient moins coniques, plus droits », affirme Terry. C’est entre autres parce que ces bâtiments ont été construits à partir de pièces de bois provenant de forêts anciennes.

Il est donc plus difficile pour l’équipe de choisir des rondins pour remplacer ceux des bâtiments en rondins du patrimoine fédéral qui sont pourris. Lorsqu’elle choisit des rondins, l’équipe de restauration doit déterminer s’ils sont suffisamment droits, s’il y a des fissures où l’eau pourrait s’infiltrer, et si les rondins sont tordus. Les torsions orientées vers la gauche ou la droite ne conviennent pas, mais celles orientées vers la gauche indiquent que le rondin continuera de se tordre et bougera sans cesse.

Grey Owl’s Cabin
Pat Davis du lieu historique national du Ranch-Bar U et Nick Bogovico travaillent à mettre au niveau un rondin de remplacement.
Terry Danyleyko
Terry Danyleyko utilise un trusquin pour indiquer les endroits où le rondin doit être taillé.

 

La cabane est maintenant au niveau et repose sur de nouvelles dalles de béton. « Nous avons mis la cabane au niveau en nous servant des cadrages de fenêtre », dit Terry. Les fenêtres ont toutes été retirées et restaurées à l’atelier pendant l’hiver. Ces vieux bâtiments en rondins n’ont pas nécessairement été construits pour durer 150 ans, mais en tant qu’édifices fédéraux du patrimoine, il incombe à l’Atelier de restauration de Parcs Canada de les restaurer et de les faire durer.

Les rondins doivent être aussi lisses que possible pour que les joints soient étanches. Il faut environ deux jours pour remplacer chaque rondin. « C’est comme un casse-tête », dit Terry. Chaque rondin doit être installé puis enlevé plusieurs fois avant d’être finalement fixé en place.

Terry Danyleyko utilise un trusquin, un outil ancien apporté en Amérique du Nord au début du XVIIe siècle, afin de transférer la forme d’un rondin sur un autre en suivant et en traçant les contours de la pièce de bois. Le rondin est ensuite retiré puis taillé en conséquence. Selon Danyleyko, trusquiner est un art qui nécessite du temps et de la patience.

L’équipe de restauration terminera ses activités à la cabane de Grey Owl le 19 juin 2019, puis se rendra au lieu historique national du Fort-Prince-de-Galles pour y faire d’autres travaux de restauration pendant l’été. Les autres rénovations effectuées à la cabane de Grey Owl seront terminées au printemps de 2020.

Parks Canada’s Restoration Workshop crew
L’équipe de l’atelier de restauration de Parcs Canada (de gauche à droite), Nick Bogovico, Terry Danyleyko, Ken Dreffs, Pat Davis, and Kym Terry.