Étude de faisabilité (janvier 2011) du Comité directeur Canada – Colombie-Britannique

Contexte

En 2002, les représentants de l’Alliance de la Nation okanagan et des membres de la communauté ont été les premiers à promouvoir la protection de la zone entourant l’aire protégée des prairies de l’Okanagan-Sud en tant que réserve de parc national. En 2003, les gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique ont signé un protocole d’entente visant à collaborer à l’évaluation de la possibilité de créer une réserve de parc national dans la région de l’Okanagan-Sud – Similkameen.

Le comité directeur Canada – Colombie-Britannique a créé un groupe de travail composé de représentants du gouvernement de la Colombie-Britannique (ministère de l’Environnement, ministère des Forêts et ministère de l’Agriculture et des Terres) et de Parcs Canada afin de faciliter la mise en œuvre, la coordination et la diffusion du processus d’évaluation de la faisabilité.

L’Okanagan-Sud – Basse-Similkameen fait partie de la région naturelle du Plateau Intérieur du Canada et de l’une des 39 régions que Parcs Canada a désignées comme une composante distinctive du paysage national. La région n’est pas encore représentée dans le réseau des parcs nationaux du Canada. Située à l’extrême sud du Plateau Intérieur où la limite nordique de la région de Great Basin touche à la Colombie-Britannique, l’Okanagan-Sud – Basse-Similkameen est l’une des zones du Canada où la biodiversité est la plus riche. Tant du point de vue national que provincial, cette zone est d’une grande valeur pour la conservation et une excellente candidate que Parcs Canada pourrait envisager pour représenter cette région naturelle.

L’étude de faisabilité comprenait un processus itératif de consultations, de conception, d’évaluation et de perfectionnement d’un concept de parc. On a sollicité la rétroaction des Premières Nations, des communautés locales et des intervenants afin d’élaborer un concept de parc qui serait adapté au contexte régional. En 2006, les commentaires concernant l’ébauche du concept de parc ont été recueillis dans des soirées portes ouvertes, des forums, des ateliers et des réunions. Des discussions approfondies ont aidé Parcs Canada et le groupe de travail à mieux comprendre où pouvaient se rejoindre les intérêts communs des Premières Nations, des communautés, du grand public et des intervenants pour créer une vision commune.

Des révisions ont été faites et un nouveau concept de parc a été achevé en 2010 (figure 4).

Pourquoi un parc national dans l’Okanagan-Sud?

  • Pour accroître la protection des écosystèmes de prairies tempérés de la Colombie-Britannique – des paysages qui sont gravement menacés à l’échelle mondiale.
  • Pour consolider et relier le réseau existant d’aires provinciales et nationales protégées – par le truchement de l’achat de terres privées et de partenariats engagés avec les propriétaires fonciers et utilisateurs environnants.
  • Pour créer des liens solides et significatifs avec la Nation okanagan.
  • Pour établir des partenariats avec la Nation okanagan et les communautés locales et ainsi collaborer sur la conservation, la gestion et l’éducation – miser sur les connaissances traditionnelles locales en écologie.
  • Pour faciliter la collaboration entre les chercheurs, les grands éleveurs, les spécialistes des grands pâturages libres et la Nation okanagan et ainsi atteindre les objectifs de gestion écologique et protéger les principaux habitats « menacés » à l’intérieur de la réserve de parc national, améliorer les conditions actuelles des pâturages libres dans les prairies environnantes et gérer les friches dans les zones de transition rurales-urbaines.
  • Pour qu’il soit plus facile pour les gens de l’Intérieur sud et les autres Canadiens d’aller dans le parc pour une heure, une journée ou plus – en leur offrant un large éventail de possibilités de premier ordre qui leur permettront d’explorer ce lieu patrimonial naturel et culturel d’importance nationale et de s’en rapprocher.
  • Pour mieux faire connaître la région de l’Okanagan-Sud – Basse-Similkameen comme destination touristique en ajoutant au marketing mix existant des nouvelles possibilités d’expérience pour les visiteurs, en encourageant les investissements dans l’infrastructure touristique locale et en créant des avantages stratégiques pour l’industrie du tourisme.

Concept

La région de l’Okanagan-Sud – Basse-Similkameen se caractérise par un climat relativement sec et chaud. La végétation est principalement constituée de prairies et de steppes arbustives à basse altitude et de forêts-parcs de conifères en haute altitude. La région est aussi reconnue pour ses zones riveraines et ses milieux humides d’importance nationale qui fournissent un habitat essentiel aux oiseaux (zone importante pour la conservation des oiseaux), aux amphibiens et aux reptiles. La région de l’Okanagan-Sud – Basse-Similkameen est l’une des plus riches sur le plan de la biodiversité naturelle et abrite un grand nombre d’espèces et d’habitats menacés. Les résultats d’une analyse des cibles de conservation menée par Parcs Canada donnent à penser que le concept de parc de 2010 (figure 4) représente bien les zones biogéoclimatiques importantes ainsi que les habitats prioritaires et les caractéristiques particulières. Il est représentatif des éléments uniques de biodiversité que l’on trouve dans cette région – et nulle part ailleurs au Canada. En outre, il y a cinquante-six espèces en péril inscrites par le gouvernement fédéral qui vivent dans l’Okanagan-Sud – Basse-Similkameen et la plupart d’entre elles se trouvent dans l’aire visée par le concept de parc. Le concept de parc de 2010 est axé sur la protection des prairies de basse altitude où la diversité des espèces est la plus importante et la plus menacée.

Le concept de parc de 2010 comprend deux zones distinctes : la composante nord et la composante des prairies de l’Okanagan-Sud. La limite proposée pour la réserve de parc couvre environ 284 kilomètres carrés d’aires protégées et de parcs provinciaux, de terres de la Couronne à usage multiple et de terres privées (les terres privées seraient acquises par vente de gré à gré). Découlant de l’ébauche de concept de parc de 2006, les changements qui visent à réduire la taille du concept de parc ont été faits en réaction aux Premières Nations, aux intervenants clés et à quelques personnes du grand public qui ont exprimé leurs inquiétudes face au plan initial : c’était trop, trop rapide.

Points saillants de la composante nord

  • 10 kilomètres carrés d’habitat aquatique, un habitat rare de terres désertiques (purshie tridentée), des espèces en péril, une concentration de sites culturels et un panorama exclusif
  • Cogestion avec le Service canadien de la faune, au refuge d’oiseaux migrateurs du lac Vaseux et à la Réserve nationale de faune Vaseux-Bighorn
  • Partenariats dans les zones adjacentes dont les aires protégées Vaseux et White Lake, les terres du Conseil national de recherches et d’autres terres protégées
  • Éducation sur la nature et données d’interprétation accessibles, en plus d’excellentes possibilités d’activités diurnes
  • Thème d’interprétation potentiel : « Serpents et lacs »

Points saillants de la composante des prairies de l’Okanagan-Sud

  • Prairies, forêts-parcs de pins ponderosa, forêts de douglas de l’intérieur et hautes terres panoramiques reliant les vallées de la Similkameen et de l’Okanagan
  • Environ 93 kilomètres carrés d’aire protégée provinciale en cinq parcelles; 83 kilomètres carrés de terres de la Couronne à usage multiple; 98 kilomètres carrés de terres privées
  • Consolidation des aires protégées fragmentées; possibilités d’accéder en véhicule aux aires de fréquentation diurne, sentiers, belvédères, observation des étoiles, interprétation
  • Traverse un gradient d’altitude englobant cinq écosystèmes
  • Réception et orientation des visiteurs, et interprétation de la région aux centres d’accueil, existants ou nouveaux (à l’extérieur de la réserve du parc)
  • Intégration d’un vaste réseau de sentiers dans le parc proposé, avec les routes et les sentiers locaux existants
  • Thème d’interprétation potentiel : « Du désert aux étoiles »

Ces deux composantes contribuent de manière importante aux objectifs nationaux de Parcs Canada concernant la représentation de cette région naturelle. Les prairies et autres écosystèmes connexes sont des zones riches en biodiversité et abritent de nombreuses espèces. Les paysages diversifiés fournissent des possibilités uniques d’apprentissage et permettent aux visiteurs de découvrir un des écosystèmes parmi les plus secs, les plus chauds et les plus menacés au Canada.

Figure 4

Secteur South Okanagan Grasslands

Conclusion

  1. L’établissement d’une réserve de parc national est possible.
  2. Les limites proposées pour la réserve du parc, décrites dans le présent document, devraient être approuvées au niveau conceptuel.
  3. Les gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique devraient signer un protocole d’entente concernant l’établissement d’une réserve de parc national dans la région de l’Okanagan-Sud – Similkameen;
  4. Parcs Canada devrait continuer à collaborer avec l’Alliance de la Nation okanagan et les bandes concernées pour en arriver à une compréhension commune de ce qu’est la protection et la gestion future du parc national proposé.

En 2011, des fonctionnaires des gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique ont conclu qu’une réserve de parc national de 284 kilomètres carrés était possible et ont recommandé que les discussions se poursuivent avec la Première Nation okanagan. Cependant, le gouvernement de la Colombie-Britannique avait indiqué qu’il n’était pas prêt à aller de l’avant avec une réserve de parc national à ce moment-là.

La suite des choses

Du point de vue de Parcs Canada, au moment d’un nouvel engagement concernant la proposition, il faudra tenir compte de certains aspects, dont les suivants :

  • Entente sur les limites définitives du parc
  • Définition d’une approche de gouvernance pour la cogestion avec l’Alliance de la Nation okanagan
  • Poursuite des activités de pâturage sur certaines terres du parc
  • Possibilités de développement touristique
  • L’avenir des activités d’utilisation des terres qui sont incompatibles avec la réserve du parc national
  • Acquisition possible de terres
  • Rassurer la société de transport par hélicoptère sur le fait que ses activités ne seraient pas menacées par le parc
  • Obtenir le financement du gouvernement fédéral requis pour entreprendre les travaux nécessaires à la conclusion d’une entente ainsi qu’à l’établissement, au développement et à l’exploitation de la réserve de parc national