Le refuge du Col-Abbot a été construit à la main en 1922 par des guides suisses, qui ont eu recours à de la pierre locale taillée à la main et à des matériaux de construction arrivés par bateau et transportés à dos de cheval puis à pied jusqu’au col, à une altitude de 2 925 m. La pierre taillée a résisté à un siècle de tempêtes de neige et de vents violents. L’architecture robuste du refuge et ses liens avec l’âge d’or de l’alpinisme canadien en ont fait un lieu historique national.

Lieu historique national du Refuge-du-Col-Abbot – Mise à jour de 2022

Le refuge du Col-Abbot en 2021

Comme plusieurs lieux patrimoniaux, le lieu historique national du Refuge-du-Col-Abbot a subi les effets du changement climatique. L’érosion des pentes et le retrait de la glace ont causé des dommages à la structure du bâtiment, en dépit d’importants travaux de stabilisation et d’autres interventions visant à préserver le refuge à son emplacement actuel. Par conséquent, Parcs Canada a pris une décision difficile, celle de procéder au démantèlement et à l’enlèvement substantiel du refuge du Col-Abbot au printemps 2022. Cette mesure est nécessaire pour atténuer l’important risque pour la sécurité des visiteurs que représente l’état actuel du lieu historique.

C’est à l’automne 2016 que des chutes de roches et des traces d’érosion ont été signalées pour la première fois. Parcs Canada a alors entrepris une évaluation géotechnique de la pente qui sert d’assise au refuge et instauré des mesures de surveillance pour en déterminer la stabilité. Il a réalisé d’importants travaux de stabilisation de la pente en 2018, notamment l’installation d’ancrages dans la roche pour arrimer le refuge. L’évaluation géotechnique réalisée en 2021 a révélé un rythme d’érosion accéléré et de nouveaux problèmes, dont des fissures dans la maçonnerie, qui attestent que le refuge entier est menacé. 

La sécurité des visiteurs représente une priorité absolue pour Parcs Canada. Le col Abbot et le refuge du Col-Abbot demeurent sous le coup d’une fermeture de secteur. Selon les évaluations des experts, il est peu probable que des travaux de stabilisation supplémentaires permettent d’empêcher la progression de l’érosion. Parcs Canada a exploré un certain nombre d’options de conservation, mais il est devenu évident qu’il sera impossible de conserver le refuge du Col-Abbot à son emplacement actuel et de le déplacer.  

Parcs Canada reconnaît l’importance que revêt le refuge du Col-Abbot pour un grand nombre de citoyens du pays, surtout les alpinistes et les adeptes des sports de haute montagne. Nous tenons à les remercier et à témoigner toute notre gratitude au Club alpin du Canada, qui a exploité le refuge de 1985 jusqu’à sa fermeture, en 2016.

Des consultations auprès des groupes autochtones, des intervenants et du public sont prévues pour 2022. Elles permettront de définir d’éventuels moyens de continuer à commémorer le récit du refuge du Col-Abbot et le rôle important que ce bâtiment a joué dans l’histoire de l’architecture et de l’alpinisme au Canada.

Le changement climatique et d’autres forces de la nature compromettent l’intégrité des écosystèmes et menacent les ressources naturelles et culturelles administrées par Parcs Canada. Nous poursuivons notre travail pour comprendre les effets du changement climatique et pour explorer des stratégies d’adaptation et d’atténuation.

 
Chronologie
  • 1922 : Le refuge du Col-Abbot est construit. 
  • 1968 : La Division des parcs du Dominion (aujourd’hui Parcs Canada) devient propriétaire du refuge.
  • 1973 : Le refuge du Col-Abbot est restauré.
  • 1985 : Le Club alpin du Canada se charge de l’exploitation du refuge.
  • 1992 : Le refuge du Col-Abbot est classé lieu historique national.
  • 2012 : Parcs Canada réalise des travaux d’amélioration sur le toit et les gouttières. 
  • 2014 : Parcs Canada restaure complètement la maçonnerie en pierre du bâtiment.
  • 2016 : L’instabilité de la pente est signalée pour la première fois à Parcs Canada. 
  • 2017 : La stabilité de la pente est soumise à une évaluation géotechnique. 
  • 2018 : Le refuge est fermé au public, et des travaux de stabilisation de la pente sont entrepris afin d’installer des ancrages dans la roche sous le refuge. 
  • 2019 : Les travaux de stabilisation supplémentaires doivent être reportés en raison de conditions météorologiques difficiles qui créent un risque pour la sécurité. 
  • 2020 : Les mesures sanitaires liées à la COVID-19 empêchent la poursuite des travaux de stabilisation de la pente. 
  • 2021 : La pente continue de s’éroder au point où les fondations du refuge sont menacées.
    • Le secteur frappé de fermeture est agrandi pour englober tout le col Abbot et les deux parcours y menant. 
    • Une seconde évaluation géotechnique est réalisée.
    • Parcs Canada procède à un relevé du patrimoine.
  • 2022 (prévu) : Le refuge du Col-Abbot est enlevé. 

Foire aux questions

Qu’est-ce qui a causé la dégradation de la pente?

Le refuge du Col-Abbot est situé à 2 925 m d’altitude sur un col de montagne balayé par les vents le long de la ligne continentale de partage des eaux. Le col et le refuge sont donc exposés à des conditions météorologiques extrêmes tout au long de l’année. Depuis la construction du bâtiment en 1922, les conditions climatiques ont changé sur ce chaînon montagneux. En 2016, on a constaté pour la première fois le recul de la neige et de la glace qui recouvraient jusque-là en permanence la pente sud-est au-dessous du refuge. Depuis, la roche et le sol sous-jacents sont exposés aux intempéries. 

Les montagnes sont souvent des milieux actifs sur le plan géologique. La pente étant escarpée, non consolidée et gelée, elle était particulièrement sujette au dégel et à l’érosion par le ruissellement, ce qui a probablement contribué à sa dégradation. Les températures élevées de l’été 2021 auraient accéléré l’érosion sous le bâtiment proprement dit et déstabilisé un secteur autrefois recouvert de roche et de glace. 

Quels travaux Parcs Canada a-t-il exécutés au refuge du Col-Abbot?

Parcs Canada a réalisé d’importants travaux de conservation ces dernières années, notamment des améliorations au toit et aux gouttières en 2012 et la restauration de la maçonnerie en 2014. Le Club alpin du Canada a également financé certains travaux d’amélioration et d’entretien depuis qu’il a pris en charge l’exploitation du refuge en 1985.

Des chutes de roches et des signes d’érosion ont d’abord été signalés à l’automne 2016. Parcs Canada a alors entrepris une évaluation géotechnique de la pente et instauré des mesures de surveillance pour en déterminer la stabilité. D’importants travaux de stabilisation de la pente ont été réalisés en 2018. Depuis, Parcs Canada étudie une gamme d’options pour l’avenir du refuge du Col-Abbot. 

En 2018, Parcs Canada a investi 600 000 $ dans des travaux de stabilisation de la pente, y compris l’installation d’ancrages dans le roc. En 2019, des conditions météorologiques défavorables au col Abbot ont empêché la poursuite des travaux. En 2020, les travaux ont de nouveau été reportés en raison des restrictions liées à la pandémie de COVID-19. 

En 2021, un nouveau relevé géotechnique a été réalisé pour déterminer s’il était possible de stabiliser davantage la pente. À la lumière des résultats de ce relevé, Parcs Canada est arrivé à la conclusion qu’il n’existe aucune possibilité de conserver le refuge du Col-Abbot en l’état. Des travaux de stabilisation supplémentaires auraient peut-être pu retarder ce résultat, mais ils n’auraient pas permis de l’éviter. 

Parcs Canada a envisagé plusieurs options, y compris la possibilité de déconstruire le refuge de manière à pouvoir le rebâtir, soit au col Abbot, soit à un autre endroit. Cette option n’est pas réalisable pour deux raisons : les risques pour la santé et la sécurité du personnel et des entrepreneurs de Parcs Canada et les aspects techniques difficiles d’un travail d’enlèvement et de reconstruction à des fins de conservation. 

Des plans sont en cours d’élaboration en vue de l’enlèvement substantiel du refuge au printemps 2022. Nous tenons cependant à sauvegarder certains éléments représentatifs du bâtiment et à en commémorer le legs.

En 2021, Parcs Canada a procédé à de rigoureux travaux de relevé du patrimoine. Les données ainsi recueillies viennent approfondir nos connaissances sur le lieu historique et nous permettent de mieux consigner la valeur patrimoniale du bâtiment. 

Quelles étaient les conclusions de l’évaluation géotechnique de 2018?

La pente sur laquelle le refuge a été construit comporte trois zones : de la terre et de la roche figées dans la glace, un substrat rocheux fracturé et la roche-mère. Le bâtiment repose sur du substrat rocheux fracturé et sur de la terre et de la roche figées dans la glace, y compris de la glace superficielle. Pour sécuriser le secteur et atténuer les incidences de l’érosion sur le refuge, le rapport recommandait l’installation d’ancrages dans le roc et la pose de grillages pour assujettir le substrat rocheux et la pente. Les ancrages ont été installés en 2018.

Quels étaient les résultats de l’évaluation géotechnique de 2021? Pourquoi étaient-elles différentes de celles de 2018?

L’évaluation de 2021 a révélé que le pergélisol fondait plus rapidement que prévu et que, par conséquent, la pente s’érodait à un rythme accéléré par rapport aux prévisions faites en 2018. Lors de l’évaluation de 2018, la quantité de substrat rocheux sous les fondations avait probablement été surestimée. 

L’évaluation de 2021 a aussi mis au jour de nouveaux problèmes, dont des fissures dans la maçonnerie, qui attestent que l’érosion de la pente menace le refuge en entier. 

À la lumière de ces constats, Parcs Canada arrive à la conclusion suivante : il est très peu probable que des travaux de stabilisation supplémentaires représentent une solution permanente qui lui permettrait de préserver le refuge à son emplacement actuel. Par conséquent, Parcs Canada élabore actuellement des plans en vue de l’enlèvement substantiel du refuge au printemps 2022.

Que signifie l’expression « enlèvement substantiel » du refuge?

L’enlèvement substantiel signifie que la majeure partie du bâtiment, voire la totalité, sera retirée du col. Dès que son propre personnel et les ingénieurs géotechniques pourront accéder au refuge pour évaluer la situation en 2022, Parcs Canada déterminera s’il est possible et sécuritaire de laisser une partie du refuge en l’état à des fins de commémoration.

Le refuge peut-il être reconstruit ailleurs?

Pendant ses travaux de planification en vue de l’enlèvement substantiel du refuge, Parcs Canada a exploré la possibilité de déconstruire le bâtiment de manière à pouvoir le reconstruire, soit au col Abbot, soit à un autre endroit. Ce scénario n’est pas réalisable pour deux raisons :

  • Compte tenu de l’instabilité du refuge et des pentes du col Abbot, les travaux délicats que nécessiterait cette opération engendreraient un risque excessif pour la santé et la sécurité du personnel et des entrepreneurs de Parcs Canada.
  • Selon les experts en maçonnerie historique que Parcs Canada a consultés, les matériaux qui ont servi à la construction du refuge (principalement des blocs de calcaire) risquent fort de se fracturer s’ils sont déplacés. Ils ne se prêtent donc pas à un enlèvement en vue d’une réutilisation. 

Parcs Canada élabore actuellement des plans pour récupérer certains matériaux du refuge dans le but de les utiliser à des fins de commémoration future. De concert avec les intervenants et les groupes qui s’intéressent à la question, il définira des options pour souligner l’importance nationale durable du refuge et des environs ainsi que leur rôle dans le développement de l’alpinisme au Canada. Les détails concernant ces consultations seront publiés dès qu’ils seront connus. 

Que se passera-t-il après l’enlèvement du refuge?

En 2021, Parcs Canada a réalisé de rigoureux travaux de relevé du patrimoine. Les données qu’il a recueillies viennent s’ajouter aux connaissances actuelles sur le lieu historique et créent des possibilités de commémoration de sa valeur patrimoniale. De plus, Parcs Canada déploiera des efforts pour sauvegarder une partie des matériaux ayant servi à la construction du refuge, pour qu’ils soient utilisés à des fins de commémoration future. Enfin, nous travaillerons de concert avec les intervenants et les groupes qui s’intéressent à cette question afin de définir des options pour souligner l’importance nationale durable du refuge et des environs ainsi que leur rôle dans le développement de l’alpinisme au Canada.