SḰŦÁMEN QENÁȽ,ENEȻ SĆȺ - « projet Prendre soin de l’île Sidney »

Depuis 2019, Parcs Canada travaille en collaboration avec les Nations W̱SÁNEĆ et Cowichan, les résidents de l’île Sidney, la province de la Colombie-Britannique et l’Islands Trust Conservancy en vue de faciliter le rétablissement de la forêt de douglas de Menzies sur SḰŦÁMEN (l’île Sidney).

Intendance autochtone

SḰŦÁMEN (l’île Sidney) se trouve sur le territoire traditionnel de la Nation W̱SÁNEĆ, qui assure l’intendance des terres et des eaux dans la Réserve de parc national des Îles-Gulf et aux alentours depuis des temps immémoriaux. Parcs Canada a à cœur la réconciliation, un travail essentiel. Dans le cadre du SḰŦÁMEN QENÁȽ,ENEȻ SĆȺ, ce qui signifie « projet Prendre soin de l’île Sidney », l’Agence travaille étroitement avec des collectivités autochtones d’une manière conforme aux valeurs et aux enseignements des W̱SÁNEĆ (en anglais seulement). 

Cliquez ici pour entendre la prononciation de SḰŦÁMEN QENÁȽ,ENEȻ SĆȺ, expression qui signifie « projet Prendre soin de l’île Sidney » dans la langue SENĆOŦEN (en anglais seulement) des W̱SÁNEĆ.

Protéger une forêt exceptionnelle

La forêt de douglas de Menzies de la réserve de parc national des Îles-Gulf est un écosystème rare qui abrite des arbres, des plantes et des animaux exceptionnels. Elle se situe dans l’ombre pluviométrique de l’île de Vancouver et de la péninsule Olympic, ce qui signifie qu’elle reçoit beaucoup moins de pluie que les régions avoisinantes. Le climat y est sec et ensoleillé, et on y trouve un certain nombre d’espèces rares et en péril comme les prés à chênes de Garry. 

Contrairement à d’autres essences communes, le douglas de Menzies pousse seulement le long de la côte sud de la Colombie-Britannique et de la côte nord-ouest de l’État de Washington.

Malheureusement, cet écosystème est menacé par l’aménagement des terres, les changements climatiques et, à certains endroits, une surpopulation de cervidés.

L’histoire de SḰŦÁMEN (l’île Sidney)
Avant la colonisation européenne, des peuples autochtones visitaient régulièrement les nombreuses îles de la région, y compris SḰŦÁMEN, pour y récolter de la nourriture et des remèdes. SḰŦÁMEN signifie « submergé par les vagues » dans la langue SENĆOŦEN des W̱SÁNEĆ, et l’expression fait référence aux parties de la flèche au nord de l’île qui sont régulièrement englouties par les marées.

ŚW̱,XELOSELWET (Tiffany Joseph), détentrice de savoir W̱SÁNEC, décrit SḰŦÁMEN de la façon suivante :

La Nation W̱SÁNEC a déjà habité dans le village d’hiver de ȾELXOLU sur ce qui est maintenant appelé l’île Sidney. Les îlots appelés roches Sallas par les colons étaient connus sous le nom de XEXMELOSEṈ par les W̱SÁNEĆ bien avant l’arrivée des colonisateurs. Ce que Parcs Canada appelle l’îlot Eagle, les W̱SÁNEĆ nomment SḰEḰEŦÁMEN. D’après JSIṈTEN, lorsque les W̱SÁNEĆ pagayaient de leur village sur la péninsule Saanich pour se rendre à d’autres villages sur les îles San Juan, ils s’arrêtaient à W̱YOMEĆEṈ pour se reposer. W̱YOMEĆEṈ signifie « lieu de prudence ». Il s’agissait peut-être d’un rappel pour les W̱SÁNEĆ de prendre soin d’eux-mêmes pendant leurs voyages. W̱IĆḴINEM dit que ses aînés récoltaient, sur ces îles, des fougères qui pouvaient dépasser la taille d’un adulte.

Lorsqu’on consulte des cartes historiques, on peut voir des signes de la présence de prés, en particulier dans le secteur où l’on trouve maintenant une piste d’atterrissage. Ces prés étaient des endroits où les familles W̱SÁNEĆ pouvaient cultiver du ḰȽO,EL (camas). Il s’agissait d’un aliment de base pour ce peuple. Bien des animaux, comme le cerf, s’alimentaient dans les prés, ce qui créait des conditions idéales pour que les chasseurs W̱SÁNEĆ puissent les abattre et nourrir leur famille. Les terres humides attiraient aussi des rapaces comme le faucon et constituaient d’excellents habitats pour les amphibiens.

Le peuple W̱SÁNEĆ a connu une abondance de biodiversité bien supérieure à ce qu’on observe aujourd’hui sur l’île Sidney en ce qui a trait aux espèces de plantes, d’amphibiens, d’oiseaux et d’insectes. Il n’y a pas si longtemps, on pouvait se coucher dans un champ et écouter le bourdonnement des abeilles pendant qu’elles pollinisaient le pré. Peut-être qu’aujourd’hui on peut encore entendre le coassement des grenouilles pendant la lune WEXES (la deuxième lune du Nouvel An W̱SÁNEĆ). Cette lune annonce l’arrivée du printemps, le début de la floraison et des voyages en canot plus sûrs maintenant que les tempêtes de l’automne et de l’hiver sont terminées. Ces ṮEṮÁĆES (îles) sont des cousines des profondeurs qui ont été placées dans la mer par notre créateur XÁLS pour protéger le peuple W̱SÁNEĆ. XÁLS a confié aux W̱SÁNEĆ la responsabilité de prendre soin de ces cousines. Sur les îles, la récolte de poissons et fruits de mer, de viande, de plantes et de remèdes, l’entretien des prés au moyen de brûlages dirigés, la récolte sélective d’arbres pour bâtir des maisons longues ainsi que des canots en cèdre, et la récolte d’écorce de cèdre pour la fabrication de paniers et de vêtements étaient des activités essentielles pour le bien-être des W̱SÁNEĆ et de tous les secteurs du territoire.
  

 

L’incidence des daims, espèce envahissante

Sous-étage de forêt luxuriant dans exclos de daims.

Les colons européens ont introduit le daim à SḰŦÁMEN (île Sidney) dans les années 1960. Dans les décennies qui ont suivi, le daim a décimé les prés et le sous-étage de la forêt, c’est-à-dire la couche de végétation se trouvant entre les branches supérieures des arbres et le sol. Dans cette photo, remarquez la différence entre la végétation qui pousse dans un espace entouré d’une clôture à l’abri des daims et la végétation clairsemée qui pousse à l’extérieur.

 

Rétablir le sous-étage indigène

Groupe d’employés et de bénévoles en train de planter des plantes dans une exclosure de daims.

Un sous-étage en bonne santé joue un rôle crucial dans la santé globale de la forêt. La biodiversité végétale de la forêt se trouve en bonne partie dans cette couche. Un sous-étage dense sert d’habitat et de site d’alimentation pour les oiseaux chanteurs, les amphibiens et les petits mammifères. Afin d’appuyer le rétablissement d’un sous-étage forestier en bonne santé, Parcs Canada travaille avec ses partenaires du SḰŦÁMEN QENÁȽ,ENEȻ SĆȺ (projet Prendre soin de l’île Sidney) pour étudier des options qui permettrait d’éradiquer de façon permanente les daims de l’île.

L’élimination de cette espèce envahissante sera la façon la plus efficace de rétablir le sous-étage de la forêt. Parcs Canada contribue à l’effort en plantant une variété de plantes indigènes dans des exclos. Jusqu’à maintenant, dix exclos ont été construits sur SḰŦÁMEN (l’île Sidney), et plus de 300 plantes indigènes et importantes sur le plan culturel y ont été plantées. Ces endroits clôturés agiront comme sources de semences pour les secteurs avoisinants et contribueront au rétablissement des plantes indigènes dans la forêt. Les Autochtones pourront aussi récolter de la nourriture, des remèdes et des matériaux dans les exclos de la réserve de parc national.

Gérer les populations de cerfs mulets indigènes

un cerf mulet (espèce indigène) dans la forêt.

Le cerf mulet est une espèce indigène de la région qui peuple de nombreuses îles de la région sud des Îles-Gulf de même que l’île de Vancouver. Historiquement, les populations de cerfs mulets se déplaçaient librement entre les îles pour trouver de la nourriture et des habitats. Sur SḰŦÁMEN (île Sidney), le cerf mulet n’a pas de prédateur naturel. Les chasseurs autochtones jouent donc un rôle essentiel dans la gestion de la population de cet animal dans la réserve de parc national. Nous allons continuer à surveiller la population pour veiller à ce qu’elle ne devienne pas trop grande pour les ressources offertes par l’écosystème .