Programme de déclenchement préventif d’avalanches au parc national des Glaciers

Transcription

Les Forces armées canadiennes tirent un obus

Une avalanche est déclenchée et dévale la montagne

Le parc national des Glaciers se caractérise par des montagnes escarpées, des vallées étroites et une forêt pluviale tempérée qui reçoit d’abondantes quantités de neige et de pluie, ce qui le rend très sujet aux avalanches. Le manteau neigeux fait en moyenne 350 cm d’épaisseur à la limite forestière, où il tombe quelque 14 m de neige par année. Le manteau neigeux est encore plus épais dans la zone alpine.

Le bombardier-chef supervise le positionnement de l’obusier. Photo : Rob Buchanan Jeff Goodrich, agent des avalanches à Parcs Canada, surveille l’opération de tir. Photo : Rob Buchanan

Chaque hiver, Parcs Canada et les Forces armées canadiennes travaillent de concert à déclencher des avalanches de manière contrôlée avant qu’elles ne deviennent une menace pour le couloir de transport (Transcanadienne et voie ferrée du Canadien Pacifique).

Un employé de Parcs Canada examine de la neige sur une planche inclinée. Un employé de Parcs Canada ouvre la station météorologique de l’abri Stevenson.

Les spécialistes des avalanches ont besoin de toutes sortes de données pour pouvoir déterminer quand et où ils doivent déclencher des avalanches à titre préventif, surtout dans un contexte où les conditions météorologiques changent constamment. Les techniciens en avalanche recueillent chaque jour des données sur les conditions météorologiques, le manteau neigeux et les chutes de neige dans des parcelles-échantillons qu’ils creusent dans le col Rogers (1 315 m), sur le mont Fidelity (1 905 m) et ailleurs dans le parc. Pour compléter le tableau, des télécapteurs ultraperfectionnés installés bien haut dans les montagnes transmettent continuellement des données météorologiques, par exemple sur les précipitations, la température ainsi que la vitesse et la direction des vents.

Debout dans une parcelle-échantillon, un employé de Parcs Canada tient une pelle au dessus de sa tête. La parcelle-échantillon est si profonde que la pelle n’atteint même pas la surface du manteau neigeux. Un employé de Parcs Canada affairé à inspecter des cristaux de neige.

Souvent, les techniciens doivent se rendre en skis dans des zones de haute altitude et y creuser une parcelle-échantillon pour analyser les différentes couches de neige qui se sont formées sous la surface du manteau neigeux. Les parcelles-échantillons font de 1,5 à 5 m de profondeur. De l’intérieur, les techniciens peuvent voir les différentes couches de neige enfouies, en déterminer le degré de stabilité et mesurer la force nécessaire pour déclencher une avalanche.

En général, l’analyse d’une parcelle-échantillon se termine par un test Rutschblock, qui reproduit la force exercée par un skieur sur une pente enneigée. Le technicien chaussé de ses skis grimpe sur la colonne de neige et applique une force progressivement croissante jusqu’à ce qu’il fasse céder les couches fragiles.

Visionnez un test Rutschblock

Test de Rutschblock

Les données météorologiques, les données recueillies dans la parcelle-échantillon et les données d’observation des couloirs d’avalanche sont essentielles à l’exécution du programme de déclenchement préventif d’avalanches dans le couloir routier. En outre, cette information aide les prévisionnistes à produire des bulletins d'avalanche quotidiens qui renseignent le public sur les conditions d’avalanche de l’heure.

Si les conditions le justifient, Parcs Canada ferme la route et entreprend des déclenchements préventifs.

L’obusier prêt pour le tir.  Photo : Rob Buchanan Photo : Rob Buchanan

Dans le parc national des Glaciers, l’obusier de 105 mm est considéré comme l’outil le plus efficace pour déclencher des avalanches à titre préventif. En tout, 270 cibles ont été établies dans les 134 couloirs d’avalanche susceptibles d’entraîner des débris sur la route ou la voie ferrée. L’obusier et les cibles déjà étalonnées permettent à l’équipe de déclencher des avalanches à titre préventif pendant la nuit et dans toutes sortes de conditions météorologiques.

Un nuage de neige d’avalanche dévalant la montagne. Un employé de Parcs Canada observant les pentes environnantes à l’aide de jumelles.

Sous la direction de l’officier des avalanches de Parcs Canada, la Royal Canadian Horse Artillery des Forces armées canadiennes manœuvre l’obusier à l’une des 17 positions qui jalonnent la Transcanadienne. Chaque obus est tiré vers une zone de déclenchement connue dans le haut du couloir d’avalanche. Il crée une onde de choc qui déclenche une avalanche lorsque les conditions du manteau neigeux y sont propices.

Un nuage de neige d’avalanche dévalant la montagne.

Les techniciens des avalanches observent et analysent les résultats. Après avoir entendu l’explosion de l’obus, ils évaluent à l’œil la quantité de neige qui dévale la montagne. Ils procèdent à un autre tir au même endroit ou passent à une autre cible stratégique, selon les besoins.

Un nuage de neige d’avalanche recouvrant un paravalanche.

La plupart des avalanches déclenchées dans le cadre du programme n’atteignent jamais la route. En provoquant fréquemment de petites avalanches, les agents des avalanches réduisent la charge de neige, limitent à un minimum les opérations de déneigement routier et raccourcissent les périodes de fermeture de la route.

Des ouvriers de la voirie de Parcs Canada dégagent les débris d’avalanche de la route.

Il arrive que des avalanches, déclenchées naturellement ou par intervention humaine, soient suffisamment grosses pour atteindre la Transcanadienne. En pareil cas, la route doit parfois rester fermée plus longtemps que prévu, pendant que les équipes de Parcs Canada enlèvent la neige et les débris.

Une déneigeuse de Parcs Canada sur la Transcanadienne.

Lorsque la route est dégagée et que l’équipe des avalanches juge le risque suffisamment faible, la route est rouverte à la circulation… jusqu’à ce que les conditions nécessitent une autre série de déclenchements préventifs.

Le programme de déclenchement préventif d’avalanches de Parcs Canada n’a pas pour but d’assurer la sécurité des skieurs et des planchistes.

Quiconque s’aventure sur du terrain avalancheux dans l’arrière-pays doit avoir reçu la formation nécessaire pour évaluer les conditions et le terrain, posséder les compétences et l’équipement voulus pour assurer son propre sauvetage et se conformer aux exigences du programme de délivrance de permis d'accès hivernal.