Le parc national des Glaciers, situé dans le sud-est de la Colombie-Britannique, a été créé en 1886. Avec sa superficie de 1350 km2, ce parc, dont on dit qu’il vaut «cinquante fois la Suisse», est connu pour ses glaciers, ses panoramas de montagne, sa végétation abondante et sa neige épaisse. Il commémore également l’histoire des guides suisses et des premiers alpinistes au Canada, et des voies de transport qui relient le pays d’un océan à l’autre. Le parc national des Glaciers représente la région naturelle de la chaîne Columbia.

Le lieu historique national du Col-Rogers est situé au centre du parc. Il rappelle les voyages effectués par le major A. B. Rogers pour arpenter la région et trouver un chemin traversant la chaîne Columbia afin de pouvoir terminer la voie ferrée du Canadien Pacifique.

Histoire culturelle

Le parc national Glaciers est situé sur des terres traditionnellement utilisées par les peuples Syilx, Sinixt Ktunaxa et Secwepemc.

Situé à mi-chemin entre Calgary et Vancouver, il a été créé après l’achèvement du chemin de fer transcontinental (1885). Le Canadien Pacifique a reconnu le potentiel touristique des paysages de montagne de la région et pressé le gouvernement fédéral de mettre de côté des réserves forestières là où se trouvent aujourd’hui les parcs nationaux Yoho et des Glaciers.

Les chutes de neige abondantes et les avalanches imprévisibles ont rendu l’entretien de la voie ferrée difficile et dangereux au col Rogers. En mars 1910, une avalanche a emporté 58 travailleurs ferroviaires. Cet accident mortel a convaincu le Canadien Pacifique de faire passer le chemin de fer sous la terre, et en 1916, le tunnel Connaught fut mis en service.

En 1962, le passage à travers le col Rogers a été rouvert, cette fois comme tronçon de la Transcanadienne.

Aujourd’hui, la route Transcanadienne et la voie ferrée du Canadien Pacifique traversent toutes deux le parc national des Glaciers. Depuis 1961, Parcs Canada et les Forces canadiennes mènent ensemble un vaste programme mobile de déclenchement préventif d’avalanches au moyen de tirs d’artillerie. Ce programme, le plus important du genre au monde, protège la route et la voie ferrée des avalanches.

Géologie et glaciologie

La chaîne Columbia est plus ancienne que les Rocheuses, situées plus à l’est, et renferme un mélange complexe de quartzite, d’ardoise et de granite. Formée d’une succession d’énormes montagnes aux parois escarpées entrecoupées de vallées étroites et profondes sculptées par l’eau et la glace sur une très longue période, elle comporte en fait quatre chaînes de montagnes : Purcell, Selkirk, Monashee et Cariboo. La plus grande partie du parc national des Glaciers se trouve dans la chaîne Selkirk, et son extrémité est, dans la chaîne Purcell.

Comme l’indique son nom, le parc national des Glaciers comprend une importante couverture glaciaire. La famille Vaux a commencé à surveiller les glaciers du parc dès 1887. Leur retrait progressif a été observé au fil du temps; en 2018, le parc comptait 129 glaciers, comparativement à 337 moins de 40 ans plus tôt.

Climat

La chaîne Columbia est située dans la zone humide de l’intérieur de la Colombie-Britannique, caractérisée par d’abondantes précipitations et chutes de neige annuelles ainsi que par des températures hivernales modérées. Il tombe en moyenne 10 m de neige chaque hiver au col Rogers, et les pics environnants peuvent en recevoir le double. Les chutes de neige abondantes, conjuguées au terrain escarpé, rendent plusieurs secteurs du parc très sujet aux avalanches. Les températures moyennes (moyenne des maximums et minimums de température quotidiens) atteignent -9 °C en janvier et 13,5 °C en juillet.

Végétation

Le parc compte trois zones de végétation distinctes.

  • Forêt pluviale intérieure : du fond de vallée jusqu’à une altitude d’environ 1300 m, la forêt est dominée par des thuyas géants et des pruches de l’Ouest presque millénaires qui peuvent atteindre 4 m de diamètre.
  • Zone subalpine : au-dessus de 1300 m, la neige persiste plus longtemps et la végétation est composée principalement de deux espèces d’arbres, le sapin subalpin et l’épinette d’Engelmann. Cette zone comprend aussi des prés subalpins qui sont tapissés de fleurs sauvages pendant le court été.
  • Zone alpine : au-dessus de 1900 m, les arbres disparaissent complètement pour céder la place à des touffes de lichen, de bruyère et de carex qui s’agrippent aux rochers et au sol mince, entourées de plaques de glace et de neige permanentes.

Faune

Le parc national des Glaciers sert d’habitat à plusieurs espèces de gros mammifères, y compris l’ours noir, le grizzli et la chèvre de montagne, qu’on peut parfois apercevoir de la route. Le caribou des bois et le carcajou sont plus élusifs et restent habituellement dans l’arrière-pays. D’autres mammifères vivent dans le parc, dont la marmotte des Rocheuses, le pica d’Amérique et le spermophile du Columbia, ainsi que plusieurs espèces de chauves-souris.

Quelque 235 espèces d’oiseaux fréquentent le parc en été, et bon nombre d’entre elles, comme le colibri et le moucherolle à côtés olive, parcourent de très grandes distances pour s’y rendre depuis leur aire d’hivernage. En hiver, on trouve toujours au parc des geais de Steller, de grands corbeaux et quatre types de mésanges.

Les montagnes sont un environnement hostile pour les reptiles à sang froid et les amphibiens, mais certaines espèces vivent dans le parc national des Glaciers, comme l’insaisissable salamandre de Cœur d’Alène, le crapaud de l’Ouest et le lézard alligator du Nord, peu commun.

Attractions et sentiers

Le parc national des Glaciers a de quoi plaire à tous. Les aventuriers ambitieux peuvent suivre les traces des guides suisses et des premiers alpinistes; les amateurs de plein air peuvent se détendre dans l’un des trois campings de l’avant-pays; les vacanciers peuvent s’arrêter le long de la route pour admirer des panoramas de glaciers comme il n’en existe nulle part ailleurs. En hiver, les skieurs et planchistes de l’arrière-pays chevronnés peuvent s’amuser dans une neige poudreuse exceptionnelle.

Le Centre de la découverte du Col-Rogers est ouvert sept jours sur sept aux visiteurs qui cherchent à en savoir davantage sur la riche histoire du parc comme couloir de transport national et comme berceau de l’alpinisme au Canada.