L’archéologie étudie le passé à l’aide des matériaux laissés par les gens.

Les archéologues divisent le passé en périodes de temps fondées sur les changements constatés dans les artefacts et les caractéristiques archéologiques.

Ces changements indiquent souvent une innovation technique et reflètent parfois le déplacement d’une population différente dans une région précise. On peut également voir dans le paysage des changements dans les vestiges culturels. L’idée d’un paysage culturel illustre la façon dont nous interagissons avec le paysage et la manière dont il nous façonne à son tour.

La vallée du ruisseau Blakiston est un élément important du paysage culturel du parc national des Lacs-Waterton et prouve que la région était habitée il y a environ 10 000 ans.

En même temps que les changements technologiques, nous pouvons observer la venue de nouveaux arrivants : les colons européens.

Début mai, Parcs Canada a organisé une activité pour bénévoles, le « Grand nettoyage pour la faune », le long de la promenade Red Rock, où le feu de Kenow avait mis au jour d’importantes quantités de détritus. Deux archéologues ont accompagné les bénévoles et les employés de Parcs Canada pour évaluer les découvertes et chercher des lieux d’occupation connus et inconnus le long de la promenade.

Ces découvertes illustrent la façon dont différentes histoires se sont inscrites dans le paysage.

Étiquettes pour plaquettes de tabac

Plaquettes de tabac en forme de cœur
Plaquettes de tabac en forme de cœur

Ces minuscules objets en forme de cœur étaient fixés aux plaquettes de tabac fabriquées par W.C. MacDonald Tobacco Company à Montréal entre 1870 et 1922. Ils sont particulièrement intéressants, car on commence à les voir durant la période protohistorique, qui marque l’arrivée des marchandises européennes dans les données archéologiques, mais ils datent généralement d’avant l’arrivée des colons.

Ces produits peuvent indiquer le commerce direct avec des Européens dans la région, ou indirect par l’entremise de Premières Nations. Le contexte est toutefois ambigu car ces objets ont pu être apportés dans le parc par les premiers prospecteurs européens.

Bouteilles de boisson gazeuse

Vieilles bouteilles d’Orange Crush
Vieilles bouteilles d’Orange Crush

Ces bouteilles d’Orange Crush viennent de la période historique, qui représente dans l’Ouest la colonisation des Prairies jusqu’en 1950 environ. On utilise cette date comme limite supérieure en raison du début de la production de masse centralisée. On peut obtenir très peu d’informations utiles des matériaux datant d’après 1950.

La bouteille d’Orange Crush à gauche porte la date d’un brevet du 22 août 1921. Ce type de bouteille fut fabriqué seulement pendant quelques années. On voit à droite une version plus récente, lancée dans les années 1940 et fabriquée jusque dans les années 1970. Ces bouteilles appartenaient peut-être à des travailleurs de la région ou des touristes venus se divertir dans le parc. Elles représentent un virage dans la signification du paysage pour les gens qui y habitaient.

Un grand nombre des bouteilles que nous avons trouvées représentent une époque durant laquelle on produisait et embouteillait de la bière et des boissons gazeuses localement. Bien des gens du sud de l’Alberta se souviendront de la bouteille illustrée plus bas.

Une vieille bouteille de boisson gazeuse
Une bouteille de boisson gazeuse de la Sicks’ Brewery (à droite)
Brasserie à Lethbridge

On voit à droite une bouteille de Sicks’ 6 datant de 1955-1965. Ces bouteilles ont été découvertes près d’une petite chute dans un endroit très panoramique.

La Lethbridge Sicks’ Brewery fut fondée en 1901 et exploitée jusqu’en 1990. Cette brasserie produisit des boissons gazeuses du début des années 1900 jusqu’en 1965. La bouteille à gauche ne possède pas de caractéristiques diagnostiques.

Butte-témoin : un dépotoir archéologique

Vieilles boîtes de conserve dans la terre
Un ancien dépotoir dans la vallée Blakiston

La photo ci-dessus est d’un ancien dépotoir datant des années 1930. Il est possible qu’il ait été laissé par les ouvriers qui amélioraient la promenade Red Rock, l’un des nombreux programmes d’aide pendant la dépression. Bien que ces artefacts ne représentent qu’une petite fraction de ce que nous découvrons dans le parc national des Lacs-Waterton, ils illustrent les différentes significations du paysage culturel, qui nous racontent différentes histoires au sujet de ses utilisateurs.

La vallée du ruisseau Blakiston nous parle de chasse, de cueillette et de prospection de pétrole et de minéraux comme le cuivre, de la façon dont la grande dépression a même touché les parcs nationaux, et de la manière dont les gens utilisent le paysage à des fins de loisirs et récréatives. Chaque nouvelle découverte nous permet de mieux comprendre ces différentes histoires.