Par Erin Low, chercheuse dans le domaine de chauves-souris, Université de Calgary

Un vespertilion à longues oreilles assis sur une branche 
Un vespertilion à longues oreilles assis sur une branche. © Erin Low

Le feu de Kenow en 2017 a fourni une occasion unique d’étudier les effets d’un feu exceptionnellement intense sur diverses espèces vivant dans le parc national des Lacs-Waterton, dont les chauves-souris.

Les chauves-souris sont un groupe de mammifères mystérieux et diversifiés qui jouent un rôle important dans les écosystèmes forestiers. Des études menées par le passé donnent à penser qu’elles réagissent positivement aux feux, qui accroissent les possibilités de recherche de nourriture et de repos, mais ces études sont limitées en ce qui concerne les feux naturels extrêmes.


En 2011 et 2012, Parcs Canada a effectué un relevé des chauves-souris à Waterton. Des chercheurs ont capturé des chauves-souris dans des filets japonais pour déterminer quelles espèces ses trouvaient dans le parc et mesurer leur corps (longueur de l’avant-bras et masse) et leur état reproducteur (gravide, lactante, etc.). En 2019, Parcs Canada et l’Université de Calgary ont commencé à collaborer dans le cadre de projets de recherche post-incendie. On a capturé des chauves-souris dans des filets japonais et mesuré de nouveau leur corps et leur état reproducteur. Les femelles reproductrices du vespertilion brun ont été munies d’un radio-émetteur pour savoir où se situaient leurs dortoirs de maternité.

Les résultats préliminaires indiquent que le vespertilion brun représente la majorité de la communauté des chauves-souris dans le parc, avant et après le feu. La plupart des femelles ont été suivies par radio-émetteur dans des bâtiments qui n’avaient pas été touchés par le feu.

Un chercheur tient un vespertilion brun
Un chercheur tient un vespertilion brun. © Caitlin Low
On fixe un radio-émetteur à une chauve-souris
On fixe un radio-émetteur à une chauve-souris. © Mary Blair

 

Durant les étés de 2015 à 2017, on a utilisé des détecteurs acoustiques dans tout le parc pour enregistrer les appels des chauves-souris. On a ensuite utilisé ces détecteurs aux mêmes endroits en 2018 et 2019, après le feu de forêt. Les données recueillies permettront aux chercheurs d’examiner l’abondance et la diversité des chauves-souris, ainsi que leur utilisation de l’habitat. Les résultats sont encore en train d’être analysés. Toutefois, le fait de posséder des données précédant et suivant le feu de Kenow éclairera les changements apportés à la communauté des chauves-souris.

Repérage de chauves-souris munies de radio-émetteur dans une forêt brulée
Repérage de chauves-souris munies de radio-émetteur dans une forêt brulée. © Jessica Theoret