Voici les projets de dénombrement, de surveillance, de recherche et de gestion des ressources qui sont en cours cette année dans le parc. Certains d’entre eux sont exécutés de concert avec d’autres agences.

Pour de plus amples renseignements, veuillez nous envoyer un courriel à waterton.info@pc.gc.ca ou faites le 403-859-2224.

Recensement des chauves-souris

Le syndrome du museau blanc est une maladie assez récente qui fait des ravages chez les populations de chauves-souris en hibernation. Cette maladie a été remarquée tant à l’est (Ontario) qu’à l’ouest (Washington) de Washington, d’où le besoin urgent d’obtenir des renseignements de base sur la répartition et l’abondance relative des espèces de chauves-souris évoluant dans le parc.

Avant que le syndrome du museau blanc ne commence à décimer les populations de chauves-souris, on en savait peu sur les chauves-souris des parcs nationaux de montagnes. En tant que chef de file mondial en matière de conservation, Parcs Canada a élaboré son propre protocole national de surveillance des chauves-souris, programme qui est conforme au North American Bat Monitoring Program (NABat). Parcs Canada travaille également en collaboration étroite avec Environnement Canada et d’autres partenaires pour que ses connaissances servent dans le cadre d’autres initiatives de conservation de plus grande envergure et favorisent le rétablissement des espèces de chauves-souris en voie de disparition.

Le personnel de Parcs Canada emploie des appareils d’enregistrement acoustique pour détecter et identifier les chauves-souris dans divers endroits du parc national des Lacs-Waterton. De plus, son personnel s’affaire à évaluer comment les chauves-souris utilisent le parc en hiver et il travaille en collaboration avec les biologistes du parc national Glacier au Montana pour surveiller les migrations printanières et automnales de chauves-souris le long des couloirs de déplacement des rivières Belly et Waterton.

Chef de projet : Barb Johnston.
Commanditaire : Parcs Canada.

Évaluation du parcours naturel

À l’été 2016, nous avons commencé à évaluer la santé du parcours naturel de l’écorégion de la forêt-parc des contreforts du parc national. L’objectif du projet consiste à déterminer l’état de l’écosystème de tremblaies et de fétuque des prairies.

Cette évaluation permettra de mesurer les rôles que jouent les ongulés, les plantes non indigènes et l’empiètement de la forêt sur l’entretien de l’écorégion de la forêt-parc des contreforts, en mettant un accent particulier sur l’écosystème de fétuque des prairies se trouvant dans les contreforts. Les résultats de cette évaluation serviront à déterminer les sources de préoccupation et à éclairer les activités de rétablissement futures.

Chef de projet : Robert Sissons.
Commanditaire : Parcs Canada.

Réintroduction de la grenouille leopard

Jadis, les grenouilles léopards évoluaient dans le parc national des Lacs-Waterton, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. La disparition graduelle de cette grenouille, autrefois répartie un peu partout en Alberta, remonte aux années 1970, si bien que cette grenouille n’a pas été aperçue à Waterton depuis 1980. En 2003, d’importants recensements pour repérer les lieux de reproduction historiques et les habitats convenant à cette grenouille ont été effectués en maints endroits du parc, mais aucune grenouille n’a été observée. On ne connaît pas la cause de sa disparition.

La grenouille léopard figure sur la liste des espèces préoccupantes en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada et est désignée comme espèce menacée en vertu des règlements de la Loi sur la faune de l’Alberta.

En collaboration avec le parc national des Prairies, Parcs Canada a commencé à déplacer des grenouilles léopards à Waterton en 2015. En deux ans, les scientifiques ont recueilli 12 masses d’œufs de grenouille (environ 42 000 oeufs) dans divers lieux du parc des Prairies, là où abonde cette grenouille, et les ont déposés dans trois étangs choisis avec soin à Waterton. Les œufs se sont développés et ont éclos et on a observé la reproduction d’une nouvelle génération de grenouillettes dans le parc national des Lacs-Waterton en 2017 et en 2018. Ceci représente une étape importante vers le rétablissement d’une population autosuffisante dans le parc. Ces travaux se poursuivront pendant plusieurs années afin d’atteindre cet objectif.

Depuis le feu de Kenow en septembre 2017 dans le parc national des Lacs-Waterton, la situation des grenouilles déplacées est incertaine, car la grenouille léopard forage se nourrit d’insectes sur la terre ferme et il est probable que certaines grenouilles ont été tuées par le feu dans les hautes terres. En raison d’un été chaud et sec, la plupart se trouvaient probablement près de leur habitat aquatique durant le feu. Nous savons que suffisamment de grenouilles léopards ont survécu pour se reproduire à au moins deux endroits en 2018 en dépit du feu de Kenow. Parcs Canada a confirmé leur présence par des observations sur le terrain et une surveillance acoustique à distance (enregistrements audio).

La grenouille léopard, espèce indigène importante, a déjà joué un rôle vital dans l’écosystème complexe du parc. Cette grenouille, au même titre que d’autres amphibiens, constitue un bon indicateur de la santé des écosystèmes d’eau douce. L’initiative de Parcs Canada fait partie de plusieurs projets visant à améliorer la situation de l’espèce en Alberta au cours des années à venir. Nous nous appuyons sur les leçons tirées de nos propres travaux et de ceux d’autres organismes pour que les efforts de réintroduction actuels soient couronnés du plus grand succès possible.

Le projet de rétablissement de la grenouille léopard fait partie d’un projet du programme de conservation et de rétablissement, À la rescousse de la fétuque, dans le parc national des Lacs-Waterton. Les projets de ce programme se déroulent un peu partout dans le réseau de Parcs Canada, l’objectif général étant de réaliser des gains de conservation mesurables de manière à mobiliser et à profiter à la société.

Chefs de projet : Kim Pearson et Barb Johnston. 
Commanditaire : Parcs Canada.

Surveillance de la faune à l’aide de caméras à distance
Caméras de surveillance à distance
© Parcs Canada

Une grande partie de la faune du parc est rarement aperçue, ce qui permet difficilement de surveiller les fluctuations sur le plan du nombre et de la répartition. Nous nous servons de caméras activées par le mouvement et de modèles d’occupation pour surveiller la faune de Waterton.

Le village de Waterton se trouve à un point de jonction critique, entre le lac Waterton Supérieur et les montagnes escarpées de la région. Ces caméras servent également à déterminer comment la faune voyage dans ce couloir de déplacement essentiel de la vallée de Waterton. L’objectif de ce projet consiste à fournir de l’information susceptible d’aider à prendre des décisions au sujet des déplacements de la faune dans cet endroit.

Chefs de projet : Barb Johnston et Kim Pearson.
Commanditaire : Parcs Canada.

Lutte biologique contre les plantes non indigenes
La centaurée maculée
© Parcs Canada

Parcs Canada s’est doté d’un nouvel outil pour faire la gestion intégrée des plantes non indigènes.

En 2012, deux espèces de curculionidés ont été introduites à Waterton afin de lutter contre la centaurée maculée. Une des espèces s’acharne aux racines de cette plante, tandis que l’autre s’attaque aux porte-graines de la plante. Ces insectes de lutte biologique viennent se greffer aux autres méthodes chimiques et mécaniques dont nous nous servons pour lutter contre la centaurée maculée.

En 2015, nous avons introduit des espèces de lutte biologique pour cibler la langue-de-chien et nous avons intensifié nos efforts pour viser la centaurée maculée. Nous continuerons à surveiller l’efficacité de cette nouvelle méthode.

Chef de projet : Robert Sissons.
Commanditaire: Parcs Canada.

Guides de chevreuils
Accompagnement des cerfs
© Parcs Canada

Pendant cinq ans, soit de 2011 à 2015, nous avons effectué un projet pilote dans le but de déterminer si des chiens entraînés en conséquence peuvent favoriser un comportement plus naturel chez le chevreuil. L’objectif consistait à assurer la sécurité du public et à protéger la faune tout en permettant aux visiteurs de continuer à voir la faune dans un environnement de qualité.

Un guide s’est servi de chiens escortes pour faire sortir les chevreuils doucement du village pendant la saison des naissances et pour recréer la méfiance naturelle des chevreuils envers les gens et les chiens.

Cette technique s’est avérée très efficace. En fait, tellement efficace qu’au cours des deux dernières années, le guide a eu très peu de travail à faire. Par conséquent, le nombre de chevreuils au village de Waterton a diminué considérablement. Par ailleurs, le nombre d’incidents d’agression qui ont été signalés a baissé chaque année, passant ainsi de 36 en 2010 à seulement quatre en 2015.
En 2016, il n’y aura pas de guides de chevreuils dans le village de Waterton.

Nous surveillerons de près la réaction des chevreuils et de leurs prédateurs afin d’aboutir à une stratégie de gestion à long terme. La sécurité des résidents et des visiteurs revêt une très grande importance pour Parcs Canada. Ce programme, qui cadre avec le mandat de Parcs Canada visant à conserver la faune, à restaurer la connectivité de l'habitat et à rapprocher les gens de la nature des parcs nationaux en toute sécurité.

Chefs de projet : Parcs Canada, Waterton Community Wildlife Advisory Group et Chris Jobe (guide de chien).

Vidéo : Chien extraordinaire, boulot extraordinaire

Rétablissement des populations de pin à cinq aiguilles
Rétablissement du pin à écorce blanche et du pin flexible
© Parcs Canada

Les travaux de recherche et de surveillance ont permis de constater la présence d’une perte importante de pins à écorce blanche et de pins flexibles. Le pin à écorce blanche et le pin flexible des Rocheuses canadiennes sont menacés par divers facteurs. Parmi ces facteurs, notons la rouille vésiculeuse introduite, la suppression des incendies, le dendroctone du pin et le remplacement subséquent du pin par des arbres plus tolérants à l’ombre, de même que le changement climatique rapide à l'échelle mondiale.

Le personnel de Parcs Canada s’affaire à la protection et au rétablissement de ces espèces. Nous protégeons les graines d’arbres susceptibles de résister à la rouille vésiculeuse du dendroctone du pin et ramassons les graines. Encore une fois cet été, le personnel et les bénévoles du parc planteront les semis qui ont été cultivés grâce à ces graines. De plus, les feux dirigés planifiés avec soin permettent d’ouvrir le couvert forestier dans divers lieux ciblés, ce qui permet de les préparer à recevoir les semis.

Chef de projet : Robert Sissons, Parcs Canada.
Commanditaires : Parcs Canada, Alberta Environment and Sustainable Resource Development.

Vidéo : Préservation du pin à écorce blanche

À la recherche des tiques

La tique d’Anderson et la tique du chien sont des organismes nuisibles et constituent des vecteurs de maladie dans l’Ouest canadien. Les tiques de divers lieux et habitats sont recueillies, notamment au parc national des Lacs-Waterton.

Ce projet permettra de déterminer le nombre de ces deux espèces au sein de leur répartition géographique et de corréler les résultats aux variables environnementales. Cela permettra l’évaluation future de l’expansion continue du parcours ainsi que des changements en matière de densité de population.

Ces données aideront à produire des cartes relatives aux risques et à la transmission de maladies attribuables aux tiques. Des essais en laboratoire permettront de déterminer l’étendue des différences génétiques entre les populations de tiques, ce qui fournira des renseignements sur les différences en matière de caractéristiques biologiques influençant la transmission des pathogènes.

Chef de projet : Tim Lysyk.
Commanditaire : Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Recensement des invertébrés aquatiques en haute altitude

Le changement climatique entraîne la perte des glaciers et des champs de neige en haute altitude. Par conséquent, les espèces d’invertébrés spécialisés dans les habitats aquatiques froids de ces endroits sont à risque. Vers la fin de l’été 2016, les bénévoles viendront en aide aux chercheurs des deux côtés de la frontière du parc international de la paix Waterton-Glacier pour recenser les invertébrés aquatiques en haute altitude.

Nous sommes à la recherche d’information sur la présence et la répartition des espèces, notamment en ce qui concerne deux invertébrés portant le nom de « perle » pour lesquels une pétition a été présentée en vue de l’inclusion à la liste des espèces protégées en vertu de la U.S. Endangered Species Act. Les renseignements ainsi obtenus éclaireront la décision d’inclusion et aideront à comprendre dans quelle mesure ces invertébrés sont vulnérables au changement climatique et à d’autres incidences.

Chefs de projet : Joe Giersch, Chris Downs et Barb Johnston.
Commanditaires : USGS Northern Rocky Mountain Science Center, parc national Glacier et Parcs Canada.

Relevé de la biodiversité des invertébrés terrestres

Ce relevé, institué en 2005, a permis d’enrichir énormément les connaissances de base au sujet des invertébrés terrestres du parc. La clé de la réussite de ce projet consiste à axer le relevé sur des habitats choisis et à solliciter l’aide d’experts du domaine pour identifier avec certitude les spécimens recueillis. Les données ainsi obtenues sont ajoutées à la banque de données des espèces du parc et à leurs localités.

Chef de projet : Dr. David Langor, service canadien des forêts
Commanditaire : Service canadien des forêts.

Rétablissement de la prairie au moyen du feu
Le feu pour restaurer la prairie
© Parcs Canada

De nombreuses conséquences écologiques découlent de la suppression des incendies pendant des dizaines d’années dans le parc, dont la perte de la prairie indigène en raison de l’empiètement des trembles et des arbustes. Cela a eu des effets en cascade à la grandeur de l’écosystème.

Afin d'atteindre nos objectifs en matière de rétablissement, nous continuons de réintroduire des incendies planifiés et dirigés avec soin dans la prairie afin de rétablir les herbages de la prairie. De plus, nous surveillons la gravité des incendies, la réaction des herbages de la prairie au broutage du wapiti et l'efficacité des incendies dirigés permettant d'atteindre les objectifs de rétablissement.

Chefs de projet : Scott Murphy et Cristina Eisenberg.
Commanditaires : Parcs Canada et Earthwatch Institute.

Surveillance d’une maladie chez la salamander
Salamandre à longs doigts
© Parcs Canada

En 2011, l’éclosion d’un virus propre à la salamandre (virus de la salamandre tigrée) s’est traduite par la mortalité massive d’une population résidente de salamandres tigrées dans un étang du parc. Cet événement a déclenché des recherches pour déterminer les caractéristiques du virus et pour mieux connaître la population hôte de salamandres.

Les travaux de surveillance du rétablissement de cette population particulière de salamandres se poursuivent. Des chercheurs s’affairent à cette tâche et se concentrent sur d’autres sites régionaux qui ont également été la cible d’épidémies afin d’en apprendre plus sur ce nouveau pathogène.

Chef de projet : Cam Goater.
Commanditaire : Université de Lethbridge.