Table des matières


This publication is also available in English.

Note aux lecteurs

La santé et la sécurité des Canadiens et Canadiennes, des visiteurs et des membres de l’équipe Parcs Canada sont d’une importance primordiale pour l’Agence. Parcs Canada suit les conseils et les orientations des experts en santé publique pour limiter la propagation de la COVID-19 tout en permettant aux Canadiens et Canadiennes de découvrir le patrimoine naturel et culturel du Canada.

Parcs Canada reconnaît que la pandémie de la COVID-19 peut avoir des effets imprévisibles sur le plan directeur du parc national des Lacs-Waterton du Canada. Parcs Canada informera les partenaires autochtones, les intervenants et le public de ces répercussions dans le cadre de la mise à jour annuelle sur la mise en œuvre de ce plan.

Pour plus de renseignements sur le plan directeur ou sur le parc national des Lacs-Waterton :

Adresse postale :
   Adresse Parc national des Lacs-Waterton
     C.P. 200
     Waterton Park (Alberta) T0K 2M0

Téléphone :

Télécopieur :
   Télécopieur : 403-859-5147



1.0 Introduction

Parcs Canada administre l’un des plus beaux et des plus grands réseaux de lieux naturels et historiques protégés de la planète. Le ministère a pour mandat de protéger et de mettre en valeur ces lieux patrimoniaux dans l’intérêt des générations actuelles et futures, tant pour leur agrément que pour l’enrichissement de leurs connaissances. La gestion stratégique prospective des parcs nationaux, des aires marines nationales de conservation, des canaux patrimoniaux ainsi que des lieux historiques nationaux dont il a la responsabilité s’inscrit dans sa vision :

Les trésors historiques et naturels du Canada occuperont une place de choix au cœur de la vie des Canadiens, perpétuant ainsi un attachement profond à l’essence même du Canada.

En vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada et de la Loi sur l’Agence Parcs Canada, Parcs Canada est tenue d’élaborer un plan directeur pour chaque parc national. Une fois approuvé par le ministre responsable de Parcs Canada et déposé au Parlement, le Plan directeur du parc national des Lacs-Waterton établit l’obligation redditionnelle de Parcs Canada envers la population canadienne, en précisant les mesures de gestion qu’il doit appliquer au parc pour obtenir des résultats mesurables à l’appui de son mandat.

Les peuples autochtones sont d’importants partenaires dans l’intendance des lieux patrimoniaux, et, depuis des temps immémoriaux, ils entretiennent des liens intimes avec les terres et les eaux qui en font partie. Les peuples autochtones, les intervenants, les partenaires et la population canadienne ont participé à la rédaction du plan directeur et ont ainsi contribué à façonner l’orientation future du parc national. Le plan expose une orientation stratégique claire pour la gestion et l’exploitation du parc national des Lacs-Waterton en définissant une vision, des stratégies clés et des objectifs. Parcs Canada rendra compte chaque année des progrès accomplis dans l’atteinte des objectifs énoncés, et l’agence procédera à l’examen du plan tous les dix ans ou avant, au besoin.

Le présent plan n’est pas une fin en soi. Parcs Canada entend maintenir un dialogue ouvert sur sa mise en œuvre pour s’assurer qu’il demeure pertinent et significatif. Le plan sera l’axe autour duquel s’articulera un travail continu de mobilisation et, s’il y a lieu, de consultation sur la gestion du parc national des Lacs-Waterton dans les années à venir.

Carte 1 : Cadre régional

Carte 1 : Cadre régional

Carte 1 : Cadre régional — Version texte

Cette carte illustre les limites du parc national des Lacs-Waterton au sein de l’écosystème de la Couronne du continent en Alberta, en Colombie-Britannique et aux États-Unis.

Cette carte illustre la composition administrative de la région, soit les terres protégées par les provinces, les terres protégées par les États-Unis, la forêt d’État, les parcs nationaux, les terres autochtones, Conservation de la nature Canada, pêche et faune des États-Unis, service des forêts des États-Unis et emplacements d’eau.

 

Carte 2 : Parc national des Lacs-Waterton

Carte 2: Parc national des Lacs-Waterton
Carte 2 : Parc national des Lacs-Waterton — Version texte

Cette carte illustre les limites et les routes principales du parc national des Lacs-Waterton.

Cette carte illustre la concession forestière des Kainai à l’est du parc.

Les symboles indiquent l’emplacement des terrains de camping de l’avant-pays et du centre d’accueil.

 

2.0 Importance du parc national des Lacs-Waterton

Le parc national des Lacs-Waterton (parc national des Lacs-Waterton) protège et met en valeur une partie de la région naturelle la plus au sud des montagnes Rocheuses, là où « les montagnes rencontrent les prairies ». Paahtómahksikimi, le nom que donnent les Pieds-Noirs aux lacs Waterton, signifie « lac intérieur sacré au cœur des montagnes ». C’est un paysage façonné par le vent, le feu et l’eau, avec lequel les hommes ont établi des liens profonds depuis des temps immémoriaux. Des forêts vierges, des prairies balayées par le vent, des cours d’eau chatoyants et des lacs profonds se joignent pour soutenir la vie d’une impressionnante gamme de plantes et d’animaux. Les grands espaces ouverts encadrés par les spectaculaires montagnes créent un sentiment de sérénité et d’émerveillement. Établi en 1895 grâce à l’initiative des citoyens de la région, le parc national des Lacs-Waterton est le quatrième parc national du Canada. Il occupe 505 kilomètres carrés dans le sud-ouest de l’Alberta, et c’est le plus petit des parcs des montagnes du Canada (les parcs nationaux Banff, Jasper, Yoho, Kootenay, du Mont-Revelstoke, des Glaciers et des Lacs-Waterton).

Le parc fait partie de l’écosystème de la Couronne du continent, un des paysages les plus diversifiés écologiquement, physiquement et juridiquement d’Amérique du Nord. Cet écosystème se situe dans un des points les plus étroits du massif des Rocheuses. Le parc aide à protéger ce corridor entre le nord et le sud crucial pour la faune. Cinq écorégions se rencontrent dans le parc national des Lacs-Waterton : la forêt-parc des contreforts, l’écorégion montagnarde, les écorégions subalpines inférieure et supérieure, et l’écorégion alpine. Cette réalité fait que le parc abrite un grand éventail de plantes par rapport à sa taille. Le parc national des Lacs-Waterton contient 83 communautés végétales et plus de 1 000 espèces de plantes vasculaires dans ses prairies, ses terres arbustives, ses milieux humides, ses forêts et ses aires alpines; on y trouve notamment des champs remplis de fleurs sauvages saisonnières aux mille couleurs. Près de 175 de ces espèces végétales, comme le botryche lunaire de Waterton, sont rares ou ne se trouvent nulle part ailleurs en Alberta ou au Canada. Cette végétation diversifiée soutient une myriade d’animaux sauvages, dont 256 espèces d’oiseaux, 66 espèces de mammifères, 24 espèces de poissons, 3 espèces de reptiles et 6 espèces d’amphibiens, sans compter des milliers d’invertébrés, dont des insectes.

Ce creuset où se rencontrent montagnes, prairie, lacs et ciel attire les humains et leur permet de ne faire qu’un avec la nature depuis des millénaires. Le parc national des Lacs-Waterton fait partie du territoire des Siksikaitsiitapi (la Confédération des Pieds-Noirs, qui comprend les nations et tribus suivantes : Kainai [la Tribu des Blood], la nation Siksika et les Aapatohsipiikani [la nation Piikami], dans le sud de l’Alberta, au Canada, et les Amsskapipiikunniwa [la tribu des Pieds-Noirs] dans le nord du Montana, aux États-Unis), et d’autres peuples autochtones. Paahtómahksikimi, le nom que donnent les Pieds-Noirs aux lacs Waterton, se prononce « paah-to-mak-sick-imi ». Le ballot au castor, qui représente tous les êtres vivants, incluant les êtres à quatre pattes, les êtres à deux jambes (les humains), les créatures qui volent et celles qui vivent dans l’eau, a été offert aux Pieds-Noirs dans Aahkiaahkoinimaan, la région Maskinongé du parc actuel. Il représente le lien sacré entre la terre et tous ceux qui l’habitent, basé sur le respect et la réciprocité, qui alimente les traditions de conservation et de durabilité, des valeurs que partage Parcs Canada.

La preuve la plus ancienne de la présence humaine près des lacs et dans les montagnes de Waterton date de plus de 10 000 ans. Dans ces vallées riches, les Siksikaitsiitapi (la Confédération des Pieds-Noirs) et les Ktunaxa chassaient le bison et récoltaient des plantes pour en faire de la nourriture et des médicaments. Près de 400 sites archéologiques ont été relevés dans le parc national des Lacs-Waterton. La plupart des sites autochtones incluent des foyers, des voies pour orienter le bison, des camps de débitage et de pêche, et des sites de cérémonie. C’était un endroit où la Confédération des Pieds-Noirs et les autres Premières Nations se rassemblaient pour camper, voyager, faire du commerce et négocier pour faire la paix. Les Pieds-Noirs continuent à tenir des cérémonies et à récolter des plantes médicinales dans Paahtómahksikimi.

Les désignations et les inscriptions internationales démontrent l’importance de ce site pour les gens partout sur la planète. En 1932, le parc national des Lacs-Waterton a conclu un partenariat avec le Glacier National Parc, au Montana (É.-U.), pour créer le premier parc international de la paix (le parc international de la paix Waterton-Glacier). De nos jours, les deux parcs utilisent cette relation bien établie pour collaborer afin de protéger l’eau, les plantes et les animaux qu’on trouve dans ce milieu unique. Le parc international de la paix Waterton-Glacier a été désigné site du patrimoine mondial en 1995, en reconnaissance de sa valeur universelle exceptionnelle pour ses processus écologiques et sa beauté naturelle. Plus récemment, le parc national des Lacs-Waterton et le Glacier National Park, au Montana, sont devenus les premiers parcs transfrontaliers de ciel étoilé, de l’International Dark-Sky Association (IDA), grâce à leur engagement à préserver la qualité exceptionnelle de leur ciel nocturne et à offrir des occasions pour l’observer. Le parc national des Lacs-Waterton constitue également la zone centrale de la réserve de la biosphère de Waterton, créée en 1979. À titre de deuxième réserve de la biosphère au Canada, elle vise à mieux comprendre le lien entre les gens et le milieu naturel, et à promouvoir l’échange de connaissances et les pratiques exemplaires par la collaboration.

Le parc comprend deux sites historiques nationaux, le Premier-Puits-de-Pétrole-de-l’Ouest-Canadien et l’Hôtel-Prince of Wales. Le Premier-Puits-de-Pétrole-de-l’Ouest-Canadien a été désigné site historique national en 1965 pour commémorer le premier puits de pétrole d’envergure commerciale dans les provinces de l’Ouest. L’exploration de ce puits, situé dans la vallée Cameron, a annoncé la croissance de l’industrie pétrolière qui a sous-tendu une grande partie du développement économique de l’Alberta. L’Hôtel-Prince of Wales est un exemple parfait du style architectural des villages suisses qu’on associe souvent aux Rocheuses canadiennes et aux hôtels historiques du pays construits par les sociétés ferroviaires. Il a ouvert ses portes en 1927 et a été désigné site historique national en 1992. Présentement, l’hôtel est exploité par un tiers, par l’entremise d’un accord foncier. Son architecture frappante et son emplacement à couper le souffle en font l’attraction la plus connue du parc national des Lacs-Waterton.


3.0 Contexte de planification

Le parc national des Lacs-Waterton se situe dans un paysage écologique, social et politique complexe intergouvernemental. Son histoire, ses frontières et ses communautés végétales et fauniques le lient aux Siksikaitsiitapi (la Confédération des Pieds-Noirs), en particulier aux Káínai, aux Piikáni et aux Ktunaxa, au Glacier National Park au Montana (É.-U.), au parc provincial Akamina-Kishinena en Colombie-Britannique (C.-B.), au parc provincial Castle Wildland en Alberta (AB), et à un nombre d’autres territoires appartenant à la Couronne, aux municipalités et à des propriétaires privés.

Parcs Canada collabore avec les Siksikaitsiitapi (la Confédération des Pieds-Noirs) pour s’assurer que leur vision du monde et leur lien sacré sont reflétés et mis en valeur dans toute une gamme de projets, incluant l’interprétation culturelle dans le nouveau centre d’accueil, les activités et événements d’interprétation, ainsi que pour la conservation des ressources culturelles et naturelles. Parcs Canada s’efforce de respecter tous les traités applicables et collabore avec toutes les Premières Nations qui ont un lien historique avec le parc ou qui affirment que le parc fait partie de leurs territoires traditionnels, comme les signatures du Traité 7. Parcs Canada veille également à travailler avec toutes les Premières Nations de façon aussi équitable que possible. Le parc national des Lacs-Waterton maintient son engagement continu à l’égard de ses partenaires autochtones pour veiller à ce que leur histoire, leur culture et leurs valeurs soient transmises de façon respectueuse.

Étant donné la taille et l’emplacement du parc, les partenariats transfrontaliers et la collaboration avec les partenaires et intervenants de la région sont particulièrement importants pour réussir à atteindre ses objectifs de gestion, de conservation, d’expérience pour les visiteurs et de mobilisation. Le parc national des Lacs-Waterton collabore avec le Glacier National Park (É.-U.), les organismes provinciaux, les municipalités locales, les résidents et les entreprises de la communauté, les éleveurs de bétail de la région et les organismes de conservation. L’information et les ressources sont partagées afin de gérer les feux, les opérations de recherche et de sauvetage, les espèces non indigènes, les espèces en péril, la faune, les projets de rétablissement, et pour assurer une expérience mémorable aux visiteurs. De nombreux propriétaires fonciers établis près du parc ont conclu un partenariat avec l’organisme Conservation de la nature Canada pour maintenir la valeur naturelle de leurs ranchs fonctionnels, préserver l’habitat pour diverses espèces fauniques, notamment le grizzly.

Le parc national des Lacs-Waterton est un endroit inspirant à visiter qui offre un éventail de possibilités. Sa proximité avec Lethbridge (1,5 heure de route) et Calgary (2,5 heures de route) en font une escapade d’un jour toute simple. Le parc comprend des lacs et des rivières, des paysages alpins et prairiaux, des centaines de kilomètres de sentiers et de routes, des terrains de camping et de pique-nique (aires de fréquentation diurne). Le chaleureux village de Waterton est le point central pour les services aux visiteurs. On y offre des activités extérieures, des sites pour manger ou dormir, le tout dans un site d’une beauté naturelle brute. La population de la communauté fluctue au fil des saisons, de 108 habitants à une population saisonnière allant au-delà de 1 000 âmes durant les mois d’été. De 5 000 à 6 000 visiteurs quotidiens s’ajoutent à ce décompte, et environ 2 000 visiteurs passent la nuit sur les sites de camping ou dans les hôtels durant les périodes de pointe.

Le 11 septembre 2017, le feu de forêt de Kenow a pénétré dans le coin sud-ouest du parc national des Lacs-Waterton, par le col Akamina. Cet incendie a eu un impact important sur l’écologie du parc, brûlant environ 39 % (19 303 hectares) du parc, ou 50 % de son paysage couvert de végétation, affectant les systèmes végétaux, fauniques et aquatiques. Si les incendies font partie de l’écosystème naturel du parc national des Lacs-Waterton et qu’ils sont essentiels pour maintenir son intégrité écologique, ce feu de forêt était d’une taille peu commune et d’une intensité exceptionnelle et uniforme. Le feu de forêt du ruisseau Boundary, plus petit, mais d’une intensité similaire, s’est produit en 2018. Il faudra de nombreuses années pour observer, analyser et bien comprendre les impacts de ces deux feux de forêt sur l’écologie du parc; cette démarche est déjà en cours grâce à une multitude de projets de recherche et de surveillance lancés avec l’aide de partenaires.

Le feu de forêt de Kenow a également endommagé, voire détruit l’infrastructure bâtie du parc et des territoires avoisinants. Malgré les efforts des pompiers pour protéger les installations, plus de 30 biens du parc, dont des bâtiments, des terrains de camping, des promenades et 80 % du réseau de sentiers pédestres, ont été endommagés ou détruits. Des décennies de réduction des combustibles et de planification pour la gestion des incendies, en plus des efforts pour combattre les flammes sur le site, ont permis de protéger des bâtiments et des actifs dans le village de Waterton et sur le site historique national de l’Hôtel-Prince of Wales. Le parc national des Lacs-Waterton s’efforcera d’éliminer les matières combustibles autour du village et des installations en périphérie afin de mettre en œuvre une approche stratégique de la gestion des incendies dans l’ensemble du paysage, ce qui contribuera à la réduction du risque de feux de forêt.

Le feu de forêt a permis de découvrir plus de 70 nouveaux sites archéologiques, et a étendu l’ampleur de 170 autres sites connus dans la zone ravagée. Les membres des communautés pieds-noirs ont contribué à identifier et à reconnaître certains de ces sites, et les Premières Nations continueront à être sollicitées pour la poursuite des travaux. Parcs Canada s’efforce de recréer des expériences sûres, divertissantes, inclusives et entièrement cohérentes avec les objectifs écologiques du parc pour les visiteurs.

En parallèle à son rétablissement après-incendie, le parc national des Lacs-Waterton a joui d’un investissement sans précédent pour ses infrastructures. En 2015, le Programme d’investissement pour les infrastructures fédérales (IIF) avait engagé environ 96 millions de dollars pour la création d’expériences de qualité et significatives pour les visiteurs et pour la protection de l’environnement. Les principaux investissements faits grâce à ce programme incluent des améliorations aux services publics et aux routes dans le village de Waterton, une importante modernisation du terrain de camping Townsite et à la place du Parc de la paix, ainsi que la construction d’un nouveau centre d’accueil pour les visiteurs.

Les présentes remplacent le plan directeur pour le parc national des Lacs-Waterton de 2010. Un certain nombre de problèmes et de défis clés ont été relevés et ont été examinés durant la production de la présente ébauche de plan, en fonction de l’Évaluation de l’état du parc de 2019 (ÉÉP), des revues internes et des consultations publiques, notamment :

L’intégrité écologique
L’intégrité écologique est la priorité pour la gestion du parc. Le parc national des Lacs-Waterton doit relever de nombreux défis à l’égard de son intégrité écologique, les plus importants d’entre eux étant les menaces posées par les espèces non indigènes. La flore envahissante terrestre menace les écosystèmes des prairies puisqu’elle fait concurrence aux espèces indigènes, réduit la biodiversité et élimine des habitats essentiels. Les pins à cinq aiguilles, qui sont des espèces essentielles pour l’écosystème de la forêt, sont en péril en raison d’une maladie introduite, la rouille vésiculeuse, tandis que les poissons exotiques ont pratiquement décimé la population de truites indigène de l’écosystème aquatique. L’introduction potentielle de nouvelles espèces envahissantes dans les prairies et les forêts ou de nouvelles espèces aquatiques envahissantes, comme la moule zébrée ou le myriophylle à épi, demeure une menace constante. Maintenir l’intégrité écologique nécessitera la gestion des impacts qu’ont les espèces introduites et des mesures pour éviter l’introduction de nouvelles espèces, de même qu’une gestion des incendies continue pour protéger ce processus écologique clé et lui permettre de jouer son rôle dans le renouvellement de l’écosystème en toute sécurité. La gestion de l’utilisation par l’homme est nécessaire pour veiller à ce que les humains puissent continuer à profiter de la région, tout en la laissant intacte pour les générations à venir.
Les impacts des changements climatiques
Les changements climatiques altéreront de plus en plus la biodiversité indigène, les habitats fauniques, les cycles d’incendies, le régime climatique et les systèmes aquatiques du parc, et ils peuvent exacerber le risque que posent les espèces envahissantes. L’impact des changements climatiques ajoutera à la pression que subit l’infrastructure du parc, et complexifiera la gestion de la santé et de la sécurité des gens, des ressources archéologiques et culturelles, et des demandes et de l’expérience des visiteurs. L’intégration de mesures d’adaptation aux changements climatiques à la planification et aux activités du parc aidera à accroître la résilience en réduisant les effets négatifs des changements climatiques, tout en profitant des nouvelles occasions qui pourraient se présenter.
La gestion de la fréquentation
Les visiteurs admirent le caractère unique, le côté peu commercialisé et la sérénité du parc national des Lacs-Waterton. Cette appréciation, en plus de l’accessibilité du parc comme activité d’un jour à courte distance en voiture, a contribué à augmenter le nombre de visiteurs au cours de la dernière décennie. L’affluence devrait demeurer forte, particulièrement lorsque les aires touristiques populaires (le canyon Red Rock, le lac Cameron, le sentier Bear’s Hump) seront ouvertes à nouveau, après les travaux de rétablissement effectués après le feu de forêt de Kenow. Il sera essentiel de comprendre et de limiter l’impact de l’augmentation de la fréquentation sur l’intégrité écologique, le caractère et les ressources du parc ainsi que sur les expériences offertes pour mettre en place des stratégies efficaces pour gérer la fréquentation dans l’avenir.
Les relations avec les Autochtones
Le parc national des Lacs-Waterton est un site important pour nombre de Premières Nations, particulièrement pour les Siksikaitsiitapi (la Confédération des Pieds-Noirs), Stoney Nakoda, Tsuut’ina, Ktunaxa et la Metis Nation of Alberta (MNA). Les relations et le travail collaboratif se sont améliorés depuis la création du dernier plan directeur. Des progrès sont attendus à cet égard, puisque le parc travaille étroitement avec des partenaires autochtones pour que leurs histoires, connaissances et valeurs soient incluses dans les décisions pour la gestion du parc et transmises de façon appropriée au public.
La connectivité et les relations régionales
Ce parc est un petit élément d’un paysage écologique, politique et social important à l’échelle internationale. Améliorer la coordination intergouvernementale et les connexions dans le réseau régional des aires de protection et de conservation est une mesure cruciale pour atteindre les objectifs du parc. Parcs Canada pourra explorer de nouvelles avenues de collaboration avec ses voisins, les entreprises régionales et les organismes touristiques pour amplifier les messages communs et la sensibilisation dans certains domaines, comme la planification des voyages, le comportement à adopter et les services offerts.
L’entretien de l’infrastructure existante
Des investissements continus sont nécessaires pour entretenir l’infrastructure existante (p. ex. les bâtiments, les sites de camping, les routes, les systèmes d’aqueduc, les égouts, etc.) pour assurer la sécurité des visiteurs et pour atteindre les objectifs d’offrir une expérience de qualité aux visiteurs, tout en protégeant l’intégrité écologique et la gestion efficace des ressources culturelles. Le défi est d’autant plus complexe que le parc tente d’offrir un accès inclusif et de s’adapter à la démographie changeante et à la demande croissance des visiteurs.


4.0 Élaboration du plan directeur

Parcs Canada a collaboré avec la population canadienne pour élaborer le plan directeur du parc national des Lacs-Waterton et les plans directeurs de tous les autres parcs nationaux des montagnes, soit Banff, Jasper, Yoho, Kootenay, du Mont-Revelstoke et des Glaciers. Les groupes d’intervenants, les partenaires autochtones et le grand public ont été invités à soumettre leurs idées, leurs préoccupations et les possibilités en ligne et en personne pour façonner l’avenir du parc national des Lacs-Waterton.

Le parc national des Lacs-Waterton a recueilli les commentaires de Canadiens et de Canadiennes intéressés, et a utilisé diverses méthodes pour la mobilisation en personne et en ligne. Durant les trois premiers mois de la période de mobilisation, le site Web « Parlons parcs des montagnes » du parc national des Lacs-Waterton a été visité environ 2 500 fois, et a recueilli un total de 443 commentaires en ligne. Parcs Canada a parlé à plus de 150 personnes lors de 12 événements de mobilisation différents, notamment une discussion avec des groupes autochtones, une activité portes ouvertes, un atelier pour les intervenants et un autre pour les jeunes, et des activités de rayonnement lors de festivals et d’événements régionaux.

La phase 1 du processus de mobilisation (du 10 avril 2019 au 3 juillet 2019) s’est concentrée sur le raffinement de la vision à long terme pour le parc et sur l’exploration des priorités qui devraient être examinées au cours de la décennie à venir. Les commentaires des Premières Nations, des jeunes, des intervenants et du grand public ont été pris en compte pour établir la vision, les stratégies clés et les objectifs. Un résumé des commentaires reçus est accessible à cette adresse : https://www.pc.gc.ca/fr/pn-np/ab/waterton/info/index/participation/entendu-heard.

Les activités de mobilisation prévues pour la deuxième phase s’intéressent davantage à la publication de l’ébauche du plan directeur. Ces activités, qui étaient à l’origine prévues en 2020, ont été mises sur pause lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé, jusqu’à ce qu’il soit possible d’organiser une consultation de fond auprès des Premières Nations, des intervenants et du grand public. La mobilisation pour la phase 2, qui se fera en parallèle à celle pour les autres parcs des montagnes nationaux, encourage le dialogue à l’échelle locale, régionale et nationale pour raffiner l’ébauche du plan directeur pour chaque parc national.


5.0 Vision

Le parc national des Lacs-Waterton est un endroit intemporel où les pics alpins, les lacs cristallins, les forêts paisibles et la faune abondante inspirent un sentiment d’émerveillement, incitent à la découverte de soi et créent une connexion profonde avec le paysage. Sa nature sauvage vierge, sa beauté unique, son intégrité écologique et sa biodiversité indigène persistent. La faune prospère en se déplaçant dans son habitat sûr, ce qui encourage son mouvement dans toute la région. Les humains continuent à cohabiter harmonieusement avec l’écosystème riche du parc. Les visiteurs découvrent un point de vue dynamique sur le long passé du parc, notamment sur ses relations avec les peuples autochtones et sur les sites historiques du Premier-Puits-de-Pétrole-de-l’Ouest-Canadien et de l’Hôtel-Prince of Wales. À cet endroit, la nature et la culture sont bien vivantes, elles sont révérées et partagées.

Le rôle bien établi des Siksikaitsiitapi (la Confédération des Pieds-Noirs) en tant que gardiens de cette zone de leur territoire ancestral est reconnu, et les membres de cette communauté et les autres Autochtones sont les bienvenus à Paahtómahksikimi. Les souhaits de bienvenue et le nom des sites dans la langue des Pieds-Noirs nous rappellent tous l’importance culturelle, physique et spirituelle qu’ont encore les lacs Waterton pour les communautés autochtones. L’engagement constant et profond avec les partenaires autochtones se fonde sur des relations solides ancrées dans le respect et la confiance, et leur point de vue influence les grandes décisions pour l’avenir du parc. Leurs histoires et leur savoir sont bien évidence, honorant le lien sacré entre la terre et ceux qui l’habitent.

Le parc national des Lacs-Waterton s’engage à être inclusif et invite les gens de tous les horizons à créer leurs propres liens avec ce paysage, ce qui instille un sens de responsabilité et d’intendance commun, maintenant et pour l’avenir. Le parc national des Lacs-Waterton offre toute une gamme d’expériences, peu importe les capacités, des activités dans l’arrière-pays isolé et escarpé aux événements facilement accessibles dans l’avant-pays. L’augmentation de la fréquentation est gérée activement en collaboration avec des partenaires locaux et régionaux, en faisant la promotion de modes de transport durables (comme le covoiturage, le transport en commun ou l’entrée programmée) et en influençant les déplacements des visiteurs pour créer une expérience de qualité tout en protégeant les écosystèmes du parc. Le parc national des Lacs-Waterton offre des expériences et des renseignements numériques de plus en plus novateurs et accessibles. Le village de Waterton demeure un carrefour sympathique avec un vrai sentiment de communauté. Il constitue le point de départ pour des activités authentiques et profondes pour les visiteurs qui veulent découvrir la région. Le nouveau centre d’accueil des Lacs-Waterton, au cœur même de la communauté, est ouvert à longueur d’année et invite les visiteurs à découvrir le parc, son importance au fil du temps ainsi que les cultures locales et autochtones.

Le parc est reconnu comme étant un exemple vivant de la collaboration outre les frontières et les écosystèmes. L’inscription du parc international de la paix Waterton-Glacier au patrimoine mondial de l’ UNESCO confirme son importance, tout comme ses désignations comme réserve de la biosphère au Canada de l’ UNESCO et son titre de parc transfrontalier de ciel étoilé. La prise de décisions pour le parc est basée sur les preuves, et nous participons activement à la gestion de l’écosystème régional de la Couronne du continent. Chaque visiteur découvre un lien personnel à ce réseau vivant, et s’engage, en tant que Canadien ou Canadienne et en tant que citoyen du monde, à en prendre soin activement.


6.0 Stratégies clés

Les stratégies clés ci-dessous sous-tendront le processus décisionnel du parc national des Lacs-Waterton au cours des dix prochaines années pour concrétiser sa vision, qui s’inscrit dans le mandat de Parcs Canada et son inscription à titre de site du patrimoine mondial. Les objectifs décrivent les résultats désirés, une fois la mise en place de chaque stratégie terminée. Les cibles indiquent des progrès mesurables pour l’atteinte de chaque objectif et permettent une gestion adaptative, accompagnées de dates précises lorsque possible. Les cibles sont jugées atteignables dans la période visée par le plan directeur, en fonction des occasions, des priorités de l’agence et des capacités. Les Premières Nations, les partenaires, les intervenants et le grand public seront informés des progrès pour la mise en place du plan directeur.

Six stratégies clés forment l’approche globale que Parcs Canada utilisera pour la gestion du parc national des Lacs-Waterton. Ces stratégies s’imbriquent les unes dans les autres et seront mises en œuvre conjointement.


Stratégie clé 1 : Conserver le patrimoine naturel et culturel pour les générations futures

La protection des ressources naturelles et culturelles, des écosystèmes et des paysages est au cœur de la raison de l’existence du parc, et le maintien et la restauration de l’intégrité écologique est la première priorité de la gestion du parc. L’approche de Parcs Canada pour conserver ces aspects importants sera guidée par la compréhension et le respect de l’importance du lieu et des valeurs naturelles et culturelles. Sachant qu’il existe des incertitudes, les initiatives de gestion, de conservation et de restauration des écosystèmes de Parcs Canada seront fondées sur les meilleures connaissances scientifiques et autochtones disponibles, à l’appui d’une approche prudente et adaptative qui tiendra compte de l’évolution des politiques et des pratiques de gestion en fonction de la surveillance des résultats.

Le parc national des Lacs-Waterton est le seul parc national qui protège les prairies à fétuque des contreforts, dans l’écorégion de la forêt-parc des contreforts. Les écosystèmes des prairies sont parmi les plus menacés au monde, et les prairies à fétuque indigènes de l’Alberta continuent à subir des pertes importantes; seulement 35 % de cet écosystème est encore intact. La disparition et la dégradation des prairies à fétuques dans la région sont dues aux espèces végétales envahissantes, à l’infrastructure historique, au développement de l’industrie récréative et à des conversions agricoles passées. L’absence de processus clés, dont la perturbation par les bisons des plaines et des feux de forêt d’intensité variable, sont également préjudiciables pour l’intégrité de cet écosystème.

Les efforts de conservation et de gestion des écosystèmes du parc national des Lacs-Waterton continueront à miser sur certains facteurs clés qui définissent l’intégrité écologique : la biodiversité et l’habitat, les processus écologiques qui façonnent l’écosystème (p. ex. la succession végétale, la prédation et la migration), et la durabilité de l’écosystème à long terme. Lorsque l’intégrité écologique est compromise par les effets des activités humaines (comme la forte utilisation par les humains, l’introduction d’espèces envahissantes, la suppression à long terme des incendies), des mesures seront prises pour limiter leur incidence. De même, les conséquences connues des changements climatiques feront l’objet de mesures adaptatives pour limiter les effets négatifs sur la valeur patrimoniale culturelle et naturelle du parc.

Le feu de forêt de Kenow en 2017 a énormément changé l’écologie du parc national des Lacs-Waterton. Le paysage transformé offre des occasions sans précédent d’améliorer notre compréhension du renouvellement écologique et de la longue habitation humaine dans la région. D’importants travaux seront requis au cours des dix prochaines années pour veiller à ce que les changements à l’écologie et à l’archéologie primaires du parc soient bien documentés. Par exemple, la revue du programme de surveillance écologique comprendra à la fois les zones incendiées et celles qui ont été épargnées, alors que le nouvel inventaire de la végétation primaire fournira des renseignements essentiels pour soutenir la gestion écologique continue du parc de Waterton.

Les enjeux connexes à la gestion des espèces en péril, des feux de forêt, des conséquences des changements climatiques (comme les événements météorologiques extrêmes) et à la préservation de l’habitat pour les espèces sensibles seront abordés par une collaboration à l’échelle de l’écopaysage incluant les aires protégées environnantes et d’autres intervenants régionaux. La collaboration avec les communautés universitaires et d’autres détenteurs de savoir, comme les Premières Nations, continuera à faire progresser notre compréhension du rétablissement après les incendies, des écosystèmes des prairies à fétuque indigènes, des processus naturels comme les incendies, et des communautés d’espèces aquatiques uniques, et elle sera prise en compte pour chaque objectif.

Objectif 1.1

Une mosaïque de prairies indigènes fonctionnelles persiste dans l’écopaysage, grâce à des mesures qui assurent que les incendies demeurent un processus écologique actif, qui contribuent au rétablissement des sites perturbés, qui gèrent activement les espèces végétales exotiques et qui évitent l’établissement de nouvelles populations envahissantes.

Cibles

  • Réduire le risque que de nouvelles espèces terrestres envahissantes s’établissent sur le territoire et poursuivre la réduction des populations existantes.
  • Les sites perturbés dans les prairies indigènes sont rétablis de façon à renforcer l’intégrité écologique d’ici 2029.
  • La mesure Espèces exotiques envahissantes pour l’indicateur Prairies s’améliore à une tendance positive dans la prochaine ÉÉP.
  • La mesure Étendue de la prairie pour l’indicateur Prairies est évaluée et est jugée à une condition « bonne » dans la prochaine ÉÉP.
  • D’ici 2026, la mesure Zone perturbée par le feu pour l’indicateur Prairies sera modifiée à « bonne ».

Objectif 1.2

Une mosaïque de forêts fonctionnelles persiste, l’intégrité écologique des forêts s’améliore et les espèces en péril se rétablissent.

Cibles

  • Au moins 50 000 plants de pins à cinq aiguilles résistants à la rouille sont plantés, surveillés et font l’objet de rapports à la suite d’une collaboration régionale d’ici 2029.
  • Le brûlage dirigé est utilisé pour améliorer la mesure Zone perturbée par le feu pour l’indicateur Forêt à un état « bon et stable » dans la prochaine ÉÉP.
  • La création du secteur de gestion des chaînons frontaux assure que la mesure Habitat sûr pour les espèces sensibles demeure « passable et stable » dans la prochaine ÉÉP.
  • La mesure Occupation de plusieurs espèces de mammifères pour l’indicateur Forêt demeure à un état « bon et stable » dans la prochaine ÉÉP.

Objectif 1.3

L’intégrité écologique des communautés aquatiques est améliorée en évitant l’établissement d’espèces aquatiques envahissantes et en rétablissant les espèces de poissons et d’amphibiens indigènes.

Cibles

  • Réduire le risque que de nouvelles espèces aquatiques envahissantes s’établissent à Waterton.
  • Des mesures préventives comme l’inspection obligatoire des embarcations nautiques et des permis sont évaluées, mises en œuvre et appliquées.
  • Des communications ciblées et une gestion active, en coordination avec les autres parcs des montagnes nationaux et les organismes adjacents au parc national des Lacs-Waterton, lorsqu’approprié, sensibilisent les visiteurs et d’autres publics, comme les entrepreneurs, et influencent leur comportement afin de réduire le risque d’introduction d’espèces aquatiques envahissantes.
  • La tendance de la mesure Indice des poissons de lacs de l’indicateur Eau douce passe à « Amélioration » dans la prochaine ÉÉP.
  • Parc Canada entreprendra le rétablissement d’espèces aquatiques indigènes dans le parc national des Lacs-Waterton, lorsqu’approprié, selon les données obtenues par la surveillance des écosystèmes aquatiques.
  • Un plus grand nombre de visiteurs sont conscients que le lac Waterton Supérieur possède une écologie aquatique unique, puisque c’est un des seuls lacs à héberger des ombles à tête plate (une espèce menacée), des truites grises, des grands brochets, ainsi que des espèces glaciaires reliques, comme le ménomini pygmée, le mysis et le chabot de profondeur.

Objectif 1.4

Les espèces en péril sont protégées. Les mesures de rétablissement améliorent l’état des populations locales et la distribution dans l’ensemble du parc, et les mesures de conservation dans l’écopaysage qui visent les menaces connues stimulent le rétablissement des espèces et sensibilisent davantage la population.

Cibles

  • Les mesures de conservation et de rétablissement pour les espèces en péril (notamment l’isoète de Bolander, le porte-queue demi-lune et la petite chauve-souris brune) résumées dans le Plan d’action visant plusieurs espèces du parc national des Lacs-Waterton et du lieu historique national du Ranch-Bar U (2017) sont mises en œuvre dans les délais impartis.
  • Le Plan d’action visant plusieurs espèces est mis à jour régulièrement pour refléter l’état des espèces dans le parc et pour cerner les problèmes, les besoins et les priorités émergents, comme l’ajout de nouvelles espèces à la liste.
  • Les intervenants, les visiteurs et le public sont informés sur les espèces en péril, l’impact de l’homme sur celles-ci et les façons de les protéger, afin de mieux les sensibiliser et d’encourager la conformité à la Loi sur les espèces en péril.

Objectif 1.5

La compréhension de la valeur patrimoniale et de l’état des ressources culturelles importantes est accrue et documentée en collaboration avec les partenaires autochtones.

Cibles

  • Tous les sites archéologiques, dont ceux affectés par le feu de forêt de Kenow, sont examinés et leur état est évalué d’ici 2025, et toute mesure d’atténuation requise est mise en place.
  • Une évaluation de la vulnérabilité axée sur le climat est réalisée pour toutes les ressources culturelles et guide les décisions quant à la gestion des sites connexes.
  • L’inventaire et la gestion des sites culturels autochtones, notamment des sites archéologiques, sont effectués de concert avec les partenaires Siksikaitsiitapi et ceux des autres Premières Nations ayant des liens traditionnels avec cette région.
  • Une stratégie pour la gestion des ressources culturelles est créée d’ici 2030, incluant énoncé des valeurs des ressources culturelles pour le parc national des Lacs-Waterton, avec la participation des partenaires et des intervenants.

Objectif 1.6

La gestion des écosystèmes du parc et des ressources culturelles tient compte des changements climatiques et des changements provoqués par les feux de forêt de Kenow de 2017 et du ruisseau Boundary pour la prise de décisions

Cibles

  • Un modèle détaillé pour les changements climatiques est réalisé pour la région d’ici 2023, en collaboration avec les partenaires régionaux; il oriente la planification du parc pour l’adaptation aux changements climatiques, notamment les activités pour la conservation des ressources afin de veiller à l’intégrité écologique continue et à l’intégrité commémorative dans le parc, tout en les adaptant aux changements climatiques.
  • Le programme de surveillance de l’intégrité écologique est revu et mis à jour pour refléter les changements provoqués par les feux de forêt.
  • D’ici 2022, l’inventaire de la végétation est mis à jour pour documenter les importants changements qui ont été provoqués par les feux de forêt de Kenow et du ruisseau Boundary.
  • D’ici 2024, les résultats disponibles sur la surveillance et la recherche écologique après incendies sont présentés au public, aux intervenants et aux partenaires, et ils influencent les besoins en matière de recherche et de surveillance constantes ainsi que les mesures de gestion.

Objectif 1.7

Les perturbations humaines sur la faune et leur habitat sont réduites par la gestion active des possibles conflits entre humains et animaux et en encourageant l’adoption de comportements responsables et l’intendance.

Cibles

  • Une gamme de produits de communication diversifiés sur différentes plateformes et des programmes pour les visiteurs continuent à informer les utilisateurs du parc sur les façons d’éviter les conflits avec la faune et réduisent les incidents et l’impact sur la faune durant l’exploration du parc.
  • Le corridor faunique dans la vallée Blakiston est amélioré par des travaux au site de camping du mont Crandell.
  • Un éventail de stratégies et d’outils pour gérer la fréquentation, comme des limites pour les aires de fréquentation diurne, la fermeture de zones et les restrictions pour les sentiers, sont envisagés et mis en œuvre au moment et à l’endroit où ils sont nécessaires pour protéger les écosystèmes fragiles et réduire la perturbation de la faune dans les zones affectées.

Stratégie clé 2 : Expériences authentiques adaptées au territoire

Les parcs nationaux offrent aux Canadiens et aux Canadiennes des occasions exceptionnelles de développer un sentiment d’attachement au patrimoine naturel et culturel. Ils donnent la chance tout à fait unique de s’immerger dans la nature, l’histoire et différentes cultures en plein cœur de paysages sauvages de montagne. Le mandat de Parcs Canada met l’accent sur l’importance de préserver l’authenticité et la qualité de cette expérience tout en veillant à ce que les visiteurs comprennent son caractère unique. Les possibilités offertes aux visiteurs seront caractérisées par la durabilité et la capacité à répondre aux divers besoins et attentes de ces derniers. Les activités et les communications seront conçues de manière à améliorer la compréhension et l’intendance des ressources naturelles et culturelles, en invitant toute la population à partager la responsabilité de la conservation de ces lieux extraordinaires.

Depuis des milliers d’années, le parc national des Lacs-Waterton est un carrefour culturel. Cette réalité se fait encore sentir pour le parc et la communauté de Waterton. Le village est le point central pour les renseignements, l’interprétation, les événements et les activités. On y trouve des installations et des activités qui appuient concrètement le mandat des parcs nationaux, et qui se distinguent par leurs pratiques environnementales durables. Le centre d’accueil, situé au cœur de la communauté, est le point d’entrée pour découvrir le parc, son importance intemporelle, ainsi que les cultures autochtones et locales.

Le parc national des Lacs-Waterton continuera à offrir une myriade d’expériences qui encouragent l’intendance, qui sensibilisent à la valeur des zones protégées, et qui limitent l’impact sur l’écologie du parc et les cultures locales. Ces expériences donneront aux visiteurs une expérience directe pour découvrir, comprendre et apprécier la valeur naturelle et culturelle exceptionnelle de la région, dont le rétablissement écologique du feu de forêt de Kenow, et pour y contribuer. Des occasions seront créées pour permettre aux jeunes de profiter des avantages que procure le temps passé dans ce paysage pour la santé mentale et physique, pendant qu’ils créent des liens avec la nature. En étroite collaboration avec les partenaires, le parc cherchera à créer et à offrir des expériences autochtones authentiques.

L’affluence sera gérée au fur et à mesure que notre compréhension des pressions humaines sur l’écosystème, des habitudes d’utilisation des visiteurs présents et futurs, et des répercussions des changements climatiques sera approfondie. Des approches pour gérer la fréquentation et les demandes au fil des saisons dans diverses régions du parc seront élaborées. Cela peut inclure les réseaux de transport et les systèmes de réservation. La collaboration avec les partenaires régionaux et les intervenants sera cruciale pour veiller à ce que les visiteurs aient les renseignements requis avant leur voyage afin qu’ils puissent profiter pleinement des occasions qui se présentent à eux, qu’ils soient bien préparés et aient des attentes réalistes, et pour maintenir ces relations longtemps après leur passage.

Les installations pour les visiteurs seront conçues pour protéger l’intégrité écologique du parc, veiller à la sécurité du public, offrir des expériences de qualité et améliorer l’accessibilité et l’inclusion. Le village et les grandes artères routières sont les principales aires fréquentées du parc, et les autres régions sont moins utilisées.

Objectif 2.1

L’appréciation des visiteurs et leurs liens au parc national des Lacs-Waterton sont maintenus par une large gamme d’expériences plaisantes, accessibles et inclusives, et des services qui respectent la nature de l’endroit.

Cibles

  • 90 % des visiteurs sont très satisfaits de leur visite globale dans le parc et estiment que le parc est important pour eux.
  • En date de 2022, la proportion des visiteurs qui s’impliquent auprès de Parcs Canada dans le centre d’accueil ouvert toute l’année et découvrent des occasions d’apprendre et d’explorer a augmenté par rapport aux données de référence de 2016.
  • Les activités du parc et les rénovations des actifs tiennent davantage compte de l’accessibilité et de l’inclusion.
  • Des améliorations sont apportées aux infrastructures existantes, comme les sentiers, les points de départ des sentiers, les kiosques, les expositions, les sites de camping en arrière-pays et la signalisation, afin d’offrir des expériences de qualité supérieure, d’orienter les visiteurs, d’influencer les comportements et d’encadrer les attentes.

Objectif 2.2

Les visiteurs et le grand public ont diverses occasions d’apprentissage qui les aident à établir des liens avec le parc, ses histoires, sa nature et ses cultures.

Cibles

  • Un éventail de produits de communication, de programmes pour les visiteurs et d’activités de rayonnement intègrent des histoires différentes et atteignent des publics (comme les jeunes, les citadins et les citadines et le grand public canadien) dans le parc et à l’extérieur par l’entremise de plateformes en ligne, de sites appropriés et de collaboration.
  • D’ici 2022, de nouvelles expositions au centre d’accueil contribueront à améliorer la compréhension de l’importance du parc national des Lacs-Waterton et le rôle essentiel des divers partenaires qui aident à sa protection.
  • D’ici 2022, de nouveaux panneaux d’interprétation aux points de départ des sentiers, créés en collaboration avec les Siksikaitsiitapi, expliquent aux visiteurs les noms traditionnels que donnaient les Pieds-Noirs à ces endroits et leur importance.
  • D’ici 2024, les contacts en personne lors d’événements, d’activités et de programmes d’apprentissage immersifs dans le parc auront augmenté de 10 % par rapport aux données de référence de 2019.
  • Dans les futurs sondages auprès des visiteurs, 80 % des gens affirmeront en avoir appris sur l’héritage culturel et naturel par le biais de programmes d’interprétation, des produits de communication et des événements intéressants dans différents sites du parc.

Objectif 2.3

Les motifs d’utilisation des visiteurs sont gérés de façon proactive afin d’assurer la protection des ressources naturelles et culturelles et des expériences exceptionnelles pour les visiteurs.

Cibles

  • D’ici 2025, la planification des séjours et les expériences durant toute l’année dans le parc sont améliorées pour les visiteurs grâce à la stratégie pour la gestion la fréquentation, qui influence la façon, l’endroit et le moment auxquels les visiteurs arrivent dans le parc et le découvrent, particulièrement durant les périodes de pointe. Cette stratégie pour la gestion de la fréquentation peut être utilisée pour atteindre les objectifs plus généraux de Parcs Canada, comme l’intégrité écologique, la gestion durable des actifs, l’adaptation aux changements climatiques et la collaboration régionale dans le parc national des Lacs-Waterton.
  • D’ici 2024, la fréquentation dans les aires très populaires, comme les sentiers, le village, le canyon Red Rock et le lac Cameron, est surveillée pour relever les problèmes pour l’écologie, l’expérience des visiteurs ou l’encombrement qui pourraient survenir et évaluer si des mesures de gestion subséquentes sont nécessaires, notamment pour contrôler le flux de la circulation, le nombre de personnes ou les options pour le transport. Un ensemble d’outils et d’approches, comme des limites pour les aires de fréquentation diurne, la fermeture de zones et les restrictions pour les sentiers, sont envisagés et mis en œuvre lorsque nécessaire pour protéger les écosystèmes fragiles et réduire la perturbation de la faune dans les zones affectées.
  • D’ici 2023, l’utilisation de bateaux à moteur dans le parc sera examinée et les impacts seront évalués pour déterminer si leur usage à des fins récréatives devrait se poursuivre au-delà de 2025.

Objectif 2.4

Tout au long du cycle du séjour, en commençant par le souhait et la planification de la visite jusqu’à l’arrivée dans le parc et le retour à la maison, les attentes des visiteurs correspondent aux expériences offertes, et les visiteurs sont conscients des comportements appropriés et les adoptent efficacement.

Cibles

  • Des renseignements accessibles en ligne, l’utilisation de nouvelles technologies et la collaboration avec les partenaires aident les visiteurs à avoir des attentes réalistes, à planifier leur séjour et à maintenir la satisfaction quant à l’information reçue avant la visite au-delà du seuil de 90 % dans les prochains sondages auprès des visiteurs.
  • L’accessibilité et le caractère inclusif des renseignements offerts aux visiteurs sont évalués, et des solutions pour leur amélioration sont examinées et mises en œuvre.
  • Les visiteurs adoptent les comportements appropriés pour protéger le parc contre les espèces envahissantes grâce aux produits de communication, aux programmes d’expérience pour les visiteurs et aux initiatives de rayonnement, comme Nettoyez, videz, séchez, et S’amuser, nettoyer, s’en aller, fournis tout au long du cycle de visite.
  • Les visiteurs respectent l’étiquette pour les interactions avec la faune, réduisant ainsi les cas d’accoutumance des animaux et favorisant la bonne entente entre humains et animaux sauvages.

Stratégie clé 3 : Renforcer les relations avec les Autochtones

Le gouvernement du Canada s’est engagé à approfondir et à renforcer ses relations avec les peuples autochtones. De nombreux lieux administrés par Parcs Canada sont gérés par l’entremise d’organismes de gestion coopérative ou dans le cadre de relations consultatives avec les collectivités autochtones locales. Ces structures reconnaissent les responsabilités et les rôles importants et permanents des peuples autochtones en tant que gardiens des lieux patrimoniaux. Grâce à des approches fondées sur des relations renouvelées, le respect et la coopération, on continuera de reconnaître les liens entre les Autochtones et les parcs nationaux des montagnes, et de travailler avec les partenaires autochtones pour favoriser la réalisation des priorités d’intérêt mutuel.

Le parc national des Lacs-Waterton renforcera ses relations existantes avec les communautés autochtones dont les territoires traditionnels englobent les lacs Waterton, particulièrement les nations de la Confédération des Pieds-Noirs. Les initiatives en cours avec les Premières Nations Káínai et Piikáni se poursuivront. La réconciliation progressera grâce à la collaboration, en se basant sur la reconnaissance des protocoles traditionnels des Pieds-Noirs, afin de répondre aux intérêts et aux priorités visant à comprendre, à protéger et à mettre en valeur l’immense patrimoine culturel et écologique du parc.

Avec leur collaboration, nous nous efforcerons d’intégrer respectueusement le savoir, le point de vue et les histoires des Autochtones dans la gestion, la conservation et la présentation du parc. Parcs Canada reconnaîtra le caractère de la région, traditionnellement appelée Paahtómahksikimi, comme étant un site sacré selon la philosophie et le système de valeurs des Siksikaitsiitapi (Confédération des Pieds-Noirs), selon lesquels la nature et les humains sont profondément interreliés. Ce lien sacré entre la terre et tous ses habitants est basé sur le respect et la réciprocité. Reconnaître l’important héritage des Pieds-Noirs de la région, et le patrimoine plus récent des pionniers, favorise la compréhension et l’appréciation de ce site spécial.

Objectif 3.1

Des relations continues et respectueuses constituent la base de la collaboration avec les Siksikaitsiitapi (Confédération des Pieds-Noirs) et les autres partenaires autochtones concernés ayant des liens traditionnels avec la région.

Cibles

  • D’ici 2022, un comité consultatif autochtone pour les lacs Waterton se rencontre tous les ans pour se pencher sur les initiatives autochtones et la gestion des ressources culturelles.
  • Les employés du parc national des Lacs-Waterton reçoivent une formation sur la culture des Siksikaitsiitapi à compter de 2022.
  • L’indicateur Relations avec les autochtones de la prochaine Évaluation de l’état du parc (2030) est évalué de façon collaborative.
  • Parcs Canada appuie les initiatives des communautés autochtones par l’entremise d’accords appropriés pour l’utilisation des terres lorsque l’occasion se présente.

Objectif 3.2

Le rôle de longue date des Siksikaitsiitapi à titre de gardiens de la région est célébré, et leur savoir et leur point de vue sont intégrés aux décisions pour la gestion du parc.

Cibles

  • À compter de 2022, l’importance sacrée de la région pour les Siksikaitsiitapi, leur point de vue et leur savoir sont présentés dans les produits de communication, au centre d’accueil, dans les expériences offertes aux visiteurs, dans les programmes d’interprétation et sur les médias numériques.
  • D’ici 2022, la langue des Pieds-Noirs est présente et partagée, particulièrement les salutations et le nom des sites ayant une importance culturelle.
  • D’ici 2025, les Siksikaitsiitapi et les autres partenaires autochtones participent activement à l’inventaire et à la gestion des sites culturels autochtones, notamment les sites archéologiques et de cérémonie.

Objectif 3.3

Les peuples autochtones continuent d’établir des liens avec leurs terres, eaux et cultures traditionnelles dans le parc national des Lacs-Waterton.

Cibles

  • Le parc national des Lacs-Waterton accueille les peuples autochtones et leur est toujours accessible, particulièrement dans les régions culturellement et spirituellement importantes pour eux.
  • Les partenaires autochtones déterminent des occasions pour la transmission du savoir entre les générations et les cultures, notamment lors d’expériences en personne menées par des Autochtones.
  • Des initiatives visant à créer des emplois et à améliorer la rétention du personnel au sein de Parcs Canada, particulièrement pour les jeunes káínai et piikáni, sont élaborées et mises en place d’ici 2024.

Stratégie clé 4 : Établissement de liens avec les Canadiens et Canadiennes

Cette stratégie vise à atteindre les Canadiens là où ils vivent afin de les aider à créer des liens avec leur héritage culturel et naturel. Parcs Canada s’efforcera de s’adapter aux nouvelles façons dont le grand public interagit avec les parcs nationaux en communiquant avec les technologies qu’ils utilisent, où qu’ils soient. En atteignant des personnes qui pourraient ne jamais visiter le parc national des Lacs-Waterton ou cette région, Parcs Canada attise le soutien pour la protection du patrimoine culturel et naturel de ces sites.

Les communications du parc national des Lacs-Waterton, notamment ses relations avec les médias, ses stratégies pour les partenariats et la mobilisation, les occasions pour la promotion et le rayonnement, ainsi que les médias numériques sensibilisent les gens au mandat de Parcs Canada, diffusent des histoires sur la science et la conservation, particulièrement les résultats sur les recherches après les incendies de Kenow, elles encouragent des comportements responsables et aident à mieux comprendre la complexité de la gestion de cet endroit spécial pour les générations futures. Ces efforts encouragent une intendance commune et un respect au-delà des frontières du parc, à l’aide de divers médias pour joindre les jeunes, les citadins et les citadines, ainsi que les nouveaux Canadiens et Canadiennes.

Parcs Canada continue à préconiser une approche numérique pour atteindre des publics en dehors des frontières du parc. Cela signifie donner la priorité à l’utilisation de ces médias, comme le site Web et les médias sociaux du parc national des Lacs-Waterton, afin d’offrir aux Canadiens et Canadiennes des occasions pour créer des liens profonds avec cet endroit spécial. Une solide présence en ligne permet également aux gens ailleurs dans le monde de découvrir le site du patrimoine mondial qu’est le parc international de la paix Waterton-Glacier, même s’ils ne peuvent pas s’y rendre en personne.

Objectif 4.1

Les Canadiens et Canadiennes ont l’occasion de créer des liens personnels avec le parc national des Lacs-Waterton et apprécient son intégrité écologique et sa valeur patrimoniale sans visiter le parc.

Cibles

  • Parcs Canada collabore avec des partenaires autochtones pour souligner l’importance sacrée de la région pour les Siksikaitsiitapi dans les communications du parc, dans sa programmation et sur ses médias numériques d’ici 2025.
  • D’ici 2024, une stratégie pour le rayonnement misant sur les approches numériques est créée pour orienter les efforts constants de Parcs Canada pour joindre les Canadiens et Canadiennes et les inciter à découvrir les efforts de conservation du patrimoine culturel et naturel du parc national des Lacs-Waterton.
  • Les histoires sur la science et la conservation, particulièrement des nouvelles sur les recherches après le feu de forêt de Kenow, sont diffusées grâce à des forums comme la Journée des sciences et de l’histoire, le Crown Managers Partnership, et des publications de recherche universitaire, sur le Web, dans les médias, sur les médias sociaux et les plateformes de nos partenaires.
  • Nous entretenons des relations et cherchons des occasions de collaboration avec des organisations touristiques, les médias, des groupes de conservation internationaux et d’autres entités qui améliorent notre capacité à diffuser les efforts et réussites transfrontaliers en matière de durabilité et d’expérience des visiteurs, et les histoires sur la science et la conservation.

Stratégie clé 5 : Gérer le développement

L'intégrité écologique sera la première priorité de la gestion du parc, y compris la gestion du développement. L’approche de Parcs Canada sera transparente et cohérente et continuera de respecter les limites, le zonage et les désignations des réserves intégrales. Tout développement envisagé doit manifestement soutenir la vision et les objectifs de chaque parc tels que décrits dans son plan directeur. Le développement facilitera une plus grande prise de conscience et une meilleure connexion aux espaces naturels et historiques, et visera à protéger pour les générations futures les qualités qui rendent ces lieux uniques.

Parcs Canada a un cadre de travail bien établi pour les limites à la croissance dans les parcs des montagnes nationaux composé de lois, de règlements et de politiques datant des modifications apportées en 2001 à la Loi sur les parcs nationaux du Canada. Ce cadre de travail est l’élément central de l’approche de Parcs Canada pour maintenir ou rétablir l’intégrité écologique, pour protéger le patrimoine culturel et la gestion de l’utilisation des terres, et pour offrir des expériences exceptionnelles aux visiteurs. Parcs Canada utilise un ensemble d’outils réglementaires, politiques et opérationnels pour respecter l’esprit et l’intention de la loi. À cet égard, Parcs Canada élabore de nouveaux règlements et lignes directrices pour mettre en œuvre un processus modernisé pour la délivrance des permis d’aménagement, afin que ses processus décisionnels demeurent transparents et cohérents lorsqu’elle examine des projets. Pour gérer les risques et les responsabilités quant aux infrastructures de services publics, Parcs Canada aura recours à des ententes pour les services publics afin que la responsabilité pour l’entretien et l’exploitation des services publics incombe au fournisseur ou au propriétaire du service en question.

Le parc national des Lacs-Waterton appliquera ces approches politiques et réglementaires pour protéger l’intégrité écologique et commémorative.

Parcs Canada continuera à limiter le développement commercial dans le parc national des Lacs-Waterton tout en offrant des expériences de qualité supérieure aux visiteurs. Le parc soutiendra le rôle de centre pour les services aux visiteurs que joue le village de Waterton et continuera à respecter les limites établies pour le développement et le territoire. Pour jouir d’un avenir durable, le parc national des Lacs-Waterton ne peut pas se contenter de répondre à la demande croissante en offrant plus d’infrastructures pour la circulation. À certains moments, les infrastructures pour le transport, comme les stationnements et les points d’arrêt, peuvent être surutilisées. Toutefois, les recherches indiquent que construire plus de stationnements et de points d’arrêt est, au mieux, une solution temporaire. En outre, bâtir de nouvelles infrastructures comme des stationnements nécessite généralement l’utilisation de terres sous-développées, ce qui signifie une perte à long terme des services pour l’écosystème et des habitats pour les animaux sauvages que ces terres auraient autrement pu fournir. Des actions planifiées de façon cohérente pour aider les gens à venir au parc et à le visiter en utilisant d’autres méthodes de transport que les véhicules personnels seront étudiées. Les gestionnaires exploreront des efforts collaboratifs pour réduire le nombre de véhicules personnels entrant dans le parc en suivant les principes énoncés dans la stratégie pour la gestion de la fréquentation.

Le parc national des Lacs-Waterton s’engage à améliorer et à entretenir l’infrastructure bâtie du parc (p. ex. les bâtiments, les sites de camping, les routes, les sentiers, le réseau d’aqueduc et les égouts). Les projets entrepris aux termes du Programme d’investissement pour les infrastructures fédérales (IIF) et pour le rétablissement après le feu de forêt de Kenow seront terminés d’ici 2023, et les efforts seront ensuite consacrés à maintenir les actifs en bon état. Des modifications pour améliorer l’accessibilité, l’efficacité, l’expérience des visiteurs ou pour veiller à la durabilité des actifs seront envisagées, selon les lignes directrices pour le développement établies par l’agence Parcs Canada et les exigences d’évaluation dans les zones perturbées existantes.

Le recours aux méthodes et aux matériaux de construction écologiques sera encouragé pour les projets de construction. Le parc investira dans des solutions durables pour réduire l’empreinte écologique et les émissions de gaz à effet de serre générées par la gestion de l’immobilier, de l’infrastructure et du parc automobile. Le parc collaborera avec des partenaires et des intervenants clés pour mieux comprendre l’incidence des changements climatiques et proposer des stratégies d’adaptation et d’atténuation pour l’infrastructure bâtie et les motifs associés à la fréquentation.

Objectif 5.1

Les actifs sont inclusifs, accessibles, durables et résilients.

Cibles

  • D’ici 2023, les nouvelles installations ou celles qui ont été rénovées incorporent des principes de conception pour l’accessibilité et l’inclusion, conformément à la Loi canadienne sur l’accessibilité, incluant le centre d’accueil, les nouvelles toilettes de la marina, ainsi que les terrains de camping du mont Crandell et Townsite.
  • Les conséquences des changements climatiques sont déterminées et contrées par des structures adaptatives; des évaluations pour la vulnérabilité sont réalisées d’ici 2025.
  • L’état des actifs bâtis, dont les installations pour les visiteurs, les routes, les ponts pour les véhicules, les autoroutes et les bâtiments, est maintenu à un état « bon » dans la prochaine Évaluation de l’état du parc.
  • Un plan pour la gestion des actifs à long terme est élaboré d’ici 2025; il définit les stratégies, les ressources et les mesures nécessaires pour optimiser le rendement, la résilience et la durabilité des actifs, pour limiter les risques autant que possible, et veiller à leur contribution réelle aux objectifs du présent plan directeur. Pour atteindre ces objectifs, toutes les nouvelles constructions de Parcs Canada doivent être accompagnées avec un plan d’entretien préventif.

Objectif 5.2

Le développement, la fréquentation et les activités commerciales sont gérés pour veiller à ce que l’intégrité écologique et la qualité de l’expérience des visiteurs soient préservées.

Cibles

  • Les stratégies pour la gestion de la fréquentation, notamment des modes de transport différents pour venir dans le parc et s’y déplacer, sont étudiées, puisque l’infrastructure approche de sa capacité maximale.
  • La stratégie pour la gestion de la fréquentation inclut une stratégie de communication pour encourager des choix de transport durables, particulièrement durant les périodes de forte affluence.
  • Le parc national des Lacs-Waterton mettra à jour le plan pour la communauté de Waterton d’ici 2030, et ce plan reflétera les conditions pour les baux commerciaux, résidentiels et institutionnels dans l’ensemble du village. Parcs Canada évaluera les utilisations appropriées des terres et assujettira l’usage des terres à l’extérieur du village à des conditions appropriées.
  • Parcs Canada mettra en œuvre un processus modernisé pour la délivrance des permis d’aménagement pour examiner les projets de développement proposés lorsque les nouveaux Règlements sur l’utilisation des terres et les lignes directrices afférentes entreront en vigueur.
  • La forte utilisation potentielle de sites sauvages par de grands groupes est réglementée par le processus de délivrance de permis de Parcs Canada.

Objectif 5.3

Les émissions de carbone provenant de sources humaines dans le parc sont réduites par l’usage d’infrastructures écoénergétiques, d’énergies renouvelables et des programmes pour la réduction des combustibles fossiles.

Cibles

  • D’ici 2025, 10 % du parc automobile sera électrique ou hybride.
  • D’ici 2025, les installations connectées au réseau électrique les plus fréquentées du parc étendront leur offre aux visiteurs en fournissant 100 % plus de stations de chargement pour les véhicules électriques par rapport à 2020.
  • Les nouvelles infrastructures et celles qui sont rénovées, notamment les sites d’hébergement, les espaces opérationnels et les installations pour les visiteurs, intégreront davantage la conception et les technologies pour l’efficacité énergétique.
  • Le parc national des Lacs-Waterton encouragera l’installation de panneaux solaires pour fournir une alimentation électrique de secours au village et afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Stratégie clé 6 : Connectivité régionale et paysages

Les parcs nationaux des montagnes doivent contribuer à la conservation à l’échelle du paysage au Canada grâce à l’établissement de liens écologiques et sociaux avec les terres avoisinantes. De nombreux aspects de la gestion des parcs, comme la restauration écologique, la préparation aux situations d’urgence, l'atténuation et l’adaptation aux changements climatiques, les couloirs fauniques et le tourisme, touchent à une vaste région à l’intérieur et au-delà des limites des parcs. Parcs Canada s’efforcera de poursuivre et de développer la collaboration régionale afin de mieux surveiller, comprendre et traiter ces aspects ainsi que d’autres enjeux à l’échelle du paysage.

À titre d’élément vital de l’écosystème de la Couronne du continent, le parc international de la paix Waterton-Glacier est en excellente position pour participer aux collaborations régionales, ainsi que pour protéger et présenter la valeur universelle exceptionnelle pour laquelle le parc international de la paix Waterton-Glacier a été ajouté à la liste du patrimoine mondial. Le parc continue à collaborer étroitement avec le Glacier National Park (É.-U.), les organisations provinciales, les municipalités, les résidents et les entreprises de la communauté, les Chefs des Terres de la région, les communautés des Pieds-Noirs (Premières Nations) et les organisations comme la Waterton Biosphere Reserve Association et le Crown Managers Partnership pour l’atteinte d’objectifs communs.

Le partage de renseignements et de données, l’élaboration de décisions complémentaires et la coordination de la mise en œuvre augmenteront l’impact des efforts individuels pour la conservation, la gestion de l’utilisation humaine et le tourisme durable. Des progrès sont réalisés à l’échelle locale pour veiller à la durabilité à long terme du parc national des Lacs-Waterton.

Objectif 6.1

Les initiatives régionales pour la conservation et le tourisme durable sont renforcées par les renseignements, les données et les résultats de recherche diffusés à grande échelle entre les partenaires, les communautés autochtones et les intervenants.

Cibles

  • Grâce à de solides relations avec les partenaires régionaux, les communautés autochtones et les intervenants, les données et les recherches sont partagées entre les organismes de gestion avoisinants pour guider la planification coopérative à l’échelle de l’écopaysage pour la conservation, l’adaptation aux changements climatiques, la fréquentation et le tourisme durable.
  • Les leçons apprises après les feux de forêt de Kenow en 2017 et du ruisseau Boundary en 2018 aident à étayer les efforts de conservation pour les ressources et les préparatifs pour les urgences dans la région.
  • Les produits pour tourisme régional développés et mis en marché dans l’ensemble de la région de la Couronne du continent informent les visiteurs et les résidents locaux sur les comportements appropriés et sur les responsabilités pour l’intendance partagée.
  • Le parc national des Lacs-Waterton participe activement au portail Données ouvertes du Gouvernement du Canada.

Objectif 6.2

Les initiatives pour la connectivité régionale, la conservation et le rétablissement des espèces en péril sont élaborées et mises en œuvre conjointement par Parcs Canada et les Chefs des Terres, les intervenants et les communautés autochtones de la région.

Cibles

  • Les efforts de rétablissement pour les espèces en péril, comme la grenouille léopard, l’omble à tête plate et le pin à écorce blanche, sont en cours avec l’aide de partenaires régionaux d’ici 2023.
  • Le parc national des Lacs-Waterton soutient les communautés autochtones pour le rétablissement écologique et culturel du bison des plaines dans certaines parties de leur ancien territoire situées dans la région de Waterton.
  • Les programmes de coopération régionaux mettant l’accent sur la prévention et, au besoin, sur la gestion des espèces envahissantes aquatiques et terrestres sont élaborés et mis en place avec des partenaires et les Chefs des Terres de la région d’ici 2024.
  • Les principaux corridors pour la faune dans le parc sont identifiés et entretenus dans le cadre du travail continu avec les autorités voisines pour maintenir la connectivité de la faune régionale d’ici 2024.

7.0 Secteurs de gestion

La gestion par secteur soutient des secteurs clés des parcs nationaux qui doivent relever des défis de gestion particuliers, comme une valeur culturelle ou naturelle importante, ou des tendances de fréquentation précises. Deux zones du parc national des Lacs-Waterton méritent une approche de gestion spécifique, le secteur de gestion des chaînons frontaux et les sites historiques nationaux.

Carte 3 : Secteurs de gestion du parc national des Lacs-Waterton

Carte 3 : Secteurs de gestion du parc national des Lacs-Waterton
Carte 3 : Secteurs de gestion du parc national des Lacs-Waterton — Version texte

Cette carte du parc national des Lacs-Waterton indique l’emplacement des lieux historiques nationaux du Premier-Puits-de-Pétrole-de-l'Ouest-Canadien et de l'Hôtel-Prince-of-Wales.

Elle montre également les terres du chaînon frontal dans les secteurs nord et est du parc.

 

Secteur de gestion des chaînons frontaux

Le secteur de gestion des chaînons frontaux comprend les parties nord-est et est du parc, dans les chaînons frontaux des montagnes Rocheuses. Cela inclut le flanc nord de la crête de Cloudy, le mont Dungarvan, le mont Galwey et la colline Bellevue, de même que le bassin Horseshoe et la prairie Eskerine, au nord. Dans la partie est du parc, ce secteur de gestion inclut tout ce qui se trouve à l’est de la crête de Vimy et du ruisseau Sofa. Il englobe 154 km2, ou environ 31 % du parc, un territoire entièrement classé zone II (milieu sauvage, voir la section 8.0 ci-dessous).

Il est essentiel de maintenir une faible fréquentation dans le secteur de gestion des chaînons frontaux pour assurer le maintien d’un habitat sécuritaire pour les espèces sensibles. La région protège un paysage naturel où se trouvent seulement quelques sentiers et un réseau routier minimal, où les processus écologiques se poursuivent avec une perturbation minimale par les humains. Cet habitat sûr continuera d’être utilisé comme mesure pour déterminer des habitats de haute qualité pour la faune.

Les expériences des visiteurs dans le secteur de gestion des chaînons frontaux se basent principalement sur des occasions nécessitant une grande indépendance et des compétences de survie dans la nature dans des régions isolées, où il y a peu ou pas d’infrastructure bâtie. Ce secteur de gestion ne comprend pas de sites de camping, d’aires de fréquentation diurne, ni d’abris. Les sentiers désignés dans cette zone incluent le bassin Horseshoe et le sentier Bellevue. L’utilisation de sentiers non officiels dans cette région est découragée par des stratégies comme les activités de rétablissement actif, une promotion minimale et l’absence de signalisation.

Objectif 7.1

La connectivité écologique, un habitat sûr pour les espèces sensibles, le caractère naturel et les paysages culturels dans le secteur de gestion des chaînons frontaux sont maintenus, soutenant ainsi les stratégies clés 1 et 3.

Cibles

  • L’évaluation pour la fréquentation demeure « passable » pour la mesure Habitat sûr pour les espèces sensibles dans la prochaine ÉÉP, et des mesures d’atténuation sont mises en place au besoin.
  • Les sentiers pour le bassin Horsehoe et la colline Bellevue sont gérés pour réduire les impacts.
  • La surveillance écologique confirme que les déplacements de la faune et la connectivité sont maintenus dans le secteur de gestion des chaînons frontaux.

Sites historiques nationaux

Deux sites historiques nationaux se trouvent dans les limites du parc, le Premier-Puits-de-Pétrole-de-l’Ouest-Canadien et le l’Hôtel-Prince of Wales. Ensemble, ils représentent 0,06 km2, ou 0,012 % de la superficie du parc. Les deux sont accessibles par la route ou par des sentiers.

Le Premier-Puits-de-Pétrole-de-l’Ouest-Canadien a été désigné site historique national en 1965 pour commémorer le premier puits de pétrole d’envergure commerciale dans les provinces de l’Ouest. L’exploration de ce puits, situé le long de la promenade Akamina dans la vallée Cameron, a annoncé la croissance de l’industrie pétrolière qui a sous-tendu une grande partie du développement économique de l’Alberta. Le Premier-Puits-de-Pétrole-de-l’Ouest-Canadien a été découvert par John Lineham, de la Rocky Mountain Development Co., en 1902. Bien que ce n’était qu’un petit puits qui s’est épuisé en 1904, son emplacement a signalé la présence de champs pétrolifères beaucoup plus vastes, lesquels ont été exploités plus tard. La plupart des traces visibles de l’exploitation pétrolière ont été retirées lorsque le monument a été érigé à l’emplacement du puits en 1968. Le feu de forêt de Kenow en 2017 a révélé une région beaucoup plus grande pour le site; elle sera documentée et incluse dans la stratégie de gestion pour le site dans le cadre du présent plan.

L’Hôtel-Prince of Wales a ouvert ses portes le 25 juillet 1927 et a été désigné site historique national en 1992. Cet hôtel de style village suisse construit dans la tradition architecturale rustique est associé au développement touristique dans les Rocheuses canadiennes. Bâti dans le parc national des Lacs-Waterton par la Great Northern Railway (GNR), l’Hôtel-Prince of Wales, le seul site canadien dans un réseau de parcs américains, s’inscrit dans le thème des villages suisses établi pour les centres touristiques de la GNR. Il représente l’âge d’or du développement de centres touristiques ferroviaires au Canada, une époque où la construction d’un immense hôtel était jugée essentielle au succès des parcs nationaux comme destination touristique. L’hôtel est exploité commercialement aux termes d’un permis d’occupation octroyé par Parcs Canada.

Objectif 7.2

La valeur patrimoniale et les caractéristiques des deux sites historiques nationaux situés dans le parc national des Lacs-Waterton continuent d’être protégées, comprises et mises en valeur.

Cibles

  • Le site historique national du Premier-Puits-de-Pétrole-de-l’Ouest-Canadien est conservé et présenté pour mettre en valeur les origines de l’industrie pétrolière en Alberta.
  • Le site historique national de l’Hôtel-Prince of Wales continue d’encourager les liens avec le passé et le présent du parc.
  • Les deux sites offrent des expériences aussi inclusives et accessibles que possible.

8.0 Zonage et réserves intégrales

8.1 Zonage

Le système national de zonage de Parcs Canada est une approche intégrée de classification des aires terrestres et marines dans un parc national, et il désigne à quel endroit une activité donnée peut être tenue sur terre ou dans l’eau. Le zonage est un outil de gestion important qui soutient la vision du parc national des Lacs-Waterton en encadrant les usages appropriés dans le parc, et qui veille à ce que les aires rares et les zones environnementales ou culturelles fragiles soient protégées. Déterminer quelles activités sont appropriées pour les visiteurs dans les différentes régions du parc est un point central pour les décisions de zonage. Les cinq catégories du système sont décrites dans les Principes directeurs et politiques de gestion de Parcs Canada (1994), comme suit :

  • Zone I – Préservation spéciale;
  • Zone II – Milieu sauvage;
  • Zone III – Milieu naturel;
  • Zone IV – Loisirs de plein air; et
  • Zone V – Services du parc.

Le plan de zonage pour le parc national des Lacs-Waterton est décrit ci-dessous et illustré à la carte 4. Le parc comprend quatre des catégories du système de zonage susmentionnées, en plus des zones environnementales ou culturelles fragiles.

Carte 4 : Zonage du parc national des Lacs-Waterton

Carte 4 : Zonage du parc national des Lacs-Waterton
Carte 4 : Zonage du parc national des Lacs-Waterton — Version texte

Une carte du parc national des Lacs-Waterton qui illustre les nouvelles aires de zonage à l’aide de codes de couleur ou de couches en motifs.

Aires sensibles sur le plan culturel – montre les aires d’importance culturelle comme Maskinonge, les lieux historiques nationaux et la vallée Red Rock.

  • Aires écosensibles – montre les aires comme les prairies de fétuque dans le secteur est du parc, les corridors fauniques et l’habitat essentiel.
  • Zone 2 - Milieu sauvage. La plus grande partie du parc national.
  • Zone 3 - Environnement naturel. Comprend le terrain de camping de la rivière Belly, l’enclos des bisons, la plupart des aires de fréquentation diurne à l’extérieur du village de Waterton et les lacs Waterton Supérieur et du Milieu.
  • Zone 4 – Loisirs de plein air. Principalement les routes et les aires très fréquentées à l’extérieur du village de Waterton, notamment le secteur de l’hôtel Prince of Wales, le terrain de golf et le terrain de camping Crandell.
  • Zone 5 – Le village de Waterton et le complexe d’exploitation du parc sont les deux seules aires de zone V.
 

Description des zones

Zones environnementales ou culturelles fragiles

Ces désignations s’appliquent aux zones sensibles sur le plan environnemental ou culturel, ainsi qu’aux sites ou aux régions qui nécessitent une protection spéciale et une gestion de la fréquentation pour protéger les ressources, mais ne correspondent pas tout à fait au système de zonage décrit plus haut. La reconnaissance des zones environnementales ou culturelles fragiles s’ajoute aux cinq catégories de zonage et veille à ce que les valeurs qui justifient la désignation d’une région soient une priorité pour les décisions ou les mesures de gestion du parc. Les zones environnementales ou culturelles fragiles ne sont pas incluses dans le calcul des aires pour les zones II à V dans les sections ci-dessous.

Les zones culturelles fragiles offrent une meilleure protection et reconnaissance aux ressources culturelles, sans être assujetties aux restrictions de la classification de zone I. Les aires du parc national des Lacs-Waterton ayant la désignation de zones culturelles fragiles incluent des sites autochtones importants, ainsi que des ressources culturelles et archéologiques souterraines ou sur la surface. Les aires culturelles fragiles couvrent 20 km2, ou 4 % du territoire du parc.

Les zones culturelles fragiles du parc national des Lacs-Waterton incluent (voir la carte 4) :

  • Région Maskinongé : Site culturel important pour les Siksikaitsiitapi (Confédération des Pieds-Noirs). C’est à cet endroit que les Pieds-Noirs ont reçu le ballot au castor. Il inclut également un marqueur pour la Confédération des Pieds-Noirs.
  • Le site historique national du Premier-Puits-de-Pétrole-de-l’Ouest-Canadien et la région environnante, incluant les restes d’Oil City et d’autres puits (voir la section 7.0, Secteurs de gestion)
  • Le site historique national de l’Hôtel-Prince of Wales et la région environnante (voir la section 7.0, Secteurs de gestion)
  • La vallée Red Rock et les autres zones ayant une importance archéologique.

Les zones environnementales fragiles assurent la protection des ressources naturelles tout en respectant les meilleures pratiques de gestion antérieures et en donnant une certaine flexibilité pour le recours à la gestion adaptative, comme le fait le Plan d’action visant plusieurs espèces du parc national des Lacs-Waterton. Dans le parc national des Lacs-Waterton, les aires environnementales fragiles incluent les prairies à fétuques, l’habitat critique et la le milieu de toute une gamme d’animaux en péril, ainsi que les corridors fauniques connus. Les aires environnementales fragiles couvrent environ 107,6 km2, soit 21,5 % du parc.

Les aires environnementales fragiles du parc national des Lacs-Waterton incluent (voir la carte 4) :

  • Les prairies à fétuques : Ces prairies forment une bande étroite qui s’étire le long des plaines et des contreforts du sud de l’Alberta jusqu’au Montana.
  • L’habitat critique du porte-queue demi-lune (Satyrium semiluna) : Cette espèce est citée comme étant en péril à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. La seule population en Alberta se trouve dans la région du cône de Blakiston.
  • L’habitat critique de l’isoète de Bolander (Isoetes bolanderi) : Une plante aquatique qui ne se trouve que sur trois sites au Canada, tous situés dans le parc national des Lacs-Waterton. Cette espèce est citée comme étant en péril à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril.
  • Les corridors pour les mouvements de la faune : Les trajets importants utilisés par les animaux dans les environs du village et du site de camping du mont Crandell.

Zone I – Préservation spéciale

La zone I est la catégorie qui assure le plus de protection dans le système de zonage de Parcs Canada. Elle englobe les secteurs du parc qui abritent les meilleurs exemples des caractéristiques de la région naturelle ou qui contiennent des caractéristiques écologiques ou culturelles rares ou exceptionnelles. Cette désignation peut par ailleurs être utilisée pour protéger des secteurs qui sont trop fragiles pour supporter l’aménagement d’installations ou une forte affluence. L’accès et la circulation motorisés y sont interdits.

Par rapport au plan directeur précédent, le parc national des Lacs-Waterton modifie la désignation des régions classées zone I à la désignation aires environnementales ou culturelles fragiles. Ce changement correspond davantage aux objectifs de gestion actuels du parc, tout en accordant la plus grande protection possible aux écosystèmes et aux ressources culturelles dans ces régions. Par exemple, la plupart des aires désignées zone I dans le plan antérieur sont quand même accessibles d’une certaine façon pour permettre aux visiteurs de mieux comprendre leur importance.

Zone II – Milieu sauvage

La zone II protège de vastes aires d’une région naturelle. La protection des écosystèmes pour réduire autant que possible l’interférence humaine est une préoccupation clé. Ces zones permettent aux visiteurs de découvrir la nature dans une région offrant peu ou pas de services et d’installations. L’expérience des visiteurs dans ces régions se concentre sur les activités autonomes. L’accès est interdit aux véhicules motorisés.

La vaste majorité du parc national des Lacs-Waterton est classé comme zone II, laquelle comprend 481,9 km2 ou 96,5 % du parc. Tous les lacs, à l’exception des lacs Waterton Supérieur et Inférieur, sont classés comme zone II.

Zone III – Environnement naturel

La zone III est un milieu naturel qui permet l’offre d’une gamme d’expériences aux visiteurs. Ces secteurs permettent aux visiteurs d’apprécier et de découvrir les caractéristiques naturelles et culturelles du parc grâce à des activités récréatives et éducatives de plein air nécessitant uniquement des installations et des services de nature rudimentaire. L’accès par véhicule motorisé y est contrôlé.

Le parc national des Lacs-Waterton comprend 26 secteurs classés zone III qui représentent une superficie de 12,3 km2, soit 2,5 % du parc. Cela inclut le site de camping de la rivière Belly, l’enclos de bisons et la plupart des aires de fréquentation diurne du village de Waterton. Les lacs Waterton Inférieur et Supérieur sont également classés comme zone III.

Zone IV – Loisirs extérieurs

La désignation zone IV s’applique aux secteurs où sont offertes une vaste gamme d’expériences pour les visiteurs ainsi que les installations connexes. L’accès par véhicule motorisé pour le grand public est une des principales caractéristiques de ces zones.

Les zones de catégorie IV représentent 4,5 km2, soit 0,9 % du parc. Les zones IV sont principalement composées de routes et d’aires très fréquentées par les visiteurs en dehors du village de Waterton, comme la région de l’Hôtel-Prince of Wales, le terrain de golf et le site de camping Crandell.

Zone V – Services dans le parc

Les services aux visiteurs et les installations de soutien se concentrent dans les zones de catégorie V. Les principales fonctions administratives et opérationnelles pour le parc sont hébergées dans cette zone.

Le village de Waterton et le complexe opérationnel du parc sont les deux seules aires classées zone V dans le parc. Elles comprennent une aire totale de 0,88 km2, ou 0,2 % du parc.

Certains changements de zonage ont été apportés dans la foulée du plan directeur de 2010 pour offrir une meilleure protection à certains sites et pour mettre à jour la distribution spatiale de certaines zones. Les changements de zonage apportés touchent environ 12 % de la superficie totale du parc, sans compter les régions désignées zones environnementales ou culturelles fragiles.Voici un résumé des principaux changements apportés au zonage :

  • Toutes les zones I ont été transformées en aires environnementales ou culturelles fragiles pour mieux refléter la protection en place et la fréquentation de ces sites importants.
  • De grandes parties du cône de Blakiston, qui étaient autrefois désignées comme zones III ou IV, sont maintenant classées zone II. L’habitat critique du porte-queue demi-lune a été désigné aire environnementale fragile.
  • Le site de camping de la rivière Belly est passé de zone IV à zone III, et ne couvre maintenant que la superficie du site de camping même.
  • Le lac Cameron, dans le passé classé comme zone III, est maintenant une zone II, puisque les embarcations autopropulsées publiques sont autorisées, tandis que les activités de navigation motorisées y sont interdites.
  • Les lacs Waterton Supérieur et Inférieur sont passés de zones IV à zones III, pour refléter le fait que les activités de navigation motorisées publiques sont contrôlées, ce qui contribuer à la protection de l’écosystème aquatique contre les espèces envahissantes.
  • Le complexe opérationnel et les bureaux du parc sont passés de zones IV à zones V.
  • L’ère de zone V autour du village a été revue pour correspondre à la superficie des limites juridiques du village. L’aire du village classée zone V diminue d’environ 0,86 km2 à approximativement 0,74 km2. La superficie retirée de 0,12 km2 sera classée zone II. La majorité de la région retirée se trouve à l’ouest du village, sur les flancs du mont Bertha.
  • La plupart des aires de fréquentation diurne en dehors du village passent d’une désignation zone IV à zone III, indiquant des installations rudimentaires.
  • Les autoroutes demeurent une zone IV, mais l’aire touchée s’étend à 25 mètres du centre la route, plutôt qu’à 100 mètres à partir du centre, comme c’était le cas avant. Cette zone IV continue d’englober les routes, les fossés et les points d’arrêt, sans inclure inutilement la forêt et les prairies environnantes.

8.2 Réserves intégrales

Les grandes aires naturelles sauvages sont de plus en plus rares. D’un point de vue écologique, l’importance des réserves naturelles tient de leur capacité à soutenir les processus naturels et à servir de points de repère. Le ministre responsable de Parcs Canada peut désigner des régions d’un parc national à titre de réserves intégrales aux termes de l’article 14 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada. Le but de désigner légalement une région d’un parc national comme réserve intégrale est de maintenir son caractère sauvage à perpétuité. Seules les activités qui sont peu susceptibles de nuire au caractère sauvage de la région peuvent être autorisées dans la réserve intégrale du parc national des Lacs-Waterton. L’accès par véhicule motorisé par le grand public n’est pas autorisé. L’infrastructure dans les réserves intégrales se limite aux installations rudimentaires visant à faciliter les expériences dans la réserve, comme des sentiers et des sites de camping.

Dans le parc national des Lacs-Waterton, toutes les réserves intégrales établies en 2000 par le Règlement sur la constitution de réserves intégrales dans les parcs nationaux du Canada (DORS/2000-387) font partie de la catégorie Zone II – Milieu sauvage.


9.0 Résumé de l’évaluation environnementale stratégique

Les plans directeurs de tous les parcs nationaux font l’objet d’une évaluation environnementale stratégique qui aide à comprendre les risques d’effets cumulatifs. Cette compréhension contribue à la prise de décisions fondées sur des preuves à l’appui de la préservation ou du rétablissement de l’intégrité écologique tout au long de la période visée par le plan. L’évaluation environnementale stratégique du plan directeur pour le parc national des Lacs-Waterton a examiné les impacts possibles des changements climatiques, les activités locales et régionales dans le parc, une augmentation attendue de la fréquentation et les propositions présentées dans le plan directeur. L’évaluation environnementale stratégique a étudié les impacts potentiels sur différents aspects de l’écosystème, notamment les espèces en péril, la végétation de la forêt, l’eau douce et les prairies, la sécurité de l’habitat et la connectivité.

Le plan directeur aura plusieurs conséquences positives sur l’environnement, notamment le maintien et l’amélioration de l’intégrité écologique dans le parc, des initiatives collaboratives pour préserver la sécurité de l’habitat et la connectivité dans l’écopaysage, et l’élaboration et la mise en place de stratégies pour réduire l’incidence des visiteurs sur l’écologie du parc. En outre, le plan directeur cerne des mesures d’atténuation et d’adaptation pour les changements climatiques, et il mise sur le potentiel pour le rétablissement écologique et les occasions de recherche dans le paysage touché par le feu de forêt de Kenow.

Pour aider à gérer les effets cumulatifs sur la végétation forestière, les écosystèmes d’eau douce et les prairies, le parc mettra en place des programmes pour leur surveillance, leur gestion active et leur rétablissement. Des exemples incluent le rétablissement du pin à cinq aiguilles, la prévention et la gestion des espèces envahissantes et le rétablissement prévu des systèmes aquatiques dans le cadre du programme Conserving Waterton’s Aquatic Communities, qui vise à améliorer l’intégrité écologique des plans d’eau dans le parc.

Même si la mesure d’occupation de grands mammifères est actuellement jugée « bonne », la sécurité de l’habitat et la connectivité sont particulièrement vulnérables aux pressions croissantes exercées par l’homme et aux effets cumulatifs. L’augmentation de la fréquentation et la construction d’installations peuvent avoir un impact sur la connectivité des habitats et sur la connectivité dans le parc. De plus, même si le parc national des Lacs-Waterton offre d’importantes aires sécurisées pour l’habitat et les corridors locaux pour la connectivité, le parc lui-même n’est pas assez grand pour maintenir les espèces fragiles ayant un habitat de grande taille ou des besoins précis à cet égard. Le plan directeur établit plusieurs objectifs sous les stratégies clés 1 (Expériences authentiques adaptées au territoire), 3 (Conservation du patrimoine naturel et culturel pour les générations à venir) et 4 (Connectivité régionale et paysages) qui mettent l’accent sur la gestion de la fréquentation et les partenariats collaboratifs continus pour maintenir la sécurité de l’habitat et la connectivité dans l’ensemble du paysage régional. La stratégie pour le secteur de gestion des chaînons frontaux aidera à préserver des régions clés d’habitat sûr pour une grande gamme d’espèces et les espèces fragiles, comme les grizzlys.

Le parc national des Lacs-Waterton partage une frontière avec le Glacier National Park (Montana, É.-U.). Ensemble, ces deux parcs nationaux forment le parc international de la paix Waterton-Glacier. Le plan directeur a été évalué, et cette évaluation conclut qu’il protège les critères pour la valeur universelle exceptionnelle et l’intégrité, lesquels ont permis l’ajout du parc à la liste du patrimoine mondial.

Les partenaires autochtones, les intervenants et le public pourront se prononcer sur l’ébauche du plan directeur et le résumé de l’ébauche de l’évaluation environnementale stratégique. Les commentaires seront pris en compte et intégrés à l’évaluation environnementale stratégique et au plan directeur, lorsqu’approprié.

L’évaluation environnementale stratégique a été menée selon La directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes (2010), et a permis une évaluation de la façon dont le plan directeur a contribué à la Stratégie fédérale de développement durable pour le Canada. Les projets individuels entrepris pour atteindre les objectifs du plan directeur sur le site seront évalués pour déterminer si une évaluation d’impact est nécessaire aux termes de la Loi sur l’évaluation d’impact, ou des lois subséquentes; l’approbation du projet serait accordée par l’intermédiaire du processus de délivrance des permis d’aménagement. Le plan directeur soutient les objectifs de la Stratégie fédérale de développement durable pour le Canada : écologisation du gouvernement, terres et forêts gérées de façon durable, populations d’espèces sauvages en santé, rapprocher les Canadiens de la nature, et collectivités sûres et en santé.

De nombreux effets environnementaux positifs sont attendus et il n’y a aucun impact environnemental négatif prévu pour la mise en œuvre du plan directeur pour le parc national des Lacs-Waterton.