La participation du Canada et du parc national des Lacs-Waterton à la Première Guerre mondiale a façonné le pays et l'identité canadienne. Plus de 600 000 Canadiens ont servi dans le cadre de la Première Guerre mondiale, et plus de 60 000 Canadiens ont trouvé la mort à cette guerre. Dans ces pages sur « Les Héros de chez-nous », Parcs Canada reconnaît les héros qui ont servi dans le cadre de la guerre et qui sont originaires du parc national des Lacs-Waterton ou rattachés à celui-ci.

La guerre a pris fin en 1918 et ses incidences se sont fait sentir sur le développement des institutions du Canada de même que sur ses reliefs, ses collectivités et ses citoyens. À Waterton par exemple, la guerre a été commémorée en nommant certains reliefs d’après des lieux comme la « crête de Vimy ». La célébration de la paix a également pris un air symbolique grâce à l'établissement, en 1932, du premier parc international de la paix au monde.

Voici les biographies de certaines des personnes qui ont servi pendant la Première Guerre mondiale et qui ont entretenu des liens étroits avec le parc national des Lacs-Waterton. Le tableau d’honneur faisant mention de toutes les personnes qui ont servi pendant la guerre se trouve à la fin.

George William Knight 1884-1916, tué au combat

G.W. Knight Le lieutenant G.W. Knight, 13e bataillon canadien de fusiliers à cheval, Première Guerre mondiale 
Image : Village des pionniers Kootenai Brown

Né en Angleterre, George Knight possédait tous les atouts d’un bon officier. Grand et bel homme, il comptait de l’expérience militaire, car il avait servi pendant près d’un an à la guerre des Boers avec les 2es London Westminster Imperial Yeomanry Dragoons.

Après avoir immigré dans la région de Twin Butte vers 1903 pour cultiver la terre et faire de l’élevage, il s’est fait membre de plusieurs groupes récréatifs, ce qui lui a donné la réputation d’un homme qui avait l’esprit d’équipe, caractéristique recherchée chez les officiers.

George Knight s’était installé en Alberta avec ses frères cadets, Herbert et Norman, qui avaient tous deux acquis des terres. Sans tarder, il s’est engagé dans les 23es Alberta Rangers, groupe de milices mobilisé à Pincher Creek, ce qui lui a permis de garder des liens avec le monde militaire. En guise de reconnaissance, il a été choisi pour représenter les Rangers à Londres à l’occasion du couronnement de George V en 1911.

À l’été de 1914, George Knight a travaillé au parc national des Lacs-Waterton en tant que gardien-incendie et garde-chasse affecté au chalet de Yarrow Cache. Six mois après la déclaration de guerre, il a donné sa démission afin de s’engager dans le 13e bataillon canadien de fusiliers à cheval avec ses frères et d’autres hommes du sud de l’Alberta. Fort de l’expérience acquise à la guerre de Boers et dans la milice albertaine, il a été nommé lieutenant de son unité. Il a fait son entraînement à Pincher Creek puis au campement Sarcee à Calgary, après quoi il s’est rendu en Angleterre en navire. Une fois rendue là, son unité a été divisée afin de servir de renfort au Fort Garry Horse au début de 1916, juste après qu’il soit transformé en infanterie.

Le 3 août 1916, George Knight est mort sur le coup au combat en raison d’éclats d’obus. Il venait de finir d’aménager une tranchée avec sept de ses hommes, et ceux-ci étaient en route vers leur lieu d’hébergement à Bussy-lès-Daours, en France, lorsque l’accident s’est produit. Le commandant de George Knight avait reconnu son « courage calme et composé ainsi que son attitude bienveillante envers ses hommes ». Il est enterré au cimetière britannique de Dantzig Alley près d’Albert, dans le nord de la France. Ses efforts ont été soulignés aux lieux commémoratifs de Twin Butte et de Pincher Creek.

Andrew Ford 1890-1951

Andrew Ford Andrew Ford
Image : Parcs Canada, collection Foster

L’agent de police Andrew Ford ne s’est fait soldat que vers la fin de la guerre parce que le Canada avait besoin de ses services. Il est né en Angleterre et a immigré au Canada alors qu’il était adolescent, en 1909 . Cinq ans plus tard, il s’est engagé dans la Royale gendarmerie à cheval du Nord-Ouest (RGCNO) à Vancouver, un mois seulement après l’éclatement de la guerre.

Le gouvernement fédéral était réticent à relever les policiers de leurs fonctions en raison du rôle de premier plan qu’ils jouaient dans le maintien de la sécurité à domicile , mais il a cédé en avril 1918 parce qu’il fallait des renforts au front. Quand on a demandé à la police montée de former une unité, environ 200 membres réguliers et 500 recrues ont répondu à l’appel pour former l’escadron « A » de la RGCNO. C’est alors que l’agent Ford s’est fait soldat.

Pendant une courte période, les hommes se sont entraînés au dépôt de Regina, après quoi ils se sont rendus en Angleterre en navire, où ils sont arrivés le 21 juin 1918. En octobre, l’unité d’Andrew Ford a apporté du renfort à la brigade légère à cheval du Canada dans le cadre des derniers moments de la bataille de Cambrai, en France. À la fin de la guerre, l’escadron de la police montée a prêté main-forte dans le cadre des efforts d’occupation de l’après-guerre.

Quand Andrew Ford a été démobilisé en mars 1919, il a regagné son ancien détachement de Fort Macleod et retrouvé son épouse Agnes. Cet été-là, la RGCNO a nommé Andrew Ford premier agent de police de Waterton. En 1924, son affectation est devenue annuelle et c’est là qu’il a été promu au titre de caporal et de responsable du détachement. Il a été le premier agent à occuper le nouveau poste de police de Waterton construit en 1928, près du quartier des affaires.

Andrew Ford, sa femme et leurs deux filles se sont bien intégrés à la vie communautaire de l’endroit, participant à de nombreuses activités scolaires, sportives et sociales. Maître-tireur au revolver, il a remporté six compétitions annuelles chez les policiers et a montré aux scouts de Waterton à se servir d’une arme à feu.

À l’automne de 1933, après 14 années de service à Waterton, Andrew Ford a été promu sergent et muté à Banff. Il a pris sa retraite en 1942 et a rendu l’âme à Calgary en 1951.

Abner Gladstone Virtue 1891-1960

A.G. Virtue Gladstone Virtue dans le navire qui le ramène au bercail, 1919 
Image : Nicolas Virtue

Gladstone Virtue a toujours été fonceur. Il est né en Ontario, mais a déménagé à Lethbridge à l’âge de dix ans. À l'école secondaire, il a affiché son penchant pour la rédaction et les discours. Il a étudié le droit au Osgoode Hall de Toronto, puis en 1913, il était premier de classe à l’Université de l'Alberta. Quand Abner Virtue s’est fait militaire, sa carrière prometteuse en droit ne faisait que commencer.

En août 1915, il s’est fait membre d’une unité de milice de Lethbridge, la 25e artillerie canadienne de campagne, ce qui l’a obligé à passer six mois à l’école de formation de l’artillerie royale à Kingston, en Ontario. Le printemps suivant, quand la 61e batterie a été formée à Lethbridge, Abner Virtue s’est enrôlé en tant que lieutenant. L’unité s’est d’abord entraînée à Petawawa, en Ontario, puis en Angleterre, où elle a consacré près d’un an à l’acquisition des tactiques de soutien de l’infanterie. En 1917, la batterie est allée au front, où elle a continué à améliorer et raffiner ses techniques de tir pendant les attaques.

Abner Virtue s’est vu accorder la Croix militaire pour « actes insignes de bravoure et sang-froid » au Bois de Bourlon, en France, le 27 septembre 1918, pour avoir gardé la batterie à l’œuvre malgré la férocité du combat. Après avoir été promu au titre de capitaine provisoire, Abner Virtue est resté en Europe jusqu’en juin 1919, pendant l’occupation d’après-guerre de l’Allemagne et de la Belgique.

De retour au bercail, il s’est arrêté à Toronto pour épouser sa belle, Edythe Torrance. Il est arrivé à Lethbridge juste à temps pour le défilé du jour de la paix en juillet 1919. Abner Virtue a recommencé à pratiquer le droit, puis il a eu des enfants avec Edythe. Celle-ci est cependant décédée en 1922, laissant son mari avec deux jeunes filles. En 1925, il a épousé Marian Ells, maîtresse de musique. Un peu plus tard, il l’a amenée au parc national des Lacs-Waterton avec deux autres enfants. En 1941, il a fait l’acquisition d’un bail de parc, et celui-ci est toujours dans la famille.

En 1935, il est devenu conseiller du roi. À titre de citoyen actif de Lethbridge, il a joué un grand rôle dans le développement de la ville. À sa mort, il était associé principal de l’étude d’avocats Virtue, Russell, Morgan and Virtue.

Angus Sutherland Binnie 1895-1933

A.S. Binnie Angus S. Binnie (à droite)
Image : Parcs Canada, collection Foster

L’Écossais « Gus » Binnie a vécu à Calgary pendant quatre ans . Il a occupé divers emplois de bureau et de comptabilité jusqu’à ce qu’il réponde à l’appel du 82e bataillon nouvellement formé à l’automne de 1915. Il avait alors 20 ans.

En mai 1916, après un entraînement de six mois au Canada, il a quitté le pays pour l’Angleterre en navire. Une fois rendu là, à l’instar de bien d'autres unités canadiennes, le 82e bataillon a été divisé afin de servir de renfort aux autres bataillons déjà au front. Comme bien d’autres membres de son unité, Angus Binnie a été posté en France pour faire partie du 10e bataillon de l’infanterie canadienne. Le 10e bataillon avait été formé en 1914 et avait la réputation d’être l’une des meilleures unités de combat sur le terrain. Ce bataillon a joué un rôle dans toutes les grandes mesures canadiennes de cette guerre.

Pendant la bataille d’Arleux, en France, de graves blessures causées par des éclats d’obus ont mis fin à l'affectation du soldat Binnie en avril 1917. Une fois guéri, il a été détaché au camp Bramshott, en Angleterre, où il aurait peut-être entraîné les troupes après avoir suivi un cours spécialisé et avoir été nommé sergent.

Une fois son mandat terminé en avril 1919, Angus Binnie est rentré à Calgary. À titre d’ancien combattant, il a fait une demande à la fonction publique pour travailler au parc national des Lacs-Waterton. Vers 1921, il était l’adjoint de bureau de George Ace Bevan, directeur du parc. L’intérêt croissant porté au parc représentait une somme de travail plus imposante à l’interne. Angus Binnie était un homme populaire et dans ses temps libres, il s’adonnait à de nombreuses activités dans la région. Il jouait notamment au golf sur le nouveau parcours de Waterton, faisait de la randonnée avec des membres du club des montagnes Rocheuses, arbitrait des matches de hockey , allait aux danses et faisait connaître ses talents d’acteur, d’imitateur et d’orateur.

En 1931, après avoir contracté la tuberculose, il s’est fait traiter au sanatorium des anciens combattants de Calgary. Deux ans plus tard, il a succombé à la maladie, celle-ci ayant été compliquée par ses blessures de guerre. Il a laissé dans le deuil sa femme et ses deux enfants. Il repose maintenant dans la section militaire du cimetière Burnsland de Calgary.

Charles Frederick Reilly 1890-1977

Charles Reilly Charles Reilly en uniforme
Image : John Reilly

En 1915, lorsqu’un ami a suggéré à Charles Reilly de Calgary d’aller à Montréal pour s’engager dans le Princess Patricia Canadian Light Infantry (PPCLI), il savait que ses services seraient retenus parce qu’il faisait partie du Corps-école d'officiers canadiens à titre d’universitaire.

Le PPCLI avait désespérément besoin de renforts, et les recrues universitaires constituaient une solution temporaire à la perte dévastatrice d’hommes encourue plus tôt dans l’année à la deuxième bataille d’Ypres. Même s’il lui restait une année d'études en génie à l’Université de l’Alberta, il s’est enrôlé.

Quand il est arrivé en France en juillet 1915, la guerre semblait au calme. Rendu au mois d’octobre, il n’avait passé que trois jours dans les tranchées. Mais en septembre 1916, les choses ont changé du tout au tout et le combat battait son plein à la Somme. Comme bien des fantassins, Charles Reilly a contracté la fièvre des tranchées, un genre de grippe fortement répandue causée par les poux en abondance. Il a donc dû être hospitalisé à Bramshott, en Angleterre. Une otite l’a forcé à rester au repos pendant encore plus longtemps, mais lorsqu’il s’est remis sur pied, il a été affecté au 4e bataillon de main-d’œuvre nouvellement formé en France. Pendant que le bataillon construisait des routes et des ponts, puis entretenait les voies ferrées, il se trouvait toujours à proximité du feu ennemi.

Comme promis, il avait été promu lieutenant. Il est resté avec cette unité jusqu’à ce qu’il soit frappé par des éclats d’obus près d’Ypres, en Belgique, le 14 novembre 1917. Il s’est cassé la jambe en raison des éclats d'obus, et il est resté handicapé en permanence. Il est rentré au Canada vers le début de 1918.

De retour au bercail, il a terminé ses études en génie, et vers 1927, il a fait une maîtrise en anglais. En juin 1929, en vertu d’une nomination effectuée par la province, il est devenu le premier et seul magistrat de police travaillant à l'année au parc national des Lacs-Waterton. En tant que résident au parc, il jouait également un rôle actif dans les affaires communautaires. Cependant, en 1931, son poste de magistrat a été supprimé sans préavis en raison de compressions budgétaires. Il n’avait donc pas d’autre option que de s’établir de nouveau à Calgary avec sa femme et ses enfants, où il a gagné sa vie à enseigner dans les écoles.

Esther Pickering Harland 1889-1988

Esther Pickering Esther Pickering, carte postale de la Première Guerre mondiale, 1918
Image : Dallas Bodnar

Quand les États-Unis ont décidé de se mêler à la Première Guerre mondiale en avril 1917, Esther Pickering savait qu’elle voulait y jouer un rôle. Jusqu’à ce moment-là, cette femme de 28 ans avait vécu une vie privilégiée. Instruite à un pensionnat de Boston , elle avait des liens personnels et familiaux au sein des sociétés de Harvard et de Cambridge .

Elle avait aussi beaucoup voyagé, en partie parce que ses parents habitaient en Jamaïque, où son père était astronome de renom. La lignée d’Esther Pickering en Nouvelle-Angleterre remontait à près de 300 ans , et elle se sentait interpellée par la guerre.

En juin 1917, elle a intégré le détachement d’aide bénévole (VAD) et a été acceptée par l’unité chirurgicale de Harvard qui travaillait avec le corps expéditionnaire britannique en France. L’unité était dotée de personnel médical et infirmier en provenance de l'école de médecine de Harvard, au Massachusetts. En tant qu’aide bénévole, Esther Pickering faisait partie d’un groupe composé de personnel formé et de personnel non formé qui venait en aide aux professionnels en prenant soin des quelque 1 000 patients se trouvant à un hôpital de Camiers, en France. Elle a fini par passer 18 mois à ce service.

C’est vraisemblablement au 22e hôpital général de Camiers qu’elle a rencontré par hasard un patient du nom de caporal Murton Harland, de Pincher Creek. À titre de mitrailleur du 13e bataillon canadien de fusiliers à cheval, il avait subi de graves blessures en raison d’éclats d’obus, ce qui l’a obligé à rester à l’hôpital pendant six mois.

Après la guerre, ils sont rentrés à leur bercail respectif, mais un an et demi plus tard, ils se sont mariés à Chicago , puis ils se sont installés sur le ranch d’élevage de Murton Harland, adjacent aux montagnes pittoresques s’élevant au nord du parc national des Lacs-Waterton. Esther Pickering a donné le nom de Bar X à ce ranch. Ils ont noué de nombreux liens d’amitié dans la région et ont même eu l’occasion d’accueillir A.Y. Jackson, artiste-peintre renommé de l’Est canadien et ancien combattant, qui allait faire des croquis au ranch.

Les Harland ont pris leur retraite en 1956. Ils ont fait l’acquisition d'un chalet à Waterton , où certains tableaux de Jackson étaient accrochés. Ils passaient les hivers dans des endroits plus cléments. Tous deux sont enterrés au cimetière de Waterton.

Harry Northover Reeves 1898-1984

Harry Reeves Harry Reeves en uniforme
Image : Brian Reeves

Harry Reeves s’est engagé dans l’armée dès qu’il l’a pu. Dix jours seulement après son dix-huitième anniversaire, l’âge auquel le consentement des parents n’était plus nécessaire, il a joint le 175e bataillon à Medicine Hat. C’était en 1916. Huit ans auparavant, la famille d’Harry Reeves s’était installée en Alberta en provenance de Terre-Neuve pour cultiver la terre à Carlstadt.

Toutefois, à l’instar de près de la moitié des personnes qui avaient essayé de cultiver la terre dans cette province, leurs efforts se sont avérés vains, si bien qu’ils n’ont pas réussi à faire valoir leurs droits à leur quart de section. Puisqu’il comptait deux années d'expérience au sein des 21es Alberta Hussars, Harry Reeves s’est porté volontaire pour servir son pays.

L’entraînement initial du bataillon a eu lieu au camp Sarcee de Calgary, puis cette formation a été approfondie en octobre, en Angleterre. Sans tarder, il a servi de renfort au 31e bataillon d'infanterie portant le nom de « Bell's Bulldogs ».

En janvier 1917, il a été affecté en France, où il a pris part à la bataille de la crête de Vimy et à celle de Lens, dans les environs. Pendant un imposant feu d’artillerie en juillet 1917, le soldat Reeves a éprouvé des troubles cardiaques et du point de vue médical, il a été déclaré inapte à exercer ses fonctions. C’est alors qu’il a été muté au service de la main-d’œuvre, puis libéré de ses fonctions en février 1919.

À son retour au Canada, il a fait une demande d’octroi de terre près de Killam, en Alberta, en vertu de la Loi d’établissement de soldats , mais il s’est rendu compte que l'agriculture ne lui convenait pas. Il était cependant doué en tant que menuisier et peintre de bâtiments. Il a donc mis ses talents à contribution à Banff, puis au parc national des Lacs-Waterton. Il a aimé Waterton au point d'y passer le reste de sa vie. Là, il a épousé Sybil Kemmis, maîtresse d’école de la région, en 1936. En guise de cadeau de noces, sa belle-mère lui a confié l’exploitation du pavillon Kilmorey, dont elle était propriétaire , ce qui lui a permis de s’intégrer rapidement à la vie communautaire.

En 1946, lorsqu’une concession a été offerte au grand public en vue de la construction et de l’exploitation de chalets pour automobilistes au village, son titre d’ancien combattant l’a aidé à conclure l’affaire. Sans tarder, parmi les quatre installations de ce genre à Waterton, les chalets de Reeves ont été nommés l’installation la plus grande et la mieux gérée du parc. Vers la fin de 1959, les chalets de Reeves ont été vendus et ils ont fait construire la Reeves Corner House, boutique de souvenirs du parc. Harry Reeves a pris sa retraite en 1972.

Herbert Knight 1885-1962

Herbert Knight Le caporal H. Knight, 13e bataillon canadien de fusiliers à cheval, Première Guerre mondiale
Image : Village des pionniers Kootenai Brown

« Bert » Knight n’était pas étranger à la tristesse. Avant, pendant et après la guerre, il a perdu quatre membres de sa famille : son père, son frère aîné, un frère cadet et son fils unique. Bert Knight a toutefois su relever les défis et tirer le meilleur parti possible de ces circonstances.

À l’instar de grand nombre de ses compatriotes de l’Angleterre, Bert Knight a immigré dans le sud de l’Alberta pour y faire de l’élevage. En compagnie de deux de ses frères, il est arrivé dans la région de Pincher Creek en 1903. Chacun des frères a choisi une terre pour construire une maison et élever du bétail et des chevaux de trait.

Vers 1910, ils ont formé l’entreprise Knight Bros. Ranches. Ces frères des plus aimables se sont tous engagés dans la milice des 23es Alberta Rangers et en février 1915, en période de recrutement, ils se sont tous faits membres du 13e bataillon canadien des fusiliers à cheval. Après avoir fait leur entraînement au Canada, les membres de l’unité se sont rendus en Angleterre, où ils ont été réaffectés comme renforts d'infanterie pour venir en aide au Fort Garry Horse, puis envoyés au front, en France et en Belgique.

La mort de son frère aîné sur le champ de bataille, le lieutenant George W. Knight à l’été 1916 a été suivie, en 1917, de la mort de son frère cadet, le lieutenant Norman Knight, des suites d’une péritonite. Par la suite, Bert Knight a été transféré aux Royal Scots Fusiliers où il a exercé les fonctions de sous-lieutenant. En 1919, il est rentré dans le sud de l’Alberta en espérant vivre des jours meilleurs.

En tant qu’ancien combattant, il a été embauché au poste de garde de parc en chef à Waterton en juin 1919 , puis il s’est installé au chalet Cedar, sur la rive de ce qui allait devenir le lac Knight , nom toujours employé dans la région de nos jours. Il s’agit du seul accident géographique à avoir été nommé d'après un employé du parc Waterton. En 1932, Bert Knight a été promu au titre de directeur du parc. Au cours de sa carrière échelonnée sur 20 ans à Waterton, il a été témoin de progrès sans précédent, tant au village que dans le parc même, et il a vu le nombre de visiteurs s’accroître énormément.

En 1939, il a été muté au parc national de Prince Albert, en Saskatchewan, puis il a pris sa retraite à Victoria en 1947. Il y est décédé en 1962.

John Alfred Frankish 1887-1969

John Frankish John Frankish, 13e bataillon canadien de fusiliers à cheval, Première Guerre mondiale
Image : Village des pionniers Kootenai Brown

Quand « Jock » Frankish a intégré le 13e bataillon canadien de fusiliers à cheval en février 1915 à Pincher Creek, il faisait partie des nombreux immigrants britanniques au Canada à se joindre à l’effort de guerre.

Jock Frankish est né au Yorkshire, en Angleterre, près de la mer du Nord. Il a immigré en Alberta vers 1909 et peu après, il s’est installé sur une ferme des environs de Fishburn, en Alberta. Après quelques années, il a commencé à travailler à Blairmore, village minier prospère du pas du Nid-de-Corbeau, en tant que boucher à l’usine de transformation des viandes de P. Burn. Ce métier lui demandait d’être fort et en forme, ce qui l’a préparé à affronter ses six premiers mois d'entraînement militaire en Alberta.

Lorsque son unité est arrivée en Angleterre, elle a été affectée au Fort Garry Horse comme renfort d’infanterie. Le 27 février 1917, il est allé au front et au fil du temps, il est passé de soldat à sergent. En avril 1918, après une bataille au bois des Essarts et au bois Rifle, en France, il a reçu une mention de bravoure qui lui a valu la Médaille militaire en compagnie de 11 autres soldats ce jour-là. Cette médaille était remise aux sous-officiers et aux hommes sur la recommandation du commandant en chef de l'unité sur le terrain.

Jock Frankish a regagné le sud de l’Alberta vers le mois de mai 1919. Au printemps de 1921, il a été nommé garde-chasse et gardien-incendie saisonnier au parc national des Lacs-Waterton, où il a retrouvé d’autres anciens combattants qui travaillaient pour le compte de la fonction publique du parc. Cet automne-là, il a laissé son emploi au parc pour accepter un poste de garde forestier au Service fédéral de sylviculture.

En 1930, il a épousé Alice Maud Jenkins, infirmière de la région de Twin Butte. Bo Holroyd, le cousin d'Alice Jenkins, qui était également un ancien collègue de Jock Frankish, lui a servi de garçon d’honneur. Le couple a habité près de Beaver Mines jusqu’à ce qu’il parte travailler pour le Service de sylviculture en 1935.

Jock Frankish est revenu dans la région de Twin Butte où il a exploité une ferme mixte et une entreprise laitière jusqu’aux années 1950, lorsque le couple s’est installé à White Rock, en Colombie-Britannique pour faire l’élevage de la volaille. Jock Frankish est décédé en 1969.

John Charles Holroyd 1889-1974

J.C. Holroyd Le sergent J.C. Holroyd, 13e bataillon canadien de fusiliers à cheval, Première Guerre mondiale
Image : Village des pionniers Kootenai Brown

« Bo » Holroyd était Prince-Édouardien de cinquième génération, pour lequel l’honneur de la fonction publique et le sens du devoir constituaient une tradition familiale. Le service militaire se voulait donc le prolongement naturel de cette tradition.

Il a quitté l’île à l’âge de 17 ans pour aller travailler au ranch de son oncle Harry Jenkins près de Fishburn, en Alberta. Vers 1909, à l’instar de bien d'autres jeunes hommes de la région, John Holroyd s'est engagé dans la milice en tant que sergent des 23es Alberta Rangers.

En février 1915, il s’est enrôlé au sein du 13e bataillon de fusiliers à cheval, et malgré le bref entraînement de la milice pendant l’été, lui et les membres de la nouvelle unité avaient fort à faire avant d’être prêts pour la bataille. Les hommes se sont entraînés au Canada avant d’aller en Angleterre, où ils sont arrivés en septembre 1915. Là, l’unité a été mutée à la brigade à pied de cavalerie canadienne au Fort Garry Horse comme renfort , et a combattu en Belgique et en France.

Sans tarder, le soldat Holroyd a été affecté à l’escouade des mitrailleuses qui s’est avérée, au fil du temps, un complément essentiel aux carabiniers d’infanterie. Cette affectation a coûté cher à John Holroyd cependant, car il est devenu sourd en permanence, s’est fait une entorse à l’épaule et a reçu des abrasions qui ont dû être traitées à l’hôpital militaire.

À la fin de son mandat en mai 1919, le soldat de 29 ans est rentré dans la région de Twin Butte. Après la guerre, une politique du gouvernement voulait qu’une préférence d’embauche soit accordée aux anciens combattants, si bien qu’en septembre 1920, John Charles Holroyd est devenu garde au parc national des Lacs-Waterton. Quatre ans plus tard, il a épousé Constance Warburton , infirmière diplômée de Boston, également native de l’Île-du-Prince-Édouard. Il a passé les 13 premières années de sa carrière au poste des gardes de Pass Creek , puis a été promu garde de parc en chef en 1932.

John Holroyd a pris sa retraite en mars 1947. Il s’est enorgueilli du plus long état de service en tant que garde de parc de l’histoire de Waterton. Il s’est ensuite consacré de nouveau à l’élevage, passant les 27 prochaines années de sa vie dans l’élevage de bétail de race et de bétail commercial sur sa terre près de Twin Butte. Il est décédé en 1974.

John Edward Pittaway 1879-1954

J.E. Pittaway J.E. Pittaway, 39e batterie, Artillerie royale canadienne
Image : Chris Morrison

La devise personnelle de « Jack » Pittaway était : « le devoir en premier et en dernier lieu », et ses nombreuses années de service militaire étaient là pour le prouver. Né à Limerick, en Irlande, Jack Pittaway s’est engagé dans l’armée impériale comme trompettiste à l’âge de 14 ans. À cette époque, la reine Victoria régnait toujours.

Quatre ans plus tard, diplôme en poche, il est devenu sous-officier, puis a été promu au rang de sergent-major adjudant de deuxième classe. Pendant les quelque 27 années de service qu’il a consacrées à la cavalerie royale et à l'artillerie royale de campagne, il a eu une bonne expérience du devoir et de la discipline.

Jack Pittaway a servi en Irlande, au pays de Galles, en Inde et en Égypte jusqu'au début de la Première Guerre mondiale, lorsqu'il a été envoyé en France en tant que bombardier de la 26e batterie de l’artillerie royale de campagne. En octobre 1914, il a été blessé à Ypres, un éclat d’obus ayant percé son poumon droit. Vers la fin des hostilités, il faisait partie de l’armée d’occupation en Égypte et en Palestine. Il a été libéré de ses fonctions le 27 avril 1920.

En compagnie de son épouse Mary et de leurs trois fils, John fils, Bert et Denis, ils ont quitté Suffolk, en Angleterre pour s’installer à Waterton en 1927, au moment où le parc connaissait un essor impressionnant sur le plan du tourisme et de la construction. Au début, il occupait le poste de veilleur de nuit au tout nouvel hôtel Prince of Wales , mais il a dû se chercher un emploi mieux rémunéré afin de faire vivre sa famille. En tant qu’ancien combattant, il a été embauché comme jardinier saisonnier au parc, après quoi il a occupé le poste de préposé à l’entretien du terrain de camping du village, poste qu'il a occupé pendant 21 étés. L’hiver, il s’occupait de l’école de Waterton et faisait des petits travaux au village.

Avant la Deuxième Guerre mondiale, Jack et ses fils se sont engagés dans la 39e batterie de l'Artillerie royale canadienne, unité de milice sise à Pincher Creek. À sa retraite en 1949, il s’est installé à Calgary et a servi au sein du Corps canadien des commissionnaires. Il est enterré au cimetière Burnsland.

Margaret Elliot Thomson McNally 1887-1987

Margaret McNally Margaret McNally
Image : Brenda Ringdahl

L’établissement de Margaret Thomson au Canada découle de plusieurs circonstances. Née dans la ville d’Aberdeen, en Écosse, près de la mer du Nord, elle est devenue orpheline à l’adolescence. Elle a ensuite été élevée par de la parenté prospère et a eu l’occasion de faire ses études, mais lorsqu’elle a été acceptée à l’Université de Cambridge, son tuteur estimait qu’elle était trop jeune pour y aller.

Après l’éclatement de la guerre, elle est devenue aide-infirmière au détachement d’aide bénévole (VAD) en juillet 1915. À ce titre, elle est venue en aide au Service de santé de l’armée royale au deuxième hôpital de Londres (Chelsea), puis elle a été mutée à un hôpital militaire de France en 1916. Vers la fin de son service en 1919, elle avait reçu un galon d’efficacité écarlate en gage de compétence.

Les membres du détachement étaient surtout des femmes. Il s’agissait de bénévoles formés en conséquence, bénévoles qui venaient en aide au personnel infirmier professionnel et offraient leur soutien aux installations médicales. Leur travail était administré par la Croix-Rouge britannique et l’Ordre de Saint-Jean. En fin de guerre, plus de 90 000 femmes avaient servi au sein du VAD.

C’est pendant son service que Margaret Thomson a rencontré son futur mari, le capitaine Alfred McNally, médecin canadien veuf prêté par le Corps médical militaire royal du Canada au Service de santé de l’armée royale en 1915. Diplômé de l’Université de Toronto, le Dr McNally avait fondé un cabinet de médecin à Lethbridge en 1907.

Margaret Thomson l’a épousé à Leeds après la guerre, en 1919. Ils se sont ensuite installés à Lethbridge , une ville on ne peut plus différente de celle d’Aberdeen, en Écosse. Elle s’est tout de même bien adaptée à son nouveau milieu de vie, et elle est devenue mère de famille et femme au foyer. En 1929, Margaret McNally a acheté un chalet à Waterton, chalet dont ont profité trois générations successives de McNally.

Malheureusement, le Dr McNally est décédé des suites d’une maladie en 1935. Margaret McNally a donc élevé leurs trois fils toute seule. Elle les a tous incités à faire des études universitaires. En 2007, son fils Ed McNally a établi à l’Université de Lethbridge une généreuse bourse commémorative en soins infirmiers pour rendre hommage aux services rendus par sa mère pendant la guerre.

Vincent Rawlins 1893-1918, tué au combat

Quand Vincent Rawlins, éleveur, a été appelé à servir au sein du Corps expéditionnaire canadien en 1918, il ne savait pas que ses jours étaient comptés. Neuf ans plus tôt, alors qu’il était ouvrier , Vincent Rawlins avait immigré en Alberta depuis l’Angleterre afin de rejoindre ses parents qui s’étaient installés dans la province deux ans plus tôt pour entreprendre une vie nouvelle. Vincent Rawlins s’était établi dans la région de Twin Butte, probablement pour travailler sur la terre de son père.

Au printemps de 1915, il a accepté un emploi saisonnier en tant que gardien-incendie et garde-chasse au parc national des Lacs-Waterton nouvellement agrandi. Il travaillait sur les sentiers et faisait de la surveillance. À la fin de son mandat en novembre, il a repris l’élevage et est allé habiter chez sa sœur et son beau-frère qui possédaient une terre au nord du parc. En 1917, la guerre battait son plein. Le nombre de victimes montait tout autant que le nombre de volontaires baissait. Il fallait absolument des renforts. La mobilisation était la solution, et même si la Loi du Service Militaire a été à la source de nombreuses contestations, elle est entrée en vigueur en août 1917.

L’appel a commencé en janvier 1918. En forme, jeune et indépendant, Vincent Rawlins a réglé toutes ses affaires et s’est présenté au bataillon du 1er dépôt de Calgary. Il figurait parmi les quelque 24 000 hommes mobilisés au Canada à être affectés en France. La moitié de ces hommes étaient nés en Angleterre.

Après son arrivée en Angleterre à la fin de février, il est passé à l’entraînement. Vers la fin de mai, Vincent Rawlins était au front. Son unité servait de renfort au 10e bataillon d’infanterie du Canada.

Il ne restait qu’une centaine de jours à la guerre lorsque son bataillon a atteint l’objectif et consolidé sa position près de Caix, en France. Puis, le 8 août 1918, à la bataille d’Amiens, le soldat Vincent Rawlins a été tué par des éclats d’obus en provenance d’une bombe aérienne ennemie. Il a fait partie des 1 036 Canadiens tués à ce combat. Il repose au cimetière britannique Longueau près d'Amiens, en France. Son nom figure sur le monument commémoratif de guerre de Pincher Creek ainsi que sur celui de Twin Butte.

William Henry Matkin 1896-1971

William Matkin Bill Matkin
Image : Pat Stanford

William Matkin, l’aîné de pionniers de Cardston, a été élevé sur une ferme de Leavitt. Il ne possédait aucune expérience de la milice lorsqu’il s’est enrôlé dans le 13e bataillon canadien de fusiliers à cheval à Cardston. Cependant, en temps de guerre, le service militaire s’avérait non seulement une obligation religieuse pour lui, mais également une occasion de prouver son allégeance envers le Canada. Les efforts de recrutement de ce bataillon au début de février 1915 avaient permis de rassembler un groupe d’hommes débordant d’entrain dans le sud de l’Alberta.

L’entraînement de l’escadron de William Matkin a commencé à Cardston , mais celui-ci a été rapidement mis de côté lorsqu’il a fait une crise d’appendicite, puis contracté deux maladies très contagieuses, la grippe et l’impétigo. Finalement, il est arrivé en Angleterre en juillet 1916, où il a été réaffecté au 10e bataillon d’infanterie du Canada, ce qui l’a amené en France. Dès son arrivée dans ce pays, le soldat Matkin a immédiatement pris part à la bataille de la Somme, au cours de laquelle 24 029 Canadiens ont trouvé la mort.

Il s’est trouvé de nouveau au cœur de la bataille à la crête de Vimy le 9 avril 1917, où il a subi une fracture ouverte du bras en raison d’éclats d’obus. Plus tard, les médecins ont déterminé que son cœur fonctionnait mal. Il a passé plus d’un an à l’hôpital et en convalescence. Quand il est débarqué du train à Cardston en 1919, l’orchestre du village et 300 personnes l’attendaient.

En attendant l’arrivée d’Alice Koop, qu’il avait rencontrée en Angleterre, il est allé travailler à Calgary . Ils se sont mariés dans cette ville , puis se sont installés sur la ferme familiale à Leavitt, à une trentaine de kilomètres à l’est du parc national des Lacs-Waterton. Il a réussi à trouver un emploi de manœuvre au service des gardes de parcs, mais a donné sa démission en 1934 pour accepter un poste de foreur au diamant en Afrique du Sud, ce qui l’a forcé à laisser sa famille. Son épouse Alice est allée le retrouver en 1937, mais elle est tombée malade sur le chemin du retour et a été « inhumée » en mer. Elle n’a jamais revu ses enfants qui l’attendaient à la maison.

Deux ans plus tard, William Matkin s’est marié de nouveau. Il a également fait partie du Corps canadien des commissionnaires à un moment donné. Il est enterré au cimetière de Leavitt.

Tableau d’honneur : La Première Guerre mondiale et le parc national des Lacs-Waterton

ASHMAN, Levi 
ATKINSON, James Henry 
BARNES, Bertram 
BEVAN, George Ace 
BINNIE, Angus Sutherland 
BOWER, Andrew 
BRYANT, Frank 
CHRISTIANSEN, Ralph Morris 
DEVEBER, H. A. 
ENERSON, Oscar P.
ENGLISH, Joseph James 
FORD, Andrew
FOSTER, Walter 
FRANKISH, John Alfred 
GAIRNS, Peter 
GIDDIE, John M.
GLADSTONE, John Taylor 
GLADSTONE, W. (presumably Wallace)
HARLAND, Murton Shore 
HARLAND (nee Pickering), Esther 
HOLROYD, John Charles 
JENKINS, Francis Herbert 
JONES, James 
KEMMIS, Arthur Charles 
KNIGHT, Herbert 
KNIGHT, George William*
KNIGHT, Norman
LOUGHEED, Isaac 
LeCAPELAIN, Charles King
LYNCH, Dennis
MCALLISTER, Leslie Stewart
MCNALLY, Albert Dr.
MCNALLY, (nee Thomson) Margaret Elliot
MARTIN, Benjamin Bennifer
MATKIN, William Henry
MAUNDER, Frederick Edgar 
MILROY, William
MORRIS, Scotty J.
PITTAWAY, John E.
PRESLEY, William James 
RAWLINS, Vincent*
REEVES, Harry Northover 
REILLY, Charles Frederick 
SIMMONS, Ronald Dyke 
TIDBALL, Oliver
TOUROND, David Victor
SCOTT, James Carlton
UDELL, Fred
VIRTUE, Abner Gladstone
VROOM, Ralph Ernest
WAGSTAFF, Edward Henry
ZORN, Leonard Christian 

*Tué au combat

Ce tableau d’honneur fait mention du personnel et des personnes qui ont entretenu des liens étroits avec le parc national des Lacs-Waterton et ont servi avec les forces alliées pendant la Première Guerre mondiale. Des recherches plus approfondies doivent être effectuées pour confirmer le service de certaines personnes. Veuillez signifier les ajouts ou les corrections à edwin.knox@pc.gc.ca

Lieux du parc national des Lacs-Waterton portant des noms se rapportant à la guerre

Pendant les années de guerre, la Commission de géographie (l’organisme fédéral responsable de nommer les lieux du Canada) s’efforçait de nommer les lieux en fonction de noms liés à la guerre. Les officiers de l’armée étaient tenus de fournir des renseignements sur les généraux et les simples soldats canadiens qui avaient reçu la Croix de Victoria. Les noms de guerre mis en vedette à Waterton sont semblables à ceux utilisés dans le reste de montagnes Rocheuses. Au début, les noms se rapportaient à des batailles particulières (comme Avion, Dardanelles, Bosporous, Festubert et Vimy), mais au fil du temps, les noms de dirigeants et de personnes exceptionnelles ont fini par être commémorés (comme Alderson), de même que les noms de particuliers (comme Carthew).

Bien des noms ont été adoptés pendant la Première Guerre mondiale. À l’époque, deux exercices de levés et de cartographie étaient en cours au parc national des Lacs-Waterton. En 1913 et en 1914, la région de Waterton a fait partie d’un levé des réserves de Crowsnest et de la forêt des montagnes Rocheuses, réalisé par le ministère de l’Intérieur. Morrison Parsons Bridgland et son équipe ont arpenté Waterton en 1914. Tout près, le levé et la cartographie de la frontière Colombie-Britannique-Alberta dans la région de Waterton ont été effectués en 1914 et en 1915 par A.O. Wheeler et R.W. Cautley. En raison des cartes géographiques qui ont découlé de ces exercices, il a fallu nommer les noms de lieux. Pendant la guerre, plusieurs cartes de Waterton affichaient des noms se rapportant à la guerre. En fait, l’idée d’employer des noms liés à la guerre a d’abord été présentée par M.P. Bridgland en 1915, lorsqu’il cherchait à baptiser les sommets de Waterton. Le premier lieu des Rocheuses canadiennes à avoir été nommé en fonction de la guerre était le mont Alderson, à Waterton. Les noms de lieux ont permis de rendre hommage à divers personnages et de souligner les réussites de l'effort de guerre.

Alderson, mont, lac et ruisseau

Ces lieux ont été nommés en l’honneur du lieutenant-général britannique Edwin H.A. Alderson, commandant du Corps expéditionnaire canadien pendant la Première Guerre mondiale. E.H.A. Alderson a mené la 1re Division du Canada dans le cadre des premières batailles qui ont eu lieu en France en 1915. On lui attribue souvent les paroles suivantes qu’il disait aux Canadiens de première ligne : « Mon ancien régiment, le Royal West Kent, est ici depuis le début de la guerre et il n’a jamais perdu une tranchée. Les gens de l’Armée disent que ‘les West Kents ne flanchent jamais’. Maintenant, je vous appartiens et vous m’appartenez et sans tarder, les gens de l’Armée vont dire : 'Les Canadiens ne flanchent jamais'. » Ce nom a été suggéré par M.P. Bridgland en juin 1915, au même moment où il a présenté des noms pour les diverses caractéristiques des cartes de la réserve de la forêt des montagnes Rocheuses, de Crowsnest et du parc des lacs Waterton.

Festubert, mont

Ce mont a été nommé d’après un village situé à l’est de La Bassée, en France, où les troupes canadiennes ont livré combat. Festubert a été l’une des premières grandes batailles du front de l’Ouest pour les soldats canadiens. La bataille s’est déroulée sous l’égide du lieutenant-général Alderson dans le cadre de l'attaque de la première armée britannique qui a eu lieu contre les Allemands du 15 au 25 mai 1915. Les Canadiens ont pris part à de nombreuses attaques frontales, mais se sont fait abattre par les mitrailleuses des Allemands. Même si les Canadiens ont atteint certains de leurs objectifs, les quelques gains qu’ils ont enregistrés ont fait plus de 2 400 victimes canadiennes. Le nom de ce lieu, situé sur la ligne continentale de partage des eaux, est apparu sur les cartes produites dans le cadre du levé de la frontière Colombie-Britannique-Alberta en 1917.

Avion, crête

En 1928, la Commission de toponymie a déclaré qu'il s’agissait d’un terme qui s’appliquait à « n’importe quel avion de guerre ». Cependant, en 1931, cette affirmation a été rectifiée par le consul belge, qui a soutenu que le terme « avion » fait allusion à n’importe quel type d’avion. D’autres ont affirmé que la crête a été nommée ainsi en raison de sa forme, qui fait penser à un avion. Le lien avec les avions est tout à fait plausible, car la guerre au moyen d’avions en était à ses débuts au moment de la Première Guerre mondiale.
Selon Canon Middleton, la crête d’Avion est nommée « d’après le village d’Avion en, France, repris par les Canadiens en 1917 ». Les Canadiens ont combattu dans la région située entre le village d’Avion (au nord de Vimy) et la ville de Lens, en France, en mai et en juin 1917. Les raids de tranchées figuraient au nombre des tactiques employées : les Canadiens avançaient, détruisaient les tranchées des Allemands, puis ils battaient en retraite.

Carthew, ruisseau, lacs et mont

Ces endroits ont été nommés en l’honneur de l’arpenteur des frontières, le lieutenant William Morden Carthew, qui avait arpenté la région de Waterton et est décédé à la Première Guerre mondiale. Le lieutenant Carthew est né au Royaume-Uni. À l’âge de 18 ans, en 1905, il s’est installé au Canada, où il est devenu arpenteur. Il était l'assistant de R.W. Cautley, commissaire des frontières de l’Alberta. En 1914, il a arpenté le col Akamina pour le compte de l'Alberta-British Columbia Boundary Commission (commission de la frontière de l'Alberta et de la Colombie-Britannique). Lorsque le travail de la saison a pris fin, il s’est enrôlé dans l’armée, puis est allé outre-mer. Il s’est fait tuer par des obus à Ypres le matin du 3 juin 1916 « pendant qu'il emmenait ses hommes à la charge ». En 1916, R.W. Cautley a écrit à A.O. Wheeler pour lui demander s’ils pouvaient recommander, ensemble, qu’un pic situé près du col Akamina soit nommé en hommage à l'arpenteur qui venait de perdre la vie. William R. Carthew avait grimpé « cette montagne afin de régler le Signal pour monsieur Cautley ». Cinq arpenteurs de l’Alberta sont morts pendant la Grande Guerre, et il était l’un d’entre eux.

Vimy, crête et pic

Cette crête et ce pic (anciennement le mont Sheep) ont été nommés en 1917, après que la crête de Vimy a été capturée par les soldats canadiens. La bataille de Vimy a été la première grande bataille à laquelle les quatre divisions canadiennes ont participé ensemble et ont réussi à saisir et conserver un objectif qui n’avait pu être atteint par les autres forces depuis 1914. L’attaque réussie des Canadiens était le fruit d’une planification et d’une préparation soignées et du recours à des innovations tactiques, à laquelle se sont ajoutées une dose de courage et les actions déterminées des 40 000 Canadiens présents sur la crête. Cette attaque est considérée comme l’une des grandes victoires canadiennes, mais elle ne s’est pas faite sans pertes importantes : 10 602 Canadiens ont été victimes de cette bataille. Cette victoire a marqué le passage du Canada de colonie britannique à nation indépendante.
Vimy revêt toujours de l’importance pour les Canadiens, tant à titre de symbole que de lieu. En 1922, la France a accordé au Canada l’usage perpétuel d’une section de terre de 117 hectares à la crête de Vimy en vue de l’établissement d’un parc et d’un monument commémoratif. Ce monument, consacré en 1936 et conçu par le sculpteur canadien Walter Seymour Allward, rend hommage aux Canadiens décédés pendant la guerre, et dont les dépouilles n’ont jamais été identifiées. Le nom de ces 11 285 soldats est gravé sur le monument. En 1997, le monument et le parc environnant ont été désignés en tant que lieu historique national.

En 2003, la date du 9 avril a été décrétée comme Journée nationale commémorative afin de marquer l’anniversaire de la bataille de la crête de Vimy. Le nom de « crique de Vimy » n’a pas été accepté à l’échelle locale et son ancien nom, soit le ruisseau « Hell Roaring » a été rétabli.

Dardanelles

Ce lieu a été nommé d’après le passage allant de la mer Méditerranée à la mer Noire, en Turquie, qui a servi de lieu de bataille pendant la Première Guerre mondiale.

Bosporus (passage)

Ce lieu a été nommé d’après un détroit qui relie la mer Noire à la mer de Marmara, séparant l’Europe de l’Asie Mineure. Il s’agissait d’un lieu de bataille en Turquie pendant la Première Guerre mondiale.

Bear’s Hump

En 1914, la montagne qui portait auparavant le nom de montagne Bear (montagne de l’ours) a été rebaptisée mont Crandell en l’honneur d’Edward Henry Crandell, homme d’affaires, pionnier et échevin de Calgary qui possédait des parts dans le premier puits producteur de pétrole de l’Ouest canadien, le puits Discovery numéro 1, dans la vallée Cameron. Cependant, la référence à l’ours a survécu dans le nom de « Bear’s Hump », en raison de l’imposante forme arrondie de cette montagne, surplombant le village. Pendant un certain temps, les gens de la région appelaient Bear’s Hump le « Pimple », ou « Bourgeon ». Il se peut que cette appellation dérive du nom donné au tronçon nord de la crête de Vimy pendant la Première Guerre mondiale. Lorsque les Canadiens ont saisi ce point de la crête de Vimy le 12 avril 1917, le général Edward Hilliam a déclaré : « Je suis le roi du Bourgeon ». Cette déclaration a conclu la bataille de la crête de Vimy.


* Le coquelicot est une marque de commerce enregistrée de La Direction nationale de La Légion royale canadienne, employée sous licence.