Contrairement au panache des cervidés, les cornes du mouflon et de la chèvre de montagne ne tombent jamais. Elles servent toutefois aux mêmes fins que les bois des cervidés : la domination sur les autres mâles. Les bosses et les creux qui se remarquent sur les cornes du mouflon et de la chèvre sont le résultat de fluctuations saisonnières et permettent aux scientifiques et aux gardes de parc d'estimer l'âge d'un animal donné.

Mouflon d'Amérique

Mouflon d'Amérique © Parcs Canada / R. Gruys

Le mouflon d'Amérique est relativement commun à Jasper, le parc en comptant une population d'environ 3 000 individus. Cet animal a le pelage brun pâle et la croupe blanche. Le bélier arbore une imposante paire de cornes en spirale, tandis que la brebis a de petites cornes pointues. Le mouflon est principalement un animal brouteur et, au fil des saisons, migre entre les pentes herbeuses des basses altitudes et les prés alpins, comptant toujours sur la proximité d'une saillie rocheuse pour assurer sa sécurité. Les mouflons forment des troupeaux mixtes de mâles et de femelles en hiver et des troupeaux homogènes en été. Pendant la saison des amours, en automne, les béliers se livrent d'âpres duels pour affirmer leur suprématie jusqu'à ce que le plus faible batte en retraite. Le mouflon est souvent aperçu sur les bords de la route 16, à l'est de Jasper, et le long de la promenade des Glaciers, près des chutes Tangle.


Chèvre de montagne

Chèvre de montagne © R. Bray

La chèvre de montagne se différencie du mouflon d'Amérique à son pelage blanc, à sa barbiche et à ses petites cornes noires en forme de dague, que portent mâles et femelles. En fait, cet animal n'est pas membre de la famille de la chèvre, mais plutôt de la famille de l'antilope. Les femelles et leurs petits se déplacent souvent en groupes pendant l'été, mais les mâles vivent généralement en solitaire. En période de rut, les affrontements entre mâles sont rares, mais, lorsqu'ils surviennent, ils sont violents. La chèvre se nourrit d'une vaste gamme de végétaux, ce qui lui permet de survivre à l'année dans les hauts sommets, à des altitudes dépassant 2 000 m. L'espèce ne fait aucune migration saisonnière mais descend souvent dans le fond des vallées pour lécher le sel des dépôts de minéraux. On peut les voir au belvédère du mont Kerkeslin, sur la promenade des Glaciers, et à la pointe Disaster, sur la route 16 Est.