Les cervidés ont un panache qui pousse, qui tombe et qui repousse chaque année. Au printemps, les mâles* se parent de bois qui croissent enveloppés dans une couche de poils doux appelée « velours ». À l'automne, une fois qu'il a atteint sa pleine grandeur, le panache perd son velours, et les mâles se servent de leurs nouveaux bois comme armes contre les autres mâles pour la conquête des femelles. Une fois l'hiver arrivé, les bois tombent et deviennent une précieuse source de minéraux pour les petits mammifères.

*à la seule exception du caribou. Le mâle ET la femelle de cette espèce ont des bois.

Orignal

Orignal © M. Bradley

L'orignal, le plus grand membre de la famille des cervidés, s'identifie facilement à son allure dégingandée, à son panache palmé, à son long museau de cheval et à son fanon, repli de peau qui lui pend de l'encolure. C'est un animal solitaire. L'été, il préfère les berges de ruisseaux et de lacs, où les plantes aquatiques viennent s'ajouter à son régime alimentaire habituel de feuilles et de brindilles. La saison de l'accouplement s'étend de la mi-septembre à novembre, et le mâle devient alors particulièrement agressif. Les petits (habituellement des jumeaux) naissent en mai et au début de juin. Le parc national Jasper sert d'habitat à quelque 150 orignaux. Les zones humides Pocahontas, le col Yellowhead et le lac Maligne sont certains des sites offrant les meilleures possibilités d'observation.


Wapiti

Wapiti © Parcs Canada / R. Bray

Le wapiti est le membre de la famille des ongulés le plus souvent aperçu dans le parc. Cet animal au pelage brun-roux et à la croupe blanche peut être aperçu partout dans le parc, le long des routes et dans le lotissement urbain. Jasper abrite quelque 1 300 wapitis, et d'importantes populations sont concentrées à l'est du parc, dans les avant-monts ou contreforts. La plupart des wapitis de Jasper ont été retransplantés après avoir été presque exterminés par une chasse excessive au début du siècle dernier. Aujourd'hui, en raison de leur grand nombre, surtout dans le lotissement urbain, il a fallu en réinstaller dans d'autres secteurs du parc et de la province. Pour en savoir davantage sur le projet de déplacement des wapitis de Jasper, cliquez ici!

Le wapiti peut être très dangereux. Au printemps, les femelles protègent farouchement leurs petits, éloignant rapidement toute créature qui se place entre elles et leur progéniture. En automne, pendant la saison du rut, les mâles deviennent extrêmement agressifs et se servent de leurs bois imposants pour afficher leur suprématie. Chaque année, des visiteurs se font blesser par des wapitis. Évitez de vous en approcher à plus de 30 m, et demeurez sur vos gardes, à l'affût de tout signe d'agression (oreilles pointant vers le haut, regard défiant, grognement, trépignement).


Cerf mulet

Cerf mulet © M. Bradley

Le cerf mulet se caractérise notamment par ses grandes oreilles et l'extrémité noire de sa queue. Même si les visiteurs en aperçoivent souvent le long des routes et dans le lotissement urbain en hiver, les cerfs mulets demeurent relativement peu nombreux à Jasper. L'animal ne fait qu'un mètre de hauteur environ, et son panache est plus gros que celui du cerf de Virginie. Les cerfs mulets du parc se réunissent en petits groupes dans les clairières sèches. En été, leur régime alimentaire se compose d'arbustes et de plantes à feuilles larges, tandis que, en hiver, il est constitué de brindilles de conifères, de jeunes plants d'arbres et d'arbustes, nourriture qu'ils trouvent sur les pentes dégagées et dans les tremblaies.


Cerf de Virginie

Cerf de Virginie © O. Robinson

Le cerf de Virginie est peu commun dans le parc, mais les visiteurs en voient parfois de petits nombres dans la zone montagnarde. Plus petit que le cerf mulet, le cerf de Virginie se distingue facilement à son pelage roux et à sa longue queue brune qui, lorsqu'elle est dressée vers le ciel au moindre signal d'alarme, révèle un revers blanc. Cherchez ce petit chevreuil à l'aube et à la brunante le long de la route Snaring et dans la plaine entourant Henry House en hiver.


Caribou des bois

Caribou des bois © Parcs Canada / R. Gruys

Le caribou est comparable au wapiti de par sa taille, mais il a le pelage plus pâle et des sabots plus larges. Contrairement aux autres membres de la famille des cervidés, le mâle et la femelle portent tous deux des bois. Les caribous forment généralement de petits troupeaux, et, en hiver, ils se servent de leurs sabots larges pour « flotter » sur la neige, ce qui leur permet d'échapper à leurs prédateurs. Les lichens sont une source de nourriture importante pour le caribou, qui se nourrit aussi de graminées, de plantes à feuilles larges et de brindilles. Les visiteurs aperçoivent souvent cet animal le long de la promenade des Glaciers, au sud des chutes Sunwapta, et au bord de la route Maligne en hiver. Pendant l'été, il est très difficile de repérer le caribou, car la plupart des troupeaux se retirent dans les prés alpins des hautes altitudes, bien à l'écart des nombreux visiteurs du parc.

Les quelques troupeaux de caribous qui restent à Jasper sont probablement les descendants des grandes hardes qui erraient sur ce territoire immédiatement après la dernière glaciation. De nos jours, les Rocheuses abritent encore environ 145 caribous, et ce nombre diminue sans cesse depuis les années 50 en raison des activités d'exploitation des vieilles forêts, des collisions routières, du braconnage et de l'empiétement des humains dans l'habitat de l'espèce. Les troupeaux restants, qui vont et viennent à l'intérieur et à l'extérieur du parc, subissent les contrecoups de nombreux facteurs de perturbation, à tel point que leur population a été réduite à des niveaux inquiétants.