Accroître l’intégrité écologique et enrichir l’expérience du visiteur aux abords des lacs et des cours d’eau du parc national Jasper

Objectif

Remettre en état et protéger les lacs, les cours d’eau et les habitats riverains du parc national Jasper afin d’en accroître l’intégrité écologique et d’enrichir l’expérience du visiteur.

Contexte

Les nombreux lacs du parc national Jasper abritent diverses communautés écologiques et constituent d’importantes attractions touristiques, tant par leur beauté panoramique que par leurs possibilités récréatives. Les écosystèmes lacustres en santé englobent un habitat riverain en santé qui joue un rôle important pour la sauvagine nicheuse, les castors, les amphibiens et d’innombrables espèces de plantes et d’insectes. Ces zones attirent aussi de nombreux visiteurs qui viennent se divertir dans l’eau ou sur les rives, admirer les paysages spectaculaires et tirer parti de possibilités d’observation de tout un éventail d’espèces sauvages.

De manière générale, des espèces aquatiques envahissantes comme le tournis des truites, la moule quagga et la moule zébrée représentent de nouvelles menaces pour les écosystèmes aquatiques. Parcs Canada est résolu à protéger les lacs et les rives afin qu’ils puissent continuer de jouer leur important rôle écologique et fournir aux visiteurs des expériences qui cadrent avec le statut de site du patrimoine mondial dont jouit le parc national Jasper.

L’Athabasca, qui coule dans le parc national Jasper, a été classée rivière du patrimoine canadien en raison de ses nombreuses caractéristiques naturelles, culturelles et récréatives. La protection des rives représente une priorité pour Parcs Canada.

Plusieurs agresseurs menacent les rives des lacs et des cours d’eau du parc. Collectivement, ils ont des impacts cumulatifs croissants sur l’intégrité écologique et l’expérience du visiteur, une situation que Parcs Canada tient à prévenir ou à atténuer.

Démarche

Parcs Canada adoptera une démarche à trois volets qui touchera à tous les aspects de son mandat. Il pourra ainsi mettre en œuvre des mesures pour améliorer les zones riveraines, comme le recommandent le plan directeur du parc national Jasper et le plan d’action pour la vallée de la Maligne :

I. Nettoyer les zones riveraines;
II. Protéger la faune aquatique et les visiteurs du parc;
III. Remettre en état la faune aquatique.


Volets du Plan d’action pour les rives du parc national Jasper

Nettoyer les zones riveraines
  1. Déchets le long des rives
    Des ordures et d’autres déchets s’accumulent au bord de nombreux plans d’eau le long des couloirs de transport et dans les zones fortement aménagées. Ces déchets sont inesthétiques, appauvrissent l’expérience offerte au visiteur et peuvent engendrer un risque pour les espèces fauniques.

    But : Les rives des lacs et des cours d’eau sont exemptes d’ordures et d’autres déchets.
    Objectif : Mobiliser des groupes de bénévoles pour le nettoyage annuel d’une liste de zones prioritaires du parc national Jasper qui sont inscrites au Grand nettoyage des rivages canadiens.

  2. Entreposage non autorisé d’embarcations personnelles le long des rives
    Le nombre d’embarcations entreposées sans autorisation le long des rives du parc ne cesse d’augmenter. Des rives panoramiques et accessibles deviennent peu à peu des endroits hideux, encombrés d’embarcations personnelles, souvent en très mauvais état, qui ont été abandonnées sur place par des inconnus pour des périodes également inconnues. Les embarcations non sécurisées présentent des risques pour la sécurité et créent des problèmes de responsabilité juridique. Elles peuvent aussi détruire et dégrader la végétation riveraine.

    But : Les lacs et les cours d’eau ne sont pas utilisés pour l’entreposage d’embarcations personnelles.
    Objectif : Retirer les embarcations personnelles des rives des lacs et des cours d’eau d’ici 2020.

  3. Entreposage d’embarcations commerciales le long des rives
    Les pourvoyeurs commerciaux qui louent des embarcations et organisent des sorties de pêche fournissent des services appréciés des visiteurs. Parcs Canada et les pourvoyeurs tiennent à ce que les embarcations commerciales entreposées au bord des lacs soient en bon état, à ce qu’elles soient placées dans un lieu sécuritaire et à ce qu’elles ne compromettent en rien la beauté panoramique des environs.

    But : Les pourvoyeurs commerciaux offrent une expérience sécuritaire et agréable aux visiteurs en louant des canots et d’autres embarcations.
    Objectif : Retirer les embarcations personnelles des rives des lacs et des cours d’eau d’ici 2020.
Protéger la faune aquatique et les visiteurs du parc
  1. Espèces aquatiques envahissantes
    Le tournis des truites, la moule quagga et la moule zébrée sont des espèces envahissantes dont l’aire de répartition se rapproche peu à peu du parc national Jasper. Ces trois espèces peuvent avoir des effets dévastateurs sur les écosystèmes aquatiques. Elles se propagent généralement par des embarcations et des remorques à bateaux contaminées, de l’équipement de sport nautique, du matériel de pêche ou des poissons contaminés issus d’un bassin hydrographique infecté.

    But : Les risques d’établissement d’espèces aquatiques envahissantes dans les bassins hydrographiques du parc national Jasper sont éliminés ou réduits à un minimum.
    Objectif : De concert avec des organismes régionaux et provinciaux et avec les autres unités de gestion des parcs des montagnes, élaborer et mettre en œuvre une stratégie visant à prévenir l’établissement d’espèces aquatiques envahissantes dans le parc national Jasper.

  2. Pêche récréative
    La pêche récréative représente l’une des rares activités consommatrices autorisées dans le parc national Jasper et celle qui a l’impact écologique le plus direct sur les populations de poissons du parc. C’est cette activité qui, par le passé, a justifié les vastes opérations d’introduction d’espèces non indigènes un peu partout dans le parc. Ces opérations d’empoissonnement ont causé d’importants changements aux communautés écologiques aquatiques. Parcs Canada évalue et adapte la réglementation sur la pêche au fur et à mesure que de nouveaux renseignements scientifiques deviennent accessibles, en vue d’assurer la protection des espèces indigènes et des espèces en péril.

    But : La réglementation sur la pêche et les fermetures favorisent la survie à long terme de saines populations de poissons indigènes.
    Objectif : Examiner et réviser la réglementation sur la pêche dans le contexte de la protection des espèces indigènes et des espèces en péril, en tenant compte tout particulièrement de la nécessité de réduire à un minimum les risques de propagation d’espèces aquatiques envahissantes.

  3. Moteurs électriques de bateaux
    Le parc national Jasper n’a jamais interdit l’utilisation de moteurs électriques. Cependant, les embarcations à moteur sont interdites par le Règlement général sur les parcs nationaux, « à moins d’indication à cet effet sur des écriteaux ou avis installés par le directeur du parc ». La technologie des moteurs électriques s’améliore rapidement, et l’utilisation de ce type de moteur aura des incidences croissantes sur l’expérience offerte et la sécurité des visiteurs. Elle pourrait aussi engendrer un risque écologique pour la sauvagine, par exemple pour des plongeons huards qui nichent et élèvent leurs oisillons le long des rives.

    But : Le parc national Jasper gère efficacement la technologie naissante des moteurs électriques afin de réduire à un minimum les incidences néfastes sur l’expérience du visiteur et l’intégrité écologique.
    Objectif : Procéder à un examen des bassins d’eau où les moteurs électriques sont actuellement utilisés et évaluer les impacts réels ou possibles sur les écosystèmes des lacs et des cours d’eau ainsi que sur l’expérience du visiteur.
Remettre en état les écosystèmes aquatiques
  1. Gérer l’infrastructure des rives afin d’enrichir l’expérience du visiteur, d’accroître la sécurité du public et de régénérer l’habitat riverain
    Pour fournir une infrastructure permettant aux visiteurs de profiter des nombreux lacs du parc national Jasper, Parcs Canada doit continuellement évaluer et améliorer ses façons de faire aux abords des plans d’eau, de manière à réduire le plus possible les impacts écologiques des installations du parc et à assurer la sécurité des visiteurs. Par exemple, il lui faut parfois réparer des installations telles que des rampes de mise à l’eau et des quais ou envisager de les enlever dans le contexte des espèces aquatiques envahissantes. Des éléments d’infrastructure tels que des ponceaux de ruisseau aménagés le long des couloirs de transport peuvent altérer de façon appréciable l’habitat aquatique et interrompre la continuité des cours d’eau.

    Le parc abrite également des éléments d’infrastructure qui ne relèvent pas de Parcs Canada, par exemple des quais et des radeaux associés à des chalets ou à des entreprises. En outre, il faut régler des problèmes tels que le ruissellement ou l’érosion près de plages, de sentiers, d’aires de fréquentation diurne, de champs d’épuration et d’installations commerciales comme le terrain de golf. Parcs Canada pourrait saisir des occasions d’enrichir l’expérience du visiteur tout en remettant à neuf des installations dégradées, par des mesures telles que la construction de trottoirs de bois. Par ailleurs, il est important de veiller à ce que les installations de gestion des eaux d’orage et les stations d’épuration des eaux usées répondent aux normes en matière d’effluents.

    Certains autres éléments d’infrastructure pourraient avoir perdu leur raison d’être tout en ayant des impacts néfastes sur les écosystèmes aquatiques.

    But : Les rives des lacs et des cours d’eau sont exemptes d’installations, sauf lorsque celles-ci sont nécessaires à l’agrément des visiteurs, à la sécurité publique ou à la prévention de dommages à l’écosystème.
    Objectif 1 : Veiller à ce que l’infrastructure riveraine autorisée réponde aux besoins des visiteurs, soit en bon état et ne pose aucun risque pour la sécurité des visiteurs ou pour les écosystèmes aquatiques.
    Objectif 2 : Dans la mesure du possible, rétablir et préserver l’hydrologie naturelle, l’habitat des rives et des milieux humides ainsi que les profils de circulation naturels des poissons et des autres espèces aquatiques aux lieux de franchissement des routes et des voies ferrées.