Pourquoi les animaux traversent-ils la route? 
Les clôtures routières et les passages pour animaux produisent-ils les résultats voulus? Réduisent-ils les collisions routières avec les animaux? 
Les animaux préfèrent-ils les passages supérieurs ou les passages inférieurs? 
Le profil d’utilisation des passages pour animaux change-t-il au fil des ans? 
L’activité humaine dans les passages pour animaux change-t-elle le profil d’utilisation? 
Comment les petits animaux traversent-ils l’autoroute? 
Quelle est la plus grande menace aux populations fauniques en santé? 
Comment choisissons-nous l’emplacement des passages pour animaux? 
Pourquoi y a-t-il encore des collisions mortelles avec des animaux sur l’autoroute? 

Principes de l’écologie de la route 
Dix faits saillants au sujet des passages pour animaux


Pourquoi les animaux traversent-ils la route?

Les animaux traversent l’autoroute pour trouver des compagnons, un partenaire, de la nourriture ou un abri. Il leur arrive aussi de le faire pour échapper à des prédateurs.

Les clôtures routières et les passages pour animaux produisent-ils les résultats voulus? Réduisent-ils les collisions routières avec les animaux?

Certaines espèces qui craignent les humains, par exemple le grizzli, ont mis cinq ans à emprunter les passages pour animaux. Cependant, la plupart des espèces les utilisent maintenant pour franchir la Transcanadienne en toute sécurité. Depuis l’installation de ces ouvrages de protection de la faune, les collisions entre véhicules et animaux ont diminué de plus de 80 %.

Les animaux préfèrent-ils les passages supérieurs ou les passages inférieurs?

Les animaux utilisent aussi bien les passages inférieurs que les passages supérieurs. Cependant, chaque espèce semble afficher une préférence lorsqu’elle a le choix entre les deux types d’ouvrages. Les grizzlis, les loups, les wapitis, les orignaux et les chevreuils préfèrent les passages courts, larges et élevés, tandis que les ours noirs et les couguars tendent plutôt à emprunter les passages longs et étroits qui sont aménagés sous la route.

Le profil d’utilisation des passages pour animaux change-t-il au fil des ans?

Oui. L’effectif des populations fauniques fluctue, et le nombre d’individus d’une espèce donnée qui empruntent les passages pour animaux augmente ou baisse en conséquence. Nous avons aussi appris que certains animaux ont besoin de temps pour s’adapter aux nouveaux ouvrages qui font leur apparition dans leur habitat. Par exemple, la fréquentation des passages supérieurs a progressivement augmenté chez les grizzlis, les couguars et les loups au cours des cinq premières années de surveillance.

L’activité humaine dans les passages pour animaux change-t-elle le profil d’utilisation?

Oui. Lorsque les humains empruntent les passages pour animaux, la faune a moins tendance à en faire usage. L’activité humaine dans les passages supérieurs est interdite dans le parc national Banff.

Comment les petits animaux traversent-ils l’autoroute?

Chez les animaux de petite et de moyenne taille, tels que le lièvre d’Amérique, la martre d’Amérique, le pékan, le porc-épic, l’écureuil et le campagnol, les besoins varient d’une espèce à l’autre. Les travaux de surveillance révèlent que la martre d’Amérique, le lièvre d’Amérique et l’écureuil roux empruntent plus souvent les ponceaux lorsque la circulation est dense. L’inverse est vrai pour les coyotes.

Quelle est la plus grande menace aux populations fauniques en santé?

Les collisions routières ont sur les populations fauniques des effets directs et immédiats qui sont facilement visibles dans un délai équivalant à une ou à deux générations animales. En revanche, il faut parfois plusieurs générations animales pour constater l’effet de barrière complet (c. à d. impossibilité pour les animaux de surmonter un obstacle comme une autoroute) sur une population faunique donnée. L’effet de barrière sur une population de grizzlis peut mettre 50 ans à se faire sentir, mais il peut avoir de graves répercussions sur sa diversité génétique et sa santé globale.

Comment choisissons-nous l’emplacement des passages pour animaux?

Au fil des ans, nous avons recueilli des renseignements sur les endroits où les différentes espèces animales sont le plus susceptibles de traverser l’autoroute. Pour ce faire, nous avons eu recours aux méthodes suivantes :

  • Surveillance par radiotélémesure; 
  • Suivi des pistes d’animaux dans la neige; 
  • Observation de la faune; 
  • Collecte de données sur les endroits où les collisions mortelles sont les plus fréquentes.

À l’aide de logiciels de cartographie, les chercheurs ont mis au point des modèles leur permettant de prédire les endroits où les animaux sont le plus susceptibles de franchir la Transcanadienne, en fonction de données topographiques et de données sur l’habitat de cinq espèces (l’ours noir, le grizzli, le loup, le wapiti et l’orignal). L’emplacement des passages pour animaux a été choisi à la lumière des résultats de ces travaux.

Pourquoi y a-t-il encore des collisions avec des animaux sur l’autoroute?

Il arrive que certains animaux réussissent à gagner l’emprise routière. Des recherches sont en cours afin d’évaluer l’utilité du « tapis électrique » comme élément dissuasif supplémentaire près de certaines ouvertures le long des clôtures. Le tapis électrique envoie une légère décharge électrique à la patte, au sabot ou au museau de tout animal qui y touche. Bien qu’elle soit tout à fait inoffensive, il est à espérer que cette décharge amènera l’animal à choisir un autre chemin à l’écart de l’autoroute.