Que signifie le retour du bison dans le premier parc national du Canada après une absence de plus d’un siècle du milieu sauvage?

L’arrivée de 16 bisons dans la vallée de la Panther est une fabuleuse réussite en devenir pour la conservation dans le parc national Banff et représente un nouveau chapitre dans l’histoire du rétablissement du bison à Parcs Canada.

Histoire archéologique

Histoire archéologique

Bison skull on the ground.

Ce crâne de bison trouvé près de la ville de Banff a plus de 6 000 ans!  © Gwyn Langemann / Parcs Canada

Pendant des milliers d’années, le bison a erré en liberté dans les vallées de ce qui constitue aujourd’hui le parc national Banff. Il a disparu de cette région il y a environ 140 ans, mais il a laissé derrière lui des traces encore visibles de sa présence.

Le savoir traditionnel, les récits des explorateurs et les preuves archéologiques nous indiquent que le bison se déplaçait dans cette région.

Les bisons ne se réunissaient pas en de vastes hardes comme on en voyait couramment sur les plaines, mais même s’ils formaient de plus petits groupes, ils ont contribué à façonner les écosystèmes que nous connaissons aujourd’hui.

Ingénieurs écologiques

Ingénieurs écologiques

Un bison en train de brouter lève la tête. Le printemps est arrivé, avec son lot de nouvelles pousses. Il renâcle un peu avant de se rouler sur le sol pour se gratter, laissant derrière lui une touffe de son épaisse fourrure d’hiver.

A bison stands in a green field.
© Stephen Edgerton / Parcs Canada

Bison venant de se rouler dans la poussière. Un moucherolle à côtés olive, une espèce en voie de disparition, descend en piqué vers la petite harde, ciblant les touffes de fourrure soufflées par le vent. Voilà le matériau parfait pour garder ses petits bien au chaud dans leur nouveau nid.

Les bisons sont des ingénieurs de l’écosystème. Ils façonnent le paysage d’une façon avantageuse pour de nombreux végétaux et autres animaux, qu’il s’agisse d’insectes, d’oiseaux ou d’ours. Ils perdent leur fourrure qui est utilisée par les oiseaux pour tapisser leurs nids, et ce n’est qu’un exemple des nombreux impacts positifs du bison sur l’écosystème.

Voici d’autres exemples illustrant en quoi le bison est un ingénieur de l’écosystème :

  • Les surfaces broutées par le bison et les dépressions creusées lorsqu’il se roule dans la poussière créent un habitat pour toutes sortes d’animaux, comme le wapiti, les écureuils terrestres et le blaireau;
  • Plus grand mammifère terrestre de l’Amérique du Nord, le bison procure une riche source de nutriments aux charognards, aux ours et aux loups.
Importance culturelle

Importance culturelle

Le bison est également essentiel pour l’histoire et la culture de nombreux peuples autochtones.

Pendant des milliers d’années, de nombreux peuples autochtones se sont déplacés à l’intérieur de ce qui constitue aujourd’hui le parc national Banff, chassant le bison et brûlant la forêt et les prés afin d’améliorer la qualité de l’habitat pour le bison et d’autres animaux.

Pour les Autochtones, le bison offrait traditionnellement toute une gamme de ressources de subsistance, notamment :

  • nourriture – en particulier sous forme de pemmican;
  • peaux – pour les parois des tipis;
  • os et tendons – pour fabriquer des outils;
  • cuir – pour confectionner des vêtements, par exemple des mocassins.

Aboriginal elder holds drum at the corner of a bison paddock.

En janvier 2017, Parcs Canada a tenu une cérémonie de bénédiction au parc national Elk Island avec les Premières Nations signataires des traités no 6 et 7 et les Métis de l’Alberta afin de souligner de façon spirituelle le départ des bisons avant leur périple vers le parc national Banff. © Johane Janelle / Parcs Canada

Pour honorer le lien entre les cultures autochtones et le bison, Parcs Canada s’est engagé à inviter les peuples autochtones à rétablir leurs liens avec le bison. Cela peut comprendre la transmission du savoir traditionnel ou la participation à des cérémonies ou à des activités sur le terrain.

Disparition

Disparition

Les grognements, grondements et martèlements des sabots d’immenses hardes de bisons ont déjà résonné dans les plaines de l’Amérique du Nord.

Elles grouillaient jadis de quelque 30 millions de bisons, mais l’espèce a néanmoins frôlé l’extinction en l’espace d’une vie humaine seulement. Beaucoup de facteurs ont mené à sa quasi disparition, mais la chasse excessive en a été la principale cause, laissant subsister moins de 1 000 bisons.

An aged photograph depicts a man in a top hat standing on top of a mound of bison skulls.

Dans les années 1850, le bison avait également disparu de la région du parc national Banff, laissant certes un vide dans l’écosystème, mais également dans les communautés qui en dépendaient pour assurer leur subsistance.

Heureusement, le bison a eu une seconde chance, en bonne partie grâce au leadership de Parcs Canada

Legs en matière de conservation

Depuis plus d’un siècle, Parcs Canada est un chef de file mondial en matière de conservation du bison, l’organisation ayant contribué à rétablir le bison alors qu’il était au bord de l’extinction.

Au début du XXe siècle, 700 bisons des plaines issus des dernières hardes sauvages ont été ramenés par le gouvernement du Canada d’un ranch du Montana. Les bisons ont été expédiés aux parcs nationaux Elk Island et Buffalo.

Le parc national Buffalo, (près de Wainwright, en Alberta) a fermé trente ans plus tard en raison des maladies, du broutage excessif et du manque de fonds. Toutefois, les bisons du parc national Elk Island ont prospéré. Il représente aujourd’hui la principale réserve de bisons reproducteurs pour les projets de réintroduction, notamment au Montana, en Russie, en Alaska et dans le parc national des Prairies.


© Scott Munn / Parcs Canada

Parcs Canada gère également les bisons sauvages en liberté du parc national de Prince Albert et du parc national Wood Buffalo, et protège plusieurs hardes d’exposition un peu partout au pays.

L'enclos

L'enclos

Je flotte à droite | Floating right
© Parcs Canada / Bill Gibbons

Vous rappelez vous avoir visité le parc national Banff et fait une promenade en voiture dans l’enclos à bisons? Fenêtres baissées, vous avez humé l’odeur de la terre lorsque les bisons se roulaient dans la poussière. Si vous écoutiez attentivement, vous pouviez entendre leurs grognements lorsqu’ils broutaient sous les trembles.

La conservation du bison au Canada a débuté ici au parc national Banff en 1897 lorsqu’une poignée des quelques individus encore sauvages de l’Amérique du Nord sont devenus, aux fins de protection, une harde d’exposition dans l’enclos à bisons.

L’enclos était une attraction pour les visiteurs du parc et demeure aujourd’hui un agréable souvenir pour ceux qui ont eu la chance de vivre cette expérience.

L’enclos et les bisons ont été retirés en 1997 afin de rétablir le flux naturel des espèces sauvages autour du lotissement urbain de Banff.

Lorsque les bisons ont été partis, une conversation s’est amorcée pour ramener l’espèce à Banff, mais cette fois en tant qu’animal sauvage plutôt que comme harde d’exposition dans un enclos.

Nouveau début

Nouveau début

En 2017, Parcs Canada a écrit l’histoire en réintroduisant une petite harde de bisons des plaines du parc national Elk Island sur les versants est du parc national Banff, une région sauvage reculée qui abrite de larges vallées herbeuses dont le bison a besoin pour prospérer.

A herd of bison running in snow.

© Dan Rafla / Parcs Canada

La réintroduction du bison à Banff représente le retour d’une espèce clé pour :

  • soutenir l’intégrité écologique;
  • contribuer à la conservation du bison, puisque le bison des plaines n’est protégé que dans trois hardes, sur des terres ne représentant que 0,5 % de son aire de répartition d’origine au Canada;
  • rétablir le lien entre les peuples autochtones et le bison;
  • créer pour les visiteurs et les Canadiens de nouvelles occasions d’en apprendre davantage sur l’importance écologique et culturelle du bison.

Voyez le retour historique du bison à Banff dans le premier parc national du Canada.

 


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