Les microplastiques sont de petits morceaux de plastique qui proviennent de nombreux produits utilisés tous les jours, qu’il s’agisse d’articles de toilette ou de contenants d’aliments. Ils se retrouvent dans nos océans, nos lacs et nos rivières—ce qui inquiète nos scientifiques.


Imaginez si l’homme fourmi (Ant Man) se rapetissait jusqu’à la taille d’un grain de riz et plongeait dans un réservoir d’eau de mer prélevée dans une région côtière densément peuplée.

Il pourrait se retrouver à nager à travers une étonnante quantité de débris.

Il pourrait se heurter à des fragments de mousse aussi grosses (selon son impression) que des ballons de plage —les restes de contenants de café et de contenants d’aliments. Il pourrait s’emmêler dans les fibres de vêtements de plastique, comme le molleton et les couches. Il pourrait devoir nager autour de fragments de plastique provenant de filtres de cigarettes.

Et qu’il reste à la surface ou plonge sous l’eau, cela ne changerait rien. Les débris seraient tout autour de lui, y compris dans le fond du réservoir.

Les microplastiques (de petits morceaux de plastique de moins de cinq millimètres) sont trop petits pour être extraits par nos systèmes de filtration d’eau. En conséquence, ils sont déversés dans nos lacs, nos rivières et nos océans.

Les brûlots du monde du plastique


Deux personnes utilisent une passoire pour filtrer les granules microplastiques du sable de la plage.

Enlèvement des microplastiques à l’aire marine nationale de conservation du Lac Supérieur

Ceci cause des inquiétudes aux scientifiques, comme M. Marlow Pellatt, spécialiste en restauration écologique auprès de Parcs Canada. M. Pellatt étudie les microplastiques contenus dans la boue, le sable et le limon du littoral de la réserve de parc national Pacific Rim.

De concert avec des collègues du gouvernement fédéral et de l’Université Simon Fraser, M. Pellatt s’est également penché sur les concentrations de microplastiques dans l’habitat du fond marin d’un petit poisson de la côte Ouest appelé le lançon du Pacifique, qui vit dans la mer des Salish.

Le jour, le lançon nage à la manière d’une couleuvre à travers la colonne d’eau, s’alimentant de créatures marines qui sont aussi petites que l’homme fourmi (ou plus petites). La nuit, il se terre dans le fond marin pour dormir.

Les chercheurs ont examiné les concentrations de microplastiques dans les sédiments à diverses profondeurs d’eau et distances par rapport à la rive. De façon générale, ils ont constaté de plus fortes concentrations de microplastiques dans les habitats d’enfouissement du lançon que dans les autres zones.

Types de microplastiques courants

  • Microfibres : minuscules fibres de vêtements de plastique, comme du molleton et des couches
  • Fragments : morceaux de plus gros déchets de plastique qui se sont décomposés
  • Nodules : pastilles de plastique utilisées pour fabriquer de plus grosses pièces de plastique
  • Mousse : petits morceaux de contenants de café et de contenants d’aliments
  • Microbilles : minuscules particules de plastique présentes dans les articles de toilette et les produits de santé
Une image microscopique d'une fibre rouge.
Une microfibre trouvée dans un échantillon de sédiment prélevé à la réserve de parc national Pacific Rim

Les microplastiques peuvent être les restes de débris de plastique de plus grosse taille qui se sont décomposés, ou les minuscules composantes de produits utilisés chaque jour, comme les vêtements et les articles de toilette.

Les microplastiques ne sont pas restreints aux eaux entourant les zones peuplées. Des études récentes donnent à entendre que la glace polaire pourrait faire fonction d’évier pour les microplastiques. À mesure que la planète se réchauffe et que la glace marine fond, ces microplastiques pourraient être rejetés dans l’environnement.


Un scientifique chevronné expliquant un schéma mural à un jeune homme.
M. Marlow Pellatt en compagnie du jeune ambassadeur de Parcs Canada de 2018, Joe McLeod

Mais il y a de bonnes nouvelles en ce qui concerne les microplastiques.

Les microbilles —minuscules particules de plastique qui se trouvent dans les articles de toilette—ont été frappées d’interdiction par le gouvernement du Canada à compter de juillet 2018. Il est maintenant interdit de les fabriquer, les importer ou les vendre au Canada. (Les microbilles contenues dans les produits de santé naturels et les médicaments en vente libre seront interdits à compter du 1er juillet 2019.)

C’est une première étape dans la lutte pour faire progresser le Canada vers zéro déchet de plastique.


Ce que vous pouvez faire : cinq façons simples de vous défaire de vos habitudes en matière de plastique

1. Si vous ne pouvez pas le réutiliser, refusez le. Lorsque vous commandez une boisson, dites que ne voulez pas de paille.

2. Devenez un acheteur sans plastique. Apportez des sacs réutilisables lorsque vous magasinez.

3. Gardez les substituts du plastique réutilisables à proximité. Échangez les bouteilles et les tasses jetables pour des tasses ou des bouteilles d’eau réutilisables

4. 4. Mettez le dans le bac. Recyclez et éliminez les déchets de façon appropriée. (À l’échelle mondiale, environ 90 pour cent des nouveaux produits de plastique sont fabriqués de combustibles fossiles. Le recyclage d’une tonne de plastique prévient jusqu’à deux tonnes de pollution causée par le carbone. )

5. Devenez un porte parole. Relatez à vos amis et votre famille ce que vous avez appris au sujet des menaces auxquelles font face les océans, les lacs et les rivières.