Imaginez si vous deviez traverser le lac Érié sur toute sa largeur! Ces 92 km nous semblent un obstacle quasi infranchissable, et pourtant le minuscule monarque, lui, arrive à faire un tel trajet. En fait, il ne traverse pas seulement les Grands Lacs, mais des pays entiers durant sa migration! Le voyage devient cependant de plus en plus difficile chaque année pour cette espèce en péril.

À l’automne, la migration permet au papillon d’échapper au froid : il quitte le Sud du Canada pour se rendre jusqu’au Mexique, où il passe l’hiver. Au printemps, une nouvelle génération de monarques parcourt des milliers de kilomètres depuis le Mexique jusqu’au Canada, traversant champs et montagnes aux États-Unis, et même les Grands Lacs, pour que le cycle puisse recommencer.

Qu’est-ce qui arriverait si les papillons arrivaient au Canada et ne trouvaient que de l’asphalte et des pelouses tondues? Ils n’auraient aucun endroit où se reposer et se remettre, et rien à manger. Parcs Canada met la main à la pâte pour éviter que cela se produise, mais nous avons besoin de votre aide!

Un monarque perché sur une eupatoire pourpre. 
Un monarque se reposant et se nourrissant dans le parc urbain national de la Rouge..

Incidence des paysages sur la migration

Heureusement, lorsqu’ils arrivent des États-Unis en traversant le lac Érié, beaucoup de monarques aboutissent au parc national de la Pointe-Pelée, extrémité la plus au sud du Canada continental et parc national présentant la plus grande diversité écologique au pays. Là, ils trouvent de la nourriture et des abris en abondance, et profitent d’un repos bien mérité après un long périple.

Certains papillons s’envolent ensuite vers le nord ou l’est. Ils gagnent parfois des refuges estivaux dans d’autres lieux gérés par Parcs Canada en Ontario, comme le parc national de la Péninsule-Bruce, le parc urbain national de la Rouge, le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne, etc.

Mais il ne s’agit toujours que d’étapes durant leur migration. Alors qu’ils poursuivent leur chemin au-delà des parcs nationaux, ils subissent les conséquences de la fragmentation du paysage. En effet, des parcelles d’habitat ou les liens qui unissaient celles-ci ont été détruits par l’aménagement urbain, les routes, l’agriculture industrielle et d’autres facteurs. Comme ils ont à se déplacer de plus en plus loin avant de trouver un habitat, les monarques ont encore plus de mal à arriver au bout de leur dur voyage.

Travaux menés par Parcs Canada pour aider le monarque

Pour aider cette espèce en péril et de nombreuses autres, l’Agence remet en état des écosystèmes, créant ainsi des parcelles d’habitat qui servent de points de passage. Ces haltes permettent aux animaux de se déplacer plus facilement dans leur milieu naturel. En plantant des arbres, des herbes et des fleurs sauvages indigènes dans les aires protégées, Parcs Canada crée un habitat où les oiseaux et les papillons migrateurs peuvent se reposer et s’alimenter avant de poursuivre leur périple.

Un bourdon perché sur une fleur d’herbe à souder.  
Un bourdon profitant d’un jardin de pollinisateurs dans le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne..

En collaboration avec des collectivités autochtones, des partenaires et des bénévoles, Parcs Canada a remis en état, dans les parcs nationaux de l’Ontario, plus de 40 hectares d’habitat de prés, de dunes côtières et de savane. Ces endroits jouent tous un rôle essentiel pour les pollinisateurs. Dans les cinq dernières années, nous avons aussi planté ensemble plus de 145 000 arbustes et arbres indigènes, et près de 18 000 herbes et fleurs sauvages indigènes.

Vous pouvez nous aider!

Les travaux effectués par Parcs Canada pour conserver et remettre en état des écosystèmes sains qui fournissent un habitat important ne sont qu’un élément parmi de nombreux autres. Vous pouvez nous aider à lutter contre la perte d’habitat en fournissant vous aussi des points de passage!

Imaginez si, après avoir quitté un parc national, un monarque trouvait dans votre cour, dans votre jardin en bac ou sur votre balcon une multitude de plantes indigènes. Il pourrait s’y poser pour se reposer et se ravitailler avant de poursuivre son chemin jusqu’à une autre aire protégée. Si chaque personne plantait ne serait-ce que quelques plantes ou fleurs sauvages indigènes, le périple de ce papillon en serait grandement facilité!

Un schéma montrant le parcours d’un monarque dans le sud de l’Ontario et l’importance de créer des zones d’habitat protégé. 
Un schéma montrant le parcours d’un monarque dans le sud de l’Ontario. Dans son parcours, il fait face à la fragmentation de son habitat. Son habitat a été morcelé par les maisons, les bâtiments de la ville et l’agriculture. Cependant et heureusement, le monarque est toujours en mesure de faire ce trajet grâce aux zones d’habitat protégé.

Pas besoin d’avoir une grande cour pour l’aider. Un petit jardin ou quelques plantes indigènes sur votre balcon peuvent s’avérer fort utiles, surtout en zone urbaine. Si vous n’avez pas de place à la maison, vous pouvez vérifier s’il y a un jardin communautaire dans votre quartier et y demander un lot.

Pour aider les pollinisateurs, nous recommandons de faire pousser une variété de plantes et de fleurs sauvages indigènes. L’asclépiade est tout particulièrement profitable aux monarques, car c’est la seule plante dont peut se nourrir sa chenille. Consultez les guides de plantation éco-régionaux de Pollinator Partnership Canada, ou encore l’outil Find Your Roots de l’organisme (en anglais seulement), pour obtenir des recommandations de plantes indigènes convenant à votre région. Vous pouvez également consulter la Liste de fournisseurs de plantes indigènes du Canada de la Fédération canadienne de la faune pour trouver des entreprises locales pouvant vous vendre des plantes et des semences.