L’épinette noire dépend du feu pour se régénérer. L’épinette noire dépend du feu pour se régénérer. Ses cônes sont scellés avec la résine. La chaleur intense du feu fait ouvrir les cônes et libère les graines.
© Parcs Canada

Gestion du feu

Le feu : une source de renouvellement

Les écosystèmes évoluent avec le feu depuis des milliers d’années. En fait, ils en dépendent pour se renouveler.

Un feu a des effets positifs sur un écosystème forestier, par exemple :

  • Il réduit les résidus de bois, les feuilles et les épines en une cendre nourrissante riche en minéraux.
  • Il élimine la couche d’humus, une couche épaisse de matière organique accumulée sur le tapis forestier, et expose le sol minéral, nécessaire à la croissance de nombreuses graines.
  • Il ouvre le couvert de la forêt et laisse pénétrer les rayons du soleil afin qu’ils réchauffent le sol et stimulent les nouvelles pousses.
  • Il élimine les espèces concurrentes et favorise l’établissement d’une nouvelle végétation.
  • Il peut faire augmenter l’humidité en surface et ainsi établir des conditions plus propices à la croissance des semis.
  • Il peut faire augmenter l’humidité en surface et ainsi établir des conditions plus propices à la croissance des semis.

Succession après un feu

Kalmia angustifolia Le kalmia à feuilles étroites domine les zones touchées par des feux de faible intensité.
© Parcs Canada

Le feu est un processus nécessaire dans la régénération de nos forêts. Grâce à lui, plusieurs espèces importantes dans le parc national Terra-Nova, notamment l’épinette noire et le pin rouge, peuvent se régénérer et connaître une nouvelle croissance.

Dans une forêt saine, différents secteurs de la végétation en sont à des étapes différentes de succession. Cette mosaïque d’habitats est propice à une grande variété d’espèces animales et végétales.

En l’absence de feu, ou si un feu survient, mais qu’il est réprimé, on voit l’apparition et la colonisation d’espèces comme le kalmia à feuilles étroites (Kalmia angustifolia) dans nos forêts. Le kalmia, également connu sous le nom de crevard de mouton, est un arbuste de sous-étage qui pousse peu après un feu. Le kalmia empêche la régénération d’autres espèces d’arbres, comme l’épinette noire, en consommant tous les nutriments du sol, en accaparant l’espace pour croître et en libérant des composés chimiques dans le sol, lesquels entravent la croissance et l’établissement d’autres espèces. Cela mène à la formation de landes à kalmia, ou de zones dominées par le kalmia.

Tous les feux, exception faite des plus dévastateurs, favorisent la croissance de landes à kalmia. Par conséquent, les feux les plus dévastateurs donnent lieu à la réduction de la couche d’humus, nécessaire pour empêcher les landes de kalmia.

Parc national Terra-Nova

Une longue tradition de répression des feux dans le parc national Terra-Nova avant et après son établissement a modifié les processus naturels de ses forêts.

Aujourd’hui, une proportion aussi élevée que 85 % des écosystèmes forestiers du parc a plus de 100 ans. Certains arbres ont jusqu’à 240 ans.

La forêt du parc national Terra-Nova n’a pas de peuplement qui en est aux premières étapes et aux étapes intermédiaires de succession. Or, ces jeunes peuplements favoriseraient l’établissement d’espèces sauvages autres que celles vivant dans les peuplements se trouvant à une étape plus avancée de succession.

Sans une variété dans son habitat, la forêt ne peut favoriser la croissance de plusieurs de ses espèces végétales et animales indigènes.

Par souci d’intégrité écologique, le parc national Terra-Nova a pris la décision de réintroduire le feu dans son écosystème forestier.

Feu dirigé

Paruline à couronne rousse et jeune cerisier de Pennsylvanie Paruline à couronne rousse et jeune cerisier de Pennsylvanie
© Parcs Canada


 
Un feu dirigé consiste à mettre en place les conditions et les procédures nécessaires pour un brûlage sûr et l’atteinte des objectifs écologiques. Ces feux planifiés ont toutes les caractéristiques d’un feu naturel et influencent de manière positive la régénération de la forêt, sans poser de risque au public, aux infrastructures et aux espèces sensibles.

 

 


Les valeurs humaines, les régimes météorologiques, les conditions des combustibles, la topographie, le comportement du feu, les objectifs écologiques et les capacités de maîtrise du feu sont tous des facteurs pris en considération dans la planification d’un feu dirigé.

Pourquoi ne pas adopter une approche consistant à « laisser brûler » le feu jusqu’à ce qu’il s’éteigne de lui même?

Afin d’assurer la sécurité publique, il est déconseillé d’adopter une approche consistant à « laisser brûler » un feu jusqu’à ce qu’il s’éteigne de lui-même. Pour qu’un feu naturel atteigne les résultats escomptés, le climat doit être sec, les températures doivent être élevées et le taux d’humidité doit être faible. Or, ces conditions posent un risque pour la sécurité publique lorsqu’il s’agit d’un incendie de forêt.

Le parc national Terra Nova a été divisé en trois zones de gestion du feu. Ces zones déterminent quelle mesures seront prises si une incendie de forêt se produit.

  • Ce n’est que dans les zones prédéterminées bénéficiant de conditions géographiques et d’une configuration des vents précises et se trouvant à bonne distance des régions peuplées que la politique consistant à laisser brûler un feu jusqu’à ce qu’il s’éteigne sera appliquée.
  • Les autres zones sont des zones contrôlées où seuls des feux dirigés respectant des conditions et une planification adéquates seront réalisés.
  • Les zones restantes sont exclues de tout feu.

Plans de brûlage dirigé

Si les conditions le permettent, le parc national Terra-Nova continuera de procéder à des feux dirigés dans les années à venir. Ceux-ci ne seront réalisés que si les conditions météorologiques et les conditions des combustibles figurant dans les exigences relatives au feu sont respectées.

Mesure de la profondeur de brûlage  Mesure de la profondeur de brûlage (pour éliminer les plants de kalmia)
© Parcs Canada