Le pin à écorce blanche et le pin flexible sont des espèces clés des écosystèmes de montagnes. Ces arbres jouent un rôle extrêmement important : ils fournissent de la nourriture et un abri à des animaux sauvages, stabilisent les pentes et retiennent le manteau neigeux. Ils permettent ainsi à d’autres plantes d’avoir accès à de l’eau et contribuent à prévenir les inondations au printemps.

À l’heure actuelle, le pin à écorce blanche et le pin flexible doivent surmonter un grand nombre d’obstacles pour survivre. Leur population est en déclin, et ils risquent de disparaître à jamais. Leurs principales menaces sont la rouille vésiculeuse du pin blanc (un champignon non indigène), la suppression du feu, le dendroctone du pin ponderosa et le changement climatique.

Planter l’avenir : Sauver le pin à écorce blanche et le pin flexible

Transcription

« Le vrai sens de la vie, c’est de planter des arbres à l’ombre desquels on ne s’attend pas à s’asseoir. » [traduction]

Quelques pins à écorce blanche

des Rocheuses canadiennes ont atteint l’âge d’environ 1 000 ans.

Soleil qui brille à travers un pin souple.

Ces arbres ont été témoins d’un nombre

incroyable de changements dans le monde depuis l’époque où ils étaient des semis comme

ceux que nous plantons.

Planter l’avenir

Femme conduisant un cheval de bât sur une montagne

Le pin à écorce blanche et le pin flexible sont des espèces en voie de disparition.

Sept parcs nationaux ont uni leurs efforts pour rétablir, surveiller et protéger ces espèces spéciales.

En regardant un hélicoptère dans les montagnes et les nuages ​​de la vallée.

Tous les parcs des montagnes, c’est-à-dire

les parcs des Lacs-Waterton, du Mont-Revelstoke et des Glaciers et les parcs Kootenay, Yoho,

Banff et Jasper – nous travaillons tous ensemble. Nous comptons les uns sur les autres

Le personnel des parcs fait de la randonnée et grimpe sur un pin à écorce blanche.

pour rétablir ensemble le pin à écorce blanche et le pin flexible.

Le pin à écorce blanche est une espèce

Brenda Shepherd, biologiste, parc national Jasper

pionnière. Sur les parcelles qu’il colonise,il crée souvent de petits îlots d’arbres,

qui permettent à d’autres espèces de s’établir à sa suite.

Allison Fisher, biologiste, parc national Yoho

[ALLISON] Ce que j’aime le plus du pin à

écorce blanche, c’est que le cassenoix d’Amérique est presque entièrement responsable

de sa régénération.

Hilary Cameron, biologiste, parc national Banff

[HILARY]J’adore le fait qu’il arrive à pousser dans ces secteurs hostiles et exposés

aux intempéries, qu’il soit si résilient et qu’il vive pendant des centaines d’années.

Genoa Alger, biologiste, parc national des Lacs-Waterton

[GENOA] Un jour, nous avons découvert un

pin flexible qui poussait tout droit dans une falaise. Il survit, et il prospère!

Rebecca Smith, biologiste, parc national Banff

[REBECCA]Ces arbres jouent un rôle absolument

crucial chez les communautés végétales,les communautés animales, les communautés

de sol – et probablement d’autres communautés que nous ne connaissons pas encore. [Rire]

 et probablement d’autres communautés que nous ne connaissons pas encore.  

[BRENDA] Le cassenoix d’Amérique et le pin à écorce blanche ont une relation très

importante, qui porte le nom de mutualisme. C’est très rare, dans la nature, de voir

deux espèces qui dépendent l’une de l’autre pour leur survie. Les cônes ne peuvent pas

s’ouvrir tout seuls. Le cassenoix a un bec spécialisé qui lui permet de les ouvrir.

Le casse-noix d'Amérique cueille des graines de cônes de pin à écorce blanche.

Ensuite, il s’envole vers différentes parties de la forêt, où il dépose les graines.

Des mois plus tard, il revient et trouve l’endroitexact où il a caché les graines et les extrait

Rebecca walks through a stand of old White bark Pines.

du sol pour les manger. Celles qu’il ne mange pas deviennent des semis de pin à écorce blanche.

Rebecca traverse un peuplement de vieux pins à écorce blanche.

Elles ont évolué ensemble, ces deux espèces,pendant des dizaines de milliers d’années.

Le pin à écorce blanche et le pin flexible sont exposés à de nombreuses menaces.

La menace la plus meurtrière est un champignon envahissant appelé rouille vésiculeuse du pin blanc.

[ALLISON] Alors, on peut voir cette branche

Allison montre une branche malade d'un arbre à écorce blanche.

en forme de fuseau. Il y a beaucoup de renflements, de l’écorce rugueuse, et on voit un peu

de rouille inactive qui a suinté. Et là, cette partie de la branche est complètement morte.

[BRENDA] Ces arbres n’ont pas évolué avec

la rouille vésiculeuse du pin blanc, et c’est essentiellement pour cette raison que cet

arbre est devenu une espèce en voie de disparition. Ce champignon a été introduit au début

du XXe siècle, et l’arbre n’a tout simplement pas les défenses nécessaires pour lutter contre la maladie.

Nous nous faisons du souci pour ces grandesforêts fantômes. Si ce sont des forêts

fantômes, il n’y a peut-être pas assez de pins à écorce blanche pour attirer des

cassenoix, et, sans cassenoix, il n’y a pas d’avenir.

Nous grimpons aux arbres au début de l’été,

et nous plaçons des cages sur les cônes. Quand les cônes arrivent à maturité, les

oiseaux et les écureuils ne peuvent pas les manger. À la fin septembre, nous grimpons

de nouveau aux arbres pour prélever les cônes. Une fois que les cônes ont séché, nous

en extrayons les graines. Nous les envoyons à une pépinière, qui les fait germer et

prend soin des semis pendant deux ans.

Des employés de Parcs Canada plantent des arbres.

Nous voulons planter assez d’arbres à une densité suffisante pour que, dans 80 ans,

nous ayons une forêt d’arbres producteurs de cônes qui attireront des cassenoix d’Amérique.

Et ces oiseaux continueront d’assurer la survie de ces peuplements. C’est de cette

manière que nous rétablirons des peuplements autosuffisants de pins à écorce blanche.

C’est l’espoir qui nous motive à conserver

une attitude positive à propos du travail que nous faisons. Personne d’entre nous

ne sera encore vivant pour savoir si nos efforts auront porté leurs fruits.

Depuis 2014, Parcs Canada a planté plus de 60 000 semis de pin à écorce blanche et de pin flexible dans les parcs nationaux des montagnes. Ces travaux se poursuivront pendant des années à venir.


 

Pin à écorce blanche

Pin flexible

Aiguilles : Grappes de cinq Aiguilles : Grappes de cinq
Habitat : Limite forestière et environs Habitat : Sous la limite forestière
Cônes : De 5 à 8 cm de longueur et de couleur violet foncé Cônes : De 7 à 15 cm de longueur et de couleur brun pâle
Longévité : Jusqu’à 1 000 ans Longévité : Jusqu’à 1 000 ans
Situation selon la LEP : Espèce en voie de disparition Situation selon la LEP : Recommandation du COSEPAC : Espèce en voie de disparition

Un superaliment

Les cônes du pin à écorce blanche et du pin flexible sont une excellente source de nourriture. À l’intérieur, il se cache des graines nutritives, remplies de protéines et de matières grasses. Un grand nombre d’animaux, comme les ours, les écureuils et les oiseaux, dépendent de ces graines.

 

Un partenariat important

Le cassenoix d’Amérique joue un rôle clé dans la dispersion des graines.

Les cônes du pin à écorce blanche ne peuvent pas s’ouvrir d’eux-mêmes. À l’aide de son bec long et pointu, le cassenoix d’Amérique les ouvre et en retire les graines. Il en mange certaines et cache les autres sous la terre pour plus tard. Les graines oubliées germent et produisent de nouveaux arbres.

Les cônes du pin flexible peuvent s’ouvrir tout seuls, mais les graines n’ont pas d’ailes et ont donc besoin d’aide pour se disperser. Des animaux comme le cassenoix d’Amérique transportent les graines vers d’autres endroits, où elles pourront germer et devenir de nouveaux arbres.

Pourquoi ces arbres sont-ils en danger?

La menace la plus meurtrière : Rouille vésiculeuse du pin blanc

Cette maladie fongique a été introduite d’Europe au début du 1900e siècle. Elle a tué un grand nombre de pins à écorce blanche et de pins flexibles un peu partout en Amérique du Nord. Le champignon s’en prend d’abord aux aiguilles, puis il se propage, attaquant les tissus et perturbant le flux des nutriments. Les vésicules – des ampoules de couleur orange sur l’écorce – sont un signe d’infection. Comme le champignon a été introduit d’Europe, les arbres n’ont pas évolué avec cette maladie. Moins de 1 % des pins à écorce blanche et des pins flexibles sont naturellement résistants à la rouille.

  • Suppression du feu – Autrefois, les forêts brûlaient plus souvent, mais la plupart des feux étaient petits et de faible intensité. Ils créaient des clairières ensoleillées et de bonnes conditions de croissance pour les deux espèces de pins. Les pratiques antérieures d’extinction systématique des incendies ont changé la situation. De nombreuses forêts sont maintenant denses et sombres. Elles ne procurent qu’un habitat de piètre qualité au pin à écorce blanche et au pin flexible, et elles alimentent d’énormes incendies aux effets dévastateurs.
  • Dendroctone du pin ponderosa – Ce petit ravageur fait partie intégrante de forêts en santé dans l’Ouest canadien. Cependant, le réchauffement du climat et la suppression du feu sont venus rompre l’équilibre. Les infestations de dendroctones prennent aujourd’hui de l’ampleur et se propagent en altitude. Du coup, le pin à écorce blanche et le pin flexible sont attaqués plus souvent que par le passé.
  • Changement climatique – Le changement climatique agit de différentes manières sur les écosystèmes de montagnes. Par exemple, les perturbations naturelles comme le feu, le dendroctone du pin ponderosa et la sécheresse prennent des proportions extrêmes. De plus, les essences de faible altitude peuvent maintenant pousser sur des pentes plus élevées, où elles font concurrence au pin à écorce blanche et au pin flexible pour les ressources.  

Que fait Parcs Canada pour venir en aide aux pins?

Sept parcs nationaux unissent leurs efforts pour sauvegarder le pin à écorce blanche et le pin flexible : les parcs nationaux Jasper, Banff, Yoho, et Kootenay ainsi que les parcs nationaux des Lacs-Waterton, Mont Revelstoke et des Glaciers. Comme les arbres sont exposés à de multiples menaces, nous agissons sur plusieurs fronts.

Prélèvement de cônes et plantation

D’abord, nous identifions les arbres qui présentent une résistance naturelle à la rouille vésiculeuse du pin blanc. Ensuite, nous grimpons aux arbres et plaçons des cages protectrices autour de certains cônes. Lorsque les cônes arrivent à maturité, nous les prélevons et en retirons les graines. Certaines sont envoyées à des pépinières, tandis que d’autres sont conservées dans une banque de semences. Dans les pépinières, il faut faire preuve de patience. Après deux années de croissance, bon nombre des minuscules semis sont replantés dans les parcs nationaux. Les autres sont soumis à des analyses qui permettent de vérifier le degré de résistance à la rouille vésiculeuse.


Surveillance de la rouille vésiculeuse

Parcs Canada a délimité plus de 300 transects pour la surveillance à long terme de l’état de santé du pin à écorce blanche et du pin flexible. Ces parcelles sont réparties un peu partout dans les Rocheuses canadiennes et la chaîne Columbia. Nous y faisons des relevés tous les cinq ans pour vérifier l’évolution des infections de rouille vésiculeuse. De plus, chaque parc surveille ses propres arbres « plus » (ceux qui sont naturellement résistants à la rouille vésiculeuse du pin blanc), pour s’assurer qu’ils restent en santé.


Gestion du feu

Le feu est une composante importante des écosystèmes de montagnes, et il procure de nombreux bienfaits au pin à écorce blanche et au pin flexible. Par exemple, il élimine les autres essences qui leur font concurrence, et il crée des clairières qui attirent les cassenoix d’Amérique. Parcs Canada a recours aux brûlages dirigés et à la gestion du feu pour rétablir le feu dans le paysage. Nous exécutons aussi des projets d’éclaircie mécanique pour créer des milieux ouverts dans des secteurs où il serait dangereux d’entreprendre des brûlages. Dans l’ensemble, ces travaux créent un bon habitat et de bonnes conditions de croissance pour le pin à écorce blanche et le pin flexible.


Protection par les phéromones

Les phéromones sont des substances chimiques que produisent les animaux pour communiquer entre eux. Parcs Canada utilise un composé chimique naturel appelé verbénone pour communiquer avec le dendroctone du pin ponderosa. Nous en fixons de petits sachets sur des pins à écorce blanche et des pins flexibles de grande valeur. Les sachets de verbénone protègent les arbres en transmettant un message aux ravageurs : « Passez votre chemin; cet arbre est déjà occupé! »


Ce que nous avons accompli dans les sept parcs nationaux des montagnes :
Dernière mise à jour : Le 21 avril 2022

  • Nbre de semis de pins à écorce blanche plantés : 55 634
  • Nbre de semis de pins flexibles plantés : 12 689
  • Nbre de pins à écorce blanche qui pourraient être résistants à la rouille vésiculeuse : 773
  • Nbre de pins flexibles qui pourraient être résistants à la rouille vésiculeuse : 75
  • Superficie de l’habitat régénéré (par les brûlages dirigés, l’éclaircie mécanique et la plantation d’arbres) : ~816 ha

Votre contribution

Les chercheurs se servent des données de science citoyenne saisies dans l’application iNaturalist pour brosser un  tableau des lieux de croissance du pin à écorce blanche et du pin flexible et pour savoir quels arbres sont infectés par la rouille vésiculeuse du pin blanc. Vous pouvez contribuer à ce travail! Téléchargez l’appli iNaturalist et créez un compte. Apprenez à identifier le pin à écorce blanche et le pin flexible ainsi qu’à reconnaître les signes de la rouille vésiculeuse. Ensuite, consignez vos observations pendant votre prochaine randonnée dans les montagnes.

Mais n’oubliez pas : il faut toujours prendre soin de ne pas mutiler ou amputer les arbres!


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