L’ensemble de la nature est interconnecté. Mais parfois les choses se déconnectent.

Les animaux sauvages vivant dans les parcs nationaux franchissent sans cesse les limites de ceux-ci afin d’accéder à ce dont ils ont besoin pour survivre. Mais les routes et les voies ferrées compliquent le déplacement des animaux sauvages d’une zone à l’autre. Les barrages peuvent interrompre le débit des ruisseaux et des rivières. L’exploitation forestière, l’exploitation minière et le développement urbain peuvent entraver le déplacement de nombreux animaux, qu’ils se déplacent sur de grandes distances (oiseaux, grizzlis, loups) ou qu’ils se rendent simplement à l’étang local (tortues et grenouilles).

Lorsque les êtres vivants peuvent se déplacer librement, les populations peuvent se mélanger, ce qui contribue à maintenir les populations saines ainsi qu’une diversité génétique. Les semences végétales peuvent se disperser. Les rivières et les ruisseaux peuvent réalimenter les lacs. Et les animaux sauvages peuvent se déplacer pour trouver un habitat plus favorable, ce qui est essentiel dans un contexte de changements climatiques.

La connectivité écologique concerne...

  • le maintien de « la possibilité pour les espèces de se déplacer sans entrave et le flux de processus naturels qui préserve la vie sur terre » (extrait de la Convention sur la conservation des espèces migratrices)
  • la protection des corridors d’habitat qui relient les paysages fragmentés
  • réduire l’incidence des habitats fragmentés qui empêchent les espèces de se déplacer et d’interagir sur de vastes espaces
  • la création de liens nécessaires pour conserver la biodiversité, favoriser l’intégrité écologique et soutenir le rétablissement des espèces en péril

La nature a besoin de ses connexions, grandes et petites, tout comme les humains ont besoin des leurs. Ces connexions sont les artères du monde vivant, aidant la vie à circuler et oxygénant des écosystèmes entiers. Voici quelques façons dont Parcs Canada et ses partenaires améliorent la connectivité écologique.

Rétablissement du flux

Un employé de Parcs Canada agenouillé près d'un ruisseau.
Plantation de parcelles expérimentale de graines indigènes au ruisseau Cascade dans le parc national Banff.

 

C’est un petit ruisseau pour l’humain, mais un pas de géant pour la connectivité

Le ruisseau Cascade, dans le parc national Banff, était autrefois la rivière Cascade, et abrite deux espèces de poissons indigènes, l’omble à tête plate et la truite fardée versant de l’ouest. Mais la rivière a été endiguée en 1941 avec la construction du barrage Minnewanka. Le barrage a transformé la rivière en ruisseau, et est devenu un ruisseau minuscule et lent de surcroît. Son débit a été réduit de plus de quatre-vingt-dix-neuf pour cent, et les truites ont disparu.

Banff et ses partenaires ont restauré le ruisseau Cascade en réparant l’habitat du cours d’eau, en améliorant les infrastructures et en éliminant les poissons non indigènes. Les truites indigènes seront réintroduites en 2022.

Non seulement les travaux ont permis de rétablir le débit du ruisseau Cascade (et donc l’ensemble de l’écosystème), mais les nouvelles canalisations et les nouveaux ponceaux ont réduit les risques d’inondation dans la région.

Franchir les limites 

Parc national Forillon
Panorama d’automne à l’intérieur du parc national Forillon, Québec.

 

Les animaux sauvages ne reconnaissent pas les limites des aires protégées, comme les parcs nationaux, car ils sont à la recherche de ce dont ils ont besoin pour survivre. Au contraire, ils font des allers-retours qui les amènent à franchir les limites des parcs pour accéder aux aires naturelles voisines. Cela devient un défi majeur pour la conservation des espèces qui sont toujours en mouvement.

Un défi que le parc national Forillon, au Québec, ne connaît que trop bien. La route provinciale 197 longe la frontière ouest du parc, le coupant du reste de la péninsule gaspésienne à l’est. La plupart des terrains situés le long de l’autoroute sont des propriétés privées, les développements résidentiels occupant le tronçon supérieur.

Cette route rend donc les déplacements difficiles pour les espèces à habitat étendu comme l’orignal, l’ours, le chevreuil, le lynx et la martre d’Amérique. Petit membre arboricole de la famille des belettes, la martre a besoin de se mouvoir à l’intérieur et à l’extérieur du parc pour explorer de nouveaux territoires.

Parcs Canada et Conservation de la nature Canada ont travaillé ensemble pour comprendre comment la faune se déplace dans le parc et pour trouver des moyens de faciliter ces déplacements. De ce travail est né le corridor écologique de Forillon, une bande de forêts de 240 hectares qui longe l’autoroute et relie le parc au reste de la péninsule.

En plus de suivre par radio-émetteur la martre d’Amérique pour savoir comment elle se déplace, Parcs Canada travaille avec des partenaires pour mieux protéger les liens entre Forillon et l’écosystème en général.

Importance de la collaboration avec les autres 

Un caribou blanc et brun, doté de son panache, regarde droit dans la caméra tandis que d’autres broutent la végétation au sol dans un paysage enneigé.
Caribous des bois dans leur manteau d’hiver sur les basses terres côtières du parc national du Gros-Morne.

 

Les animaux sauvages franchissent souvent les limites des aires protégées. Ils traversent des paysages entiers à la recherche de nourriture, d’eau, d’abris et de partenaires pour se reproduire. Pour protéger efficacement la faune, Parcs Canada doit collaborer avec d’autres intervenants pour relier, conserver et restaurer les habitats importants qui existent au-delà des limites de ses aires protégées. 

Il est essentiel de savoir où les espèces se déplacent pour les aider à accéder en toute sécurité à ce dont elles ont besoin pour survivre. Parcs Canada veut mieux comprendre les habitudes de déplacement et la connectivité des habitats du caribou des bois au parc national du Gros-Morne.

Parcs Canada travaille avec des partenaires pour collecter et analyser les données sur ses déplacements. La connaissance des schémas de déplacement du caribou a contribué à la création du parc provincial Main River Waterway, une zone située à l’extérieur du parc national du Gros-Morne.

  • Regardez le chemin qu’emprunte un caribou des bois lorsqu’il se déplace à l’intérieur et à l’extérieur des limites du parc national pour accéder à d’autres aires naturelles voisines.

Conservation caribou

Transcript

[Pépiements d’oiseaux en arrière-plan]. Deux caribous illustrés, un adulte et un veau, sont debout dans un boisé. Une carte illustrée du Canada apparaît en arrière-plan, avec un point identifiant le parc national du Gros-Morne, à Terre-Neuve. Une carte rapprochée montre ensuite les limites du parc national ainsi que les limites du parc provincial de la rivière Main, situé environ 20 km à l’extérieur du parc national du Gros-Morne. Les habitudes de déplacement d’un caribou sur une période de 15 jours commencent à se dessiner. Tout d’abord, les traces de caribou sont visibles dans la partie supérieure du parc national du Gros-Morne, avant de se déplacer vers l’est, à l’extérieur du parc, et éventuellement dans la voie navigable de la rivière Main. Le caribou se déplace ensuite à l’intérieur et à l’extérieur du parc provincial protégé avant de retourner vers l’ouest, au parc national du Gros-Morne, le 15e jour.

Les données sur les déplacements pour cette animation ont été généreusement fournies par Ressources naturelles Canada, la province de Terre-Neuve-et-Labrador et le ministère des Pêches, des Forêts et de l’Agriculture. 

Suivre les voyageurs du site

Photo de nuit d'un lynx dans la neige.
Un lynx filmé par une caméra à distance.

 

Nous ne pouvons aider les êtres vivants à se déplacer que si nous savons où et comment ils se déplacent. Ceci est particulièrement vrai pour les voyageurs de longue distance tels que le cougar, le grizzli, le lynx, le loup et le carcajou.

Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est de 1 322 caméras à distance réparties sur une zone de 75 000 kilomètres carrés. Cette initiative nécessite une collaboration.

L’Université du Montana, la Colombie-Britannique et Parcs Canada ont mis en commun leurs réseaux de caméras pour étudier les déplacements de ces mammifères sauvages emblématiques dans les Rocheuses. Les caméras sont un moyen non invasif de permettre aux chercheurs de déterminer comment ces espèces sont réparties dans le paysage et comment elles se déplacent.

Selon Jesse Whittington, l’écologiste de Parcs Canada qui supervise le projet, l’avantage de ce réseau de caméras est qu’il peut aider les chercheurs à étudier la connectivité et les facteurs qui influent sur les populations d’animaux sauvages à divers niveaux. Les données recueillies par les caméras fournissent des informations locales et régionales sur les déplacements de ces espèces. Le partage des données avec des collaborateurs internationaux permettra de dresser un tableau mondial de la connectivité et des déplacements de la faune.

Construire des écopasserelles

Se débarrasser de nos objets encombrants

Le tétras des armoises mâle.
Une diva a besoin d’une scène dégagée pour se produire! Un mâle tétras des armoises en train de s’exhiber au parc national des Grasslands.

Certains objets peuvent être une nuisance pour les humains, ils embourbent nos vies et obscurcissent nos horizons. Pour le grand tétras des armoises, cela peut être mortel.

Le parc national des Prairies, en Saskatchewan, abrite une petite population de cette espèce gravement menacée, connue pour sa parade nuptiale spectaculaire. Les structures construites par l’homme, telles que les dépendances, les lignes électriques aériennes et les clôtures, constituent une menace importante pour les tétras. Ces structures offrent des sites de perchage pratiques pour les prédateurs de l’oiseau, tels que les hiboux et les faucons. Les clôtures peuvent également être une source directe de mortalité pour les tétras, qui volent parfois droit dessus.

C’est ainsi que Grasslands s’est associé à SaskPower pour enlever les poteaux électriques en surface et mettre sous terre près de 11 kilomètres de lignes électriques. En outre, le parc a retiré 63,1 km de clôtures et a marqué 77,3 km supplémentaires de lignes de clôture, les rendant ainsi visibles pour les oiseaux.

En conséquence, la visibilité est meilleure et le risque d’incendie lié aux lignes électriques aériennes est bien moindre. La grande campagne est désormais encore plus vaste. Et ces oiseaux sont ainsi moins menacés par les prédateurs et les collisions.