L’Atlas du carbone de Parcs Canada nous aidera à mieux comprendre le rôle de nos aires protégées dans le captage, le stockage et la libération du carbone.


Tout atlas – du monde, du système solaire ou du corps humain – nous permet de visualiser la géographie de la situation. C’est exactement ce que fait l’Atlas du carbone de Parcs Canada pour le paysage du carbone.

Le dioxyde de carbone, qui est la principale cause des changements climatiques, est principalement produit par les activités humaines. Une quantité importante de carbone est également libérée par des processus qui se produisent dans la nature, comme la décomposition et les feux de forêt.

L’Atlas du carbone nous aide à comprendre le rôle global de nos aires protégées dans le captage et la libération du dioxyde de carbone.

Ce projet d’ensemble est le fruit du travail de Mme Tara Sharma, scientifique spécialiste des écosystèmes à Parcs Canada, en collaboration avec M. Werner Kurz et son équipe du Service canadien des forêts.

La première ébauche de l’atlas (couvrant les écosystèmes forestiers) sera mise à la disposition du personnel de Parcs Canada au printemps 2019.

En fait, Mme Sharma aimerait que l’atlas soit également mis à la disposition du public. « Ce serait un excellent outil pour voir l’équilibre carbone de toute aire protégée », dit-elle.

Un bosquet de jeunes arbres avec le soleil qui brille dans le feuillage.
La première partie de l’Atlas du carbone des parcs couvrira les écosystèmes forestiers.

Trouver le bilan du carbone

« Entrée du carbone, sortie du carbone ». C’est une façon simple de comprendre le processus au cœur des écosystèmes.

Les écosystèmes agissent comme des « puits » de carbone, absorbant le dioxyde de carbone par les arbres, les sols, les mousses et le phytoplancton (petites plantes et organismes végétaux vivant dans l’eau).

Mais les écosystèmes sont aussi des « sources » de carbone, libérant le gaz par des processus comme la décomposition et les incendies.

Carte du parc national Wood Buffalo comprenant des zones de couleur différente.

Une carte du carbone du parc national Wood Buffalo. Les différentes couleurs représentent différentes quantités de carbone stocké, le rouge indiquant les quantités les plus élevées et le bleu les plus faibles. Le vert clair représente les quantités moyennes de carbone stocké (200 à 250 tonnes par hectare).

Ce que nous ne connaissons pas vraiment, dit Mme Sharma, c’est le bilan du carbone. Est-ce qu’un parc en particulier dégage plus de carbone qu’il n’en stocke, ou vice versa?

Pour répondre à cette question, il faut des données, beaucoup de données.

Madame Sharma a fait ses calculs à l’aide d’inventaires forestiers ainsi que de renseignements sur les perturbations comme les feux de forêt, les infestations d’insectes et les feux dirigés. Ses données couvrent la période de 1990 à 2017.

Les renseignements sont saisis dans le modèle informatique mis au point par le Service canadien des forêts. Le modèle peut servir à estimer les stocks de carbone ainsi que les flux de carbone (le flux du carbone dans un écosystème et dans l’atmosphère).

Le résultat, c’est le bilan du carbone – une image des parcs qui sont des puits et des sources, pour la période de l’étude.

Un guide pour la restauration intelligente liée au carbone

L’atlas fournit une image de la répartition du carbone dans un parc particulier et peut donc servir de guide dans la planification, par exemple, du reboisement et d’autres types de restauration.

De façon plus générale, l’atlas nous aide à comprendre le paysage vivant du carbone et la façon dont il a évolué au cours des 28 dernières années.

Certains parcs non perturbés ont servi de puits de carbone pendant la période étudiée. Mais d’autres, notamment le parc national Wood Buffalo et le parc national des Lacs-Waterton, qui ont été touchés par d’importants feux de forêt au cours des dernières années, étaient des sources nettes de carbone pour la période.

Collectivement, dit Mme Sharma, « le puits rétrécit ». Les effets des changements climatiques, y compris l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des infestations d’insectes et des feux de forêt, réduisent la capacité des aires protégées de stocker et de retirer le carbone.

Une forêt au bord du lac avec des montagnes en arrière-plan.
L’Atlas du carbone est la contribution de Parcs Canada au Plan scientifique ciblé du Canada sur les changements climatiques.

Bien que la première partie de l’atlas couvre seulement les écosystèmes forestiers, les versions futures comprendront d’autres écosystèmes comme les prairies, la toundra, les tourbières, les zostères et les marais salés. Il couvrira les parcs nationaux ainsi que les aires marines nationales de conservation.

Un bon atlas nous montre où nous sommes et ce qui s’y trouve. Au cours des prochaines années, c’est ce que fera l’Atlas du carbone de Parcs Canada pour le paysage du carbone de nos aires protégées.

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