Création de la réserve de parc national Nááts’ihch’oh (2015)

Les parcs nationaux et les réserves de parcs nationaux visent à protéger et à mettre en valeur des exemples représentatifs des paysages et des phénomènes naturels des 39 régions naturelles du Canada. Parcs Canada cherche ainsi à protéger à tout jamais dans un réseau de parcs nationaux les endroits qui constituent d’importants exemples du patrimoine naturel du Canada et à favoriser chez le public la connaissance, l’appréciation et la jouissance de ce patrimoine, de manière à le léguer intact aux générations à venir.

Parcs Canada a entrepris de créer la réserve de parc national Nááts’ihch’oh afin de mieux représenter l’écosystème élargi de la rivière Nahanni Sud. La réserve de parc national Nááts’ihch’oh protégera un territoire de 4 895 km2 adjacent à la réserve de parc national Nahanni.

Une évaluation environnementale stratégique (EES) a été réalisée conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. Cette évaluation vise à intégrer les considérations environnementales à l’élaboration des politiques, des plans et des programmes publics, de manière à permettre la prise de décisions éclairées sur le plan écologique.

En 2008, Parcs Canada a signé un protocole d’entente avec les Dénés et les Métis du district de Tulita, dans le Sahtú, afin de négocier un plan des répercussions et des avantages, conformément à l’Entente sur la revendication territoriale globale des Dénés et Métis du Sahtú pour la création d’un parc national dans le territoire visé par l’entente. Des études de faisabilité ont permis de déterminer les valeurs liées à la conservation, notamment la faune et les paysages, et d’évaluer le potentiel minéral, pétrolier et gazier du territoire visé par le projet de parc. De vastes consultations ont été menées dans le cadre de journées portes ouvertes ainsi que de réunions avec les dirigeants dénés et métis du Sahtú, les Premières Nations du Dehcho et les Dénés kaskas. Des réunions ont également eu lieu avec des tierces parties, dont des voyagistes, des sociétés minières et des représentants de l’industrie ainsi que des organisations non gouvernementales de l’environnement. Le ministre de l’Environnement et les Dénés et Métis du Sahtú (district de Tulita) ont signé une entente sur les répercussions et les avantages en 2012.

Situé dans les Territoires du Nord-Ouest, Nááts’ihch’oh est un secteur d’une beauté incomparable qui revêt une grande importance écologique. Cette région, qui entoure le cours supérieur de la rivière Nahanni Sud, figure parmi les plus spectaculaires de la planète. La partie supérieure du bassin hydrographique occupe environ le sixième de la superficie de l’écosystème élargi de la Nahanni, lequel, malgré les pressions en faveur de l’aménagement, est demeuré une vaste aire de nature sauvage relativement intacte. La création de la réserve de parc permettra de protéger cet écosystème contre tout aménagement lié à l’exploitation minière ou à d’autres activités industrielles. La Loi sur les parcs nationaux du Canada précise que la préservation de l’intégrité écologique doit demeurer la priorité absolue dans tous les aspects de la gestion d’une réserve de parc national. Elle prévoit également l’élaboration d’un plan directeur dans les cinq ans qui suivent la création d’une réserve de parc. Il est prévu que le plan directeur sera axé principalement sur la protection de la nature sauvage. Les ressources culturelles seront gérées conformément à la Politique sur la gestion des ressources culturelles de Parcs Canada, ce qui leur garantira un niveau élevé de protection. Les ressources naturelles et culturelles seront soumises à une surveillance qui permettra d’assurer l’efficacité des mesures de gestion.

Une infrastructure modeste sera aménagée pour les visiteurs, et il se peut aussi que certaines installations viennent s’y ajouter pour faciliter la gestion du parc. Le plan directeur évaluera les besoins en matière d’infrastructure. Ce plan fera l’objet d’une EES qui mettra en relief les effets néfastes possibles de la mise en œuvre du plan sur l’environnement et les mesures d’atténuation à mettre en place. Chaque projet sera évalué en fonction des exigences de la Loi sur la gestion des ressources de la vallée du Mackenzie, qui prévoit une évaluation exhaustive des projets mis en œuvre dans les limites du parc national. Le Règlement sur la liste d’exemption exige l’évaluation d’un nombre plus élevé de projets à l’intérieur qu’à l’extérieur des limites d’un parc national.

L’accès se fera par aéronef, tant pour les visiteurs que pour le personnel chargé de la gestion du parc. Toutefois, ces activités n’auront probablement pas d’effets appréciables, compte tenu du faible niveau de fréquentation prévu. L’accès par aéronef à des fins de gestion du parc sera peu fréquent. Le plan directeur du parc évaluera les effets de la hausse du tourisme et délimitera des lieux d’atterrissage possibles.

Entre autres effets positifs, la création de la réserve de parc national Nááts’ihch’oh permettra de mieux protéger les ressources culturelles et naturelles. L’écosystème et les ressources culturelles seront soumis à une surveillance qui permettra de déceler les changements et d’orienter le choix des mesures de gestion à mettre en place dans le parc.

La création de la réserve de parc national Nááts’ihch’oh n’aura pas d’effets néfastes appréciables sur l’environnement. Elle assurera la protection d’une importante aire écologique et culturelle contre les effets environnementaux indésirables.