L’établissement d’une aire marine nationale de conservation dans le Lac Supérieur

Il ressort du libellé de laLoi sur les aires marines nationales de conservation du Canada que la vision du gouvernement du Canada est d’établir des aires marines nationales de conservation (AMNC) afin de protéger et de conserver des aires marines représentatives pour le plaisir et l'enrichissement des connaissances de la population canadienne et mondiale. Les AMNC contribuent à l’expansion des réseaux canadiens et mondiaux d’aires marines protégées et démontrent un engagement clair de commémorer à jamais ces endroits spéciaux comme élément de notre patrimoine.

L’entente fédérale-provinciale, qui se veut un cadre général de planification et de gestion, vise à établir une AMNC dans le lac Supérieur en ciblant une zone d’environ 10 000 km2, composée notamment du lit du lac, de hauts-fonds et d’îles. Une évaluation environnementale stratégique (EES) a été effectuée, en conformité avec la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. Le but de cette évaluation est de garantir que les questions environnementales seront intégrées aux politiques, aux plans et aux programmes publics à l’appui d’une prise de décision éclairée.

À la suite de vastes consultations menées auprès d’autres organismes gouvernementaux, des communautés côtières, des Premières nations et des intervenants, le projet de créer une AMNC a reçu un accueil favorable de la part du public. L’entente fédérale-provinciale établit les limites de l’AMNC, précise les rôles et les responsabilités du Canada et de l’Ontario dans la gestion future de l’aire et comprend des dispositions sur la gestion intérimaire et l’établissement d’un conseil consultatif de gestion et d’un comité d’harmonisation des activités fédérales-provinciales. On a signé un protocole d’entente distinct avec les Premières nations pour confirmer que celles-ci et Parcs Canada continueront de décrire en détail la participation des Premières nations à la planification et à la gestion, et les possibilités qui en découlent.

L’avantage environnemental le plus important pour la région est une meilleure protection et conservation du tiers de la superficie du lac Supérieur situé en territoire canadien. Des programmes d’éducation et de diffusion externe et de nouvelles possibilités d’expérience pour les visiteurs, de même que des activités de surveillance et de recherche améliorées, contribueront à enrichir nos connaissances et notre compréhension de cet écosystème d’eau douce important à l’échelle mondiale. Ensemble, ces avantages viendront appuyer le résultat stratégique visé par Parcs Canada, soit de veiller à ce que, grâce à des expériences enrichissantes, les Canadiens soient très attachés à leurs parcs nationaux, lieux historiques nationaux et aires marines nationales de conservation, et profitent de ces lieux protégés de manière à les léguer intacts aux générations d'aujourd'hui et de demain.

Parmi les avantages économiques associés à cette entente, mentionnons un investissement fédéral de 20 millions de dollars en dépenses en capital et 16 millions de dollars en coûts d’exploitation sur une période initiale de dix ans. La protection de l’environnement marin, dans un contexte d’utilisation écologiquement viable, est essentielle au bien-être social, culturel et économique des communautés côtières. À cette fin, on prévoit une légère croissance du tourisme, ce qui aura des retombées indirectes sur le secteur des services, l’emploi et la diversification économique.

La fréquentation accrue de l’aire pourrait avoir des incidences négatives sur les habitats aquatiques, les écosystèmes fragiles ou délicats des îles ou les épaves sous-marines. Parcs Canada gérera ces incidences potentielles par le biais de son processus de planification de gestion, de l’éducation, du zonage, des mesures réglementaires, de la conformité et de l’application de la loi, au besoin.

La signature de cette entente favorisera le maintien de la qualité de l’eau et de la diversité biologique dans le lac Supérieur, appuiera une approche de gestion écosystémique et contribuera à l’application du principe de la prudence, des concepts tout aussi importants l’un que l’autre pour assurer la protection de l’intégrité de l’environnement marin.