Inauguré en 1849, le canal de Saint-Ours et le barrage viennent compléter le canal de Chambly, en permettant de contourner le dernier obstacle à la navigation entre le fleuve Saint-Laurent et le lac Champlain. Ce canal, dernier maillon de la canalisation du Richelieu, est indispensable au développement du commerce régional, national et international qui, pendant environ un siècle, va emprunter cette voie d'eau.

Barges waiting next lockage. To the left, l'île DarvardDes barges attendent d'être éclusées en 1907.
© Archives nationales du Canada / PA-085652, 1907

C'est en 1829 que le gouvernement du Bas-Canada nomme les commissaires en charge de la direction des travaux aux canaux de Chambly et de Saint-Ours. Mais, suite à des problèmes économiques, administratifs et politiques, les travaux à Saint-Ours ne commencent qu'en 1844, soit quelques mois après l'ouverture du canal de Chambly. Enfin, à la mi-septembre 1849, le barrage et l'écluse de Saint-Ours sont complétés.

Vers le milieu du XIXe siècle, pour pallier la surexploitation des forêts du Vermont, les Américains importent de grandes quantités de bois. La rivière Richelieu voit défiler des centaines de barges pleines de bois en provenance des vallées de l'Outaouais et du Saint-Maurice. En retour, des bateaux remplis notamment de charbon de la Pennsylvanie prennent la direction de Saint-Jean-sur-Richelieu, Sorel, Montréal et Québec.

Le commerce régional tire également profit du canal et du barrage de Saint-Ours. Grâce à l'écluse, les périodes de basses eaux ne sont plus à craindre et toutes les paroisses situées en amont de Saint-Ours peuvent acheminer leurs produits agricoles vers Sorel et les villes et villages du Saint-Laurent.

Tout comme le canal de Chambly, celui de Saint-Ours joue un rôle sans cesse croissant jusqu'au début du XXe siècle, époque où le commerce fluvial canado-américain est à son apogée sur le Richelieu.

Puis, la concurrence du rail se fait de plus en plus vive. En 1918, les Américains inaugurent le « Barge Canal System », dont les écluses plus grandes permettent le passage de bateaux aux dimensions plus importantes. Les Canadiens tenteront d'harmoniser les canaux du Richelieu avec les dimensions des nouveaux canaux américains.

De 1929 à 1933, on construit l'écluse actuelle à Saint-Ours, à l'ouest de la première. Toutefois, les travaux d'agrandissement du canal de Chambly ne seront jamais complétés, ce qui limitera la navigation commerciale de plus en plus concurrencée par le rail et le camionnage.

Treize ouvriers sur le coffrage de bois qui retient le béton, lors de la construction de l'écluse actuelle du canal de Saint-Ours en 1931. Travaux de construction à l'écluse actuelle du canal de Saint-Ours en 1931.

Vers 1965, l'ancien barrage de bois construit en 1849, est trop endommagé pour régulariser efficacement le niveau d'eau du Richelieu. De 1967 à 1969, on construit donc un nouveau barrage dont le fonctionnement utilise une technologie alors unique en Amérique : c'est la pression de l'eau plutôt que l'utilisation directe de l'énergie électrique qui assure le déplacement des vannes du barrage.


La maison du SurintendantLa maison du Surintendant.
Jean Mercier / 2002

Mais les témoins du passé sont conservés : les vestiges de l'ancienne écluse, dont seule l'entrée nord-est est apparente, de même que la maison du Surintendant viennent rappeler la grande époque de la navigation commerciale sur le Richelieu.