Dessin illustrant le chargement de la frégate Le Machault

Dans un dernier effort pour soutenir sa colonie, la France dépêche une mission de secours en Nouvelle-France. Cinq navires marchands escortés par la frégate Le Machault appareillent du port de Bordeaux, le 10 avril 1760. Chargés de 2000 tonneaux de vivres et de munitions, les six voiliers transportent 400 hommes de troupe.

 

 

 

 

Dessin représentant une scène du combat naval

Au lendemain de son départ, la flottille doit s'éparpiller afin d'échapper aux vaisseaux britanniques qui maintiennent le blocus des côtes françaises. L'Aurore et Le Soleil sont arraisonnés. Deux semaines plus tard, Le Fidélité fait naufrage au large des Açores. Seuls Le Machault, Le Bienfaisant et Le Marquis-de-Malauze se retrouvent dans le golfe du Saint-Laurent, le 15 mai.

 

 

La stratégie

Illustration du commandant La Giraudais élaborant sa stratégie

Ayant appris que des navires britanniques l'avaient précédé, La Giraudais, commandant de l'expédition, décide de se réfugier à la tête de la baie des Chaleurs, hors d'atteinte des vaisseaux britanniques. Le 18 mai, il ancre la flottille dans l'estuaire de la rivière Ristigouche.

 

 

 

 

Dessin représentant des membres de la communauté micmaque

À cette époque, la petite agglomération de Ristigouche compte des réfugiés acadiens et quelque 150 familles micmaques. L'arrivée des navires français est providentielle pour cette population réduite à la famine. Nourrie et armée par les Français, elle se prépare à livrer bataille avec eux.

 

 

 

 

Vaisseaux de guerre britannique

De leur côté, les Britanniques dépêchent, de Louisbourg, une escadre de cinq vaisseaux de guerre commandée par le capitaine Byron. Le 22 juin, la flottille française se retrouve bloquée au fond de la baie des Chaleurs. Devant la supériorité britannique, La Giraudais retraite vers l'intérieur. Il espère que les vaisseaux britanniques, avec leur fort tirant d'eau, ne pourront s'engager dans le chenal donnant accès à l'estuaire.

 

 

 

Dessin illustrant le sabordage de goélettes

Une batterie de canons est aussi installée sur la rive nord de la rivière Ristigouche. Le Machault est gardé dans le chenal, derrière un barrage de goélettes que le commandant a fait saborder pour obstruer le passage.

 

 

 

L'affrontement

Dessin illustrant une scène du combat naval

Après plusieurs jours de tentatives pour trouver le chenal principal, les Britanniques réussissent, le 3 juillet, à se frayer un chemin. Le Machault doit se replier en amont. L'affrontement qui suit dure plusieurs jours, et la bataille est ponctuée de nombreux revirements.

 

 

 

 

Dessin illustrant le sabordage du Machault

Le 8 juillet, devant l'inéluctable, le commandant La Giraudais fait saborder Le Machault et Le Bienfaisant afin d'empêcher les Britanniques de s'emparer des vivres et des munitions. Sans la présence de prisonniers dans ses cales, Le Marquis-de-Malauze aurait subi le même sort.

 

 

 

La fin des espoirs

Dessin illustrant la capitulation des troupes françaises

Les secours tant attendus gisent maintenant au fond de la rivière. Privée de renforts et de ravitaillement, la Nouvelle-France capitule à Montréal le 8 septembre 1760. La nouvelle ne parvient à Ristigouche que le 23 octobre. Six jours plus tard, la petite garnison se rend.

C'est donc ici que fut scellé le sort de la Nouvelle-France en 1760.