Les premières décennies du 20e siècle représentent une sorte d’apogée dans l’histoire de Pointe-au- Père.

Gardien de phare, assistant-gardien, pilotes, ingénieur de signaux de brume…

Les services et installations d’aide à la navigation se multiplient, et le site bourdonne d’activités.

Station officielle de pilotage
Image en noir et blanc de deux petits immeubles
Le deuxième phare fut transformé en maison pour les pilotes
© Fonds Claveau, HR-13369, Musée régional de Rimouski

Les pilotes du Saint-Laurent s’installent à Pointe-au-Père de façon officielle en 1905. La construction d’un quai (1902-1905) permet en effet au gouvernement canadien de transférer la station de pilotage du Bic à Pointe-au- Père, en réponse aux demandes répétées des armateurs et propriétaires de compagnies de navigation.

En ce début de 20e siècle, le transport maritime connait une forte croissance avec plus de 1000 navires océaniques qui embarquent et débarquent leur pilote à Pointe-au-Père chaque année!

De 1923 à 1937, la station de pilotage de Pointe-au-Père prend en charge une partie des activités reliées à la station de quarantaine de Grosse- Île, soit l’inspection médicale des passagers. Le médecin-inspecteur du service de quarantaine, logé sur le site, emprunte alors la barque des pilotes pour aller inspecter l’état de santé des passagers de tous les navires remontant le fleuve.


La station de pilotage de Pointe-au-Père est transférée aux Escoumins en 1959.


Le lieu historique national du Phare-de-la-Pointe-au-Père fut malgré tout retenu comme lieu d’apposition de la plaque de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada commémorant l’importance historique nationale du rôle des pilotes du Saint- Laurent en l’an 2000.

Station Marconi
Image en noir et blanc d'une petite maison
La station Marconi
© Fonds Claveau, HR-13341, Musée régional de Rimouski

En 1906, on met en service à Pointe-au-Père une station de télégraphie sans fil Marconi. Pour le gardien de phare, cette innovation remplace avantageusement le code international de drapeaux et améliore la communication avec les navires. La station Marconi de Pointe-au-Père compte alors parmi les vingt postes de télégraphie sans fil opérés au pays par le gouvernement canadien.


La station Marconi de Pointe-au-Père cesse ses activités en 1959, lors du transfert de la station de pilotage aux Escoumins.

Le 29 mai 1914, la station Marconi de Pointe-au-Père capte les signaux de détresse de l’Empress of Ireland, qui coulera en 14 minutes au large de Sainte-Luce. Le naufrage de l’Empress of Ireland, causant la mort de 1 012 personnes, représente encore aujourd’hui la plus grave tragédie maritime de l’histoire canadienne.
Service hydrographique

On inaugure en 1894 une station de relevé des marées et des courants, appelée ultérieurement service hydrographique. C’est le gardien de phare lui-même qui effectue le relevé du mouvement des marées et de l’action des courants.

Pointe-au-Père sert ainsi de point de référence altimétrique à plusieurs agences canadiennes et américaines.


Le service hydrographique poursuit ses opérations jusqu’en 1985.

Un monument géodésique, apposé par l’Association canadienne d’hydrographie, commémore aujourd’hui l’importance des repères de nivellement de Pointe-au-Père dans l’établissement et le suivi des références altimétriques majeures en Amérique du Nord.