Quatre phares se sont succédé sur le site, en opération de 1859 à 1997. Le troisième phare, prenant l’aspect d’une tour octogonale blanche à arc-boutant, tout comme la tour à claire-voie (4e phare), fait encore aujourd’hui partie du paysage de la station de phare.

Avant le phare, la pointe des pilotes

Lorsqu’un navire entre dans le fleuve Saint-Laurent, le capitaine averti prend à son bord un pilote professionnel pour le conduire à Québec en toute sécurité. Cette pratique du pilotage sur le fleuve remonte aux premiers temps du Régime français. Les pilotes du Saint-Laurent, navigateurs d’expérience, connaissent en détail le fleuve, les courants, la direction des vents, les marées et les obstacles à éviter. Ils jouent donc, depuis le 17e siècle, un rôle primordial dans la navigation sur le fleuve Saint-Laurent.

Des pilotes commencent à travailler à partir de Pointe-au-Père dès 1805, et ce, même si le poste officiel de pilotage est alors situé au Bic. Cette préférence s’explique facilement : la pointe, avancée dans le fleuve, leur offre un point d’observation privilégié. Les pilotes de Pointe-au-Père, avantageusement localisés, sont ainsi les premiers à offrir leurs services aux capitaines des navires remontant le Saint-Laurent.

En 1861, les compagnies des lignes régulières entre l’Amérique et l’Europe choisissent même Pointe-au-Père comme lieu d’embarquement exclusif des pilotes de leurs navires à vapeur.

1859: le premier phare

C’est la Montreal Ocean Steamship Company qui fait construire, en 1859, le tout premier phare sur la Pointe-au-Père. À titre de transporteur exclusif du courrier entre Londres et Montréal, cette compagnie de navigation maintient déjà sa propre équipe de pilotes à Pointe-au-Père.

Le plat relief de la côte et les fréquentes périodes de brouillard l’incitent à y construire un phare équipé d’un feu et d’un signal de brume.

Le gouvernement canadien fera l’acquisition de ce phare deux ans plus tard, en 1861.

1867: le deuxième phare
Image en noir et blanc. Deux garçons jouent devant un immeuble.
© Fonds Claveau, HR-133510, Musée régional de Rimouski

La première tour, détruite dans un incendie, sera remplacée par une seconde en 1867.

Ces deux premiers phares de Pointe-au-Père sont construits suivant le même modèle : une maison en bois surmontée d’une tour abritant la lanterne.

Le gardien et sa famille habitent alors les étages inférieurs.





1909: le troisième phare: une structure avant-gardiste
Image en noir et blanc. Le phare de béton armé en construction.
Fonds Claveau, RH-13366, Musée régional de Rimouski

En 1909, on entreprend la construction d’un troisième phare, avant-gardiste et plus imposant. Sa tour octogonale s’élève à près de 28 mètres de hauteur, ce qui en fait l’un des plus hauts phares du pays. D’une architecture quasi unique au Canada, il demeure l’un des rares exemples de phare en béton armé doté de contreforts arc-boutés.

Le phare de 1909 est cédé à Parcs Canada en 1977. En 1979, Parcs Canada effectue des travaux de réfection majeurs au phare dans le but d’assurer sa conservation.

Ce troisième phare dresse toujours sa silhouette audacieuse et élégante au bord du Saint-Laurent. Repère visuel et identitaire important dans la région, le phare de Pointe-au-Père est un bâtiment historique d’une valeur architecturale et patrimoniale exceptionnelle.




1975: l'automatisation
Structure métallique
La tour à claire-voie, quatrième phare de Pointe-au-Père

En 1975, on érige à proximité de cette tour un quatrième phare, monté sur une tour à claire-voie.

Dorénavant automatisée, la station de phare ne nécessite plus que la visite sporadique d’un inspecteur.

Ce phare et le signal sonore demeureront en opération jusqu’à la fermeture de la station de phare, en 1997.