En 2016, un examen du plan directeur 2007 du Lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue a été entrepris et s'est révélé applicable à la gestion du site sans qu'aucune révision ne soit nécessaire. Le plan directeur 2007 du Lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue continuera de fournir une orientation de gestion stratégique pour le site jusqu'à la prochaine révision du plan directeur, dans dix ans ou plus tôt au besoin.

Table des matières

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le directeur général de Parcs Canada, 2007.

This publication is also available in English.

Plan directeur du Lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue

  • N° de cat. : R64-105/60-2006F
  • ISBN : 0-662-72842-4

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le plan directeur ou des questions connexes concernant du Lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue :


Addresse postale :
   Addresse postale Lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue
     P834 Chemin du Vieux-Fort
     Duhamel-Ouest QC J9V 1N7

Téléphone :
   Téléphone 819-629-3222

Téléphone :
   Téléphone 1-888-773-8888


Photos de la page couverture :

Parcs Canada / M. Rannou
Parcs Canada / C. Soucy


Avant-propos

John Baird, Le ministre de l’Environnement

Les lieux historiques nationaux, les parcs nationaux et les aires marines nationales de conservation du Canada offrent aux Canadiennes et aux Canadiens, d’un océan à l’autre, des occasions uniques d’explorer et de comprendre notre fabuleux pays. Ce sont des lieux d’apprentissage, de loisir et de plaisir, où la population canadienne peut renouer avec son passé et comprendre les forces naturelles, culturelles et sociales qui ont façonné notre pays.

Tous ces endroits, de notre plus petit parc national jusqu’à notre lieu historique national le plus visité et notre aire marine nationale de conservation la plus vaste, présentent à la population canadienne et aux visiteurs des occasions uniques d’explorer le Canada. Au cœur de l’identité canadienne, ils font partie de notre passé, de notre présent et de notre avenir. Ce sont des lieux d’apprentissage merveilleux et d’une grande beauté.

Notre gouvernement vise à assurer la conservation de tous ces lieux remarquables.

Dans l’avenir, nous voulons que ces endroits spéciaux aident la population à mieux comprendre et apprécier le Canada, tout en contribuant davantage à la santé économique de nos collectivités ainsi qu’à la vitalité de notre société.

La vision de notre gouvernement consiste à établir au Canada une culture de conservation du patrimoine, en offrant à la population canadienne des occasions exceptionnelles de faire l’expérience de son patrimoine naturel et culturel.

Ces valeurs constituent le fondement du nouveau plan directeur du lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue. Je suis très reconnaissant envers les Canadiennes et les Canadiens qui ont participé par leur réflexion à l’élaboration de ce plan. Je voudrais remercier en particulier l’équipe très dévouée de Parcs Canada de même que tous les particuliers et les organisations locales qui ont contribué à ce document, pour leur détermination, leur travail soutenu, leur esprit de collaboration et leur extraordinaire sens de la gestion du patrimoine.

Dans ce même esprit de partenariat et de responsabilité, j’ai le plaisir d’approuver le plan directeur du lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue.

John Baird
Le ministre de l’Environnement

Recommandations

Approbation recommandée par :

Alan Latourelle

Directeur général de l’Agence
Parcs Canada Agency

Francine Émond

Directrice — Unité de gestion de l’Ouest du Québec
Parcs Canada


1.0 Introduction

1.1 Le mandat de Parcs Canada et le cadre législatif

Agence fédérale relevant du ministre de l’Environnement, Parcs Canada a essentiellement pour mission d’assumer le mandat national et international du Canada en matière de reconnaissance et de conservation du patrimoine. L’Agence s’acquitte de son rôle en protégeant et en mettant en valeur divers aspects représentatifs du patrimoine naturel et culturel du Canada. Elle vise à en assurer l’intégrité écologique ou commémorative et à en favoriser la compréhension, l’appréciation et la jouissance, de manière à obtenir l’appui du public à la réalisation de son mandat et de ses objectifs.

Un des résultats les plus tangibles de l’action de Parcs Canada est le réseau des lieux historiques nationaux, auquel se rattache le lieu historique national du Canada du FortTémiscamingue. Parcs Canada administre 155 lieux historiques nationaux, dont 28 au Québec. Les lieux historiques nationaux sont gérés en fonction des objectifs suivants :

  • Favoriser la connaissance et l’appréciation de l’histoire du Canada grâce à un programme national de commémoration historique.
  • Assurer l’intégrité commémorative des lieux historiques nationaux administrés par Parcs Canada et, à cette fin, les protéger et les mettre en valeur pour le bénéfice, l’éducation et la jouissance des générations actuelles et futures, avec tous les égards que mérite l’héritage précieux et irremplaçable que représentent ces lieux et leurs ressources.
  • Encourager et appuyer les initiatives visant la protection et la mise en valeur de lieux d’importance historique nationale qui ne sont pas administrés par Parcs Canada.

En vertu de la loi créant l’Agence Parcs Canada de 1998, Parcs Canada est tenue de produire un plan directeur pour chaque lieu historique national qu’elle administre. Le plan directeur a essentiellement pour but d’orienter les interventions touchant à la protection, à la mise en valeur, à l’utilisation et à la gestion du lieu. L’élaboration du plan est encadrée par les Principes directeurs et politiques de gestion de Parcs Canada, et en particulier la Politique sur les lieux historiques nationaux et la Politique sur la gestion des ressources culturelles. Les objectifs stratégiques de Parcs Canada sont également pris en compte lors de l’élaboration d’un plan directeur. Celui-ci exprime donc, à l’échelle du lieu historique, les politiques générales de Parcs Canada tout en tenant compte des préoccupations et des points de vue du public.

La grande famille des lieux historiques nationaux du Canada comprend des endroits qui incarnent et révèlent de multiples facettes de notre histoire nationale, de son caractère, de son identité et de sa trame. Désignés par le ministre de l’Environnement à la recommandation de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada, nos lieux historiques nationaux fournissent un riche aperçu de la façon dont l’histoire a laissé son empreinte sur le territoire canadien. Le programme de commémoration de Parcs Canada s’applique à des lieux, mais aussi à des personnages et à des événements d’importance historique nationale. Ainsi, plus de 915 lieux historiques nationaux du Canada, plus de 590 personnes et plus de 365 événements de notre histoire ont été officiellement reconnus d’importance nationale.


1.2 Le plan directeur

Le premier plan directeur du lieu historique national du Fort-Témiscamingue remonte à 1990. Au cours des quinze dernières années, des découvertes majeures sont venues enrichir notre connaissance du lieu, notamment en ce qui concerne la présence des peuples autochtones à cet endroit depuis 5000 ans. De plus, un programme important de mise en valeur a été largement complété.

Un regard sur l’avenir

Le présent plan directeur a été préparé selon les dispositions du paragraphe 32.(1) de la Loi sur l’Agence Parcs Canada et sera revu selon les dispositions du paragraphe 32.(2) en 2011. Il a pour but de répondre aux obligations de l’Agence à l’égard de la loi. Il a pour but également d’amorcer la réflexion concernant l’avenir du lieu historique national du Fort-Témiscamingue sur un horizon de 15 ans. Une consultation en profondeur sera menée en 2007-2008 afin de recueillir les avis et conseils du milieu à cet égard. Le prochain plan directeur sera alors établi sur les bases de cette consultation pour mettre en œuvre la vision et définir les mesures de gestion retenues.

Contenu du présent plan directeur

Ce plan directeur comporte une brève présentation du lieu historique national, un constat de l’état actuel de ses ressources patrimoniales ainsi qu’un rappel des principaux outils de mise en valeur et autres services mis à la disposition des visiteurs. Le document comporte également des éléments d’analyse concernant la situation actuelle et il porte un regard vers l’avenir.


2.0 Le lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue

Le lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue est situé dans la municipalité de Duhamel-Ouest en Abitibi-Témiscamingue. Il occupe une pointe de terre d’une superficie de 27 hectares formée par l’étranglement du lac Témiscamingue. Il comprend des éléments de paysage et un nombre considérable de ressources archéologiques, visibles et enfouies, témoignant des occupations successives du lieu.

ieu, tel que défini par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada, commémore le rôle joué par ce poste de traite dans le commerce des fourrures pendant près de deux siècles. Il témoigne notamment de l’importante rivalité qui existe, aux XVIIe et XVIIIe siècles, entre Français et Anglais pour l’exploitation du réservoir pelletier de la Baie d’Hudson. Le poste rappelle également les activités de marchands indépendants au XVIIIe siècle et les monopoles successifs détenus dans ce commerce au Témiscamingue, au XIXe siècle, par les compagnies du Nord-Ouest et de la Baie d’Hudson.

Le site du Fort-Témiscamingue a été désigné d’importance historique nationale en 1967. Le gouvernement canadien a fait l’acquisition de la propriété présentement administrée par Parcs Canada en 1970 Footnote 1. La plaque de la Commission que l’on retrouve présentement sur le site a été installée en 1977.

entiellement réduit à des vestiges archéologiques, l’établissement qui occupait l’emplacement du lieu historique national échappe aujourd’hui presque entièrement au regard des visiteurs. Des campagnes de fouilles successives en ont révélé partiellement la présence, notamment par les nombreux restes de bâtiments et la quantité importante d’artefacts mis au jour. Des traces d’occupations plus anciennes témoignant de la présence autochtone sur le site ont également été mises en lumière dans presque tous les secteurs où des fouilles ont été effectuées.

La mise en valeur, telle qu’on la connaît aujourd’hui, est le résultat d’un programme intégré de développement mis en œuvre depuis 1997. Ce programme permet de communiquer non seulement les messages reliés avec l’objectif de commémoration, mais également les autres valeurs patrimoniales du lieu.

Compte tenu des exigences liées à la conservation des ressources archéologiques, la mise en valeur et l’interprétation du lieu s’articulent largement autour de quelques témoins authentiques de son histoire et emploient différents moyens contemporains pour présenter les messages d’importance historique nationale et les autres valeurs au public.

En 1998, une aire de sépultures a été accidentellement mise au jour dans le cadre de travaux de mise en valeur à l’est du cimetière protestant. Ce secteur d’inhumation ainsi qu’une partie du site ont été sondés au moyen de méthodes géophysiques respectueuses du caractère du lieu afin d’évaluer l’étendue de la zone d’inhumation et la présence potentielle d’autres restes humains. Les zones à potentiel ainsi définies ont depuis fait l’objet de mesures particulières de protection de façon à éviter toute découverte fortuite ou autres formes de perturbation. Ces mesures ont été prises en étroite collaboration avec des représentants des communautés algonquines concernées.

Fisant suite à la découverte fortuite des sépultures, un accord de principe entre Parcs Canada et la Timiskaming First Nation a été conclu en l’an 2000 en vue de négocier une entente de patrimoine fiduciaire dans le but de transférer une demie indivise de la propriété du lieu historique dans un patrimoine fiduciaire administré par huit fiduciaires, lesquels auront un rôle continu dans la gestion du site. Les négociations se poursuivent en ce sens.

La signature d’une entente de patrimoine fiduciaire sera suivie par la révision du présent plan directeur dans la perspective d’orienter le devenir du lieu historique national du FortTémiscamingue dans un nouveau cadre de gestion.

Carte 1 : Localisation

Carte 1 : Localisation
Localisation — Version texte

Cette carte montre l'emplacement du lieu historique national près du lac Témiscamingue


3.0 Une notion fondamentale : l’intégrité commémorative

L’intégrité commémorative est un concept utilisé par Parcs Canada qui décrit le bon état et le caractère global d’un lieu historique national. Il s’agit de l’état souhaité pour ce lieu. Un lieu historique national possède une intégrité commémorative lorsque :

  • les ressources directement liées aux motifs qui justifient la désignation à titre de lieu historique national ne sont pas endommagées ou menacées;
  • les motifs qui justifient la désignation à titre de lieu historique national sont efficacement communiqués au public;
  • les valeurs patrimoniales du lieu (y compris celles qui ne sont pas liées aux motifs qui justifient la désignation à titre de lieu historique national) sont respectées dans toute décision ou action ayant une incidence sur le lieu.

Afin de garantir la protection et la mise en valeur adéquates des lieux historiques nationaux, Parcs Canada a élaboré une politique sur la gestion des ressources culturelles. Cette politique s’appuie sur cinq grands principes de gestion, à savoir les principes de valeur, d’intérêt du public, de compréhension, de respect et d’intégrité. Répondre aux exigences de ces principes permet généralement d’assurer l’intégrité commémorative d’un lieu historique national. Dans la pratique, l’application de cette politique signifie que les ressources culturelles sont identifiées et évaluées et que leur valeur historique est prise en considération chaque fois que des mesures sont mises de l’avant.

L’énoncé d’intégrité commémorative du lieu historique national du Fort-Témiscamingue a été approuvé en 1997. Il traite du lieu désigné, définit l’objectif de commémoration, décrit les ressources culturelles qui s’y trouvent, leur attribue une valeur et détaille les messages de commémoration à être présentés au public. L’énoncé comporte également des objectifs en matière de protection des ressources culturelles et de diffusion des messages. Cadre de référence, l’énoncé d’intégrité établit l’état souhaité du lieu en fonction des informations disponibles au moment de sa rédaction. La mise en relation de cet état souhaité avec la situation existante permet de définir des mesures de gestion pour la conservation et la mise en valeur du lieu.

Le Fort-Témiscamingue a été désigné lieu historique national en 1967. L’objectif de commémoration du lieu, ou les motifs qui justifient sa désignation, sont les suivants :

Le lieu historique national du Fort-Témiscamingue commémore le rôle joué par ce poste de traite dans le commerce des fourrures pendant près de deux siècles. Il témoigne notamment de l’importante rivalité qui existe, aux XVIIe et XVIIIe siècles, entre Français et Anglais pour l’exploitation du réservoir pelletier de la Baie d’Hudson. Le poste rap- pelle également les activités de marchands indépendants au XVIIIe siècle et les monopoles successifs au XIXe siècle détenus dans ce commerce au Témiscamingue par les compagnies du Nord-Ouest et de la Baie d’Hudson.

Depuis l’approbation de l’énoncé d’intégrité commémorative, les représentants de communautés algonquines ont exprimé le souhait que soient enrichis l’objectif de commémoration du lieu et les messages qui s’y rattachent afin de tenir compte de nouvelles découvertes et de respecter davantage les perspectives multiples de l’histoire du site. Une telle mesure, nécessitant un recours à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada, est envisagée dans le cadre du prochain cycle de gestion du lieu historique national.

Les messages d’importance historique nationale

Les messages d’importance historique nationale identifiés dans l’énoncé d’intégrité commémorative du lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue sont les suivants :

  • L’importance primordiale de la traite des fourrures dans l’économie canadienne jusqu’au XIXe siècle.
  • La localisation et le rôle stratégique du poste de Témiscamingue dans le commerce pelletier.
  • La rivalité franco-anglaise dans la conquête du réservoir pelletier de la Baie d’Hudson aux XVIIe et XVIIIe siècles.
  • Les activités commerciales des marchands indépendants ainsi que celles des Compagnies du Nord-Ouest et de la Baie d’Hudson, qui se sont déroulées au Témiscamingue et en Abitibi, aux XVIIIe et XIXe siècles.

Afin de mieux faire comprendre ces messages, les éléments suivants ont été identifiés :

  • Le rôle joué (ou la place occupée) par les Autochtones dans la traite des fourrures associée au Fort-Témiscamingue.
  • La vie des occupants, le rôle et le fonctionnement du poste à cet étranglement du lac Témiscamingue, le long d’une des principales voies de communication avec la Baie d’Hudson.
  • Les enjeux politiques et économiques opposant Français et Anglais dans la cueillette des fourrures du nord.
  • Les activités commerciales des marchands indépendants ( Paul Guillet, Richard Dobie, James Grant, Aeneas Cameron ) et des compagnies à monopole dans la traite des fourrures au Témiscamingue.

4.0 L’état actuel du lieu administré

L’intégrité commémorative se réalise d’abord par la protection des ressources culturelles et par la diffusion des messages d’importance historique nationale. Au Fort-Témiscamingue, les ressources d’importance historique nationale qui doivent être protégées comprennent le poste de traite avec son paysage culturel, les vestiges et la collection archéologiques. Les cimetières présents sur le site sont également des éléments de grande valeur dont la protection doit être assurée. Certaines autres ressources et valeurs doivent aussi être préservées et des messages complémentaires doivent être présentés au public. Parcs Canada assume la responsabilité de la protection et de la mise en valeur des ressources culturelles qu’il administre. La collectivité est toutefois invitée à participer à l’atteinte des objectifs de l’Agence, confirmant et développant ainsi son sentiment d’appartenance envers le lieu.


4.1 État des ressources patrimoniales

4.1.1 Les ressources culturelles
Les paysages culturels

Les éléments du paysage qui caractérisent le site – le plateau supérieur, la terrasse, la plage de sable en bordure du lac Témiscamingue et leurs interrelations – sont en général bien préservés. Il est à noter, cependant, que le rivage actuel du lieu administré par Parcs Canada a été considérablement altéré en raison de l’aménagement d’un barrage hydroélectrique sur la rivière des Outaouais en 1919.

Les vestiges archéologiques

Un nombre considérable de ressources archéologiques témoignent de façon tangible du Fort-Témiscamingue. Elles consistent en de nombreux vestiges de bâtiments de même qu’en des traces de palissades et du chemin du poste. Ces vestiges sont principalement associés à la période d’occupation du lieu par la Compagnie de la Baie d’Hudson (1821-1902). D’autres sont d’origine plus ancienne et témoignent de l’occupation du site en tant que poste de traite au cours de la deuxième moitié du XVIIIe siècle (Compagnie du Nord-Ouest). Ces ressources sont généralement en bon état (stable) Note 2. Deux cheminées de bâtiments en constituent les seuls repères visuels clairement définis dans le paysage.

Des traces d’une occupation par les Autochtones, antérieure à la venue des Européens sur le site d’Obadjiwan Note 3, ont été localisées dans presque tous les secteurs où des fouilles ont été effectuées. Aucun vestige structural lié à la présence des Autochtones n’a été identifié à ce jour Note 4. Cependant des charbons de bois en association avec des os d’animaux calcinés indiquent peut-être la proximité de structures de combustion à certains endroits sur le site. Ces traces d’occupation anciennes ne sont pas menacées sauf, peut-être, à certains endroits, le long du rivage.

Aucune synthèse de l’ensemble des travaux archéologiques n’est été réalisée à ce jour.

Les collections archéologiques

La collection archéologique d’origine eurocanadienne provenant du lieu administré contient plus de 125 500 artefacts conservés au Centre de services du Québec, dans de bonnes conditions. De ce nombre, 40 % sont considérés dans un bon état alors que le reste, des objets de métal principalement, est davantage dégradé. Tous ces artefacts ont fait l’objet d’un inventaire; une partie seulement a été analysée et a fait l’objet d’un rapport ou d’une publication. La documentation archéologique antérieure à 1985 a besoin d’être examinée dans son ensemble et d’être traitée.

La collection archéologique d’origine autochtone provenant du lieu administré contient quelque 6 820 artefacts. Cette collection a été largement constituée dans le cadre de fouilles réalisées entre 1992 et 1995. Elle comprend des éléments lithiques, des fragments de poterie et des écofacts qui témoignent de divers épisodes distincts d’occupation. Parmi ceux-ci, signalons une occupation clairement reliée au Sylvicole moyen (500 à 900 de notre ère) ainsi qu’une occupation attribuée à l’Archaïque laurentien (vers 3 000 av. J.C.). Cependant, nos données demeurent très partielles concernant cette longue période de l’histoire du site. Ce matériel est principalement conservé au Centre de services du Québec, dans de bonnes conditions. Les objets sont généralement considérés comme étant en bon état. L’ensemble de ces artefacts a été inventorié sur une base de données informatisée. Ils ont fait l’objet d’analyse et d’un rapport.

Certains artefacts d’origine autochtone et eurocanadienne sont exposés, dans des conditions appropriées, au lieu historique national.


4.1.2 Les cimetières et autres aires de sépultures
Les cimetières catholique et protestant

Les cimetières catholique et protestant, qui ont conservé leur emplacement originel et leur caractère sacré, font partie intégrante du poste de traite. Ils sont les principaux témoins du patrimoine ethnologique du lieu. Les pratiques religieuses et l’ajout récent d’une pierre tombale perpétuent la vivacité de la tradition au Fort-Témiscamingue. Les cimetières catholique et protestant sont généralement considérés stables et en bon état Note 5.

Les autres aires de sépultures

En 1998, une aire de sépultures a été accidentellement mise au jour dans le cadre de travaux de mise en valeur à l’est du cimetière protestant. Certaines d’entre elles pourraient être contemporaines à la présence du poste de traite et d’autres lui être antérieures. À la suite de l’interruption des travaux, ce secteur d’inhumation ainsi qu’une partie du reste du site ont été sondés au moyen de méthodes respectueuses du caractère du lieu afin d’évaluer l’étendue de la zone d’inhumation et la présence potentielle d’autres restes humains (méthodes géophysiques). Les zones à potentiel définies ont depuis fait l’objet de mesures particulières de protection de façon à éviter toute découverte fortuite ou autres formes de perturbation. Ces mesures ont été prises en étroite collaboration avec des représentants des communautés algonquines concernées.


4.1.3 Le milieu naturel

Plus de 80 % de la superficie totale du lieu est occupée par un boisé où l’on dénombre une vingtaine de peuplements différents. Compte tenu des coupes de bois qui y ont été effectuées, les pins rouges et blancs qui occupaient jadis le site ont été remplacés partiellement par un couvert forestier plus jeune où prédominent les espèces pionnières (peupliers et bouleaux). Les falaises sont colonisées par une pinède à pins rouges presque pure tandis que l’extrémité sud-ouest de l’escarpement est occupée par une cédrière sèche à thuya occidental de l’est. Cette cédrière d’âge plus que centenaire est connue dans la région sous le nom de « forêt enchantée ». Le site abrite aussi des espèces végétales en péril (rares, vulnérables) Note 6 devant faire l’objet de mesures spécifiques en vue d’assurer leur préservation.

Les ressources naturelles du lieu historique national sont en bon état et ne sont l’objet d’aucune menace majeure d’origine naturelle ou provenant du développement ou de la fréquentation du lieu.


4.2 La mise en valeur

La mise en valeur, telle qu’on la connaît aujourd’hui, est le résultat d’un programme intégré de développement mis en œuvre depuis 1997. Ce programme permet de communiquer non seulement les messages reliés avec l’objectif de commémoration, mais également les autres valeurs patrimoniales du lieu Note 7.

Compte tenu des exigences liées à la conservation des ressources archéologiques, la mise en valeur et l’interprétation du FortTémiscamingue s’articulent largement autour de quelques témoins authentiques de son histoire et emploient différents moyens contemporains pour présenter les messages d’importance historique nationale et les autres valeurs au public.

Les grandes thématiques sont présentées au public selon trois modes de communication.

Une exposition dans le centre d’accueil et d’interprétation

Tout d’abord, le nouveau centre d’accueil et d’interprétation, ouvert en 2000, présente une force d’évocation en simulant un « faux fort » : longue palissade de laquelle surgit une impression de plusieurs toits comme s’il s’agissait de plusieurs bâtiments. Le centre a fait l’objet de présentations publiques et la population locale s’est affirmée très satisfaite du concept.

L’exposition à l’intérieur du centre propose une synthèse de l’histoire du commerce des fourrures et la place importante du fort Témiscaminque dans la trame régionale du Nord-Ouest au cours des siècles. En toile de fond, on fait ressortir le rôle des acteurs principaux que sont les chasseurs Anishnabe et les marchands de fourrures. La place prépondérante du territoire riche en ressources premières situe l’importance du lieu sur la route des fourrures du nord. Au niveau de la salle d’entrée, une approche impressionniste campe fortement les fonctions et les rôles du lieu à travers l’histoire. La salle d’exposition présente une orchestration de neuf regroupements thématiques pour couvrir la trame historique du commerce des fourrures. De nombreux artefacts trouvés sur le site lors des fouilles archéologiques ponctuent la trame de présentation tout au long du parcours de visite de la salle.

Il est à noter qu’un tiers de l’exposition est consacrée à la présentation de la culture des peuples autochtones, y compris d’artefacts découverts sur le site.

Un circuit de découverte

Un circuit extérieur de visite se module aux anciens ouvrages et aux vestiges révélés par l’archéologie. En tout, sept îlots thématiques comprenant dix-neuf panneaux d’interprétation viennent expliquer les grandes fonctions du fort au XIXe siècle. Des platesformes épousent les emplacements exacts des bâtiments retrouvés. Des scénographies en trois dimensions illustrent les utilisations principales de ces édifices. La mise en place de clôtures permet aux visiteurs d’imaginer ce que les voyageurs du XIXe siècle pouvaient percevoir à leur arrivée au fort.

Il est à noter que l’équipe de travail a remporté le prix Parcs Canada pour les médias non personnalisés en 2003, et ce à l’échelle du Canada.

Un programme d’interprétation

Le programme d’interprétation s’articule principalement sur des visites accompagnées et postées. De plus, des guides costumés offrent aux visiteurs qui empruntent le circuit de découverte des interprétations de personnages reliés au fonctionnement du poste de traite – voyageur, commis, chef de poste, forgeron etc. Ces activités contribuent à la communication des messages. Le plan de mise en valeur prévoyait également la réalisation d’un film et d’une brochure sur le Fort-Témiscamingue, mais ces derniers n’ont pas encore été réalisés.


4.3 L’expérience de visite

Le visiteur autonome

Le circuit de visite débute à la guérite d’accès Note 8, où le visiteur est informé de l’offre de visite et paie ses droits d’entrée. Il est invité à laisser son véhicule sur le terrain de stationnement à proximité. La visite débute par une mise en contexte lorsque le visiteur suit un sentier au gabarit semblable à celui emprunté au XIXe siècle par les gens habitant le fort. Il peut prendre du temps sur le bord du grand lac Témiscamingue avant d’arriver au centre d’accueil et d’interprétation. Il est reçu par un guide dans la zone d’accueil où est reconstituée l’ambiance d’un poste de traite comprenant des étagères de marchandises et une grande fresque présentant les Anishnabe venus marchander dans le magasin de la compagnie. Une petite boutique de vente est intégrée dans cette zone. Le visiteur est ensuite convié à découvrir la salle d’exposition où lui sont racontés les grands traits de l’histoire de ce site; il est invité, en particulier, à passer du temps autour de la maquette 3D qui offre un aperçu de la composition du fort en 1880, du temps de la compagnie de la Baie d’Hudson. Il est alors en mesure de mieux comprendre l’organisation spatiale du circuit de découverte sur le terrain du fort. Il lui est possible de se joindre à un groupe pour une visite guidée ou encore de se rendre à un point du circuit extérieur pour une interprétation par un guide posté.

À sa sortie du centre d’accueil et interprétation , il débute sa visite extérieure en visitant la Cour des Ancêtres, un espace aménagé grâce à la collaboration de la Société d’histoire du Témiscamingue. Il poursuit ensuite sa visite sur un sentier qui le conduit aux îlots d’interprétation sur lesquels sont placées les scénographies illustratives des fonctions des bâtiments et complétées par des panneaux d’interprétation. Il est alors à proximité de la forêt enchantée où il peut découvrir les thuyas de l’Est tordus et les pins rouges. Sur le plateau supérieur, il est en contact avec le cimetière catholique et entame le chemin du retour qui l’amène au bas de l’escarpement où se trouve le cimetière protestant, la zone d’inhumation délimitée récemment et le chemin du poste. Il repassera par le centre d’interprétation avant de refaire son parcours jusqu’au stationnement à l’entrée du site.

Des activités spéciales

Depuis plusieurs étés, des activités de diffusion culturelle sont organisées en étroite collaboration avec la Timiskaming First Nation. À cela s’ajoutent quelques activités spéciales qui se tiennent durant la haute saison. Les visiteurs sont alors conviés au bâtiment d’animation construit à proximité du centre d’accueil et près duquel sont aménagés des sièges en gradins permettant d’asseoir une centaine de personnes. Ils peuvent ainsi assister à des festivités, à des spectacles ou encore à des présentations thématiques.

Dans le centre d’accueil et d’interprétation, une salle polyvalente sert d’espace à usages multiples. On y présente des films et des expositions temporaires thématiques ou d’artistes régionaux. Le milieu régional y tient également des activités et des événements de diverses natures.

Autres services

Le lieu historique national met à la disposition des visiteurs des installations sanitaires adéquates. Des aires de pique-nique sont aménagées à quelques endroits sur le site. La baignade (non surveillée) et l’accès à la plage sont tolérés entre la guérite donnant accès au site et le centre d’accueil et d’interprétation. Des dépliants concernant l’ensemble du réseau de Parcs Canada ainsi qu’au sujet d’autres sites d’intérêt sont offerts au visiteurs.


4.4 Informations sur les visiteurs et la fréquentation

Les visiteurs

L’étude auprès des visiteurs menée au lieu historique national du Fort-Témiscamingue en 2004 est la plus récente source d’information détaillée à l’égard des visiteurs. En voici quelques faits saillants Note 9 :

  • 82 % des visiteurs proviennent du Québec et 87 % sont francophones.
  • 72 % des répondants visitaient le lieu pour la première fois.
  • De façon générale, les visiteurs sont très satisfaits de leur visite. On note, entre autres, que 99 % d’entre eux recommanderaient la visite du lieu à un parent ou à un ami.
  • La majorité des visiteurs sont satisfaits des activités et des services offerts.
  • La qualité du personnel et de leur travail apparaît comme étant satisfaisante aux yeux de la plupart des visiteurs; le pourcentage de visiteurs satisfaits sur ce plan varie entre 97 % et 100 %.
  • L’étude réalisée auprès des visiteurs n’a pas permis de vérifier de façon satisfaisante la compréhension des messages d’importance historique nationale.
  • Les éléments les plus appréciés par les visiteurs réfèrent principalement au circuit de découverte (scénographie) et à l’activité de fabrication du canot réalisée en collaboration avec la Timiskaming First Nation.
La fréquentation

Le dernier rapport statistique (2005) nous apprend ce qui suit concernant la fréquentation etac l’utilisation du lieu historique national du Fort-Témiscamingue Note 10 :

  • Baisse de la fréquentation de 8 % (798 visites de moins qu’en 2004).
  • En excluant la saison 1998, on a enregistré en 2005 la plus faible fréquentation répertoriée à ce jour.
  • Tous les types de visites (hors groupe, groupes scolaires et autres groupes) ont connu une diminution en 2005.
  • Les activités spéciales ont été moins fréquentées.
2002 2003 2004 2005 2006
Nombre de visiteurs 10 398 10 025 9 675 8 877 7 797
Varation (%) - 4 % - 3 % - 8 % - 12 %

Les groupes scolaires du primaire représentent une faible proportion de la clientèle globale du site soit environ 9 % à 10 % et leur présence se concentre surtout dans les trois premières semaines de juin. Depuis 2003, on remarque une baisse de fréquentation malgré les efforts de promotion réalisés par le site. Quelque 800 enseignants de l’Abitibi-Témiscamingue et du nord-est ontarien reçoivent annuellement la documentation au sujet de l’offre de services destinée aux écoles primaires.

Carte 2 : Carte des composantes

Carte des composantes
Carte des composantes — Version texte

Il s'agit d'une carte du lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue, les composants illustrés sont le cour des ancèstres, l'atelier de canot, la centre d'acceuil et d'interprétation, la centre d'animation, l'aire des sépultures, la magasin, la maison du chef de poste, l'atelier de menuiserie, la forge et la forêt enchantée.


5.0 Un regard sur l’avenir

5.1 Un contexte en évolution

Parcs Canada administre le site dont il est présentement le propriétaire. Cependant, des événements survenus depuis l’approbation du premier plan directeur, en 1990, ont eu une incidence majeure sur la mise en œuvre des mesures proposées et sur la gestion du lieu historique dans son ensemble.

Certains ajustements au plan d’investissement annoncé en 1990 ont été apportés afin de tenir compte des nouvelles connaissances concernant l’histoire du lieu, notamment à l’égard de la relation des peuples autochtones avec le site. Le centre d’accueil et d’interprétation a été complété ainsi que plusieurs autres éléments du programme d’aménagement et de mise en valeur prévu dans le plan directeur.

Depuis la découverte accidentelle des sépultures en 1998, Parcs Canada travaille de près avec des représentants de la Timiskaming First Nation et d’autres intervenants du milieu pour développer un climat de confiance propice à la collaboration et au développement d’un mode de gestion novateur.

L’embauche de personnel autochtone a été favorisée depuis la réouverture du site. Ainsi deux postes ont été créés au sein de l’équipe d’accueil et d’interprétation. D’autres emplois d’été ont aussi été créés au moyen du Fonds d’innovation pour la mise en valeur du patrimoine autochtone.

Même si un accord de principe concernant la négociation d’une entente de patrimoine fiduciaire a été conclu avec la Timiskaming First Nation en mai 2000 (renouvelée en 2005), les négociations entre les parties n’ont pas encore permis d’en établir les modalités définitives. Parcs Canada entend consulter l’ensemble des communautés algonquines préalablement à la signature de l’entente de fiducie afin de recueillir leur commentaires et préoccupations à l’égard du projet, le cas échéant.

Historique récent du lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue
  • 1990 : Approbation du plan directeur et annonce d’une somme de 2,3 M$ pour la mise en valeur.
  • 1995-1997 : Élaboration du concept et du plan de mise en valeur en consultation avec divers groupes concernés, dont les Algonquins, suivie de la rédaction de l’énoncé d’intégrité commémorative.
  • 1997, juillet : Entente entre Parcs Canada et la Société d’histoire du Témiscamingue pour le partage des coûts de la mise en valeur (2 M$ de Parcs Canada et 500 000 $ du milieu).
  • 1997, octobre : Début des travaux de construction du centre d’interprétation.
  • 1998, mai : Découverte accidentelle de sépultures humaines.
  • 1998, juin : Occupation du site par les Algonquins, arrêt des travaux reliés avec la mise en valeur et fermeture du site pour une période de deux ans.
  • 2000, mai : Signature d’un accord de principe entre Parcs Canada et la Timiskaming First Nation en vue de négocier une entente de patrimoine fiduciaire dans le but de transférer une demie indivise de la propriété du lieu historique dans un patrimoine fiduciaire administré par huit fiduciaires, lesquels auront un rôle continu dans la gestion du site.
  • 2000, juillet : Réouverture partielle du site.
  • 2001 : Réouverture complète du site.

5.2 Les grands objectifs de Parcs Canada

L’Agence Parcs Canada a pour mandat de protéger et de mettre en valeur des exemples représentatifs du patrimoine naturel et culturel du Canada. Elle doit aussi en favoriser la connaissance, l’appréciation et la jouissance chez le public, de telle manière qu’ils soient légués intacts aux générations à venir. Afin de concrétiser ce mandat, Parcs Canada a adopté les objectifs stratégiques suivants, qui orienteront ses activités au cours des cinq prochaines années :

  • Améliorer le réseau des lieux historiques nationaux, compléter de manière substantielle le réseau des parcs nationaux et accomplir de solides progrès à l’égard du réseau des aires marines nationales de conservation.
  • Maintenir ou améliorer l’état de l’intégrité commémorative ou écologique de chacun des lieux historiques nationaux et des parcs nationaux.
  • Susciter davantage de sensibilisation à l’égard des parcs nationaux, lieux historiques nationaux et aires marines nationales de conservation et en favoriser la compréhension, l’appréciation et le sentiment commun d’appartenance.
  • Élaborer une stratégie financière à long terme marquée par la stabilité, pour protéger les biens historiques et contemporains.

Parcs Canada s’appliquera, en collaboration étroite avec le milieu, à atteindre ces grands objectifs en ce qui concerne le lieu historique national du Canada du FortTémiscamingue. Une vision à long terme ainsi que des mesures spécifiques seront établies à cet effet dans le cadre d’une consultation en profondeur qui sera menée en 2007-2008 afin de recueillir les avis et conseils du milieu à cet égard.

Le prochain plan directeur sera alors établi pour mettre en œuvre cette vision.


5.3 Une consultation en profondeur

Les consultations qui seront menées dans le cadre de l’élaboration du prochain plan directeur porteront sur les besoins et les attentes du milieu en matière de :

  • Connaissance et commémoration du lieu.
  • Protection des ressources culturelles et naturelles.
  • Mise en valeur et communication des messages.
  • Expérience de visite.
  • Collaboration avec les divers intervenants.

Les objectifs qui seront définis constitueront les fondements d’une vision, développée en commun, de l’avenir du lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue. S’appuyant sur les engagements du gouvernement canadien et les lois et politiques en vigueur à Parcs Canada, la réalisation de cette vision devrait contribuer directement au renforcement de l’intégrité commémorative du lieu. Des mesures de gestion seront élaborées en conséquence.


5.4 Des mesures de gestion

L’unité de gestion de l’Ouest du Québec, responsable de l’administration du lieu, mettra en priorité quelques mesures de gestion rattachées à la réalisation du présent plan directeur. Ces mesures sont les suivantes :

  • Dans le respect de nos engagements avec tous les intervenants du milieu, négocier une entente de patrimoine fiduciaire avec la Timiskaming First Nation.
  • Travailler en étroite collaboration avec les autres intervenants du milieu pour l’atteinte de l’intégrité commémorative, la gestion des paysages et la prestation de services de qualité auprès des visiteurs.
  • Demander à Commission des lieux et monuments historiques du Canada un éclaircissement à l’égard des limites du lieu désigné.
  • Établir un nouveau plan directeur en fonction des résultats de l’application des mesures précédentes.
  • S’assurer que l’intégrité physique des vestiges archéologiques, qu’ils soient exposés ou enfouis, est protégée en tout temps.
  • Effectuer un suivi régulier de l’état des ressources culturelles et immobilières du lieu et les entretenir.
  • Développer une offre de services qui stimule un accroissement de la fréquentation et le maintien du niveau de satisfaction des visiteurs ainsi qu’un sentiment d’appartenance et de fierté de la part du milieu local et régional.

5.5 Le lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue vers 2020

Les éléments qui suivent constituent l’ébauche d’une vision de l’avenir du lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue telle qu’esquissée par Parcs Canada. Les objectifs et mesures de gestion présentés précédemment ainsi que ceux qui seront élaborés dans le cadre des consultations à venir serviront à orienter cette vision et à en faciliter la réalisation.

S’appuyant sur les engagements du gouvernement canadien et les lois et politiques en vigueur à Parcs Canada, cette vision se préoccupe au premier chef d’assurer l’intégrité commémorative du lieu. Elle se fonde sur les exigences de l’énoncé d’intégrité touchant la protection, la mise en valeur et l’éducation puis, notamment, sur les besoins recensés en matière d’expérience de visite et de collaboration avec les parties intéressées.

  • Les limites du lieu historique national ont été clairement définies et, si la Commission des lieux et monuments historiques l’a jugé nécessaire, l’objectif de commémoration a été mis à jour.
  • Une entente de patrimoine fiduciaire est en place et les copropriétaires du lieu administré (Parcs Canada et le patrimoine fiduciaire) travaillent en étroite collaboration avec les autres intervenants du milieu pour l’atteinte de l’intégrité commémorative et la prestation de services de qualité auprès des visiteurs.
  • Les principales composantes archéologiques ainsi que les cimetières sont dans un bon état de conservation, les autres ressources culturelles et le caractère historique du lieu sont préservés et un programme d’entretien régulier des ressources est en place.
  • Les messages d’importance historique nationale et les autres valeurs sont efficacement communiqués au public.
  • Le lieu historique national du Fort-Témiscamingue est un chef de file au sein de l’industrie touristique de l’Abitibi Témiscamingue et constitue un maillon incontournable dans le circuit patrimonial et touristique régional. Le public est bien informé des services offerts et peut visiter le site en toute sécurité. Le lieu est fréquenté à la hauteur de sa capacité d’accueil et il jouit d’un rayonnement enviable auprès des clientèles externes.
  • La gestion du lieu administré s’effectue dans le respect des orientations du gouvernement canadien en ce qui concerne le développement durable, les changements climatiques et les espèces menacées.

6.0 La participation du public

Ce plan directeur a été porté à l’attention des représentants du milieu directement concernés par la protection et la mise en valeur du Fort-Témiscamingue. Ces personnes ont eu l’occasion d’en prendre connaissance et de communiquer leurs points de vue dans le cadre du processus de planification.

La publication du plan directeur ne marque pas la fin des consultations publiques, mais plutôt la poursuite d’un dialogue avec la collectivité, les groupes d’intérêts et les organismes gouvernementaux. C’est au directeur de l’unité de gestion de l’Ouest du Québec qu’il incombe d’assurer le suivi de la mise en œuvre du plan directeur et de rendre compte au public du travail accompli. Le directeur déterminera l’ampleur et la forme que prendra ce suivi.

Le plan d’affaires de l’unité de gestion énoncera la stratégie de mise en œuvre des mesures de gestion et déterminera l’affectation des ressources en conformité avec les priorités établies dans ce plan directeur. Le rapport annuel sur le plan d’affaires évaluera les progrès accomplis dans cette mise en œuvre. Enfin, le rapport national sur l’état des aires patrimoniales protégées donnera une vue d’ensemble de l’état du réseau et des résultats de la planification de gestion pour le lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue.

La Loi sur l’Agence Parcs Canada (1998) exige que les plans directeurs soient examinés tous les cinq ans et que les propositions de changement soient soumises au Parlement.


7.0 Résumé de l’évaluation environnementale stratégique

L’examen du plan directeur du lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue été réalisé en conformité avec la Directive du Cabinet de 1999 sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programme. La mise en œuvre des mesures de gestion du plan directeur favorise l’intégrité commémorative du lieu et la protection de ses ressources culturelles. Le tout est en accord avec l’Énoncé d’intégrité commémorative du lieu.

L’évaluation environnementale stratégique a été réalisée à partir de la version préliminaire du plan directeur afin de pouvoir incorporer les mesures d’atténuation proposées avant que ne soit prise une décision finale quant aux effets environnementaux des mesures de gestion. Ceci a permis d’ajuster le plan préliminaire en conséquence.

Les résultats de cette évaluation environnementale stratégique permettent de conclure que, sur la base des informations disponibles, les mesures de gestion pour ce site sont acceptable. Les mesures stratégiques qui y sont présentées appuient le mandat et les politiques de gestion de Parcs Canada. Cet exercice conclut que le plan directeur du Fort-Témiscamingue permet une amélioration de l’intégrité commémorative. Les effets potentiels négatifs pourront être atténués par l’application de mesures techniques connues ou d’autres moyens dont on a prouvé l’efficacité dans le passé.


Études, rapports de recherche et autres ouvrages de référence

Environnement Canada, Parcs Canada. Lieu historique national du Fort-Témiscamingue, Plan directeur, ministre des Approvisionnements et Services Canada, 1990, 55 pages.

Parcs Canada. « Lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue, Étude auprès des visiteurs 2004 », Parcs Canada, novembre 2005, 16 pages et annexes.

Parcs Canada. « Rapport statistiques 2005, Parcs Canada au Québec : Fréquentation et utilisation des parcs nationaux et des lieux historiques nationaux du Canada », Centre de services du Québec, mai 2006, 55 pages.

Parcs Canada. « Énoncé d’intégrité commémorative, Lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue », mars 1997, 14 pages et annexes.

Parcs Canada. « Guide pour l’élaboration des plans directeurs à Parcs Canada », décembre 2000, 127 pages.

Patrimoine canadien, Parcs Canada. Rapport sur l’état des parcs de 1997, ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 1998, 211 pages.

Patrimoine canadien, Parcs Canada. Principes directeurs et politiques de gestion de Parcs Canada, ministre des Approvisionnements et Services Canada, 1994, 127 pages.


Comité de planification

  • Luc Bérard, architecte du paysage, Gérant de secteur, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
  • Jean Cotten, gestionnaire, Lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue, Unité de gestion de l’Ouest du Québec
  • Lyse Cyr, chargée de mise en valeur, Centre de services du Québec
  • Yvon Desloges, historien, Centre de services du Québec
  • Diane Le Brun, gestionnaire des collections, Centre de services du Québec
  • Brendan O’Donnell, conseiller principal, Affaires autochtones, Direction des parcs nationaux
  • Yves Picard, conseiller aux affaires autochtones, Direction exécutive pour le Québec
  • Marlyn Rannou, superviseur, Communication, Services à la clientèle et mise en valeur, Lieu historique national du Canada du Fort-Témiscamingue, Unité de gestion de l’Ouest du Québec

Support technique

  • Anne Desgagné, infographiste, Centre de services du Québec
  • Christiane Hébert, designer-graphiste, Centre de services du Québec