Questions sur la visite à la Grosse Île

Questions sur l'histoire de la Grosse Île

  1. Qu'est-ce qu'une station de quarantaine?
  2. Concrètement, que fait-on à la station de quarantaine?
  3. Est-il vrai que l'épidémie de choléra de 1832 est catastrophique à la Grosse Île?
  4. Quel bilan statistique peut-on faire de la saison de navigation à la Grosse Île en 1847?
  5. Est-il vrai qu'en 1847, lorsqu'a lieu la grande épidémie, les morts sont jetés à la mer ou placés pêle-mêle dans des fosses à la Grosse Île?
  6. Combien d'immigrants la station de quarantaine humaine de la Grosse Île accueille-t-elle pendant qu'elle est en service, de 1832 à 1937?
  7. Pourquoi la station de quarantaine de la Grosse Île ferme-t-elle ses portes en 1937?
  8. Existe-t-il encore des bateaux qui ont servi au transport des émigrants vers Québec ou vers d'autres ports de la côte est américaine (New York, Boston, Philadelphie)?
  9. Comment puis-je retracer mes ancêtres qui sont passés par la Grosse Île?
  10. Comparativement à la Grosse Île, que représente Ellis Island?
  11. Est-ce que Pier 21 est une station de quarantaine comme la Grosse Île?
  12. Quel est le lien entre Strokestown et la Grosse Île?
  1. Les automobiles, vélos et autres véhicules privés sont-ils autorisés sur l'île?

    Non. Les seuls véhicules autorisés sur l'île sont ceux qui appartiennent à Parcs Canada.

  2. Les visiteurs peuvent-ils passer la nuit sur l'île?

    Non. Il n'existe pas d'installations d'hébergement destinées aux visiteurs sur l'île. Comme il s'agit d'un lieu historique national, et non d'un parc national, on n'y trouve pas non plus de terrain de camping.

  3. Le lieu est-il accessible en fauteuil roulant?

    Certains bâtiments du lieu historique national du Canada de la Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais sont adaptés pour permettre l'accès aux personnes en fauteuils roulants. C'est le cas pour le bâtiment de désinfection, le centre d'accueil et d'information et l'hôtel de troisième classe, où se trouve la cafétéria. Bien que nous ne pouvions mettre de fauteuils roulants à la disposition des visiteurs, les personnes à mobilité restreinte peuvent participer à la visite des secteurs centre et est de l'île.
  4. Puis-je utiliser mon propre bateau pour me rendre à la Grosse Île?

    Non. Pour le transport vers la Grosse Île, vous devez utiliser les bateliers indiqués.

  5. Les chiens sont-ils admis sur l'île?

    Seuls les chiens-guides sont admis à la Grosse Île.

Questions sur l'histoire de la Grosse Île

  1. Qu'est-ce qu'une station de quarantaine?

    C'est un endroit habituellement isolé, mais assez proche d'un port d'immigration important. Le gouvernement d'un pays d'accueil y rassemble et y garde à l'écart des voyageurs provenant de pays où sévissent des maladies contagieuses, ou qui ont attrapé de telles maladies durant la traversée. Les personnes en bonne santé qui ont côtoyé des passagers atteints sont aussi mises en quarantaine, tout comme leurs effets personnels. À certaines époques, la durée de la quarantaine est de 40 jours, mais, le plus souvent, cet isolement est beaucoup moins long.

  2. Concrètement, que fait-on à la station de quarantaine?

    On inspecte les navires, on hospitalise et soigne les malades, on place sous observation les personnes en santé qui ont voyagé avec des personnes infectées et on enterre les morts. Au début, à la Grosse Île, les malades et les personnes en santé sont placés dans le même secteur de la station. À partir de 1847, au moment de la grande épidémie de typhus, on veille à mettre dans des secteurs opposés de l'île les passagers en santé et les malades. À la station de quarantaine, on désinfecte également les voyageurs, leurs effets personnels et leurs bagages, de même que les navires à bord desquels ils ont pris place. Avec le temps, le processus de désinfection se développe considérablement sur l'île où, par ailleurs, on procéde aussi à la vaccination des passagers.

  3. Est-il vrai que l'épidémie de choléra de 1832 est catastrophique à la Grosse Île?

    L'épidémie de choléra de 1832 est dramatique au Canada. C'est d'ailleurs pour contrer ce fléau, signalé l'année précédente, que le gouvernement canadien décide en toute hâte de mettre sur pied une station de quarantaine à la Grosse Île. Mais cette station est érigée si rapidement, et ses règles de fonctionnement sont si mal édictées et mises en application, que l'île ne peut jouer son rôle de bouclier protecteur. Les chiffres sont éloquents. Malgré un taux d'immigration très élevé en 1832 au port de Québec (51 000 personnes), 39 voyageurs seulement sont hospitalisés à la Grosse Île, tandis que 28 y sont inhumés. Pendant ce temps, le choléra fait 1 900 victimes à Montréal et le double à Québec.

  4. Quel bilan statistique peut-on faire de la saison de navigation à la Grosse Île en 1847?

    Un nombre record d'immigrants, principalement des Irlandais aux prises dans leur pays avec la Grande Famine, arrivent au port de Québec en 1847 : près de 100 000 personnes (98 649). Durant la traversée océanique, 5 282 passagers périssent, tandis que 172 naissances sont enregistrées. Peu après, durant la quarantaine sur la Grosse Île, 3 226 autres personnes succombent à la maladie. Ce sont finalement 90 150 immigrants qui débarquent à Québec. Quant au nombre de sépultures cette année-là à la Grosse Île, les chiffres varient selon les sources documentaires consultées. Au plus, 5 424 voyageurs y auraient été inhumés, incluant les gens décédés sur la Grosse Île et ceux morts à bord des navires. Les noms de ces quelque 5 400 personnes sont connus, mais nous ignorons ceux des arrivants qui ont simplement été hospitalisés ou gardés sous observation sur l'île.

  5. Est-il vrai qu'en 1847, lorsqu'a lieu la grande épidémie, les morts sont jetés à la mer ou placés pêle-mêle dans des fosses à la Grosse Île?

    Rien dans les documents consultés n'appuie cette affirmation. Nous savons que dès l'ouverture de la saison de navigation, le directeur médical de la station, le Dr George Douglas, demande aux membres des clergés catholique et anglican de s'occuper des morts, ce qu'ils font en veillant scrupuleusement au respect des rites sacrés. Cependant, il est vrai que l'on creuse des fosses communes pour recevoir les corps. Toutefois, chacun repose dans un cercueil individuel.

  6. Combien d'immigrants la station de quarantaine humaine de la Grosse Île accueille-t-elle pendant qu'elle est en service, de 1832 à 1937?
    Nous ne pouvons répondre à cette question, car nous ne savons pas combien de voyageurs sont descendus sur l'île sans y être hospitalisés. Les chiffres globaux que nous connaissons sont les suivants : plus de 4 millions de personnes entrent au Canada par le port de Québec durant la période 1832-1937. Jusqu'en 1913, environ 32 000 sont hospitalisées à la Grosse Île. Enfin, près de 7 500 arrivants sont inhumés sur l'île durant les 105 années d'existence de la station de quarantaine humaine, dont 5 424 en 1847.

  7. Pourquoi la station de quarantaine de la Grosse Île ferme-t-elle ses portes en 1937?

    Cette fermeture s'effectue en deux temps. Au début des années 1920, les connaissances scientifiques, bactériologiques et médicales ont tellement progressé que tous les experts mondiaux s'entendent pour ne plus mettre en quarantaine les personnes souffrant de maladies contagieuses mineures, comme la diphtérie, la scarlatine, la varicelle ou la rougeole. Ces malades sont désormais gardés en isolement dans les hôpitaux normaux. La Grosse Île ne retient plus que les cas de typhus, de choléra, de peste, de fièvre jaune et de quelques autres maladies. Ces maladies sont devenues tellement rares sur le Saint-Laurent, que les installations de l'île ne sont à peu près plus utilisées. Au début des années 1930, au moment de la grande crise économique, la baisse considérable de l'immigration au Canada et les progrès incessants de la médecine rendent la Grosse Île inutile. En 1937, l'hôpital du Parc Savard, à Québec, prend la relève de la station centenaire.

  8. Existe-t-il encore des bateaux qui ont servi au transport des émigrants vers Québec ou vers d'autres ports de la côte est américaine (New York, Boston, Philadelphie)?

    Non. À notre connaissance, il n'existe plus de bateau à voiles d'origine ayant servi au transport des émigrants vers le port de Québec ou vers d'autres destinations américaines. Cependant, en Irlande, on entreprend en 1996 la reconstitution grandeur nature d'un de ces navires, le Dunbrody.

    Le projet, lancé par The John Fitzgerald Kennedy Trust, vise la construction d'une réplique exacte de ce voilier. Le Dunbrody propose aux visiteurs une exposition (avec animation) sur les conditions de vie des passagers et de l'équipage à bord de ce navire, au milieu du 19e siècle.

    À l'origine, le Dunbrody est construit à Québec pour le compte de la famille Graves de New Ross (Irlande) et il sert au transport des émigrants vers le Nouveau Monde, de 1845 à 1870. Pour de plus amples informations sur ce navire, consultez le site irlandais Dunbrody & the Spirit of Ireland au www.dunbrody.com (en anglais seulement).

    Un autre projet voit le jour en 1993 à Blennerville, près de Tralee, en Irlande. La construction d'une reproduction du Jeanie Johnston, un trois mâts construit à Québec en 1847, se termine en 2002. De 1848 à 1855, ce navire transporte 2 500 Irlandais vers Québec, Baltimore et New York. La réplique du Jeanie Johnston quitte l'Irlande vers l'Amérique au mois de février 2003 et fait escale à la Grosse Île au mois de septembre 2003. Pour plus d'informations au sujet du navire et du voyage, veuillez visiter le site irlandais au www.jeaniejohnston.ie (en anglais seulement).

  9. Comment puis-je retracer mes ancêtres qui sont passés par la Grosse Île?

    De plus en plus de gens entreprennent l'aventure captivante de la généalogie. Pour vous aider dans cette démarche, le lieu historique national du Canada de la Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais mettra bientôt à votre disposition la liste des bateaux qui sont passés par la station de quarantaine en 1847. Vous pouvez déjà avoir accès à la liste des individus inhumés pendant les 105 années de service de la Grosse Île.

    De plus, vous trouverez grâce à ces hyperliens des pistes susceptibles de vous aider dans vos recherches :

    Archives nationales du Canada
    Bibliothèque et Archives nationales du Québec
    Centre canadien de généalogie

  10. Comparativement à la Grosse Île, que représente Ellis Island?

    Située au port de New York, aux États-Unis, Ellis Island (en anglais seulement) est une station d'immigration de 1892 à 1954. Quelque douze millions d'immigrants y subissent une évaluation juridique et médicale et sont enregistrés par les agents d'immigration. Bien que certains soient rapatriés à la suite de ces inspections, la plupart sont admis au pays. Après s'être munis de billets à Ellis Island, bon nombre d'immigrants quittent New York en train pour aller s'établir ailleurs aux États-Unis. Aujourd'hui, l'ancienne station est devenue le Ellis Island Immigration Museum.

  11. Est-ce que Pier 21 est une station de quarantaine comme la Grosse Île?

    Pier 21 (en anglais seulement), situé à Halifax, ouvre ses portes en 1928. Ce complexe d'accueil pour les immigrants ne constite pas une station de quarantaine, mais plutôt un endroit où les nouveaux arrivants sont questionnés sur les raisons de leur immigration, où la décision de les accepter ou de les rejeter est prise, où ils sont informés sur leur nouveau pays, où ils peuvent acheter des billets de train afin de continuer leur route, etc. Fermé en 1971, le complexe de Pier 21 voit passer plus de 1 500 000 immigrants au cours de son histoire. Pier 21 est maintenant un lieu historique national du Canada géré par la Pier 21 Society.

  12. Quel est le lien entre Strokestown et la Grosse Île?

    Le lieu historique national du Canada de la Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais a été jumelé, le 25 mai 1998, avec le National Famine Museum of Strokestown Park (en anglais seulement), situé dans le comté du Roscommon en Irlande. Ce musée présente une exposition thématique sur les multiples aspects entourant la famine qui sévit en Irlande au milieu du 19e siècle. Bien qu'ils soient séparés par des milliers de kilomètres, ces deux lieux patrimoniaux racontent à leur manière une même histoire. Un tel jumelage vise à mieux faire connaître un chapitre important de l'histoire canadienne et européenne.