Vue aérienne du fort Chambly
La rivière Richelieu et le fort Chambly vus du ciel

Il y a plusieurs milliers d’années, l’Amérique du Nord, territoire de forêts et de montagnes, était habitée par des Amérindiens subsistant de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Dans ce pays alors dépourvu de route terrestre, les cours d’eau étaient de véritables autoroutes que sillonnaient ces premiers habitants pour se nourrir, commercer et faire la guerre. La rivière Richelieu, s’étendant sur plus de 100 kilomètres entre le lac Champlain et le fleuve Saint-Laurent, est sans aucun doute une de ces voies navigables qui ont marqué l’histoire du continent.

Avec l’arrivée des Européens au 16e siècle, la rivière Richelieu est loin de perdre son importance. Dans le contexte des guerres franco-iroquoises qui dureront presque tout le 17e siècle, la rivière des Iroquois, comme on l’appelle à l’époque, sera la voie d’invasion de Montréal et de l’Iroquoisie... C’est d’ailleurs aux abords de cette rivière que les soldats du régiment de Carignan-Salières érigent un chapelet de forts afin de mener la guerre en territoire iroquois.

Au 18e siècle, la vallée du Richelieu est au cœur des considérations stratégiques des empires coloniaux français et britannique. Afin d’appuyer leur politique d’expansion territoriale et de contrôler la traite des fourrures, les deux puissances érigent dans la région plusieurs postes fortifiés. Le fort Chambly et quelques autres forts encore debout au sud de la frontière témoignent de cette époque où la rivière Richelieu était au cœur des enjeux stratégiques.

À l’occasion de la Révolution américaine et de la guerre de 1812, les Américains envahissent leurs voisins du Nord en empruntant le Richelieu. Dans la seconde moitié du 19e siècle, cette rivière cesse toutefois d’être une voie de guerre, et son caractère commercial s’affirme, notamment avec l’achèvement du canal de Chambly, en 1843.

Aujourd’hui, la rivière Richelieu n’est plus la voie commerciale qu’elle a été, mais elle fait encore partie de la vie de ses riverains en tant que lieu de villégiature. Jadis voie d’invasion, elle est désormais voie d’évasion.