Trois façons de contourner les rapides

Dans la région située entre Montréal et Kingston, le Saint-Laurent regorge littéralement de rapides, plus particulièrement entre les lacs Saint-Louis et Saint-François, où une série de « saults » rendent la navigation impossible.

La traversée de ces rapides n’est pas une expérience de tout repos :

« À la tête des rapides de Coteau-du-Lac, il y avait deux passages différents entre les îles du large. Si on manquait l’un, il fallait prendre l’autre. Sinon on risquait de s’échouer. Le long du parcours, il y avait la « jument blanche » qu’on devait éviter. On l’appelait ainsi parce que les vagues secouaient les crêtes altières et écumantes et imitaient l’allure effarouchée d’une cavale au galop, crinière au vent. » (BESNER,1996 : p.106)

Le canot, construit en écorce de bouleau, est l’embarcation idéale pour les cours d’eau tumultueux grâce à ses dimensions variables, sa maniabilité et sa légèreté. D’origine amérindienne, le canot est rapidement adopté par les Français qui en font, avec la pirogue, leur moyen de transport privilégié au Canada dès le 17e siècle.

Le bateau à fond plat est utilisé par les Français à partir du début du 18e siècle. Sécuritaire et résistante, cette embarcation permet de transporter davantage de marchandises que le canot. Le « batteau » ressemble à une barge à fond plat avec ses extrémités en forme de pointe. Il dépasse rarement 12,1 m de long par 2,4 m de large et sa capacité de charge est de 3 à 5 tonnes de marchandises. Il est propulsé à la rame ou à la perche et il avance aussi sous voile. Un équipage de 4 à 5 hommes suffit à le manœuvrer.

Il est souvent nécessaire de décharger les trois quarts et parfois même la totalité de la cargaison pour qu’un « batteau » puisse franchir le canal en rigole dont la force du courant n’est amortie par aucune écluse.

Saviez-vous que le tracé du canal à écluses construit par les Britanniques à Coteau-du-Lac suit le tracé du chemin de portage utilisé par les Amérindiens depuis des temps immémoriaux?

Les anciennes barges à Coteau-du-Lac

À l’extrémité est du lac Saint-François, le cours du Saint-Laurent est dévié dans le canal de Beauharnois par les barrages, les ouvrages de régularisation et les digues de Coteau-du-Lac afin d’alimenter la centrale de Beauharnois, qui ne dispose d’aucun réservoir naturel.

Tous ces aménagements sur la voie fluviale modifient sensiblement le paysage de Coteau-du-Lac. À l’origine, la pointe de Coteau-du-Lac, située au confluent de la rivière Delisle et du fleuve Saint-Laurent, était entourée d’eau. Le retrait des eaux en a fait une presqu’île.