Une place à défendre!

Depuis la guerre d’Indépendance jusqu’aux années 1850, des canons se dressent sur les remparts de Coteau-du-Lac. C’est qu’il faut protéger cette fortification, la plus rapprochée de Montréal, en allant vers l’amont du fleuve. Les plus imposantes pièces d’artillerie y sont des canons de 24 livres, montés sur des affûts à pivots pour les orienter rapidement. Cette dénomination ne dénote pas le poids de l’arme, mais bien celle de son projectile. Ils sont pointés vers le fleuve à partir du bastion tréflé et de l’entrée en amont du canal. Avec une charge de poudre noire d’environ 8 livres, les canons de 24 peuvent envoyer leur projectile jusqu’à 1 km. Les ennemis qui voudraient dépasser le fort en voguant sur le Saint-Laurent se trouvent ainsi à la merci du feu britannique.

Quant à la forme dentelée des remparts, elle ne présente aucun angle mort pour les défenseurs. Ainsi, les attaquants ne peuvent pas approcher à couvert le pied du mur. C’est justement pour repousser une attaque terrestre que des canons de 18 livres pointent vers l’intérieur des terres, par les embrasures des remparts.

Saviez-vous que le tube d’un canon de 24 livres peut faire jusqu’à 9 1/2 pieds (2 896 m) de long et peser jusqu’à 50 ½ quintaux (5 636 livres ou 2 562 kg)? Soulever une telle masse pour la poser sur ses affûts et la retirer est une manœuvre délicate qui exige le recours à un trépied de levage à palan, qui porte le nom imagé de « chèvre ».