Lieu de garnison et de transit

Le plus grand bâtiment au fort de Coteau-du-Lac est la caserne érigée lors de la guerre anglo-américaine de 1812-1814.

La pratique généralisée du casernement militaire ne s’installe qu’à la fin du 18e siècle, que ce soit en France ou en Angleterre. En dépit de son instauration tardive, le casernement présente cependant plusieurs avantages pour les autorités militaires.

Sur le plan tactique, il devient plus facile de rassembler les troupes si elles sont concentrées dans un corps de casernes plutôt que dispersées dans la population. Le logement en casernes assure aussi un meilleur contrôle de la discipline chez les militaires : il permet de restreindre ivrognerie et libertinages chez les soldats. Il devient plus difficile pour le soldat caserné de déserter. En outre, le casernement constitue un moyen privilégié pour instituer chez les troupes une certaine homogénéité et un sentiment d’appartenance.

À Coteau-du-Lac, chacune des 6 chambrées comporte 12 lits doubles et superposés. Entassement et promiscuité caractérisent donc la vie en caserne. En ce qui concerne le chauffage et l’éclairage, les soldats ne peuvent compter que sur une ration hebdomadaire fixe de combustible; limitée par des règlements sévères, cette ration s’avère souvent insuffisante, compte tenu des particularités climatiques. De plus, les conditions d’hygiène sont inadéquates et les locaux, souvent insalubres, comme en témoignent le renouvellement continuel des paillasses et le chaulage fréquent des édifices.

Saviez-vous que la caserne de Coteau-du-Lac ne comporte aucune chambre pour accommoder les couples ou familles? Femmes et enfants se partageaient le plancher!

Dans les années 1830, un très petit nombre de ses pièces était occupé. Le sergent du fort, qui habitait l’une d’elles en 1835, se plaignait amèrement du froid et réclamait une quantité de combustible plus grande. « Je me permets très respectueusement de porter à votre connaissance le grand inconvénient auquel je suis soumis du fait de la très petite quantité de combustible (la moitié d’une pièce) à laquelle j’ai droit en qualité de sergent de fort du présent poste et qui est totalement insuffisante pour chauffer la grande salle de la caserne que je suis obligé d’occuper et qui mesure 30 pieds sur 24, ladite salle comptant 17 meurtrières ouvertes pour les tirs de mousquet. » (Ingram : 1981, p. 19.)