Les principaux affrontements du 26 octobre 1813 ont eu lieu, ici, à la ligne de feu, au cœur du champ de bataille.

L’abattis érigé sur le haut du ravin L’abattis érigé sur le haut du ravin

Le 24 octobre 1813, Charles-Michel de Salaberry ordonne à ses hommes de construire un abattis, à 3,2 km à l’avant des quatre retranchements. Imaginez une ligne défensive qui longe le ravin en croisant la route, jusqu’à la rivière Châteauguay. Dans la stratégie défensive canadienne, cet abattis, composé de branches et de fardoches, permettait de bloquer l’accès à cette route sur la rive nord. L’angle de 90 degrés de l’abattis, dont une partie longeait la rivière, augmente la protection de la rive sud.

Salaberry avait placé en avant-poste un détachement de la compagnie légère des Canadian Fencibles sous les ordres des capitaines Louis Guy et John Johnson afin de l’aviser de l’arrivée des Américains et de protéger les troupes qui construisaient l’abattis. Derrière cette structure située en haut du ravin, il déploie 22 Amérindiens dans la forêt dense, un détachement de Canadian Fencibles, 2 unités de Voltigeurs canadiens et des miliciens sédentaires de Beauharnois, pour un total de 300 hommes.

À cet endroit, derrière la ligne de feu, se trouvait un blockhaus en construction. De taille modeste et fait de rondins, il permettait d’accroître la protection des troupes.

Les Américains, au nombre de 1 000, déclenchent les tirs sur le poste-avancé canadien, le 26 octobre au matin. Plus tard dans la journée, les troupes de Hampton reprennent l’attaque vers 14 heures et demie alors que les coups de feu s’intensifient. Les Canadian Fencibles placés en avant-poste rejoignent l’abattis. À ce moment, Salaberry fait appel à tous ses hommes et leur ordonne de sonner le clairon et de crier dans les bois afin de tromper l’adversaire. Cette fine ruse permet aux Canadiens d’empêcher l’armée de Hampton de franchir l’abattis, faisant croire que les troupes canadiennes sont beaucoup plus nombreuses.

Pour suivre la bataille d’heure en heure

Les troupes du lieutenant-colonel Charles-Michel de Salaberry ont arrêté l’armée de Wade Hampton, soit 3 700 soldats réguliers en route vers Montréal.

L’obélisque, monument érigé par le Parlement canadien (1895) L’obélisque, monument érigé par le Parlement canadien (1895)

On raconte que Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, officier de carrière dans l’armée britannique, était un officier très exigeant envers ses hommes et leur imposait une discipline sévère. Les troupes de la milice sous son commandement étaient soumises aux mêmes exigences. Lors des coups de feu du 26 octobre 1813, Salaberry s’est lui-même porté au combat en tirant sur un officier américain. Cette victoire décisive sur les troupes américaines fit de Salaberry un héros populaire. Il est devenu au fil du temps une figure mythique et son nom est inscrit au panthéon des gloires militaires québécoises. Plusieurs toponymes, dont celui de Salaberry-de-Valleyfield, témoignent du fait que ses exploits ont fortement marqué la mémoire collective.

Aujourd’hui, il est facile de repérer sur le terrain la ligne de front située à environ 0,1 km, à l’ouest du lieu historique national de la Bataille-de-la-Châteauguay, à Allan’s Corners. Le belvédère intérieur du centre d’interprétation permet d’observer l’immensité du champ d’honneur. La maquette du champ de bataille présente les différentes positions et déplacements des troupes le 26 octobre 1813. Ceci permet de comparer les paysages d’hier et d’aujourd’hui. À remarquer, l’obélisque, monument érigé par le Parlement canadien (1895) à la mémoire des combattants de la bataille de la Châteauguay, est situé tout près de la ligne de front.