Ce témoin d’imposants travaux de la première moitié du 20e siècle est en fait un régulateur de crue

Histoire

Au début des années 30, d’importants travaux d’élargissement des écluses et des canaux du Richelieu sont entrepris. On veut répondre aux nouvelles normes de navigation établies par les Américains en 1918. Aussi, on vise un meilleur contrôle des eaux sur les terres inondables le long du canal de Chambly. Toutefois, la Deuxième Guerre mondiale met fin à ces constructions. Au début des années 1970, on relance le projet. Le canal est agrandi à plusieurs endroits, mais le tout ne sera jamais complété. Le canal de Chambly n’aura jamais atteint les dimensions des canaux américains, tels les canaux Champlain et Érié.

Quant au barrage Fryer, il ne sera jamais fonctionnel. Si ses structures avaient été terminées, la navigation entre l’île Fryer et Saint-Jean-sur- Richelieu aurait été possible sur le Richelieu.

Citation

« La canalisation du Richelieu est définitivement morte. Un projet mirifique qui a fait couler beaucoup d’encre dans les publications d’information et que toutes les localités riveraines de la rivière Richelieu souhaitaient ardemment, vient de recevoir son coup de mort et ne demeurera qu’un rêve irréalisé. » (Journal de Chambly, 1967)

À ne pas manquer

Il y a de cela quelques années, d’importants problèmes reliés à l’érosion des sols ont fait surface sur la rive près du barrage Fryer.
Pour pallier la situation, des spécialistes ont planté des saules, une plante qui a la caractéristique de générer de grands réseaux de racines. Ils ont ainsi permis la stabilisation du sol et l’élimination de l’érosion. Ce principe est appelé « génie végétal ». Prenez quelques minutes pour observer ce principe où l’ingéniosité humaine se met au service de la nature.

Fait cocasse

Plusieurs rumeurs circulent dans la population locale. On dit, entre autres, que le projet d’agrandissement du canal a été abandonné en raison d’erreur de calculs, ce qui est faux.
Cela a d’ailleurs valu à un mur de ciment du canal, le sobriquet de « mur de la honte ».

Il a aussi été dit que, une fois le barrage fonctionnel, la municipalité d’Iberville aurait été complètement immergée sous les flots de la rivière Richelieu! Ce qui est également faux. 

Saviez-vous que?

L’île Fryer est l’hôte d’une grande variété d’espèces d’arbres et de plantes. Située en plein cœur de terres humides, le pourtour de l’île Fryer est colonisé par l’érable argenté et le frêne rouge. Or, l’île est reconnue pour être l’endroit le plus septentrional où l’on retrouve du chêne bleu, une espèce rare et en voie de disparition. Toutefois, prenez garde : l’île abrite aussi de nombreux spécimens d’herbe à la puce. Il vous est donc recommandé de rester sur les sentiers.