Quand on pense à la faune et à la flore du canal, il y a de fortes chances que ces petites bêtes ne soient pas les premières à nous venir en tête. Pourtant elles sont légion et sont essentielles à l’écologie des milieux aquatiques. La plupart sont microscopiques mais se comptent par centaines de millions pour former ce que nous connaissons mieux sous le nom de benthos et de plancton.

Les 4 et 5 septembre derniers, 12 équipes d’étudiants du cours de biologie au Collégial international Sainte-Anne se sont relayées dans les eaux du canal de Lachine dans le cadre d’un projet consistant en l’échantillonnage de ces petits mollusques, crustacés et autres micro-organismes aux abords du lac Saint-Louis. Un deuxième relevé aura lieu en novembre pour comparer les paramètres physico-chimiques ainsi que la composition de la faune et la flore benthique et planctonique.

Alors, à quoi ressemble du benthos et du plancton sous la lentille du microscope? Les étudiants nous ont gentiment envoyé le fruit de leurs échantillons grouillant de petits êtres qui évoluent dans un monde qui nous est, la plupart du temps, complètement invisible.

Le copépode

Copépode, ©CiSA

Voici un petit crustacé appartenant à la famile des copépodes. Ce sont les organismes multicellulaires les plus abondants de la planète! Les copécodes se retrouvent dans tous les milieux aquatiques, qu’ils soient marins ou d’eau douce.

Il existe de nombreuses familles de copépodes. Certaines sont pelagiques (il vivent dans la colonne d’eau) et forment l’une des principales composantes du zooplancton, d’autres, se retrouvant sur les fonds ou à l’intérieur même de sédiments, sont des copépodes benthiques. Il existe aussi des copépodes parasites (ils tirent profit d’organismes hôtes) . Quoi qu’il en soit, cet organisme joue un rôle important dans l’équilibre écologique des écosystèmes. Plusieurs animaux s’en nourrissent et il limite la propagation des algues et des bactéries.

L’ostracode

Ostracode, @C. Seymani-CiSA

Les aquariophiles connaissent bien ce petit crustacé qui ressemble à une moule microscopique. Il s’agit de l’ostracode, que l’on retrouve dans la plupart des milieux aquatiques et qui forme la famille de crustacés la plus répandue sur la planète!
Comme ces petites bêtes remontent à l’Ordovicien voire même au Cambrien (+/- 500 millions d’années), on les utilise en paléontologie comme indicateur de l’état de l’environnement dans lequel ils évoluaient à cette époque. Ils peuvent également servir aujourd’hui comme bio-indicateurs dans le cas d’analyses environnementales des cours d’eau. Pas mal pour un animal mesurant entre 0,5 à 3 mm!

La diatomée

Diatomée, ©CiSA

Ceci est une diatomée. Il s’agit d’une micro-algue unicellulaire présente dans tous les milieux aquatiques. Tout comme les copépodes, les diatomées existent sous forme pélagique (plancton) et benthique (benthos).

À première vue, les diatomées ne paient pas de mine. Pourtant, si on vous dit que ces micro-algues produisent à elles seules un quart de l'oxygène que nous respirons sur Terre et, qu’en plus, elles jouent un rôle primordial dans la vie des écosystèmes marins, puisqu'elles sont à la base des réseaux alimentaires de nombreuses espèces… Là, on a tendance à leur accorder un peu plus de respect!

La mite d’eau ou hydrachnidia

La mite d’eau est en fait une petite arachnide qu’on appelle également hydrachnidia. On la retrouve en abondance en eau douce.

Mite d’eau, ©K. Roy - CiSA

Les larves de la mite d’eau sont des parasites qui s’attaquent aux invertébrés et à d’autres larves d’insectes ou de crustacés aquatiques. Elles s’accrochent aux larves de toute sorte d’insectes, comme celles des libellules, des dytiques et des punaises d’eau. Il semblerait que ce parasitisme joue un rôle important dans la régulation des populations de divers organismes aquatiques et d’insectes.

Les populations planctoniques et benthiques fluctuent en fonction de la qualité des eaux. Elles sont donc, en ce sens, d’excellents d’outils d’observation de la santé d’un écosystème et c’est rassurant de les savoir en grand nombre dans le Canal-de-Lachine.

Merci aux étudiants du cours de biologie au Collégial international Sainte-Anne d’avoir partagé avec nous ces trouvailles captivantes.