Par Mike Bohms

Parcs Canada s’efforce d’améliorer l’habitat essentiel des papillons monarques, qui sont une espèce en péril, tout en préservant les ruines du lieu historique national du Fort-St. Joseph. Ce projet pluriannuel, qui se concentre sur le pré entourant les ruines du fort, fait appel au feu, à l’archéologie et à la science citoyenne.

Le gouvernement du Canada a lancé une initiative interministérielle, appelée Patrimoine naturel du Canada, visant à protéger la biodiversité, les écosystèmes et les paysages naturels du pays. Le lieu historique national du Fort-St. Joseph y participe en améliorant l’habitat du papillon monarque et d’autres pollinisateurs essentiels.

Le paysage de pré autour des ruines du fort constitue un habitat essentiel pour les monarques à la limite nord de leur aire de répartition, avec des asclépiades pour les chenilles de monarques et des fleurs sauvages indigènes pour les papillons adultes.

Un rapport de conservation des ressources a été élaboré, soulignant les connaissances actuelles – et les lacunes dans les connaissances – sur l’utilisation du site par les monarques. Il a également déterminé les défis à relever pour maintenir l’habitat du pré. Des relevés de la végétation ont été effectués à la fin de l’été afin de fournir une base de référence sur les plantes et les fleurs qui poussent actuellement dans le pré. Des relevés seront réalisés en début de saison en 2022 pour évaluer l’efficacité du projet d’amélioration de l’habitat des monarques au fur et à mesure de son avancement.

Fin 2021, certains gaules et arbustes ont été retirés du pré pour faire place à des fleurs sauvages et des herbes indigènes. Le personnel de Parcs Canada prévoit mettre à l’essai l’efficacité du brûlage dirigé près des ruines pour contrôler la propagation des arbres. Une petite parcelle a été sélectionnée pour un brûlage contrôlé au printemps 2023. Les archéologues ont sondé la parcelle afin de recueillir des données sur le profil du sol et sur l’emplacement et la profondeur de toute ressource archéologique. Après le brûlage, les archéologues reviendront pour voir à quelle profondeur le feu a brûlé, comment il a touché le sol, et l’incidence sur les artefacts « d’essai » qui ont été délibérément mis en place. La repousse des plantes dans la zone brûlée sera surveillée et comparée à ce qu’elle était en 2021-2022.

Cet été, le personnel du site mènera des relevés réguliers de l’utilisation du pré par les monarques afin de combler certaines des lacunes dans les connaissances relevées par le rapport sur la conservation des ressources. Chaque semaine, de l’arrivée des monarques en mai jusqu’à leur migration d’automne en septembre, le personnel enregistrera la reproduction et l’alimentation, dans des parcelles désignées. À l’automne, le personnel recherchera les papillons qui se rassemblent et attendent le beau temps pour traverser le lac Huron et entamer leur voyage vers le sud pour l’hiver. Les visiteurs du fort auront la possibilité de contribuer à la collecte de données par le biais de programmes scientifiques citoyens tels que Mission Monarque et iNaturalist.

En préservant le pré, on préserve également les ruines du fort et de la communauté de commerce des fourrures environnante. Les systèmes racinaires des jeunes arbres à croissance rapide peuvent endommager les ruines, tandis que la croissance de la forêt obscurcirait les lignes de vue historiques. Ainsi, la protection du patrimoine naturel du Fort St. Joseph va de pair avec la protection de son patrimoine culturel.

Envisagez de participer à la collecte de données en devenant un scientifique citoyen!

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