par Jeanette Cowen


Régiment de la Première Guerre mondiale au canal de Sault Ste. Marie
© Sault Ste. Marie Museum

L’année 2014 marque le 100e anniversaire du début de la Première Guerre mondiale et le 75e anniversaire du début de la Deuxième Guerre mondiale. La ville de Sault Ste. Marie n’avait seulement que deux ans en 1914 et le canal de Sault Ste. Marie était en service depuis moins de 20 ans. Déjà, il avait une importance suffisamment stratégique pour être considéré comme une cible principale au cours d’une attaque ennemie.

Les bateaux qui traversaient l’écluse canadienne passante au moment de la Première Guerre mondiale transportaient de grandes quantités de céréales, de charbon, de minerai de fer et d’autres matières premières. En fait, en 1913, les opérations de fret ont atteint un sommet avec 42,7 millions de tonnes de marchandises! Le sabotage de cette route principale de transport pouvait se révéler avantageux pour l’ennemi et de nombreux fonctionnaires redoutaient cette possibilité.

Pour faire face à la vulnérabilité de l’écluse, le 51e Régiment, le Soo Rifles, sous le commandement du lieutenant colonel S.L. Penhorwood, y a pris son service et le surintendant J.W. LeBreton Ross a embauché des préposés aux amarres supplémentaires au canal afin d’éliminer le besoin pour les navires traversant l’écluse de faire descendre à terre leurs propres préposés.

À partir de décembre 1914, 140 officiers et soldats ont été postés au canal et occupaient plusieurs bâtiments qui leur servaient de casernes. Les soldats occupaient plusieurs postes de garde et l’accès au site était sévèrement limité. De ce fait, la présence des militaires a attiré l’attention du public et, de temps à autre, des démonstrations militaires et de tirs étaient organisées. Les terrains du canal servaient également de camp d’entraînement où des exercices d’entraînement quotidiens étaient effectués afin de préparer les soldats à leur éventuel déploiement outre mer.

En plus de protéger l’écluse, le 51e Régiment avait comme tâche de garder un petit groupe « d’étrangers ennemis », dont plusieurs étaients de descendance ukrainienne. Les détenus devaient effectuer des petits travaux et ils ont d’abord vécus dans un wagon couvert sur la ligne ferroviaire, puis dans des pavillons dortoirs sur l'île Whitefish avant d’être envoyés dans un autre camp d’internement au nord de la ville.

À partir de 1916, des volontaires ont été recrutés à 1,10 $ par jour pour reprendre les tours de garde au canal afin de libérer les soldats pour qu’ils puissent effectuer leur service outre mer. Lorsque les Américains ont rejoint les alliés en 1917, la sécurité a été renforcée et le surintendant LeBreton Ross, qui, un jour, était en route pour visiter des collègues à l’écluse américaine, a découvert que son chemin habituel, qui traversait le pont ferroviaire, était bloqué par des gardes! Il a finalement obtenu un laissez passer.

En 1918, lorsque la guerre a pris fin, les citoyens ont de nouveau pu avoir accès aux terrains pittoresques. Le dimanche est devenu un jour populaire pour se promener le long des murs du canal, pour profiter d’un pique nique et pour regarder les bateaux de passagers naviguer dans l’écluse.


Le lieutenant colonnel Penhorwood (assis, quatrième à partir de la gauche) et des officiers au canal de Sault Ste. Marie
© Sault Ste. Marie Museum


Des soldats de la Première Guerre mondiale sur l’île St. Marys Sud
© Sault Ste. Marie Museum

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