Construit en 1896, le bâtiment des magasins est un élément important du patrimoine canadien, et Parcs Canada a désigné sa préservation comme une priorité absolue. En 2010, on a déterminé que sa défaillance catastrophique était imminente.

Situé dans le lieu historique national du Canal-de-Sault Ste. Marie, ce bâtiment de grès rouge est fermé depuis 2010 en raison de la présence de fissures importantes dans les fondations et du déplacement de la maçonnerie de ses murs. Au départ, le Programme d’investissements fédéraux dans l’infrastructure avait affecté 2,2 millions de dollars à la réparation des fondations et du mur sud, qui s’était séparé de la structure principale.

Une fois les travaux de construction lancés, on a toutefois découvert que la détérioration du bâtiment était d’une ampleur beaucoup plus importante que celle établie dans le cadre des enquêtes initiales. En effet, comme les fondations du bâtiment ne reposaient pas sur le fond rocheux, la structure avait subi un important tassement différentiel. De plus, les problèmes d’infiltration d’eau causés par la nappe phréatique élevée constituaient des obstacles difficiles à surmonter.

L’ingénieur de conception a décidé d’utiliser des micropieux* afin de construire de nouvelles fondations sous les murs existants. Grâce aux micropieux, les vibrations et les perturbations pouvant toucher la structure existante ont été réduites au minimum, et il a été possible de relier le bâtiment au fond rocheux sans avoir à creuser. Ainsi, on a pu faire en sorte que les fondations demeurent aussi stables que possible lors de la phase de construction.

Au cours des travaux de construction, on a découvert que le mouvement des fondations avait compromis l’intégrité structurale du mur est, qui s’était fendu en deux du rez-de-chaussée au deuxième étage. On a également constaté l’état de délabrement important du deuxième étage à la suite de l’enlèvement des pierres entourant les solives de plancher. En effet, à la suite de ces travaux, les murs est et ouest n’étaient plus reliés entre eux. Afin que les ouvriers puissent couler les nouvelles fondations, il fallait que le bâtiment soit en mesure de supporter son propre poids pour veiller à ce qu’il ne soit pas touché par une défaillance structurelle catastrophique. Pour ce faire, les entrepreneurs ont installé des pièces d’ancrage de maçonnerie dans le mur est, qui était en train de s’affaisser, en vue de le stabiliser.

Le mur sud du bâtiment des magasins comprend de nombreux éléments de maçonnerie, et bon nombre de pierres le composant devaient être remplacées ou réparées. Plusieurs méthodes particulières ont été employées. On a procédé à la modélisation 3D et au balayage laser du mur sud pour trouver l’emplacement exact des pierres. Ces dernières ont par la suite été retirées une par une du mur, et des informations à leur sujet ont été saisies avant qu’on les entrepose. Les pierres endommagées ont été envoyées au maçon afin d’être réparées ou remplacées. Moins de 15 % des quelque 1 200 pierres retirées nécessitaient des réparations ou devaient être remplacées.

Le processus de reconstruction s’est avéré assez difficile. En raison de l’instabilité structurelle des fondations, le bâtiment s’était affaissé. Par conséquent, il fallait réaligner la maçonnerie afin que le bâtiment soit reconstruit avec une structure bien droite. Néanmoins, un jalon important a été franchi en octobre 2017 lors de l’achèvement de la reconstruction du mur sud.

*Micropieu : cylindre de béton de 305 mm (12 po) muni d’un renfort en acier recouvert par un tube d’acier.