L’Arctique de l’époque de John Franklin n’est pas l’Arctique d’aujourd’hui.

Franklin et ses hommes sont partis à la recherche du passage du Nord Ouest en 1845. À l’époque, les combustibles fossiles commençaient tout juste à être utilisés à grande échelle. L’industrie générait de petites quantités de gaz à effet de serre comparativement à aujourd’hui. C’était le commencement de l’influence humaine sur le climat.

Aujourd’hui, plus de 170 ans plus tard, nous savons que le changement climatique a eu de lourdes conséquences sur l’Arctique. Par exemple, la couverture de glace de mer se rétrécit à un rythme jamais vu depuis les années 1400.

Selon le Service canadien des glaces, la couverture de glace de mer en été dans le passage du Nord-Ouest est en déclin généralisé depuis 1968, date à laquelle les scientifiques ont commencé à prendre des mesures. Certaines années, depuis 2012, la couverture de glace de mer dans le passage du Nord-Ouest tombe à zéro.

Certains experts prédisent que, à ce rythme, le passage du Nord Ouest sera généralement libre de glace en été d’ici 2030. Pour les hommes de l’expédition de Franklin, un voyage libre de glace aurait été un rêve fabuleux.

Toutefois, le hic avec le changement climatique est que des variations à petite échelle sont observées dans les tendances à grande échelle. Encore aujourd’hui, il y a des étés où l’on trouve une assez bonne quantité de glace dans le passage du Nord Ouest.

Elle est très, très importante pour les Inuits, parce qu’elle est notre “qaujiti”, qui veut dire nous y sommes nés et nous y avons toujours vécu…Si la glace marine disparaît à jamais, même si nous continuons de recevoir de la neige, cela changera radicalement notre mode de vie.

Cette variabilité existait probablement également à l’époque de Franklin. En 1985, le scientifique canadien B.T. Alt et ses collègues ont examiné des carottes de glace extraites de glaciers et ont conclu que l’Arctique était en phase de refroidissement à l’époque de Franklin. Les conditions auraient été exceptionnellement rudes pour une expédition dans l’Arctique. Les navires de Franklin auraient eu à lutter pour traverser la banquise qui s’est établie au fil des décennies.

Et pourtant, l’expédition est parvenue à se rendre jusqu’au sud de la pointe nord de l’île Roi-Guillaume. La glace marine devait sûrement être exceptionnellement légère le long de certains tronçons du chemin.

Compte tenu de tous ces faits, nous pouvons dire que l’histoire du climat dans l’Arctique, tout comme l’histoire de l’expédition de Franklin, comprend beaucoup de petits récits (en anglais seulement). Nous devons poursuivre les explorations, en nous appuyant sur la recherche scientifique et sur des archives humaines telles que les histoires orales des Inuits, pour faire la lumière sur toutes les histoires.